^ ?s^. ANNALES SCIENCES NATURELLES. XOOLOGIE. PABIS — IMPKLIIEniF. DE L «AnTINF.T, Z.l). \NN4LES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTANIQIE , l'aNATOMIE et la PHYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEliX RÈGNES, ET l'histoire des CORPS ORGAIVISÉS FOSSILES ; l'OLR LA ZOOLOGIE PAH 91. jniIiKE EDWARDS, ET POUR LA BOTANIQUE PAK IIIIU. AD. BROKCiKIART ET J. De€.4ISKE. èroisicmr Série. ZOOLOGIE. TOME NEUVIÈME. PARIS. VICTOR MASSON, LIBRAlIie DES SOCIÉTÉS SAVANTES PRÈS LE MIMISTÈRE DE L'I^STRtCT10^ PL'BLlOt'Ei PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECI.NE , 1. 18/iS. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. PAKTIE ZOOLOGIQUE. MEMOIRE SUR LA STRUCTURE ET SUR LES FONCTIONS DES APPENDICES VITELLINS DE LA VÉSICULE OMBILICALE DU POCLET ; Far M. A. COCRT-T. Présenté à l'Académie des Sciences, le 1 4 décembre 1 846. Jusqu'ici , dans l'étude du développement des animaux , on s'est attaché principalement à décrire la formation de l'embryon , l'apparition successive de ses divers organes , son accroissement progressif, et la marche plus ou moins rapide par laquelle il arrive au terme de son évolution. On a étudié, avec un soin qui, pour bien des points, laisse peu de chose à désirer, d'une part, le développement du système nerveux , de l'enveloppe périphé- rique , des os et des muscles ; de l'autre , celle du tube digestif et de ses annexes , de l'appareil vasculaire , enfin des organes géné- rateurs. Mais on n'a jias accordé assez d'attention aux organes Iransitoii'es, qui ne servent à la vie du fœtus que tout le temps pendant ie<|uel il reste enfermé dans l'œuf ou dans la matrice. De là résulte U; peu d'étendue de nos connaissances sur les fonc- 6 A. COURTV. — STRUCTUnE DUS Al'l'E.VDICliS VITELLIiKS lions de la vie embryonnaire , sur la nutrition du fœtus, sur l'uti- lité de plusieurs appareils organiques qui ne sont guère que signalés, et sur le rôle spécial que remplissent ces appareils dans sa manière d'exister. Parmi les organes exclusivement affectés à la vie embryon- naire , les corps de VVoIf seulement ont été étudiés d'une ma- nière approfondie sous le rapport de leur structure et de leurs relations. Presque aucun autre n'a été, de la part des embryo- logistes , l'objet de recherches spéciales , non seulement chez l'Homme et les Mammifères, mais même chez les Oiseaux. Ce n'est pas d'ailleurs que toutes les questions organogéniques soient mieux connues chez les Oiseaux que chez les Mammifères. Il est vrai que , de tout temps , les physiologistes ont puisé leurs premières notions ovologiques dans l'étude du développement du Poulet. Aristote y signala le Punctum saliens ; Malpighi , et plus tard Haller , y ont décrit avec beaucoup de détail la forma- tion du cœur et celle des princiffaux organes. De nos jours, quand les perfectionnements apportés au microscope ont donné de si grands secours à l'ovologie, c'est encore sur le Poulet et sur les oîufs d'Oiseaux qu'ont été faites les plus nombreuses observations. Et cependant , chose surprenante ! plusieurs faits ovologiques , qui sont bien connus dans le développement de l'œuf des Mam- mifères, sont encore ignorés dans le développement de l'œuf des Oiseaux. Il suffit de citer le mode même de formation de l'œuf , le développement et la constitution définitive des cellulesdu jaune, sa cavité, le cumulus, la cicatricule , la formation du blasto- derme, etc. Plusieurs de ces faits sont résolus pour l'œuf du Chien , du Lapin , de la Brebis , et de plusieurs autres animaux ; ils nous sont encore cachés dans le développement de l'u'uf de la Poule. Pour ce qui est des faits que je viens de citer , la difficulté de leur observation peut rendre compte du vide qu'ils laissent encore dans la science. Mais il n'en est pas de même pour plusieurs autres . pour ceux surtout qui sont relatifs aux divers modes fonc- tionnels propres à la vie embryonnaire et aux organes transi- toires qui leur sont appropriés. La préoccupation dans laquelle CllliZ LE. l'OULIiT. 7 on esl resté , de chercher toujours dans l'embryon les rudiments et les ébauches des organes qu'on retrouve à l'état de développe- ment complet chez l'adulte , a fait négliger jusqu'ici l'étude d'or- ganes bieii plus importants toutefois pour l'embryon lui-même , cai' c'est par eux qu'il existe pendant toute la période de sa vie fœtale. En effet, dans tout germe qui parcourt les diverses phases de son évolution embryonnaire, se passent des actes, de nature diverse , qu'on peut grouper en deux classes : les uns , qui font vivre ce germe ; les autres, qui le font se développer. Si ces actes se confondent relativement à leurs effets ou aux forces qui les di- rigent , il n'en est pas de même des organes qui servent à leur accomplissement. Les appareils qui feront vivre l'animal arrivé à l'état parfait (s'il est permis d'appeler ainsi cet état, par analogie avec celui qui suit les métamorphoses des Insectes) ne sont, chez le fœtus, qu'en train de formation, et par suite impuissants, inactifs. Mais pendant qu'ils se développent, d'autres appareils fonctionnent, qui donnent tout à la fois à l'embryon et les moyens d'entretenir sa vie , et les matériaux destinés à former les organes qui l'entretiendront à leur tour, lorsque les conditions d'existence de cet embryon viendront à changer. Un seul appareil ne changeant pas de destination sufllt, dans ses diverses parties , à la vie embryonnaire et à la vie extérieure de toutes les périodes : c'est le système nerveux. Dans l'appareil circulatoire , un seul organe (la partie centrale, le cœur), bien qu'il soit le siège de fréquentes transformations, appropriées aux diverses formes de la circulation , est néanmoins contemporain de toutes ces formes , quelles que soient les phases auxquelles elles appartiennent. Mais c'est surtout aux appareils qui fournissent des matériaux nutritifs , les réparent ou les modifient, que ces phases impriment de profonds changements : les organes qui sont destinés à l'ab- sorption et ceux de l'hématose sont tous différents chez l'embryon et chez l'aniinal parfait. Ainsi le l'oulct, pendant la plus grande partie de sa vie f(L'talr, 8 A. COURTT. — SrilUCrORE DES APPEiNDlCliS VITELMiXS respire par son chorion, et lire de l'œuf ses matériaux nutritifs. Ces aliments, si l'on peut les nommer ainsi, sont le blanc et sur- tout le jaune; l'organe qui renferme ce dernier est la vésicule ombilicale, et l'organs qui l'absorbe constitue un appareil par- ticulier, tout à fait transitoire : les appendices vitellins. Le chorion , le sac vitellin , ont longtemps été décrits , avec l'amnios et la coquille , comme enveloppes du fœtus , comme annexes de l'œuf, et pourtant ces organes sont les plus impor- tants pour l'embryon , les seuls par lesquels il puisse vivre et devenir ce qu'il deviendra un jour. J'ai donc cherché à éclairer leur structure et leur mode fonctionnel par de nombreuses obser- vations. Le résultat auquel ces observations m'ont conduit fait l'ob- jet de ce travail. Je traite dans ce Mémoire du sac vilellin et de Vonjaiusation temporaire de ses appendices. A la description des appendices du jaune et de leurs vaisseaux se rattachent l'absorption des éléments du vitellus, la constitution utriculaire du blastoderme, et quelques questions plus générales , savoir : la nutrition du fœtus , la for- mation du système vasculaire, et le développement primitif des vaisseaux (1). (1) routes mes observations ont été faites sur des œufs couvés par une Dinde. L'incubation normale est toujours préférable à l'incubation artificielle; elle a un seul inconvénient , c'est de ne pas tenir constamment tous les œufs à la même température . et d'accélérer amsi dans queliiues uns , de retarder dans quel(|ues autres le travail germinateur : aussi faut-il ne pas s'attacher à préciser dans chaque œuf 1 heure même de l'apparition de tel ou tel phénomène, et ne pas s'in- quiéter de la variabilité qu'on peut trouver sous ce rapport dans les diverses ob- servations. Le seul résultat qui intéresse, et qui ressort toujours de la compa- raison des expériences, c'est la succession réelle des divers actes, car a cette succession se rattache souvent leur filiation ou du moins leur dépendance mu- tuelle. Sans vouloir parler ici d'autres phénomènes que de ceux qui se passent sur le feuillet interne du blastoderme et de la vésicule ombilicale, je ne puis ni'empé- cher de consigner une remarque que je n'ai pas rencontrée dans les auteurs qui se sont occupés du même sujet , c'est que la mcmbriiiic coqulHièrc acquiert de ta blancheur el de l'opacité à mesure que le développement poursuit son cours. Sur un œuf nouvellement pondu et non soumis encore à l'incubation, cette membrane est criliz LTi POti.Er. 9 Non SL'ulomc'iU on n'a pas encore étudié la -iliiictiii'e de cotte partie du feuillet blastoderniique qui devient la vésicule ombili- cale . et des nombreux appendices valvuleux qui naissent de sa face interne; mais il est peu de pliysiologistes qui aient signalé la présence de ces appendices , et surtout qui leur aient accordé , dans leurs descriptions , la place qu'assigne à ces organes l'im- portance du rôle qu'ils sont appelés à jouer pour la nutrition de l'embryjn. Malpighi , le premier , dans son second Mémoire , si vanté par Haller , du développement du Poulet dans l'œuf, en a donné une courte description , accompagnée d'une ligure grossière (1). Environ un siècle après, Haller, à qui rien peut-être n'avait échappé , de ce que les moyens d'investigation de son temps lui permettaient d'atteiridre , donna un tableau , aussi exact que pit- toresque, de l'ensemble et des détails de cette organisation tran- transparente, ou mieux translucide, sur tous ses points. Vers les deux ou trois premiers jours de l'incubation, la transparence commence à diminuer Dans les sixième et septième jours, l'obscurcissement se prononce de plus en plus, et vers le huitième jour l'opacité est déjà presque aussi prononcée qu'elle le sera jusqu'à l'éclosion Ce pbénomène n'est pas invariable, c'est-à-dire que tous les œufs ne l'offrent pas au même degré ; mais on peut dire qu il est constant, car il se ma- nifeste ctiez tous et ne varie que du plus au moins. Cela est si vrai que la trans- parence ou l'opacité de la membrane coquilliere m'ont toujours servi à reconnaître si, dans les œufs que j'allais examiner, le germe était ou noS développé, et je puis dire que, sous ce rapport, cette différence est un excellent signe. Du reste, la raison de ce changement d'aspect est facile à comprendre Ce n'est pas, comme on pourrait le supposer, que la membrane coquilliere contracte des adhérences plus intimes avec la coquille, et qu'une partie de la matière calcaire y reste attachée ; car si l'on ouvre l'œuf vers le gros bout, dans le point où les deux feuillets de la membrane testacée se séparent pour former la chambre à air, on s'aperçoit que l'opacité s'est manifestée sur le feuillet interne de cette mem- brane comme sur son feuillet externe. Si l'on considère que cette opacité se ma- nifeste surtout lorsque l'allanloide s'est réfléchie autour de l'œuf et lorsque la respiration du Poulet acquiert une grande activité, l'on ne pourra douter que le passage continuel de l'air et des gaz (pii servent à l'hématose n opèrent peu à peu le dessèchement de la membrane dont nous parlons, et que ce dessèchement lui- même n en produise l'opacité. (l) Ajtpi'n'lix repetitfis fiuctasquc de ovo incubato obscrvutioncs contiiwiif:, 107o. Dans la /^'()//i)(/h'7«(' 'i)((i(omiV/i(f de Mangel, t. I, p T.i'i Genève, 1699 10 A. COURT*. ST11IJCTIJ1\E DES Al'rEMJICliS V1TEI.I.]^S sitoire. J'aurai occasion de le citer plus loin , pour coiilirnicr plu- sieurs fois ses opinions. C.-E. de Baer en parle seulement dans la description des phé- nomènes qui se passent dans l'œuf au huitième et au onzième jour de l'incubation , et encore n'est-ce que pour en dire quelques mots : Cl Aux huitième , neuvième et dixième jours , dit ce physio- logiste , les vaisseaux du jaune diminuent , les artères plus cepen- dant que les veines. La diminution n'est peut-être même qu'ap- parente dans ces dernières ; car, tandis qu'elles semblent moins visibles à la surface, elles deviennent très saillantes à la face infé- rieure. Elles y sont couvertes d'une couche épaisse de tissu cellu- laire, contenant des globules vitellins jaunes qui les colorent; aussi les petites branches , qui contiennent peu de sang , parais- sent-elles jaunes {vasa lutea de Haller . Mais il me paraît très douteux qu'elles admettent la substance vitelline sans change- ment : il ne l'est pas que la partie liquide du jaune soit absorbée par les veines i> Aux onzième, douzième, treizième jours, le feuillet mu- queux de la membrane proligère s'enfonce dans la masse du jaune par des plis onduleux , qu'on distinguait déjà au commencement de cette période , mais qui ont acquis maintenant une profondeur de plus d'une Jigne. Ces plis sont garnis eux-mêmes de petites rides , et évidemment analogues à ceux qui, chez beaucoup d'ani- maux vertébrés inférieurs , remplacent les villosités intestinales. Chacun d'eux renferme une veine , et chaque ride une vei- nule (1). -I Les embryologistes plus récents n'ont rien ajouté sur la dispo- sition, la structure ou les usages de ces organes. Voici maintenant le résultat de mes observations. Lorsque des vaisseaux commencent à paraître dans l'aire vas- culaire , on voit en même temps les globules granuleux , ou niasses globulaires du blastoderme (2) , affecter certains grou- ()) Dans Burdach, r/ii/s/o/o;;;.'. Paris, 183S, l III, p. 296, 314. (2) Ohbiiles agmiiiés de Prévost cl Lcbi-rl . \niuilris ilfs ftcietires natiiiillrs . ISii. .1' sérip. Ztxiloffio, I I, p 302. ClIliZ l.li l'OUI.ET. H pements, l'ormcr des amas , des traînées, des ai'borisatioiis , qui correspondent aux lacunes, aux canaux , aux divisions et subdi- visions vasculaires sillonnant l'intervalle qui sépare les deux feuillets de la membrane dont le germe occupe le centre. Il est bon de se faire d'abord une idée exacte de ces masses globulaires , et de les comparer à celles qui apparaissent dès que la cicatricule se constitue en blastoderme. Tandis que le jaune se compose en totalité de grandes vésicules, à, parois extrêmement minces, renfermant un contenu granuleux très fin (PI. 2, llg. D), la cicatricule est formée en grande partie d'un amas de granules , à contours obscurs , et plus volumineux que les granules moléculaires qui remplissent les vésicules vitel- lines. Ces granules sont la plupart groupés par petites masses foncées, plus ou moins considérables. Plusieurs globules trans- parents, dont les uns paraissent de nature albumineuse, les autres de nature graisseuse , sont répandus au milieu de cet amas de granules, et quelques uns servent de centre aux petites masses qui résultent de leur groupement. Un peu plus tard, ces amas de globules et de granules élé- mentaires associés se revêtent d'une coagulation membraneuse et forment des vésicules, donl le rôle est des plus importants , puis(}ue de ces vésicules mêmes va résulter l'organisation utricu- laire ou celluleuse des feuillets du blastoderme. En effet, ces vé- sicules se disposent, l'une à côté de l'autre, en couches plus ou moins épaisses; leur contenu commence à se dissoudre et à dis- paraître , et , par l'effet des progrès de l'absorption , il n'en reste bientôt plus que la paroi membraneuse. Celle-ci s'aplatit, et constitue alors une cellule intégrante du feuillet blastodcrmique, cellule contenant encore à son centre les vestiges de la masse nucléolaire, que lui avaient primitivement formée les globules et granules élémentaires, donl je viens de décrire le mode de grou- pement (1). (I) Ces divers élémcnls granulaires, globulaires el vésiculaires. rcssemblenl a 12 A. COURTI. - STHLCTURE DES APPENDICES VITELLINS Pendant qu'apparaît la ligne primitive, et qu'autour d'elle s'ac- cumulent les premiers matériaux organiques du germe en cours de développement, la résorption du contenu de ces vésicules ou cellules s'opère avec assez d'activité pour laisser bientôt, autour de l'embryon, un espace transparent, auquel on a donné, à cause même de sa transparence , le nom de champ ou aire transparente [aredlucida). Mais le même travail se reproduit plus loin, et , si l'on veut saisir de nouveau toutes les phases de ce mode de for- mation cellulaire, on n'a qu'à examiner les divers points de la membrane qui constitue dès lors le blastoderme , depuis l'aire transparente jusqu'à la circonférence qui limite son étendue, et jusque dans les halos où semblent se préparer les éléments de cette organisation. On rencontre en outre dans la cicatricule quelques autres vési- cules , moins nombreuses, munies simplement d'un noyau inté- rieur avec ou sans nucléole , et ne renfermant , entre leurs parois et le noyau, qu'un contenu fluide et transparent; elles ne sont souvent que des états transitoires des premières, c'est-à-dire des vésicules primitivement pleines, parvenues maintenant à la pé- riode où le contenu se dissout et est résorbé, mais n'ayant pas contracté d'adhérences. Il ne faut pas les confondre avec celles qui viennent de la cavité du jaune, et qu'on peut aussi y trouver mêlées (1). ceux qui sont figurés PI. 2. fig. 7 el 8, el sui- lesquels, pour le momi'nl on peul s'en faire une idée. Je ferai remarquer que je ne prends jamais les mots noyau, masse nudéolairc, dans le sens absolu que leur a assigné Sctiwan, ainsi qu'on le verra plusieurs fois dans la suite de ce travail. (I) Dans la cavité du jaune [lalebra vilcUi)el dans toutes les parties de l'œuf, remplies seulement d'une matière transparente, qui sont en communication avec cette cavité, on trouve des vésicules de dimensions très variables, paraissant toutes composées d'un noyau, avec ou sans nucléole, et d'une membrane enve- loppante , formée à la surface du noyau dont elle est ensuite séparée peu à peu pjr un liquide transparent, et renfermant quelquefois des granules parsemés dans la cavité cellulaire ou diversement groupés autour du noyau. Ces vésicules parais- sent n'être autre chose que des états transitoires des grandes vésicules du jaune, et peuvent nous donner une idée de la formation de ces dernières. Mais il ne faut r.rrF.z m; potr.iîT. 13 Kiil'm les éléments de la cicalricule ollVoiit (|uelqiies autres par- liculaiitésqui ne sont pas.sans intérêt, l'ai' exemple, ou voit sou- vent quelques uns des amas globulaires et granuleux précédem- ment décrits, soit isolés, soit inclus dans des vésicules, présenter sur leurs bords des espèces de sillons ou de dépressions (1). Dans cet étal , ils rappellent tout à fait l'aspect du vitcllus d'un grand nombre d'animaux, au moment où ce vitellus subit le retrait, le racornissement et la segmentation qui précèdent la génération des sphères nombreuses dont l'organisation vésiculaire a pour usage définitif d'arriver à constituer le blastoderme. Toutefois cet aspect me semble être une simple apparence plutôt que la reproduction d'un phénomène analogue à celui de la segmentation du vitellus dans la majorité des espèces animales, et je ne lui attribue par conséquent aucune importance. Kn résumé , les granules et les globules, dont l'ensemble con- stitue la cicatricule avant l'incubation , se groupent en petites masses. Ces amas globuleux se revêtent d'une membrane , et de là résultent des vésicules. Ces vésicules agminées contractent entre elles des adhérences; leur contenu est résorbé au profit de l'embryon , pendant que de nouveaux amas granuleux se forment à leur surface et sur leur périphérie. Tels sont les éléments qui se groupent sur le trajet des premiers vaisseaux de l'aire vascu- laire ; tel est le mode par lequel le blastoderme se constitue et se pas les confondre avec celles que je viens de décrire comme se constituant dans la cicatricule, el dont les formations successives fournissent, pour ainsi dire, des matériaux de construction au blastoderme Je signale cette différence, parce que quelques observateurs, Reicliert entre autres (*), semblent accorder aux vésicules de la cavité du jaune un rôle important dans la formation du blastoderme, el faire dériver de leur développement celui même des vésicules blastodermi- ques. Leur formation devra sans doute s éclaircir quand on connaîtra l'his- toire, encore fort obscure, du développement du vitellus dans les ovules plus ou moins avancés de la grappe ovarique. Mon but n'est pas de décrire ici la forma- tion de ces vésicules de la cavité du jaune ; mais je dois dire , ce que l'observa- lion m'a démontré, qu'elles n'ont rien de commun avec les précédentes. (1) Voyez PI 2, fig 8. n I, ■ .; (*) Dm ICnluUhelungskben in Wirbellhiermch Berlin, 18J0. l/l A. Ci>lRTl. — STKUCTUniî DES APPENDICES VITEI.MNS développe, de manière à entourer peu à peu d'une membrane continue une partie de plus en plus étendue du globe vitellin. Les dimensions des amas globuleux et des vésicules qui leur suc- cèdent, dans l'aire vasculaiie d'un embryon de deux jours, n'excè- dent pas 16 400 de millimètre, en diamètre ; les cellules qui résul- tent de l'adhérence de ces vésicules, dont le contenu est résorbé et dont l'enveloppe a subi un certain retrait, ne mesurent pas plus-de 10/iOO à 15/400 , et leur noyau de 3/400 à 5/400 de millimètre. k cette époque , les vésicules agrainées dont nous parlons sont déjà plus volumineuses que ne l'étaient celles qui présidaient à la première organisation du blastoderme , et plus tard on reconnaît des dimensions bien plus considérables à celles qui revêtent les vaisseaux du sac vitellin. Ainsi , par un mode de formation com- mun , se développent des éléments cellulaires, dont les dimen- sions sont variables, suivant le rôle qu'ils doivent jouer, suivant le volume des organes qu'ils contribuent à former. Les premiers vaisseaux qui apparaissent se développent entre les deux feuillets du blastoderme. Un liquide, d'abord incolore , semble s'interposer par un effet d'endosmose entre ces deux feuil- lets, les décoller, s'accumuler dans certains points, former, d'une manière d'abord très irrégulière, des lacs, des lacunes, des traî- nées plus ou moins étendues. Ces petits lacs, ces lacunes, ces traî- nées, se prolongent en pointes, ou éperons, qui se rencontrent et permettent le mélange des petites masses liquides d'abord sé- parées. Une circulation s'établit ainsi de l'une à l'autre et bientôt entre toutes. En même temps, des cellules s'organisent dans les intervalles où ne s'est pas accumulé le liquide qui sera bientôt le sang; d'autres cellules se forment, autour des canaux ou des petits lacs qui le renferment, et, plus tard, elles constituent pour eux des parois vasculaires distinctes. .le ne m'étendrai pas davantage sur ce phénomène, dont je m'occuperai longuement dans un prochain Mémoire. Mais je puis déjà faire coimaître sur ce sujet les conclusions suivantes : 1" S'il arrive que des vaisseaux se forment par la jonction de r.iiE/ i.K roinirr. 15 cellules soudées bout ;i IjouI et venant à conuiuinif|ucr par la ré-- sorjjlion des parois en eonlact, ce cas est exlrèmenient rare et n'est pas, comme Tavail établi Schwan (1), un mode de forma- tion général. 2" Jamais je n'ai vu non plus des vaisseaux se former par le dé- veloppement de cellules étoilées analogues aux cellules pigmen- taires , dont les prolongements s'anastomoseraient entre eux , ainsi que l'a décrit récemment Kœllikcr chez les Batraciens (2). 3" Enfin, quoi qu'on ait dit, il n'existe pas primitivement de feuillet vasculaire , c'est-à-dire de couche membraneuse , intermé- diaire au feuillet séreux et au feuillet muqueux du blastoderme. D'après l'révost et Lebert (3) , ce feuillet angioplastique serait antérieur à l'apparition des vaisseaux , et ceux-ci s'y dévelop- peraient par le décollement, en certains points, des deux cou- ches secondaires qui le constituent ; l'adhérence de ces deux couches membraneuses dans les points intermédiaires limiterait le calibre et l'étendue des vaisseaux. Mais entre les deux feuillets (lu blastoderme, il n'existe qu'un plasma organisable , une ma- tière plus ou moins fluide, avec des vésicules en voie de forma- tion. C'est l'apparition des vaisseaux qui détermine l'organisation du feuillet vasculaire , et non l'existence de ce feuillet qui déter- mine la formation des vaisseaux. Les vaisseaux préexistent à la membrane dans laquelle ils se trouvent , et la formation de celle- ci est consécutive k leur apparition. Il ne faut donc pas considérer le feuillet vasculaire comme ayant une existence propre et anté- rieure à la formation des vaisseaux. Du reste, les premiers observateurs qui ont étudié ce phéno- mène ne l'ont pas interprété autrement que je ne viens de le dire. C.-E. de Baér (4) s'exprime ainsi : ■< Entre les feuillets séreux et muqueux . il se forme une couche de globules que Pander appelle feuillet vasculaire , parce que les vaisseaux se développent plus tard aux dépens de ces globules. .. ; il n'est point (le feuillet vascu- {'.) Mikroscopische Untei-suchungen, etc. Berlin 1839, p. 182. {2)/l/m. des Se. mit., 3' série. Zoologie, l. VI, p. 91 , (3) Mém. cil. (4) B»r(l:icti, Phiisinluyir, I III, p, 20fi, 212. K) A. l'OlRTV. — SÏRICTUIU; DES APPIÎ^•UInl■S VU I! I.I.INS .laire) aussi iudépeiidaiit que le soûl les l'euillcls séreux et niii- queux ; il u'est point séparé de ce dernier par des limites tran- chées, et il ne constitue au fond que le tissu plastique contenu entre eux. » Et , avant lui . Pander (1 ) avait dit , en parlant de la formation des vaisseaux : ■ L'intervalle compris entre ces petites rivières se remplit en attendant par une membrane délicate, et, comme ces courants se bordent peu à peu de parois , il se forme une troisième membrane , située entre le feuillet séreux et le mu- queux : c'est le feuillet vasculaire. » En même temps que les premiers vaisseaux s'organisent dans l'aire vasculaire et dans l'aire transparente, ils tendent versquatre points principaux , dont deux sont situés aux extrémités de l'em- bryon , et les deux autres sur ses côtés. Aces derniers aboutissent bientôt deux artères. Les deux premiers servent d'origine à deux veines , l'inie supérieure , l'autre inférieure, qui convergent dans le sinus du cœur ; ainsi s'établit la première circulation. A cette période du développement , toute la surface interne de l'aire vasculaire est recouverte de masses globulaires et de vésicules granuleuses, tandis que l'aire lucide n'en renferme plus : c'est leur présence qui obscurcit le champ vasculaire , et y rend l'ob- servation du cours du sang si diflicile. Ces vésicules agminées , ces groupes de granules et de globules , sont accumulés et comme presses en tas plus ou moins élevés , le long des lacunes vasçulaires et de leurs divisions. J'ai dit que leurs dimensions sont d'environ 10/iOO àlG/ZiOO de millimètre; j'en ai ligure les divers états dans la PI. 2, fig. 7. Tel est l'aspect du blastoderme vers la fin du secon(i jour et pendant le troisième. Pendant le quatrième jour , les vaisseaux commencent à proé- niiner à la surface interne de cette membrane, mais encore fort peu ; les artères sont même à peu près aussi saiHantes que les veines , ce qui lient probablement à ce que plusieurs de ces der- niers vaisseaux sont de formation plus récente que les artères. En (I ' MrniDirf aiir Ir itrrclnj}jwment du Vmilel dans In-nj Traduit dans W Jnunuil di:^ prnfirt'S. •">' voltirin\ 1837, p 30. CTIKZ I.K POULET. 17 effet, les veines blastodermiques étaient d'abord l'une supérieure, l'autre inférieure ; maintenant ces deux veines primitives sont déjà très atrophiées, et, pour les remplacer, les veines omphalo- mésentériques se sont formées sur le trajet des artères du même nom ; en un mot , la seconde circulation s'établit, pendant que la première s'efface. Bientôt après, c'est-à-dire pendant le cinquième jour, les veines deviennent sensiblement saillantes dans le jaune, à la sur- face du feuillet interne du blastoderme. Déjà même, si l'on dé- tache ces vaisseaux , et si , en les agitant dans l'eau , on les isole des globules qui les environnent, on y trouve, en quelques points, de véritables bourgeons, origines des vaisseaux nouveaux (PI. 3, fig. 6). Jusqu'à cette heure . c'est donc toujours entre les deux feuillets du blastoderme, dans des siHons plus ou moins profonds, plus ou moins larges, divisés en nombreux rameaux , communiquant entre eux par plusieurs points, et limités.par de grosses cellules globulaires rangées en las sur leur longueur, que nous voyons les vaisseaux se développer. Leurs parois en s'organisant deviennent tout à fait celluleuscs, utriculaires, comme le sont les feuillets mu- queux ou séreux du blastoderme lui-même. Dans les vaisseaux de moyen calibre , on trouve ces parois ordinairement formées de deux rangs d'utricules juxtaposées et adhérant entre elles. A me- sure que les vaisseaux vieillissent et s'accroissent, ces cellules '• se tassent , se pressent mutuellement , s'allongent , et donnent à la paroi une consistance et une texture membraneuses (PI. 2 , fig. 5'. . Ces vaisseaux jouent aloi's un très grand rùle dans la nutrition de l'embryon. Par tous les points de leurs parois encore minces , tendres, perméai;^)^ i méesde cellules, que la compression n'a pas réduites à l'étai oe membrane solide , s'opère ini travail con- tinuel d'endosmose, qui s'exerce sur le jaune par rintermédiairc des globules agminés, ou grandes cellules globuleuses, dont ils sont enlourés. D'ailleurs, le jeune Poulet est encore si peu déve- loppé , f|u'uii abord considérable de matériaux luilritil's ne pour- rait que lui être nuisible : et , tandis qu'il utilise pour son accrois- V ••(■■rie ZooL. T. IX. (.laiivicr I84K.^2 2 18 A. COURTY. — SmUCrilliE DliS AI'l'liMUCIÎS MTEM.liNS sèment une partie du li(iuide organisateur puisé dans le jaune, l'autre partie de ce liquide est employée à l'extension des vaisseaux déjà existants, à la création de vaisseaux nouveaux , enfin à la formation d'un appareil d'absorption très développé, qui ne tarde pas à se produire sur toute l'étendue de l'appareil veineux du blastoderme , et qui doit fournir à l'embryon l'étolTe de l'accrois- sement rapide par lequel se caractérisent les périodes suivantes de l'incubation. Voyons maintenant en quoi consiste cet appareil vasculaire ; quelle est sa disposition, et quelle relation il alTectc à l'égard de l'embryon cl du sac vitellin. Tandis que , d'un côte , par la réflexion de l'amnios autour de son corps, l'embryon s'est isolé du feuillet externe du blasto- derme , et que l'allantoïde, en prenant de l'accroissement, est venue par son interposition l'éloigner encore plus de ce feuillet; d'un autre côté , l'occlusion graduelle du ventre a déterminé une distinction nette entre la surface intestinale et le feuillet interne du blastoderme. Ce feuillet interne du blastoderme forme dès lors une poche particulière ; cette poche constitue la cavité vitelline, le sac vitellin, la vésicule ombilicale. Elle communique avec la cavité intestinale par un canal qui, d'abord très large, se rétrécit de plus en plus , s'allonge, et se trouve embrassé par l'ombilic. A partir de cette époque , les relations vasculaires de celte vé- sicule , qui constitue tout l'appareil nutritif ou absorbant du Pou- let, n'éprouveront plus de variations; je vais donc les nient ioiiner ici pour n'y plus revenir. Ces relations sont établies par les artères omphalo-mésentériques , fort allongées , .se diiiigeant de la partie ventrale de l'aorte vers le sac vitellin, aucfnel elles fournissent les ramifications que je vais décrire; et par les veines du même nom , ou omphalo-mésentériques , nées sur la paroi même du sac vitellin , passant avec les artères par l'ouverture ombilicale , se dirigeant , sous la forme d'un tronc primitivement double , plus fard unique , sous le lobe droit du foie . et traversant ce viscère c.iir:/. i.ii l'OLLKT. 19 pour s'ouvrir d'abord dans le sinus veineux , plus tard dans la veine cave inférieure. Les artères , dont le calibre est très inférieur à celui des veines, ne nous intéressent que médiocrement ; mais les veines ont à jouer un rùle important, digne d'appeler toute l'altenlion sur le déve- loppement considérable qu'elles vont subir dans les divers points du sac vitellin. Haller qui, pénétré de son importance, a bien saisi la forme générale de cette disposition des vaisseaux veineux, s'exprime ainsi : « 11 me reste à parler, dit-il après avoir décrit le cercle vei- neux , d'un autre ornement du jaune, qui ne commence à paraître que le huitième jour dans mes expériences. Des veines du jaune, il y en a qui demeurent toujours de simples veines, et qui mar- chent en serpentant entre les deux membranes, dont ce sac est composé , sans avoir rien de commun avec ses valvules, à l'ex- ception de quelques branches qu'elles y envoient, et qui en tra- versent la largeur , toujours en serpentant, pour s'aboucher avec la veine qui en occupe le tranchant » D'autres veines, nées des mêmes troncs que les précédentes, commencent le huitième jour à quitter la plaine , comme on pourrait l'appeler, de la membrane intérieure du jaune, et à s'élever sur les valvules qui naissent de la duplication de cette membrane , et qui vont , en serpentant , du lit du fœtus vers le cercle veineux. La couleur de ces valvules est rouge ; elles de- viennent jaunes dans la suite , et blanchissent quand on les a bien lavées. Une même veine fournit sa branche à plus d'une val- vule, et ces plis paraissent comme suspendus au tronc de cette veine. » Les valvules du jaune quittent le niveau de sa membrane in- terne, depuis le jour que j'ai marqué ; elles s'en éloignent tou- jours davantage, et leur largeur augmente de jour en jour : elle peut aller ii deux lignes ou à quelque chose de plus. C'est le mi- lieu de la valvule qui est de celte largeur ; la valvule s'abaisse , et rentre dans le niveau de la membrane interne du jaune, et vers le cercle veineux , et contre la naissance de sa veine. Ces valvules 2(1 A. coiinTY. — sTiucrinfi i>i:s ai'ImîNDICKs mthi.i.ins envoient comme des branches (\u[ descendent en soi'|)enlant de leur tranchant , et qui vont s'aplanir entre elles et leurs voisines. « Chaque valvule porte sur son tranchant une veine rouge qui en parcourt toute la longueur , et qui est assez considérable. Elle naît des troncs veineux de la seconde classe , en gagnant avec la valvule même son bord flottant; elle donne de temps en temps des branches , qui descendent dans le niveau de la mem- brane interne du jaune, et qui quelquefois vont communiquer avec des veines de la première classe. Cette veine sort à la lin du bout de la valvule, le plus voisin du cercle veineux ; elle devient droite , ne donne plus de branche , et va se rendre par la mem- brane interne du jaune dans le cercle veineux Ces veines pa- raissent dans leur ensemble comme des rayons qui se rendent au cercle veineux , comme dans un centre. » Ce n'est pas encore ce que le jaune a de plus beau. De petits tuyaux vermiculaires, cylindriques forment des anses à angles assez aigus , et couvrent toute la longueur des veines du second ordre. Ces tuyaux sont fort petits avant que la veine ait occupé la grande largeur de la valvule : ils le sont encore quand elle est descendue et qu'elle est du nombre des vaisseaux droits. Mais ils sont beaucoup plus grands tout le long des tranchants des valvules élargies : ils suivent même les branches qui en des- cendent pour rentrer dans le niveau de la membrane du jaune. Ces tuyaux ne commencent à paraître qu'à la fin du neuvième jour, et sont fort petits encore le dixième. » I>a macération les détache : ils s'allongent, et leur anse laisse paraître im espace vide entre sa convexité et le tranchant de la valvule. » Les faces latérales des valvules sont parcourues par des veines serpentantes, dont les unes viennent des veines des inter- valles, et remontent sur le tranchant pour s'unir avec letronc qui y règne , et dont les autres descendent de ce tronc pour se répan- dre dans les intervalles. » Une plus longue macération détruit les valvules mômes : elles deviennent une espèce de dentelle, pleine d'une infinité de trous, cl elles abandonnent à la fin la membrane du jainie. Elles s'elTa- f.IIEZ I.i; POULliT. 21 cent aussi aprùs la naissance du Poulet : elles se conservent ce- pendant jus(|u'au septième jour ). De petits grains blancs couvraient ces veines, ajoute-t-il un peu plus loin ; ils ressemblent à ceux qui couvrent les rayons veineux du cercle du jaune et les dernières branches des veines des vallons entre les valvules (1). » J'ai transcrit toute cette description de Haller, parce que , malgré ((uelques erreurs, elle donne parfaiten)ent une idée géné- rale de la disposition topographique des organes que j'ai repré- sentés. (PI. 2, fig. 1,2, û ;PI. 3, fig. 1,2, 10, 11.) En efl'et , après le cinquième jour, en même temps que les veines se prolongent vers la calotte du jaune , effaçant peu à peu le sinus terminal, et occupant un champ de plus en plus vaste sur le sac vitellin , elles devii;nnent de plus en plus proéminentes à la face interne de la vésicule ombilicale. Si , pour étudier le méca- nisme par lequel s'opère ce phénomène , on observe deux troncs vasculaires , artériel et veineux , juxtaposés et encore non rami- fiés , on voit de gros globules , des amas de globules, des grou- pements de ces mêmes éléments avec de nombreux granules , couvrir la surface de ces vaisseaux , celle de la veine en quantité bien plus considérable que celle de l'artère (PI. 3, lig. 3). Bientôt après , les veines deviennent saillantes , non-seulement par elles-mêmes et par les amas de globules agminés qui les re- couvrent , mais encore et surtout par les prolongements qu'elles envoient de tous les points de leurs rameaux secondaires vers la cavité de la vésicule ombilicale. Pour saisir le mode de production de ces prolongements, il n'y a qu'à détacher un de ces rameaux et l'agiter dans l'eau , de manière à le dépouiller des vésicules agminées qui le revêtent. On voit alors naître de ses parois une multitude de bourgeons vasculaires ; disposition que j'ai figurée PI. 3, fig. 1 , où l'on voit plusieurs de ces bourgeons ayant ac- quis déjà une certaine longueur, d'autres anastomosés avec les bourgeons voisins et formant de nouveaux vaisseaux ; en bas , la il), Sur lu fnniiiilinii du rieur duiix le Potilei , sur l'œil, sur la slruclurr du iiune. Ole l.ausanno. 17'JS. I II. p 147 el suiv '22 A. coi'RTY. — STiiLcruii ; DES Ai'rii,\Diciis \iii;li.i\s grappe vasculaire naissante est encore revêtue de ses vésicules agminées; dans tout le reste de son étendue, elle en est dé- pouillée. Dans la môme planche , (ig. 2, j'ai représenté sous un grossissement considérable un de ces bourgeons vasculaires , né sur le trajet d'un vaisseau de la vésicule ombilicale , près de sa terminaison, qI enveloppé encore de tousses globules. J,a PI. 3, ilg. 6, 7, 8, montre plusieurs de ces bourgeons vasculaires, leurs rapports avec le vaisseau sur lequel ils se développent , et leur structure utriculaire. En continuant à se développer, ces bourgeons vasculaires engendrent bientôt une multitude de vaisseaux nouveaux qui , ne pouvant s'étaler à la surface du sac vitellin , se portent vers sa cavité , retenus toujours à la branche-mère par la couche épaisse de globules qui les environnent et qui sont en continuité avec les globules répandus sur toute la face interne du sac blastodermi- que. Ces vaisseaux contractant entre eux de nombreuses anasto- moses (PI. 3, fig. 9), on voit se former une série d'arcades vascu- laires (PI. 3, fig. 10, 11), dont plusieurs, s'abouchant largement entre elles et atteignant un volume assez considérable , forment de larges veines, parallèles au tronc qui leur a donné naissance , communiquant avec lui par un grand nombre de points, et deve- nant à leur tour l'origine de nouveaux bourgeons, de nouvelles arcades et de nouveaux vaisseaux. Toutes ces productions vas- culaires sont revêtues de vésicules agminées ; les intervalles qu'elles laissent entre elles en sont aussi remplis, de sorte que chacun de ces groupes veineux et de ses divisions forme un ap- pendice et un système (rappendices, plongeant dans le jaune à une profondeur de 3 à 5 et jusqu'à 6 et 7 millimètres (1 \ (I) Je me sers du mot appendices |xiur désigner ces appareils d'absorption, parce que ce mot n'entraîne avec lui aucune des idées fausses qui se rattache- raient a ceux de feuillets , lamelles, replis, etc., par lesquels on pourrait les dé- signer. Haller s'est servi du mot valvule, parce qu'il a comparé ces appendices à ceux qu'on appelle improprement valvules connivenles de l'intestin : mais , tout en regrettant de ne pouvoir conserver entre les mots une similitude qui existe entre les choses , je n'ai pas cru devoir donner plus d'extension ii une dénomina- lion vicieuse CHEZ LE l'OUI.EÏ. ^O La création des appendices vilellins commence le cinquième jour, et se continue les jours suivants ; les huitième et neuvième jours, ces organes sont déjà extrêmement développés. Ils sont disposés en bandes nombreuses plus ou moins serrées, et con- tournées sur elles-mêmes vers leur bord libre. A mesure que le fœtus grandit, et (|ue les appendices se forment dans la vési- cule ombilicale , on voit s'étendre aussi la portion de cette vésicule, à laquelle on peut conserver le nom d'aire transpa- rente, sans attribuer absolument à ce mot le même sens qu'à l'area lucida des premiers jours de l'incubation. Toute cette por- tion transparente est parcourue par les troncs des vaisseaux ; quant à leurs divisions et à leurs appendices, ils se développent seulement sur les deux tiers environ du champ vasculaire les plus éloignés de l'embi'yon , et s'arrêtent avec ce champ , c'est-à-dire que la calotte du jaune qui regarde le petit bout de l'œuf en est encore dépourvue : l'organisation de cet appareil vasculaire n'en- vahira que plus tard les points éloignés du sac vitellin. La fig. 1 de la PI. 2 représente l'aspect offert par l'ensemble de ces appendices après le dixième jour : elle montre toutes les divisions de l'une des veines omphalo-mésentériques et de l'artère qui l'accompagne. Après avoir parcouru un certain trajet dans l'espace transparent du sac vitellin, sans se diviser et sans émettre de branches , cette veine fournit , à peu de distance les uns des autres , quatre troncs principaux , qui parcourent encore une longueur de quelques millimètres , sans donner de divisions, si ce n'est quelques veinules sans importance : l'un de ces troncs, plus volumineux que les autres, se subdivise en deux et même trois branches secondaires. Ces troncs veineux principaux se di- visent à leur tour, d'une manière irrégulière, en deux ou plusieurs rameaux, ou poursuivent plus loin leur parcours, en émettant dans leur trajet des veines latérales : c'est à l'origine de ces vais- seaux de troisième ordre que commence la disposition valvu- leuse. La saillie c|ue font déjà tous ces appendices vers la cavité du jaune est considérable , et les veines de nouvelle formation qui les constituent sont dcveinies assez nombreuses et assez longues '2ll A. COURTI. ~ STiaCTUliE DHS .M'I'liNDICES VITliLLINS pour revêtir l'aspect intestiniforme ou de circonvolution , sur le tranchant de plusieurs d'entre eux. De nombreuses veinules en descendent pour se répandre dans les espèces de vallons formés par les intervalles plus ou moins rétrécis qui séparent ces la- melles. Plus loin , la hauteur de ces éminences mernbrano-vasculaires commence à diminuer, et finit par ne plus dépasser la surface interne du sac vitellin. Les dernières ramifications veineusesse terminent toutes par de petits canaux droits, effilés, très nom- breux et très rapprochés, se convertissant insensiblement en culs-de-sac très aigus, à la {>ériphérie de la calotte du jaune que le champ vasculaire du blastoderme n'a pas encore envahie. C'est sur ces dernières parties que va continuer à s'exercer le travail organisateur des lamelles veineuses, et que les appen- dices vitellins vont bientôt se prolonger, pour ainsi dire, gagnant à la fois en hauteur et en largeur, jus([u'à ce qu'ils aient en- vahi la totalité de la surface du jaune, ce qui arrive vers le quinzième jour. Les artères omphalo-mésentériques offrent une disposition toute différente. Adjacentes d'abord aux veines, dont elles par- courent la longueur, depuis le conduit vitello-intestinal jusqu'aux premières ramifications , elles s'en éloignent au moment où elles donnent naissance , ainsi que les veines, à trois ou quatre troncs principaux. Ceux-ci, marchant alors dans les intervalles angu- leux que laissent entre eux les troncs veineux , se subdivisent à leur tour, mais avec moins de régularité que les veines, donnent de petites branches artérielles qui se répandent dans les parties voisines , et finissent par fournir autant de branches tertiaires qu'il y a de groupes d'appendices. Ces dernières branches artérielles marchent entre deux a|)pen- dices principaux eu égard à ceux qui les environnent, et se con- tinuent , sans donner presque aucun rameau , jusqu'à l'extrémité de l'aire vasculaire ; de sorte qu'il y en a généialement une entre deux ou trois veinules terminales. Leur direction tout à fait rectilignc et leur petit calibre contraste avec l'aspect contourné et la capacité considérable des veines (jui constituent les appen- CHKZ I.E POULET. 25 dices. tlles su videiil Irùs vite, el l'on n'y trouve plus de sang quelques instants après que l'œuf a été ouvert , tandis que les veines restent gorgées de liquide. Mais revenons à ces dernières et à leurs appendices. .4 mesure qu'elles prennent plus de développement, les veines vilellines se conlournent davantage sur le tranchant des appen- dices qu'elles constituent, et présentent l'aspect de circonvolu- tions nombreuses et rapprochées qui, dès lors, ollVent à l'absorp- tion une surface très considérable. On voit cette disposition portée au plus liaul degré et telle qu'on la rencontre après le quinzième jour sur le lambeau de vésicule ombilicale que j'ai figuré PI. 2, fig. 2. En même temps de nouvelles arcades veineuses prolongent les appendices sur l'extrémité des vaisseaux' qui leur donnent nais- sance, et de nouvelles anastomoses s'établissent de l'une à l'autre, jusqu'à ce que ces organes , siège d'une absorption très active , finissent par occuper toute l'étendue du feuillet blastodermique. Peu de temps après, des phénomènes de décroissement et de ré- sorption commencent à se manifester, sous l'influence desquels ce vaste appareil nutritif disparaîtra à son tour. Mais, avant de décrire ces effets rétrogrades, il convient d'é- tudier la struchire qu'offrent les appendices vitellins à leur plus haut degré de développement , et d'indiquer à la fois la manière dont ils se constituent à l'aide des éléments blastodermiques , et celle dont ils fonctionnent pendant toute la durée de leur exis- tence. Avec de faibles grossissements et les préparations dont j'ai parlé , on constate que l'origine première de tous les appendices est le bourgeonnement des veines du jaune. Reste à déterminer comment des espèces de bourgeons se forment sur ces veines. On a vu déjà que tous les appendices sont enveloppés d'une couche épaisse de globules agminés. Ces globules , répandus sur toute la surface interne du sac vitellin , se forment par le même mécanisme que ceux qui apparaissent d'abord dans la cicatricule, plus tard dans l'aire vasculaire , partout enfin sur le blasto- derme. Mais ils sont ici beaucoup plus volumineux qu'ils ne l'é- 2G A. COL'RTl'. STIlUCTURli DES APPENDICES VITELLINS talent aux premiers jours du développement. Ils sont représentés PI. 2, fig. 8. On a vu aussi de quelle manière ils s'organisent sur la paroi même des vaisseaux (PI. 3, fig. 3). Si l'on examine maintenant un de ces vaisseaux munis de bourgeons , après l'avoir en grande partie dépouillé des vésicules qui l'entourent, on voit (PI. '2, fig. 6) que chacun de ces bour- geons est formé de quelques cellules très tendres . encore vésicu- laires , n'ayant subi ni pression , ni tassement ; qu'autour de ce premier rang de cellules sont juxtaposées d'autres cellules qu'on reconnaît être des vésicules agminces , dont le contenu est déjà en partie dissous et résorbé ; qu'autour de celles-ci sont groupées des vésicules agminées encore pleines, entières , assemblées avec moins de régularité ; qu'enlin au delà sont des amas de globules et de granules , se disposant par groupes déjà plus ou moins vo- lumineux , en un mot des globules agminés en voie de for- mation. En allant donc de l'intérieur à l'extérieur, oudelacavité vitel- line vers le vaisseau , l'on voit d'abord des globules agminés tout nouveaux, et l'on assiste , pour ainsi dire , à leur création ; puis viennent ces globules complets, revêtus de leur coagulum mem- braneux ; au-dessous l'absorption lésa déjà dépouillésde leur con- tenu , il ne reste que des vésicules . lesquelles deviennent aptes à faire partie de la paroi du vaisseau qui grandira à mesure que le bourgeon s'allongera. Alors , en eiïet , la cavité de ce bourgeon , de cette sorte de papille vitelline peut s'étendre dans la masse cellulaire qui l'environne; en écartant ou absorbant les cellules de son extrémité terminale, elle trouve de nouvelles cellules fraî- chement préparées pour lui servir de parois, et à l'aide desquelles le bourgeon lui-même se prolonge jusqu'à ce qu'il ait atteint un des bourgeons voisins et se soit anastomosé avec lui. De nou- veaux bourgeons naissent à leur tour, par le même mécanisme, sur cette arcade veineuse. Enfin ce mode de multiplication , s'é- tendant à toute une veine, donne bientôt naissance à un appen- dice qui s'accroît, à son tour par un mode toujours semblable. Du reste, les parois de ces vaisseaux, et les couches de la mem- brane blastodermique qui les soutient , se forment de la même CHEZ I.E l'OUlET. 27 manière. Agmiiiutioiis globulaires et granuleuses, coagulation membraneuse périphérique et par là création vésiculaire , puis dissolution successive du contenu, résorption du liquide qui en provient, juxtaposition et adhérence des cellules restantes : telles sont les diverses phases de cette organisation. La fig. Z| de la PI. 3 représente, sur une portion de la paroi d'un vaisseau, deux de ces vé.sicules juxtaposées , dont le contenu est déjà résorbé plus qu'à moitié , et dont les enveloppes s'appliquent sur cette paroi pour en devenir partie intégrante. Dans la fig. 5 de la même planche , on voit , sur un lambeau de membrane interne de la vésicule ombilicale , les mêmes cellules à divers étals de ré- sorption de leur contenu ; dans toutes celles du rang le plus élevé , il n'y a plus que les restes des amas globuleux et granu- laires qui les remplissaient primitivement : ils ont l'aspect de noyaux et de nucléoles , et il m'a paru qu'ils persistaient dans toutes sous cette dernière forme, quelle que soit l'époque à la- quelle je les ai examinées. 11 est facile maintenant de déterminer le rôle des appendices vilellins, et de concevoir comment se fait, par leur intermédiaire, l'absorption de la matière du jaune. Haller, après avoir donné la description qu'on a déjàlue, ajoute quelques mots sur les fonctions présumées de ces organes : - Qu'il me soit permis , dit-il, d'égayer ce détail anatomique par quel- ques conjectures sur les usages des parties que j'ai exposées Les valvules du jaune sont fort éloignées d'être les organes dans lesquels sa liqueur se prépare Elles paraissent plutôt faites pour sa résorption. La grande veine qui règne sur leur tranchant et leur analogie avec les valvules intestinales, dont elles ne sont qu'une espèce , sont les fondements de ce soupçon. En effet , comme le conduit intestinal du jaune est la contiimation des in- testins , et que le jaune est un épanouissement de ce conduit , les valvules de ce sac ne sont que les plis d'un appendice naturel et immense des intestins. Les tuyaux vermiformes paraissent être les organes de cette résorption ; ils ne commencent à paraître que dans le temps même oii le fœtus grandi paraît avoir besoin de 28 A. COLRTÏ. — STUUCrUKE DES APPEN'DlCliS ViTELLlNS plus de nourriture. Ils sont probablement creux et ils nagent dans l'huile du jaune. Je ne connais pas à la vérité leurs ou- vertures , ni le mécanisme par lequel ils pompent riuiilc du jaune (i). » On a vu que, de son côté, Baer indique à peine l'usage de ces parties. 11 ne sera donc pas inutile d'en dire quel{[ues mots. D'ailleurs on n'a plus besoin à cette heure de voir les ouvertures des vaisseaux, pour comprendre mieux que Haller lenaécanisme par lequel ils pompent le jaune ; la connaissance qu'on vient de prendre de leur structure et de leur disposition est sullisante pour donner celle de leur mode de fonctionner. De même que Haller et Baer comparent les appendices vitel- lins aux valvules et aux villosités intestinales, on peut, en pour- suivant la comparaison , voir dans les bourgeons dont se compo- sent les premiers , les analogues des papilles par lesquelles nais- sent dans les secondes les racines des vaisseaux chylifères. A travers les cellules tendres et très perméables qui forment les parois de ces papilles, comme elles forment aussi les parois de toutes les veines qui en proviennent, se produit, par un simple efl'el d'endosmose, une absorption continuelle du liquide avec lequel ces cellules sont en contact, et par suite l'introduction in- cessante de ce liquide dans la cavité du vaisseau , d'où il passe dans les gros troncs veineux pour arriver jusqu'au cœur de l'embryon. Mais là ne se borne pas sans doute l'action des appendices veineux. Probablement, avant d'être absorbé, le jaune subit certaines modifications dans les cellules qu'il traverse. Ce n'est pas, en effet , la liqueur du jaune qui est directement absorbée , mais bien le contenu des vésicules agminées. Après que ces vési- cules se sont formées par la coagulation d'une membrane autour des agminations globuleuses, ces agminations même, qui consti- tuent le contenu de ces nouvelles vésicules, se dissolvent peu à peu, et c'est le liquide résultant de cette dissolution qui , traversant les parois des cellules rangées autour des papilles et des veines , (I) Oui'}-. c;(., p. 237. ClIliZ I.li l'OUI.KT. 29 pénètre, par riiitciiiiûdiaire des cellules . jusque dans la cavité des vaisseaux. La création de globules , l'agmination , la for- mation de vésicules , la dissolution de leur contenu sont donc les états divers par lesquels passe successivement la matière du jaune , avant de subir le piiénomène définitif de l'absorption. Quant au jaune lui-même , il devient d'abord plus visqueux , puis plus liquide et plus pâle; ces changements s'opèrent en lui en procédant de la surface vers le centre de la masse vitelline. Il est à regretter que la chimie ne nous ait pas encore appris quelles modifications de constitution intime coïncident avec ces changements d'aspect physique. Ce qui est certain, c'est que l'absorption de celte matière nutritive ne se fait pas en nature : elle a toujours lieu par l'intermédiaire des globules agminés et des veines, et s'opère seulement dans la vésicule ombilicale. Le conduit vitello-intestinal se rétrécit, en effet , de très bonne heure, à peu près dès que l'intestin est clos : il se réduit promp- tement à un organe qui sert plutôt de pédicule au sac vitellin que de canal de communication entre la cavité de ce sac et celle de l'intestin. Serait-il même perméable au jaune , son diamètre est trop étroit car on peut dire qu'il est capillaire' pour admettre une quantité de vitellus réellement utile au développement de l'embryon. Tout au plus une très petite portion de la partie la plus fluide du jaune pourrait pénétrer par cette voie. Quelque attention que j'aie apportée à cette recherche, quelque réitérées qu'aient été mes observations, je n'ai jamais trouvé de vésicules du jaune dans la cavité de l'intestin. Dans les derniers jours de l'incubation , et après l'éclosion , j'ai trouvé , dans la matière du jaune , des globules d'un aspect tout particulier, durs , éclatant sous' la pression, et se divisant par cet éclatement eu deux, trois, ou quatre fragments assez ré- guliers ; quelques uns paraissaient formés de deux eu trois glo- bules inclus les uns dans les autres (PI. '2, fig. 10). Prévost et Lebert (I) ont signalé aussi dans la cicatricule des globules qui se fendillent, auxquels ils donnent le nom de gélatiniformes ; mais ceux dont je parle ne paraissent pas être les mêmes. (0 Mém. rite. AO A. COIIIITI. — Srr.lCTLKli DI.S AI'l'li\DlCli.S VriKI.MNS A mesure que le Poulet se développe et que la masse du jaune diminue, le sac vitelliii se plisse , se divise pour ainsi dire en lobes, et pénètre dans la cavité abdonjinale. Là se continue , par le même mécanisme, l'absorption du vitellus, et cette absorption peut suffire à nourrir le l'oulet, pendant les premiers jour* qui suivent l'éclosion. Ouand la matière alimentaire est épuisée, l'absorption porte sur les globules agminés ; tous ceux qui rem- plissent les intervalles des arcades anaslomotiques , dont l'en- semble constitue chaque appendice, disparaissent les premiers, de sorte qu'à ce moment chacun de ces appendices offre l'aspect d'une dentelle. Enfin , après avoir épuisé tous les globules , le travail absorbant porte sur les vaisseaux eux-mêmes , et amène bientôt le dernier degré d'atrophie de la vésicule ombilicale. Chez un Poulet, presque mort d'inanition trois jours après sa naissance , cette vésicule était trilobée , du volume d'une petite noix (PI. 2, fig. 3) ; sa cavité était pleine d'appendices , tous percés à jour comme de fines dentelles (PI. 2. fig. li) , dont l'en- semble offrait un aspect remarquable. Les arcades veineuses qui les constituaient étaient déjà presque dépouillées de leurs glo- bules , et laissaient voir la disposition que j'ai ligurée (PI. 3, fig. 10, 11). Cet état rétrograde, précieux pour l'étude, montre, mieux que toutes les préparations, la structure intime de l'appa- reil des appendices vitellins, et permet , quand on l'a vu une fois , de saisir beaucoup mieux la manière dont se forme cet ap- pareil dans la première période de son développement. Telles sont la formation , la structure , les fonctions et la dis- parition graduelle des appendices vitellins à l'aide desquels se développe le Poulet dans l'œuf. On voit donc qu'en résumé : 1° Il existe un appareil veineux très développé, formant à la surface interne de la vésicule ombilicale des groupes d'appendices qui plongent dans la liqueur du jaune. 2° Les veines de cet appareil se forment par la naissance de bourgeons sur les veines mêmes du blastoderme. 3" Ces bourgeons naissent et se développent par la transfor- cm;/ i.ic l'oui.Kr. ."H inulion des globules agiiiiiiés en cellules transparentes , qui cons- tituent leurs parois. 4° De la jonction de ces bourgeons, ou papilles veineuses, les uns avec les autres , résultent des arcades anastomotiques et de nouvelles veines donnant naissance à de nouveaux bourgeons, jusqu'à ce que les villosités et appendices vitellins aient acquis leurs plus grandes dimensions. 5° Par ces bourgeons et par ces veines , offrant une surface extrêmement étendue , se fait , du 8" au 21' jour et même après la naissance , une absorption très active. 6° Cette absorption s'exerce sur le jaune, mais pas d'une ma- nière directe. La matière vitelline ne sert jamais directement à la nutrition du fœtus : elle ne passe pas dans la cavité du tube intestinal , elle n'est pas non plus absorbée en nature par les veines valvuleuses. 7° r.es éléments du jaune donnent lieu à une multiplication de globules et de granules, semblables pour leur structure, sinon pour leurs dimensions, à ceux de la cicatricule et du blastoderme à toutes les périodes de son développement. Ces globules et ces granules se groupent en petites masses. De la coagulation mem- braneuse qui se fait autour d'eux résultent des globules agminés, dont une couche épaisse enveloppe les veines des appendices. Le contenu de ces globules, ou plutôt de ces vésicules, se dissout et passe par endosmose de leur cavité dans celle des cellules ad- jacentes, et de là dans les papilles veineuses el dans les veines dont ces cellules forment les parois. Enfin, leurs enveloppes cons- tituent autant de vésicules ou de cellules nouvelles , susceptibles de participer à l'accroissement des vaisseaux qu'elles entou- rent. 8° Lorsque la matière du jaune est épuisée , la résorption porte sur les globules agminés , les vésicules et les vaisseaux eux-mê- mes , jusqu'à ce que la totalité de la vésicule ombilicale soit com- plètement atrophiée. .'i!2 A. COL'BTT. — SlIUCTini'. RKS AI'PEiNDICRS VI TIU.I.INS. K\l»l.irATIO\ DES FIGURES l'LAiNCIJlî 2. Fig. I . Disposition générale des appendices vitellins de la vésicule ombilicale, au dixième jour de lincubalion. Fig. 2. Lambeau de vésicule ombilicale, pour montrer le développement des ap- pendices vitellins après le quinzième jour. Fig. 3. Vésicule ombilicaled'un jeune Poulet presque mort d'inanition, troisjours après la naissance. Fig. 4. Intérieur de la même vésicule ombilicale , pour montrer l'état de résorp- tion des appendices. Fig. 5 Vaisseau du blastoderme, pour montrer les deux rangs de cellules qui forment ses parois. Sa cavité est pleine de vésicules à noyau qui ne sont autre chose que des globules sanguins. Fig. 6. Bourgeon d'une veine du sac vitellin, environné encore de quelques vé- sicules et globules agminés ; globules sanguins dans la cavité du vaisseau et du bourgeon naissant. Fig. 7, Globules agminés, vésicules et autres éléments de l'aire vasculaire d'un embryon de deux jours. Fig. 8. Globules agminés, vésicules et autres éléments répandus sur la face in- terne du blastoderme , et sur les parois des vaisseaux et des appendices vitel- lins, du quatrième au vingt et unième jour. Fig. 9. Une des grandes vésicules granuleuses dont se compose la totalité de la masse du jaune. Fig. 10. Globules durs, éclatant sous la pression, et de nature indéterminée, ob- servés dans le jaune, les derniers jours de l'incubation. I'I..\NCIIE 3. Fig. I . Veine dépouillée de ses globules agminés, pour montrer les bourgeons (|ui en naissent et contribuent à former les appendices. Fig. "2. Un de ces bourgeons enveloppé de ses globules et de ses vésicules. Fig. 3. Deux des premiers rameaux artériel et veineux juxtaposés de la vési- cule ombilicale, dans un œuf de huit jours, pour montrer comment le phéno- mène de l'agmination des globules et des granules se réalise sur leurs parois. Fig. 4. Deux cellules sur la paroi d'un vaisseau, a la période de dissolution et de résorption du contenu. Fig 5. Lambeau du feuillet interne de vésicule ombilicale, où les mêmes cellules sont il divers états de résorption. Fig. 6, 7, 8. Divers états de bourgeonnement des veines du sac vitellin. Fig. 9. Anastomose entre deux bourgeons voisins. Fig 10, 11. Appendices vitellins , à l'époque où la résorption , ayant épuisé le jaune, commence à s'exercer sur les globules agminés. On les a dépouillés en grande partie de ces globules, pour montrer leurs arcades anasloinolii|ues. 3» NOTE SIR LE DÉVELOPPEMENT DE l/OF.Ll' ET DE L'EMBRYON CHEZ LES TARETS; Far ni A. I>£ QUATRXFACES. Les observations suivantes ont été continuées et répétées , au- tant que la mauvaise saison l'a permis , pendant près de trois mois. Comme pour l'embryogénie des Sabellaires. j'ai commencé par suivre sans désemparer les phénomènes résultant de féconda- tions artificielles , jusqu'au moment où les larves ont été entière- ment constituées. J'ai repris ensuite avec détail chacune des époques de ce développement , et j'ai poursuivi ces observations soit sur les larves qui vivaient quelque temps dans mes vases , soit sur celles f|ue je trouvais dans le tube respiratoire d'une des deux espèces de Tarels qu'on rencontre au port des Passages. Tous les dessins qui accompagnent ce travail , et que je soumet- trai plus tard à l'Académie, ont été calqués h la chambre claire. En étudiant le développement de l'œuf dans l'ovaire des Ta- rets, on trouve d'abord de simples globules très petits, homo- gènes, transparents, et entièrement incolores (ves/cw/e de Piir- kinje). Quelques granulations très fines se montrent bientôt dans la substance de cette vésicule , et , au bout de quelque temps, on voit se développer dans son intérieur un second globule {tache germhmfivc de Waçjner). Ces deux globules grandissent en- semble pendant quelque temps, avant que la matière vitelline ne vienne se déposer à la surface de la vésicule de Purkinje sous la forme de granulations d'abord isolées et transparentes, puis plus nombi'euses, et de plus en plus colorées, l.a membrane vi- telline ne se distingue que plus tard. A cette dernière époque, l'œuf est entièrement sphérique , mais il n'a pas encore acquis ses dimensions définitives. Il augmente donc de volume , et en même temps se détache de la gangue granuleuse où il a pris nais- sance , pour s'acheminer vers la partie postérieure de l'ovaire. Pendant ce trajet, il est en quelque sorte passé à la filière dans les canaux étroits et sinueux où il est engagé , et souvent il prend la forme d'une sorte de larme batavique , dont la tète serait for- 3' série. Zool. T. IX, (Janvier 1818.) ; 3 'Mi UK t 1)i; i.'oeif inée par la vésicule de l'Lirkiiije , cl la (|ueue par la masse vitel- liric plus ou moins allongée. Au reste , après la ponle, quelques instants d'immersion dans l'eau suffisent yiour rendre à ces œufs déformés leur sphéricité normale. . I.es diverses parties que je viens d'indiquer se distinguer.! ai- sément dans l'œuf mur, à cause du peu d'opacité du vitellus. Cette circonstance m'a permis de suivre avec plus de précision , que je n'avais pu le faire chez les Annélides , les phénomènes qui suivent immédiatement la fécondation. Le premier résultat du contact des Spermatozoïdes est un mouvement marqué de concentration des granules vitellins , qui se pressent autour de la vésicule de l'urkinje , et rendent ainsi le rentre de l'œuf plus opaque , en même temps que les bords s'é- claircissent. .Au bout d'une demi-heure, quelquefois plus tôt, la tache ger- minative disparaît; et alors se manifestent des mouvements irré- guliers , dont le dessin seul peut donner une idée. Tonte la masse vitelline est comme pétrie par une force cjui accumule les granu- lations du vitellus tantôt sur un point, tantôt sur \m auli'e. La vésicule de Purkinje se distingue longtemps , et dessine dans l'in- térieur de l'œuf un espace plus clair , dont la forme change à chaque instant. Vers la troisièine heure, ce travail semble ter- miné. On ne distingue plus la vésicule : l'œuf entier est devenu un peu plus opaque, et les granules vitellins sont également re- partis dans son intérieur. C'est à cette époque qu'a lien l'e.xpulsion d'un globule dia- phane, phénomène qui .se passe exactement comme chez les Sa- bellaires. Immédiatement après l'apparition du globule, le vitellus se partage en deux moitiés à peu près égales. L'une de ces deux moitiés continue à se diviser de plus en plus en présentant les mouvements irréguliers , dont j'ai parlé dans ma note sur l'embryogénie des Sabellaires. (Toutefois, le fraction- nement de la masse se fait sans présenter des temps d'arrêt aussi marqués), l'endant ce travail , la moitié dont nous parlons .s'étale pou à peu .*ur l'autre, et linit par l'envelopper cntièrcmpiil. A ce C.llKZ I.KS TMîKIS. 35 inomeiil, elle a c(jiii|)léleiiieiil perdu son aspect vilelliii . et l'orine une couche granuleuse presque entièrement incolore. La moitié du vitellus ainsi enveloppée reste longtemps sans présenter de modifications sensibles ; puis, à son tour , elle entre en travail, et, sans mouvements appréciables, elle s'organise rapidement en une masse de grandes granulations irrégulières ayant l'aspect des jeunes tissus. V'^ers la onzième heure , le vitellus s'est donc transformé en une masse irrégulière composée de deux parties bien distinctes , et enveloppé par la membrane vitelline plus ou moins plissée. A cette époque, on voit apparaître quelques cils vibi'atiles, d'abord courts et gros , puis plus longs, plus fins et plus nombreux. Ces cils garnissent tout le corps de la larve , qui nage bientôt dans le liquide à la manière des Infusoires avec une grande rapidité. Cet état dure jusque vers la quarante-huitième heure environ ; puis le nombre des cils diminue, et la larve tombe au fond du vase où elle se meut assez lentement. Pendant (|ue s'accomplissent les phénomènes que nous venons d'indiquer^ la membrane vitelline n'a présenté rien de particu- lier ; elle est restée plus ou moins irrégulièrement appliquée sur la masse qu'elle enveloppe; mais, dès la treizième heure environ, cette membrane présente un espace plus clair, qui prend bientôt l'aspect d'une ouverture se prolongeant intérieurement en une cavité infundibuliforme. Vers la quarante-huitième heure, cette ouverture s'étend en forme de fente , et ne tarde pas à partager la membrane vitelline en deux moitiés égales. Ce sont les premiers rudiments de la coquille qui est d'abord purement membraneuse, et irrégulièrement o\alaire avec un angle saillant assez marqué au point qui correspond à la charnière. Au bout de peu de temps, cette forme change : l'angle saiUant s'efface , et est remplacé par un angle rentrant. I.a coquille est alors symétrique et cordifurme: en même temps , elle s'est encroûtée de sels calcaires. Pendant la formation de la coquille . on voit se dévelopi)er un appareil cilié , organe de mouvement destiné à remplacer les cils qui couvraient le corps entier. Cet appareil f^\^^erlile et rétractile n'est d'abord qu'im faible bourrelet gaini de cils très fins •W DE QL'jtTBEEAGE»i. — DÉVEI.Oln'I■:.ME^T Dli l.'OEDF, ETC. (soixante-douzième lieure) ; mais il ne larde pas à s'agrandir en même temps que ces cils deviennent plus forts. Ici s'aiTêtent 1rs obsei'vations régulièrement suivies que j'ai pu faire sur ces larves si différentes des animaux adultes. l'assé la cent trentième heure, mes couvées ont toujours péri ; j'ai dû re- courir aux larves qui vivaient protégées par le manteau desTarets adultes, et dont l'âge m'était inconnu. Les principaux change- ments extérieurs consistent dans le développement extrême de l'appareil cilié, qui permet à ces larves placées dans l'eau de mer de s'y mouvoir rapidement à la manière des Rotateurs, et dans l'apparition d'un pied long , étroit et très mobile , à l'aide duquel elles rampent fort bien sur le fond du vase. J'ai constaté, en outre, rajiparition successive de divers organes, et entre autres des oto- liles qui se montrent de très bonne heure ; mais ces détails ne sauraient trouver place ici, ni être compris sans l'aide de dessins, .Te ne puis pas davantage entrer ici dans rex])osé de toutes les réflexions que suggèrent les faits que je viens d'indiquer ; je me bornerai donc à faire remarquer spécialement le rôle joué par la membrane vitelline, qui semble se transformer en coquille, et à appeler l'attention des cmbryologistes sur l'existence distincte des deux feuillets séreux et muqueux , tous deux formés aux dépens du vitellus. Il est bien évident d'après ce qui précède que les Tarets subis- sent de véritables métamorphoses avant d'atteindre leur forme définitive. Des observations analogues ont été recueillies sur les Anodontes , il y a une douzaine d'années , par M^l. Carus, Ja- cobson et moi-même. En voyant ce fait se produire en quelque sorte aux deux extrémités de la classe des Acéphales, il est, je crois , permis de penser qu'on le retrouvera dans le groupe tout entier. Quelques exceptions qui pourraient se rencontrer s'expli- queraient peut-être par l'ovoviviparité d'un petit nombre d'es- pèces ; toutefois on devra surtout étudier sous ce rapport les Acé- phales bisexués, et c'est ce que je ne manquerai pas de faire si l'occasion se présente. 37 RECHERCHES SUR LES l'OLYlMERS; Far MM. MIIiNX ED'WARDS et Ji;X,ES HAIME. PREiniER MÉnOIRE. OBSERVATIONS SLR LA STRUCTURE KT LE DÉVELOPPEMENT DES POLYPJERS EN GÉNÉRAL. §1- Les corps de consistance pierreuse que les Polypes marins engendrent au sein des eaux et y accumulent parfois en masses assez considérables pour donner naissance à des rescifs et à des îles, ont souvent occupé l'attention des naturalistes. On n'a été d'abord frappé que de l'élégance de leurs formes et de la délica- tesse de leur structure ; mais un intérêt plus grand s'est attaché h leur étude lorsqu'on a connu le rôle important qu'ils Jouent dans l'économie générale de la nature. En effet , les Polypes , dont les facultés sont des plus bornées et dont l'animalité est même si obscure que pendant longtemps on les confondait avec les plantes, sont, malgré leur petitesse, de puissants agents géologiques. Il sont au nombre des ouvriers chargés d'enlever sans cesse à la mer les sels calcaires que les eaux imprégnées d'acide carbonique dissolvent en lavant la sur- face du la terre. Ils condensent ces substances minérales pour s'en former une sorte d'armure susceptible de résister au choc des vagues , et ils rendent ainsi à la croûte solide du globe une portion de la matière dont elle s'était appauvrie sous l'action cor- rodante des eaux ; car les édifices calcaires élevés de la sorte ne se détruisent pas lors de la mort de leur architecte, et, fixés soli- dement au sol , ils deviennent souvent les matériaux de construc- tion employés à la formation de roches nouvelles. Il en a été de même il toutes les périodes de l'histoire de la terre , et les dé- 38 MILKE EMIWARDS ET J. IIAIIHK. pouilles laissées par ces frêles Zoophytcs abondent jusque dans les couches les plus anciennes des terrains stratifiés. On a vu aussi que les polypiers conservés à l'état fossile varient dans les forma- tions d'Ages différents, et fournissent ainsi d'utiles caractères pour la détermination des époques auxquelles ces dépôts remontent. Les zoologistes ont dû, par conséquent, s'appliquer à décrire tous ces corps et à les classer suivant les rapports naturels des êtres dont ils proviennent. Ellis (I , Pallas (2) et Lamarck (o) ont fait" à ce sujet des travaux considérables , et à une époque plus récente la science a été dotée de plusieurs ouvrages importants sur l'his- toire des Polypes. Mais jusqu'en ces dernières années on était resté dans une ignorance si grande touchant l'organisation de di- vers animaux réunis dans cette classe des Zoophytes que les résultats obtenus par l'étude des polypiers devait nécessairement laisser beaucoup à désirer. Depuis la publication des livres de Lamarck, de Lamouroux (ù) et de Cuvier, l'étude anatomique des animaux inférieurs a fait, il est vrai , de rapides progrès. Déjà en 1828 (5) on a pu carac- tériser les principaux types d'organisation suivant lesquels sont constitués , soit les Polypes proprement dits , soit les animaux qui portent aujourd'hui le nom de Bryozoaires, et d'autres recher- ches faites également sur les côtes de la France ou sur divers points du littoral de la Méditerranée ont servi à confirmer et à étendre les résultats de ce premier travail (01. Les observations de M. Ehrenberg ont jeté aussi beaucoup de lumière sur la struc- (1) \al. Hist. nf Corallines. London, 1734. — Ellis and Solander, .VhI. Hisl. of many curious Zoophytes, London. 1 786. (2) Elenchus Zoophytorum. La Haye, 1766, elc. (3) Hisl, des anim. srins verl., l. IL 1816. (4) Hist. des Polypiers flexibles. Pari.s. 1816; Pt Exposiliaii inélltnd île yein'es de Polypiers. Paris, 1821 (3) Voyez Héstimé des Recherches sur les animatLV sans vertèbres . fuites aux ilcs Chausey, par MM. Audouin el Milne Edwards {Amiales des Sciences natu- relles, septembre 1828. i" série, t. XV, p. 18). (6) Voyez la série de Mémoires sur l'analomie. la physiologie et la classinr.a- tion des Polypes, parM. Milne Edwards, lus à l'Académie des Sciences en 1S3.S, :î6 cl 37, el publiés dans la seconde série des .liiiin/c.v rfe.s .Sric/iiv.« )iiifi//T/(M. si!n i.\ sriuicruRK diîs i-oi.YPiEns. 39 lure des Polypes (1), et plus récemment encore riiisloire anato- mique et physiologique de ces animaux a été enrichie par les recherches de MM. I.ister (!2) , Farre (3), Dumortier (k), Lo- vén (5), Nordmann (6),Van Beneden (7), Quatrefages(8), Johns- ton (9) et Dana (10). Mais ces divers travaux portent principalement sur la disposi- tion des parties molles qui concourent à former le corps d'un Polype ou sur la manière dont ces Zoophytes se multiplient. On a trop négligé l'étude anatomique des polypiers dont la connais- sance est nécessaire aux géologues aussi bien qu'aux zoologistes, et cette circonstance dépend peut-être des idées erronées que la plupart des auteurs s'étaient formées touchant la nature même de ces corps lithoïdes. En elfet, Lamarck , dont l'autorité est très grande parmi les zoophytologistes, considère les polypiers comme ne faisant nul- lement partie des animaux qu'ils contiennent. Il dit positivement que ces corps n'offrent aucune trace d'organisation et ne consis- tent qu'en une sorte de croiite comparable à ces enduits calcaires que les eaux incrustantes de quelques sources minérales déposent sur les objets qui y sont plongés. Pour rendre plus nettement sa (1) CorallenHiiere des rothen Meercs. Acad. d. Berlin 1834. (2) Some observations on Ihe slniclure and functions of tubular mid relluhir Polypi, elc.hyS. Lister. {Phil. Trans. 1834,) (3) Observ. on the minute structure of some of Ihe higher forms of Polijpi. Ijv A . Farre. (Phil. Trans. 1837.) (4) Rech. analom. et physiol. sur les Polypes d'eau douce [Bullet. de i.lcad. dex Se. de Bruxelles, l, II). (5) Zoologiska Bedrag. — Observ. sur le développement et les métamorphoses des Campanulaircs, etc., par Lovën [Ann. desSc. nat., 2° série. Zool., l. XVIII). (6) t'oyage dans la Russie méridionale et la Crimée, par Demidoff, t. III, Zoo- logie, par Nordmann. (7) Recherches sur lesTubulaires, etc., etc. [Mém. de l' Acad. de Bruxelles, 1813 cl 1844). (8) Mémoire sur les Edwardsies, par A. de Quatrefages ( .4iih. des Se nal , i' série. Zool., t. XVIII). — Mém. sur la Synhydre {Op. cit.. I XX). •(9) History of Ihe Brilish Zoophytes, by G. Jobnston. London, 183S. [\0)Slructure l'ndclassificaUon of Zoophytes, h'j i . Dana. Philadelphia 1836. (Ihiited shiles li.riitonng expédition under Iherommand nf i'. Wilkes.) ^0 MILKE EDWARDS ET J. UAIIHE. pensée , Lamarck ajoute encore que les cellules du polypier res- semblent aux loges d'un guêpier et ne sont autre chose que la demeure des Polypes. Lamouroux (1), dont les ouvrages sont entre les mains de tous les naturalistes , professa la même opinion et alla jusqu'à décrire la manière dont se formerait celte prétendue croîite inerte. Enfin , Cuvier adopta une manière de voir ana- logue (2), et M. de Blainville (3), à qui l'on doit un livre impor- tant sur l'actinologie, n'a pas combattu la théorie admise par ses devanciers et s'est peu expliqué sur la manière dont il conçoit l'origine et le mode d'accroissement des polypiers. 11 en est résulté que la plupart des zoologistes ont été conduits à regarder ces corps comme étant une sorte de moule extérieur, un simple pro- duit de l'organisme, et non une partie intégrante du l'olype ; aussi n'ont-ils attaché que peu d'importance à l'étude analomique tfe ces loges réputées étrangères à l'animal qui y habite, et les auteurs qui ont eu à en parler se sont d'ordinaire contentés d'en décrire les formes extérieures. Les remarques de MM. Mayen {li) et Ehrenberg (5), les obser- vations publiées il y a dix ans par l'un de nous (G), et des faits en assez grand nombre, constatés par d'autres zoologistes, montrent cependant la fausseté des vues de Lamarck et font voir ijuc le polypier, loin d'être une croûte inerte , est en réalité une portion vivante du corps du Polype, une partie organisée comme le sont tous les autres tissus de l'économie , mais un tissu qui , au lieu de conserver la mollesse dont jouissent ceux-ci , se durcit à la manière d'un cartilage qui se transforme en os; des particules calcaires s'accumulent dans sa substance et lui donnent une dureté pierreuse; mais ce dépôt est le résultat d'un travail his- (1) Kncijclup. mclhod. Hist. nat. des Znnpii., arl. Cellule. (2) Règne animal, t. III. Paris, 1830. (3) Manuel d'actinotogie. Paris, 1831. (4j Maijenn Observuttoncs zoologicas in ilinorc ciraim lerram inalilutas { Nov. Ael. Acad. C Leop. Car. nat. Cur., vol. XVI, supplom. Bonna.', 1834. (3) toc. cit. (6) Obsero. sur la nature et le mode de croissance des Polypiers, par M Milnc Edwards {.inn. des Se. nat., 2' série. Zool., t. X, p. 321 — 1838). SUR i.A sriiucrDRE DES poi.yriiiits. 41 togénique et non un simple moulage extérieur. Le polypier est au Polype ce cjue le squelette tégumentaire de Tlnsecte ou du Crustacc est à l'organisme de chacun de ceséires, et la disposi- tion qu'il affecte est liée au plan général de structure du Zoophyte dont il fait partie , de la même manière que l'arrangement de la charpente osseuse des vertébrés est en harmonie avec le mode d'organisation d'un l'oisson , d'un Reptile, d'un Oiseau ou d'un Mammifère. L'étude des polypiers est donc nécessaire au naturaliste qui s'occupe de l'histoire des Zoophytes, comme l'étude de l'Ostéo- logie est indispensable à celui qui veut connaître d'une manière sérieuse l'histoire des animaux vertébrés. On doit à ^L de Blainville , à ^L Ehrenberg et à M. Dana des recherches intéressantes sur les caractères , la structure et le mode d'agrégation des polypiers. Ce dernier observateur vient de publier sur ce sujet un ouvrage qui lui assure un rang élevé parmi les zoologistes de notre époque ; les progrès qu'il a fait faire à cette branche de l'histoire naturelle sont considérables; mais plusieurs des questions les plus importantes touchant l'or- ganisation et le développement des polypiers sont restées jusqu'ici sans solution satisfaisante. Occupés depuis longtemps d'un travail général sur la classe des Polypes et cherchant à fonder, sur l'anatomie de ces ani- maux , les principes de la distribution méthodi(|ue des espèces fossiles , aussi bien que des espèces vivantes , nous avons dû étu- dier avec soin la structure et le mode de développement des po- lypiers ; nous avons fait à ce sujet un grand nombre d'observa- tions , et ce sont les résultats ainsi obtenus que nous venons exposer dans ce mémoire. Nous nous sommes appliqués à faire l'analyse anatomique des polypiers, à distinguer entre elles les diverses parties qui en- trent dans la composition de ces corps , à déterminer la manière dont ces éléments de l'organisme se groupent entre eux , et à découvrir les lois qui président à leur développement. Nous nous sommes proposé de faire pour les polypiers ce que M. .Savigny a fait pour l'appareil buccal des animaux articulés, ce que &2 MILNE EDWARD»« ET J. U/tlME. M. Audouin a tenté avec le même succès pour le tliorax des Insectes, et ce que GeofiVoy Saint-Hilaire a entrepris pour la charpente osseuse des Vertébrés. Pour y arriver, nous avons dû étudier le mode de développement des polypiers comme on étudie rOstéogénésie. lorsqu'on veut se rendre compte de la composi- tion anatomique du squelette des vertébrés, et comparer avec une scrupuleuse attention toutes les modifications de structure que ces corps présentent chez les espèces perdues, aussi bien que chez les espèces dont la mer est aujourd'hui peuplée. Cet examen a été long et minutieux , et , pour rendre compte de nos recherches , nous serons obligés d'entrer dans beaucoup de dé- tails fatigants à suivre ; mais les résultats qui en découlent sont d'une grande simplicité, et nous permettront de lier entre eux une mullitude de faits particuliers dont jusqu'ici on n'avait peut-être pas bien saisi les relations mutuelles. Enfm , les prin- cipes que nous croyons pouvoir établir nous semblent devoir faciliter beaucoup l'étude de cette branche de la Zoologie et nous permettront de donner à l'énoncé des caractères distinctifs des polypiers une précision et ime netteté dont l'utilité nous paraît évidente. Une des diflicultés que présente aujourd'hui l'étude des poly- piers tient au vague du langage employé d'ordinaire dans la description de ces corps. Les termes dont on se sert n'ont été presque jamais rigoureusement définis ; le même nom est sou- vent appliqué à des choses essentiellement dilTérentes, et plus souvent encore les parties sur lesquelles il faudrait appeler l'at- tention n'ont reçu aucune dénomination spéciale. H nous a donc fallu adopter ici un système de nomenclature anatomique parti- culier; mais en procédant ainsi nous avons cherché à n'intro- duire dans la science que peu de mots nouveaux , et nous nous sommes appliqués à donner à tous les termes dont nous ferons usage un sens clair et précis. Lin seul exemple suffira pour mettre en évidence les vices que nous reprochons au langage employé jusqu'ici par les zoophyto- logistes. [^e mot pohjpier, dont nous avons déjà fait usage plus d'une fois dans cet écrit , et dont on se sert à cha(iue page dans SLlIi \.\ srillCTinE DES l'OLYl'IEIlS. 03 les traités d'Actiiiologie, est une oxprcssion à double entente, et s'applique tantôt à l'individu , tantôt aux masses formées par l'assemblage d'une multitude plus oii moins considérable d'indi- vidus différents. L'usage à cet égard est trop invétéré pour que nous puissions y rien changer ; mais une pareille confusion est souvent très nuisible , et nous avons dû chercher à en diminuer les inconvénients. Ainsi, pour nous, le mot /jo/i/p/er signifiera, comme par le passé , toute masse distincte formée par les par- ties dures d'un ou de plusieurs Polypes unies organiqueinent entre elles; mais nous appellerons polypiers simjjlcs ceux qui ap- partiennent à des individus isolés, polypiers romposés ceux qui résultenl de l'union intime de plusieurs individus distincts , et polypiérite l'ensemble des parties dures appartenant à chacun des individus ainsi agrégés. Lorsque nous aurons à comparer le système solide des Polypes solitaires et des Polypes sociaux , ce ne sera donc pas entre le polypier des uns et des autres que cette comparaison s'établira , mais entre les polypiers des premiers et les polypiérites des seconds. Enfin , nous donnerons le nom de polypiéroïde aux masses de consistance plus ou moins coriaces qui correspondent au polypier proprement dit, mais ne présen- tent qu'une consolidation incomplète, les paiticules calcaires n'é- tant pas liées entre elles et ne se présentant que sous la forme de grains ou de spicules isolées. Ajoutons encore que le tissu dont se compose le polypier ne peut être rigoureusement' assimilé ni aux cartilages, ni aux os d'un Vertébré, ni à la substance qui co)istitue la carapace d'un Crustacé ou la" coquille d'un Mollus- que. Ce tissu présente des caractères qui lui sont propres, et doit être nécessairement désigné sous un nom particulier : nous pro- poserons de l'appeler .sr/e>ertc%7«e. S II Pour se former une idi'e nette du la nature et du mode de dé- velop|i('ment d'un polypier quelconque, il faut se rappeler d'a- bord Ir plan généi'al de l'organisation- des Polypes eux-mêmes : ces Zoophytes , comme on le sait , affectent loujoui's la forme d'un lih MILNE EDWARDS ET J. nAlME. cône renversé ou d'une colonne , dont l'extrémité inférieure adhère au sol ou s'y applique, lorsque l'animal est en repos. L'extrémité opposée de cette colonne , plus ou moins élargie , porte une couronne d'appendices tentaculaires , au centre de la- quelle se trouve la bouche. Enfin , l'axe de la colonne est creusée d'une grande cavité digestive qui en occupe toute la longueur. Chez les Polypes Ilydraires, les parties molles qui concourent à former l'organisme sont peu dilîérentes entre elles; mais, chez les Polypes Coralliaires (1), elles se composent de plusieurs tissus bien distincts. Une première tunique , ornée le plus souvent de couleurs vives , et comparable à la peau des animaux supérieurs, occupe ici toute la surface du corps, et se prolonge même en de- dans de la bouche , de manière à y constituer un tube gastrique , qui est comme suspendu au milieu de la portion supérieure de la grande cavité digestive ou viscérale dont il a élé déjà question. Une autre tunique , qui , par son aspect et ses fonctions, rappelle tout à fait les membranes séreuses des animaux supérieurs, se trouve appliquée à la surface interne du tissu tégumentaire que nous venons de mentionner , et tapisse partout la grande cavité, dont le corps du Polype est creusé. Cette tunique interne se pro- longe en replis longitudinaux vers le centre du corps, et forme tout autour du tube gastrique une série de lames verticales qui font ofllcc de mésentères et qui descendent d'ordinaire jusqu'au fond de la cavité viscérale. Enfin, entre les deux tuniques ou dans les replis de la tunique interne , se trouvent logés les organes de la génération et les fibres musculaires destinées à opérer les mou- vements dont l'animal est susceptible. Quelquefois la peau du Polype offre partout la même épaisseur et la môme structure. Il n'existe alors aucune différence notable entre la portion supérieure du corps de ces Zoophytes et sa por- tion basilairc ; le tout est mou et contractile , ainsi que cela se voit chez les Actinies. Mais le plus souvent, le corps se partage en deux portions bien distinctes, que l'on peut considérer comme ( I ) Nous dési lilT J. IIAUtlE. solides et compacles (1), d'autres fois des rangées de grandes épines (2). Dans ce dernier cas, les nodules d'une même lignée, c'est-à-dire ceux qui naissent les uns des autres par bourgeon- nement direct sont peu développés et sont unis entre eux par des branches ascendantes très fortes, mais ne donnent naissance ni à des branches transversales ni à des branches formant la croix avec ces dernières. Enfin ces espèces d'épines ou de poutrelles, au lieu d'être sim- ples dans toute leur longueur, peuvent se bifurquer ou devenir rameuses vers le haut , si d'espace en espace les nodules consti- tutifs donnent naissance à deux branches ascendantes au lieu d'une seule. 11 est aussi à noter que lorsque le développement du scléren- chyme paraît se faire d'une manière confuse , on peut encore se rendre compte de tout ce qui se passe, sans être obligé d'admettre qu'il y ait rien de changé quant au caractère général et essentiel du travail histogénique tel que nous venons de le décrire. En effet, si les nodules sont extrêmement rapprochés et très petits , on ne distinguera plus les divers degrés d'accroissement dont il a été question ci-dessus ; les branches se confondront avec les corps des éléments sclérenchymateux , et le tissu plus ou moins compacte s'accroîtra d'une manière continue, ainsi que cela se voit dans les Oculines. Il faut remarquer, en outre , que la tendance au bourgeonne- ment n'est pas égale sur toutes les faces d'un nodule sclérenchy- mateux. C'est presque toujours la branche ascendante , c'est-à- dire celle opposée à la base ou pédoncule du nodule , et devant concourir à l'allongement de la lignée, qui se développe d'abord; puis ce sont les branches latérales dirigées vers les lignes voi- sines et servant à relier ces lignées entre elles; enfin les branches dont la direction est normale à la surface de l'ensemble des par- ties ainsi constituées ne se montrent qu'en dernier lieu. En résumé, nous voyons donc que par l'observation directe ou par des considérations théoriques on peut toujours ramener le (I) PI. 4, fig. 1", -2", H". 2 Pt o, li» t". 1' SLIU I,A- SrllUCll'Iitî DliS POI.Yl'IEllS. 57 lissu fondameiilal du polypier à un certain nonilirc d'éléments aiiatomiques semblables entre eux, et qu'en tenant compte de la manière dont ces éléments se multiplient, se développent et se groupent, on peut expliquer toutes les particularités de structure du sclérenchyme. Pour déterminer ces caractères histologiqucs , il faut distinguer entre eux les nodules ([ui naissent les uns des autres et qui constituent une même lignée, déterminer la direc- tion de celte lignée et l'observer à diverses hauteurs : on aura ainsi réunies dans le même échantillon des parties arrivées à tous les degrés d'âge, et on pourra voir comment le lissu se constitue et comment il se modifie par les progrès de son développement. §iv. Si nous passons maintenant à l'examen des diverses parties qui sont constituées par le sclérenchyme et qui concourent à former soit un polypier simple, soit un polypiérite, nous trouverons en- core suivant les espèces des dilVérences très considérables : tantôt celte charpente solide est d'une grande simplicité, d'autres fois sa complication est extrême ; mais l'uniformité du plan général qui a présidé à sa formation est toujours facile à démontrer, pourvu que l'on analyse avec soin sa constitution et que l'on ne compare entre elles que des parties homologues. Dans un polypier à structure très complexe, uneCyathine, par exemple (1), il faut distinguer d'abord l'espèce de gaîne qui résulte de l'ossification de la tunique cutanée proprement dite , c'est-à- dire telle qu'on la trouve dans les espèces qui ne subissent pas de transformation semblable , et telle aussi qu'elle se présente dans les portions non ossifiées d'un Polype à polypier. Cette partie, que nous désignerons sous le nom de muraille (theca), affecte en général la forme d'un cornet ou d'un tube dont les parois sont plus ou moins lainelleuses et s'élèvent par leur bord supérieur à mesure que le Zoophyte grandit. Elle occupe la surface extérieure de toute la portion basilaire du corps de celui-ci. et elle constitue d'ordinaire la pièce fondamentale et essentielle de toute la char- (ijl't i, (i-, 1 1", I" 58 MILNE EDWARDS ET J. HAINE. pente sclérenchymateuse. Dans le principe, c'est un simple disque central situé à la face inférieure de l'espèce de sac conique repré- senté par les parois membraneuses du corps du Polype. Ce disque grandit par ses bords et pourrait conserver sa forme aplatie , si les lignes irradiantes de nodules qui partent de son centre se bifur- quaient assez souvent pour que l'ensemble de chaque nouvelle assise de ces éléments sclérenchymaleux occupât en largeur six fois plus de place qu'en longueur. Cette disposition se réalise quelquefois, et c'est de la sorte que se constitue l'espèce de plateau discoïde formé par la muraille des Fongies (1) et des Stéphanophyllies. Mais en général la multiplication des lignées longitudinales de nodules n'augmente pas dans le rapport de la circonférence d'un cercle h. son rayon , et il en résulte que le disque , au lieu de conserver sa forme primitive, s'élève en manière de cornet. Dans la plupart des cas, l'activité histogénique qui détermine ce dédoublement de la branche ascendante d'un nodule ('2) dans les assises suivantes de la muraille n'est pas très grande dans les premiers temps de la vie, mais augmente rapidement, de sorte que le polypier ne s'élargit pas beaucoup dans le très jeune âge, et ne s'évase que plus tard. D'autres fois, au contraire, cette tendance au dédoublement s'ar- rête promptement, et la muraille, en continuant à s'élever, ne s'enrichit d'aucune lignée supplémentaire de nodules sclérenchy- maleux ; l'anneau représenté par chaque assise conserve alors partout les mêmes dimensions, et la muraille, au lieu de s'évaser, s'allonge en forme de tube. La Tiirbinolia cydolitoides de Bcllardi nous offre un exemple très remarquable de ces deux faits. Dans les premiers temps de la vie, la muraille forme un petit cône renversé , puis elle s'étale en forme de plateau , et dans une période plus avancée de sa crois- sance elle s'élève verticalement, de façon à constituer un cylindre plus ou moins élevé. C'est donc une seule et même partie qui constitue tour à tour (I)P1. 6, fig. I, 2. (2) Nous appelons branche asccndiintc de lélcmenl sclércniiiymateux celle qui se prolonge dans la direclion du pédoncule el conlinue la lignée des nodules , quel que soil le sens suivant lequel l'accroissement s'eiïectue. sim r.\ srniicrunR diîs poitvpiEns. 59 le plalcau inrérieur d'une .Stéphaiiopliyllie ou d'une Fongie, h; cor- net tliécal d'une Turbinolie , le tube d'une Sarcinule eld'uii Tu- bipore , ou la gaîne prismatique d'une Columnaire. Ce plateau , ce cornet et ce tube , malp;ré la diversité de leur forme, sont des organes correspondants , et les ditTérences qu'ils offrent entre eux ne dépendent d'aucune particularité essentielle dans leur nature ou dans leiu' texture, mais seulement d'un degré de plus ou de moins dans la tendance qu'ont les lignées de nodules sclérenchy- mateux à se multiplier par le dédoublement de la branche ascen- dante d'un cerlain nombre de leurs éléments anatomiques. La muraille des polypiers est composée essentiellement de sclé- renchynie dermique; mais elle est souvent garnie d'un revête- ment extérieur formé de sclérenchyme épithélique , et constituant une épilhèque ou iTiême une périlhè■'. 6ll niLKK E»\V,tRUS El J. IIAiME. supérieurement, et se trouve pour ainsi dire débordée par les cloisons. § V. L'espèce d'étoile formée par le bord supérieur des inurailles et des diverses cloisons qui en partent pour se diriger vers l'axe du corps est souvent d'une grande élégance, et constitue un des ca- ractères les plus remarquables des polypiers appartenant à l'ordre des Zoanthaires ; aussi la disposition de cette partie a-t-elle sou- vent fixé l'attention des naturalistes. On sait depuis longtemps que le nombre des cloisons qui représentent les branches de cette étoile varie beaucoup suivant les espèces. M. Ehrenberg a remar- qué que ces nombres sont d'ordinaire des multiples d'un chiffre peu élevé, qui reste identique dans toutes les espèces d'une même famille, mais peut varier d'une famille à une autre. Ce zoo- logiste illustre a reconnu aussi l'existence d'un certain rapport entre le nombre des cloisons et celui des tentacules , et a fondé sa classification des Polypes sur la tendance des premières de ces parties à se répéter par des multiples de 4, de 6, etc. Dans l'in- troduction de son bel ouvi'age sur les Zoophytes, M. Dana a si- gnalé aussi le fait de l'augmentation des tentacules et des cloisons par les progrès de l'âge chez le môme individu, et, dans une thèse présentée ces jours derniers à la Faculté des Sciences (1), M. le docteur Hollard a cherché à déterminer la loi suivant laquelle cette multiplication des tentacules s'effectue chez les jeunes Actinies. Nous nous étions occupé de recherches analogues, et en soumet- tant à notre examen l'ensemble de la classe des Polypes, nous sommes arrivés à des résultats qui nous paraissent nouveaux et intéressants pour l'actinologie. Les premières cloisons qui se montrent chez un jeune polypier sont toujours en petit nombre , et sont situées à des distances égales les unes des autres , de façon à diviser la cavité générale en autant de chambres similaires disposées circulairement (2). On en compte d'ordinaire six seulement, et comme la croissance des (1) Eludes mr l'oriidiiisdlioii firx Aeiinies. Pari». 18 48, in-'r (2) PI. 6, fi.£.'. ■■>'. SLR i,A srr.iic.iunii dus poi.ypirrs. 05 diverses parties du polypier esl en général proportionnelle à leur âge, ces cloisons primaires sont presque toujours faciles à recon- naître, même chez les individus adultes, parce qu'elles sont plus épaisses, qu'elles s'élèvent au-dessus des autres, ou qu'elles s'ap- prochent plus près de l'axe du corps. Le fond de la paroi externe de chacune des chambres ainsi circonscrites donne ensuite nais- sance à un nombre plus ou moins considérable de cloisons nou- velles (1), et les phénomènes de développement qui ont lieu dans l'une de ces chambres se manifestent de même dans toutes, de sorte qu'à moins de quelque avortement accidentel dont l'in- fluence est nulle sur les caractères généraux do l'animal , les es- paces compris entre les diverses cloisons de premier ordre sont toujours semblables entre eux , et renferment des parties qui se répètent également dans chacun d'eux (2). Nous proposerons d'appeler système l'ensemble des cloisons qui se développent dans une même chambre primaire. Les parties qui composent chaque système sont comparables aux diverses pièces constitutives qui se trouvent unies dans le même Zoonite chez les animaux articulés, et qui se répètent d'anneau en anneau ; seulement, chez les Annelés, cette répétition s'effectue d'avant en arrière, suivant la longueur du corps, landis que chez les Polypes elle a lieu circulairement. 11 en résulte d'ailleurs que pour con- naître la-«tructure de l'ensemble du polypier, il suffit décompter le nombre total des systèmes, et de déterminer les caractères de l'un d'entre eux. D'après ce que nous avons dit de la disposition des parties molles des Zoanthaires, on a pu voir que chaque chambre pri- maire du polypier renferme dans le principe deux lames mésen- tériques séparées entre elles par une rainure intercloisonnaire. Lorsque l'organisme de ces animaux se complique par les progrès de l'âge, une nouvelle loge sous-tentaculaire se forme dans l'es- pace occupé par cette rainure, et se trouve limitée latéralement par deux nouveaux replis mésentériques, dont une des faces laté- (1) PI. fi, fig. 2*, 2', 2', 2', elc. (2) PI. 4. fig. I". 1', 1", r, PI. 6, fig. I", r, 1'. I ', I", r, 2. eic. V .«prie Zooi. T IX. ( Février I 8 18.) , 5 OC) MiLNE E»\%4itDM i:i j. iiAini:. icales est en rapport avec la surlace correspondante des anciens méseulères. Il en résulte fjue la rainure intercloisnnnaire, qui d'a- bord était simple, se bifurque, et qu'eutre ses deux branches se trouve une nouvelle loge sous-tentaculaire. Bientôt après, la por- tion de la muraille correspondant à la paroi externe de cette loge secondaire se développe de dehors en dedans , comme l'avait fait précédemment la portion correspondant au fond de chaque loge primitive , et il en résulte une nouvelle cloison sclérenchymateuse qui vient s'intercaler entre deux cloisons primaires et double le nombre des rayons de l'étoile. Cette cloison, que nous appellerons secondaire, occupe le milieu de l'espace compris entre deux cloi- sons primaires, et se distingue en général de celles-ci par un dé- veloppement moins complet. Dans quelques Zoanthaires, la multiplication des cloisons s'ar- rête à ce point , et chaque système ne se compose que d'une cloi- son secondaire placée entre deux primaires. C'est ce qui a lieu chez les Pocillopores, les Sériatopores, les l'orites, où des cloisons très grandes et d'autres plus petites alternent régulièrement entre elles, et forment deux séries ou cycles distincts ; mais chez la plu- part des Turbinolides, des Caryophylliens et des Astréens, le po- lypier se complique davantage par les progrès de l'âge, et s'enri- chit d'un nombre plus ou moins considérable de cloisons nou- velles. Celles-ci se forment toujours par paires dans chaque sys- tème, et se groupent symétriquement de chaque côté de la cloison de second ordre. Lorsque les cloisons de troisième ordre se dé- veloppent, elles se montrent au milieu de cha(|ue chambre secon- daire , c'est-à-dire au milieu de l'espace compris entre la cloison de second ordre et les cloisons primaires. Jusqu'alors le mode de multiplication des cloisons sclérenchy- mateuses ou, si l'on aime mieux, des loges sous-tentaculaires dans lesquelles ces cloisons se forment est très simple , et détermine à chaque nouveau degré de développement la formation de deux fois autant de chambres qu'il en existait auparavant. La progres- sion pour chaque système est donc comme 1, 2, 4. .Si le travail organogéniqiie continuait à marcher de la sorte, la période sui- vante serait caractérisée par l'apparition simultanée de quatre SI R r.A STRllCTllRF. DES l'Or.VIMEliS. 67 rloisons nouvelles dans chaque système , puis, dans chacune des chambres ainsi circonscrites, il se formerait une autre cloison, et le nombre de ces cloisons nouvelles se constituant à la fois serait de huit pour chaque système. La loi qui, suivant M. Hollard, présiderait au développement des tentacules des Actinies , serait par conséquent vérifiée par l'ordre d'apparition des cloisons sous- tentacuiaires, et réglerait à elle seule la multiplication de toutes les parties homologues dans l'ensemble du groupe si nombreux des Polypes Zoanthaires. Le nombre total des cloisons dans les espèces à six systèmes serait toujours 6, 12, 2/|, 48, 96, 192...; mais les choses ne se passent pas réellement ainsi , et les diffé- rences correspondant aux diverses périodes d'accroissement ou à des arrêts de développement dans la mise en œuvre du plan gé- néral d'organisation de ces animaux , sont moins brusques et moins faciles à saisir. Effectivement, lorsque le nombre total des cloisons a été porté successivement de six à douze, puis à vingt-quatre, on le voit s'é- lever, non pas directement à quarante-huit, mais à trente- six , et lorsqu'il a atteint quarante - huit . il ne passe pas brusquement de ce chiffre à celui de quatre-vingt-seize, mais correspond d'abord à soixante, puis à soixante -douze et à quatre-vingt-quatre. Chaque système, loin de se doubler à chaque, période d'accroissement, ne s'enrichit que de deux cloisons à la fois, et par conséquent ce n'est pas une mulliplicaiion, mais une simple progression arithmétique qui exprime l'accroissement de ces systèmes. Ainsi, dans les jeunes individus de la Caryophyllia fasciculata de Lamarck, le nombi'e des cloisons dérivées, c'est-à dire des cloi- sons qui se développent dans l'intérieur de chaque chambre pri- mitive, est d'abord 1, puis s'élève à 3. Dans la Deiidrina tenui- lamdlosa et plusieurs autres espèces de cette famille des Dendro- phyllides , le chiffre de ces cloisons arrive à 5 , et dans une foule d'espèces, telles que YÂstrva heliopora, la Snrcinula orf/anum, la Turbinolia plicata, on en compte 7. Lorsqu'on veut déterminer l'ordre d'appa]ition des diverses cloisons, il faut prendre en considération l'âge du cycle auquel 08 MII.KE EDWARD»» KT J. HAIME. elles apparlieniieiil, et l'âge des cloisons entre lesquelles elles viennent s'intercaler. Nous désignons sous le nom de cycle [cyclum) l'ensemble des cloisons nécessaires pour subdiviser en une série continue de chambres similaires , soit la totalité de la cavité intramurale du polypier , soit la série complète des chambres similaires précé- demment constituées. Ainsi les cloisons primaires forment un premier cycle ; car elles divisent la cavité circonscrite par la mu- raille en une série de chambres semblables entre elles et dispo- sées circulairem.ent autour de l'axe du corps. Les cloisons de second ordre forment aussi un cycle complet, puisqu'elles sub- divisent les chambres primaires en une série de chambres se- condaires qui sont toutes semblables entre elles. Il en est encore de même pour les cloisons de troisième ordre; car elles com- plètent le dédoublement de toutes les chambres préexistantes, et ne changent rien quant à la symétrie générale des divisions du polypier ; mais les cloisons de quatrième ordre ne suflisent pas pour constituer un cycle : car, avant leur formation, il existait dans chaque système quatre chambres, et, par leur a|)parition . deux de ces chambres seulement se trouvent subdivisées. Le système se compose alors de chambres dissimilaires , et la symé- trie générale du polypier est détruite , puisque les divisions qui se voient d'un côté de chacune des cloisons du troisième cycle ne se retrouvent pas du côté opposé. Pour que la série circulaire des chambres redevienne uniforme , il faut que les cloisons de cin- quième ordre se développent à leur tour, et viennent diviser celles des chambres du troisième cycle qui sont demeurées vacantes après l'apparition des cloisons de quatrième ordre. Le quatrième cycle se composera donc de cloisons de deux ordres, et puisqu'il renferme deux fois autant de chambres que le cycle précédent , il ne pourra à son tour être complètement subdivisé en chambres plus petites que par un nombre double de cloisons nouvelles. Le cinquième cycle ne pourra donc se compléter qu'à l'aide des quatre ordres de cloisons 6, 7, S et 9, et si un sixième cycle vient à se former , on doit y retrouver les cloisons de dixième , onzième, douzième, treizième, quatorzième, quinzième, seizième SL'R I.A SmUCTUItE DP.S POI.YPIKRS. 69 el dix-septième ordres. Les cycles, comme on le voit, sont d'au- tant plus simples que leur âge est plus grand, et, dans l'ensemble du polypier, le nombre normal des cloisons dont se compose le dernier cycle est toujours égal à la somme de toutes les cloisons appartenant aux cycles précédents. Nous avons dit que , pour se rendre compte de l'ordre d'appa- rition des cloisons, il fallait avoir égard au mode de constitution des chambres réunies dans un même cycle, aussi bien qu'au rang occupé par ce cycle. Les cloisons par lesquelles ces chambres sont limitées peuvent, en effet , différer beaucoup par leur âge , et il existe une relation intime entre l'âge de ces parties et l'activité organogcniquo de ces chambres, l'our faire connaître les carac- tères de ces différentes chambres , il ne suffit donc pas de dési- gner le cycle auquel elles appartiennent et la place qu'elles y occupent; il faut encore faire mention de l'fige de leurs cloisons , ou , ce qui revient au même , indiquer les numéros d'ordre de ces parties. Pour remplir cette condition , on peut se servir de for- mules dans lesquelles ces chiffres sont placés comme exposants , et afin de compléter cette représentation des traits caractéris- tiques des chambres , on pourra encore placer , à gauche de la lettre indicative de la chambre elle-même, le numéro d'ordre du cycle dont celle-ci fait partie. On écrira, par exemple , 2C'+2 pour désigner les chambres du deuxième cycle , dont les parois sont constituées par des cloisons de premier et de second ordre ; 3C'+3, pour indiquer les chambres du troisième cycle comprises entre les cloisons du premier et du troisième ordre ; 3C2+ 3^ pour représenter les chambres du même cycle, qui ont pour limites les cloisons de deuxième et de troisième ordre. Mais pour donner l'expression d'une chambre quelconque, il suffira toujours des deux termes fournis par l'âge de ses cloisons , car on peut en dé- duire les autres caractères. Ces notions préliminaires étant posées , on arrive facilement à découvrir les règles qui président au développement successif des chambres et des cloisons de tout polypier. Ces lois sont d'une grande simplicité, el, dans la plupart des cas, elles sont d'une application facile. On peut les énoncer de la manière suivante : 70 nlLNE EDWARDS IH J. HAIME. 1° La formation des cloisons nouvelles a lieu simullanément dans toutes les chambres qui ont une même expression. '2° La formation des cloisons a lieu successivement dans les chambres qui ont une expression différente. 3° L'ordre de cette succession est déterminé en premier lieu par l'âge du cycle dont les cloisons font partie , et les membres d'un nouveau cycle ne commencent à se former qxCaprès l'achèoement du cycle précédent. k" Parmi les chambres qui appartiennent à un même cycle , mais qui ont des expressions différentes, la précession dans l'acte du dédoublement est déterminée par l'infériorité de la somme des deux termes de cette expression. 5° Enfin, parmi les chambres qui appartiennent à un même cycle , et qui ont des expressions différentes , mais qui donnent la même somme par l'addition des deux termes de cette expression , l'ordre d'apparition des cloisons est déterminé par les relations qui existent entre les termes les plus faibles de ces expressions , et les cloisons nouvelles se constituent d'abord là oit, ce terme est le inoins élevé. Ainsi , lorsqu'il n'existe dans un polypier que des cloisons de premier ordre , toutes les chambres ont la même expression , sa- voir : l -t- l. La première des règles dont il vient d'être ques- tion leur est par conséquent applicable, et c'est simultanément que toutes ces chambres doivent donner naissance à des cloisons secondaires. iNous avons déjà vu que les jeunes polypiers de la Caryophyllia fasciculala réalisent cette disposition dès la seconde période de leur accroissement , et lorsque les cloisons secondaires se sont ainsi constituées , le nombre des chambi'es a été doublé, mais toutes ont encore la même expression , = 1 -f- 2. La loi qui a régi le dévelop|)ement des cloisons secondaires doit par consé- quent déterminer encore ici la formation d'autant de cloisons ter- tiaires qu'il existe de chambres , et , dans chaque système , le nombre des cloisons dérivées doit s'élever tout à coup de 1 à 3. Mais lorsque cette phase du développement s'est accomplie , et que chaque système se trouve partagé en quatre chambres , ces chambres, ((uoique similaires et appartenant à un même SI i\ i,\ sriîici 1 p.i; niis poi vpinns. 71 cycle, n'ont pas la même expression. En effet, deux d'entre elles, étant limitées par les cloisons primaires en dehors, et par les cloisons tertiaires en dedans, ont pour expression la formule 3C'+3, tandis que les deux autres, ayant pour parois les cloisons tertiaire et secondaire, sont représentées par la formule 30^+^. En vertu de la seconde loi , elles ne doivent pas donner naissance simultanément à des cloisons nouvelles , et le nombre des cloisons qui apparaîtront d'abord, au lieu d'être égal à celui des chambres, ne sera que de deux par système. Enfin , les chambres, dans les- quelles ces cloisons de quatrième ordre se constitueront , seront les deux externes ; car nous avons vu qu'elles ont pour expression 3C('-t--^=*) , tandis que les chambres mitoyennes ont pour ex- pression 3C|2+3=5j ^ et d'après la troisième loi énoncée ci- dessus, c'est, dans ce cas, l'infériorité de la somme des deux termes de l'expression qui détermine le droit d'aînesse. C'est en réalité ce qui a lieu, et lorsque, dans un polypier à six systèmes, le nombre des cloisons s'élève à trente-six sans aller au-delà, c'est toujours entre les cloisons tertiaires et les cloisons primaires que se trouvent les cloisons de quatrième ordre. Lorsque le polypier est arrivé à ce degré de complication , chaque chambre primitive correspond à six chambres dérivées, rangées dans l'ordre sui- vant : 3C'+*, 3C*+-\ -203+2, 2C3-f2, 3C*+3, 3C'+*. Si l'appa- rition des nouvelles cloisons n'était réglée que par la première , la seconde, la quatrième et la cinquième loi , ce seraient encore les chambres externes qui se subdiviseraient ; mais ces deux der- nières lois n'interviennent que dans les cas laissés indécis par la troisième loi , en vertu de laquelle l'ordre de formation des cloi- sons est déterminé par l'ordre de primogéniture des cycles. Or :>C2+3 est d'un cycle plus ancien que 3G'+* ; et par conséquent , bien que la somme des deux termes de leur expression soit la même, et que C^+* renferme un terme plus faible que C2+3, c'est cette dernière chambre qui l'emporte, à raison du droit d'aînesse du cycle dont elle dépend. Les cloisons du cinquième ordre, que, pour |ilus de facilité, nous désignerons par la formule Ss, vien- nent donc s'intercaler entre les cloisons de second et de troi- sième ordre, .S- et .S3, et rétablissent ainsi dans chaque moitié du 72 niLNE EDWARD»» El J. HAINE. système la symétrie dans la disposition des chambres par rapport à la cloison tertiaire. Ce degré de développement se rencontre dans un grand nombre d'espèces, et, par la simple inspection du calice ou portion ter- minale du polypier, il est en général facile de se convaincre que c'est bien de la sorte que le nombre des cloisons dérivées s'élève à sept par système, et que jamais cela n'a lieu autrement. Dans les polypiers qui se compliquent davantage, la cinquième loi intervient aussi pour régler l'ordre de formation des éléments nouveaux, et déterminer la position des cloisons du sixième ordre. Dans tout polypier pourvu de cinq ordres de cloisons, il existe dans chaque système huit chambres rangées de la manière sui- vante : (/|C'+*=3), (/lC31-4=1), (4C3+5=8), (4C2+--=7), (4C2+S=-'), (ÛC3+5=8), (4C3+*=-), {llO+i=-). Toutes ces chambres dépendent, comme on le voit, d'un môme cycle, et par conséquent en raison de la première loi et de la troi- sième , ce seront les deux chambres terminales qui devront se dédoubler simultanément et avant toutes les autres, car elles ont la même expression, et la somme des deux termes de cette expres- sion est 5. tandis que toutes les autres donnent un chiffre plus élevé. Les mêmes lois sullisent pour décider que la troisième et la sixième des chambres de la série que nous venons de noter seront les dernières de toutes à donner naissance à des cloisons nou- velles, car la sonmie des deux termes de leur expression est plus grande que partout ailleurs ; mais les quatre lois dont nous avons fait usage jusqu'ici ne suffisent pas à, régler la préséance entre la deuxième, la quatrième, la cinquième et la septième de ces cham- bres. On voit bien qu'en vertu de la deuxième loi elles ne peu- vent pas se dédoubler toutes les quatre à la fois, puisqu'elles n'ont pas la même expression ; mais la somme des deux termes de leur expression étant toujours 7, la quatrième loi ne leur est pas appli- cable , et c'est à l'aide de la cinquième loi seulement qu'on peut prévoir quelle sera la position des cloisons des septième et hui- tième ordres. Nous avons vu que, toutes choses étant égales d'ail- suii i.A sTiaicriiuii uns poi vciiiiis. 73 leurs, cette loi donne la préséance aux chambres dont l'expression renferme le ternie le plus l'aible. Or, deux des chambres en ques- tion ont pour formule kC^+*, tandis que les deux autres ont pour formule 4C'-^+3. Ce sont [):ir conséquent les chambres, dans la composition desquelles entre la cloison secondaire, c'est-à-dire les deux chambres médianes du système qui seront les premières à donner naissance à des cloisons ; et ce sera dans la seconde et dans la septième chambre de cette même série que se placeront les cloisons de huitième ordre (1'. Pour s'assurer de l'exactitude de ce que nous venons de dire, il suffit d'examiner la disposition des parties dans quelques poly- piers dont le quatrième cycle commence à se développer , mais reste imparfait. Ainsi , dans la Leplophiillia flabellata où il existe six ordres de cloisons, ces cloisons ont dans chaque système les rapports de position indiqués dans la formule suivante : S", S«, S*, S3, S3, S2, Ss, S3, S*, Ss, S'. On voit ici que c'est bien dans les deux chambres , dont l'ex- pression est C'-M, que les cloisons de sixième ordre se sont con- stituées. Si on représente de la même manière la structure de la Slephanophyllia elegans de M. Michelin , où le nombre des cloisons dérivées est de onze par système , on obtiendra une nouvelle con- firmation des règles précédentes ; en effet , la formule d'un sys- tème est ici : S', Se, S*, S3, S^, Si, So, etc. Les deux ordres de cloisons qui appartiennent au quatrième cycle sont S» et S". Or ici , comme dans le polypier précédent , St> correspond toujours à la chambre 3C'-t-K, et S" se trouve dans la chambre oC-+''. 1/accroissement numérique des cloisons dans l'ensemble du polypier et la disposition symétrique des parties correspondantes dans chaque système , sont aussi des conséquences des lois que nous avons énoncées ci-dessus. Elïectivement, puisque les chambres qui ont la même expres- sion se dédoublent en même temps et que celles qui ont des expressions dill'érentcs ne se dédoublent (juc successivement , il (ij PI r,, riK, I', 2"^ lll MILNE EUIVABDS KT J. UAINE. est évident qu'après rétablissement d'un premier cycle de cloi- sons , il ne pourra y avoir production que d'une cloison dans cha- cune des chambres ainsi constituées et que le second cycle devra renfermer le même nombre d'éléments que le premier. Toutes les nouvelles chambres qui résultent de ce premier dédoublement auront encore la même expression et devront par conséquent produire en même temps de nouvelles cloisons. Mais , après l'ap- parition du troisième cycle , il y aura des deux côtés de chaque cloison tertiaire des chambres d'expression différente, car S' s'in- terpose , avons-nous dit, entre S' et S^. Toutes les chambres auront ainsi S3 comme un des termes de l'expression ; mais l'autre terme sera variable et deviendra S' pour les unes, et S2 pour les autres , car la foi-mule générale des systèmes sera : Si + S3 + S2 + S3 + S". Chaque système ne renfermera donc que deux chambres de même expression et ne pourra doiuier naissance qu'à deux cloi- sons contemporaines. Le même raisonnement est encore appli- cable aux chambres du quatrième cycle qui résultent du dédou- blement des précédentes; car, entre S', S^, S-, S3, Si, il ne pourra jamais se former plus de deux chambres ayant la même expression. I^a progression arithmétique par 2 , dans le nombre des cloisons dérivées d'un même système, est donc une consé- quence de nos deux premières lois. La répétition des mêmes parties de chaque côté , soit de cha- cune des cloisons primaires dans les systèmes contigus , soit de chaque côté de la cloison secondaire dans les deux moitiés d'un même système , est également une conséquence de ces mêmes lois. En effet, du moment oii les deux chambres de deux systèmes différents, ainsi que les deux chambres d'un même système, ont pour expression les mêmes termes et sont soumises aux mêmes lois , tout ce qui se passe dans l'une doit s'effectuer dans l'autre. Les mêmes séries de parties doivent nécessairement se constituer à droite et à gauche de la cloison secondaire , c'est-à-dire entre Si et S2 d'une part et entre S^ et Si d'autre part; seulement, la direction doit se renverser, lorsqu'on passe de la première su» LA STIlLCTUnii DES l'OI.YriEIIS. 75 moitié du système à la deuxième, et si Ton a d'un côté S', >S*, S-*, S3, S-', par exemple, on aura, en conliiiuanl la série de l'autre côté de ce dernier terme , S^, S^, S*, S'. Cela est également vrai pour la suite de la série considérée au-delà de Si dans le système adjacent, où l'on rencontrei-a successivement après Si, S*, S^, S-", S~, et ainsi de suite. L'ensemble du polypier sera donc com- posé d'un certain nombre de séries , dont les termes seront cor- respondants et dont la direction changera toutes les fois qu'on aura dépassé soit une cloison primaire , soit une cloison secon- daire. Deux séries adjacentes contiendront toujours des éléments pairs et constitueront par leur réunion un ensemble de parties disposées symétriquement par rapport à leur ligne de jonction. Ainsi , dans un polypier à six cloisons primitives et à quatre cycles , on trouvera en partant d'un point déterminé et en fai- sant le tour du calice : S' (5*, 53, 55), 82 (5.1, 5% Si), S' (5i, 53, 55), S2 (5^, 53, 5'), S' {Si, 53, S-), 82 (5\ 53, 5*), S' (5*, 53, S-), Sa {S-, 53, Si), S' (5i, 53, S--), S-" (53, 53, 54), S' {St, 53, S-), S-' (5% S , Si). La symétrie radiaire du polypier et la répétition binaire des parties dans chaque système de cloisons découlent donc aussi du seul fait de la tendance au dédoublement simultané dans toutes les chambres qui ont une même expression. Il est en général possible de distinguer même dans un polypier adulte tous les ordres successifs de cloisons dont il vient d'être question , car le développement de ces parties est d'ordinaire en proportion de leur âge. Mais c'est surtout en comparant entre eux des individus de la même espèce et d'âge différents , qu'on peut s'assurer rapidement de la vérité des vues que nous venons de ]3résenter. Nous avons déjà signalé quelques faits de ce genre en parlant du développement de \a.Caryopliyllia fasciculata ; mais, .si l'on veut avoir une idée complèle du travail uiganogénitiue à l'aide duquel l'appareil cloisonnaire se constitue dans les poly- pirrs d'une structure complexe, il faut observer la croissance des Fongics (1). (1) ri 6, fij.'. 1, l-, etc.,01 2, r, clc. 76 IHILNE EDWARDS ET J. nAIME. On sait combien les polypiers de ce genre, parvenus à l'état adulte, sont richement [pourvus de cloisons et combien, au pre- mier abord , la disposition de ces parties semble confuse et irré- gulière. Dans la Fungia patellaris, par exemple, on compte plus de quatre cents rayons, et la distinction entre les diverses parties des systèmes cloisonnaires paraît impossible à établir ; mais dans le jeune âge il en est tout autrement. Nous nous sommes assuré que, dans les premiers temps de la vie , le polypier d'une de ces Fongies est aussi simple et aussi régulier que celui d'aucun autre Zoophyte de la même classe , et que c'est en se développant d'a- près les règles énoncées ci-dessus que l'organisation de ces ani- maux se complète. Ainsi, chez des individus tellement jeunes que le polypier n'avait pas une ligne de diamètre, nous avons trouvé la cavité limitée par une muraille circulaire divisée seulement en six chambres primitives par autant de cloisons de premier ordre (1). Chez d'autres un peu plus avancés en âge, nous avons trouvé les rudiments d'autres cloisons également au nombre de six et alter- nant régulièrement avec les premières (2). Il y a donc chez ces jeunes Fongies six systèmes et , en obsei'vant des individus dont le développement était plus avancé , nous avons vu que ces sys- tèmes, représentés d'abord chacun par une cloison secondaire seu- lement , se compliquent de plus en plus. Ainsi , chez des individus dont le polypier n'avait pas encore atteint 2 lignes en diamètre, nous avons reconnu l'existence de cloisons de troisième ordre se formant entre les cloisons de premier et de second ordre (3). Chez d'autres un peu plus grands, nous avons trouvé des systèmes com- posés de cinq cloisons dérivées ; chez d'autres encore plus avancés en âge, nous avons compté dans un même système sept, neuf, onze, treize et même un plus grand nombre de cloisons [h''. Enfin il nous a été possible de saisir presque tous les degrés par lesquels le polypier passe , pour que le nombre de ses cloisons s'élève de six à quatre ou cinq cents, et tous les faits ainsi constatés se sont (1) PI. 6, fig. 2". (2) PI. 6, fig. 1°et 2*. (3) PI. 6, Rg. I*. (i) PI fi, 11;.' r, 1'. I-, fir SLR I.A STItUCTIinK PUS l'OI.Yl'IERS. 77 montrés d'accord avec les tendances organdgéniques que nous venons de signaler. Lorsque les cloisons d'un polypier sont en petit nombre , leur développement s'effectue en général avec une très grande régu- larité ; tons les systèmes arrivent à peu près en même temps au même degré de complication , et toutes les cloisons dérivées sont disposées avec une symétrie parfaite par rapport aux cloisons pri- mitives. Mais lorsque le nombre de ces parties tend à s'élever beaucoup, il arrive d'ordinaire que certains systèmes se dévelop- pent plus rapidement que d'autres, et souvent même quelques cloisons avortent ou sont frappées d'un arrêt de croissance d'où résultent des irrégularités plus ou moins grandes dans la dispo- sition de l'ensemble. Mais ces anomalies ne détruisent en rien les règles qui viennent d'être posées et qui sont en général d'une application facile. Enfin il est aussi à noter que, dans certains polypiers, les cloi- sons secondaires, se développant presque aussi rapidement que les cloisons primaires, ne peuvent plus en être distinguées chez les individus adultes et qu'alors les systèmes semblent être plus nombreux et plus simples qu'ils ne le sont en réalité. Lorsque les systèmes paraissent encore beaucoup plus nombreux, cela tient au grand développement des cloisons tertiaires (1), et par l'exa- men des jeunes on peut toujours les ramener à un chiffre extrê- mement simple. C'est encore par le développement considérable des cloisons secondaires dans deux systèmes, et l'avortement des cloisons du dernier cycle dans tous les autres systèmes, que l'on s'explique l'apparence de huit systèmes chez certains polypiers, les Acan- thocyathes, par exemple, qui primitivement n'ont que six cham- bres, et par conséquent six systèmes seulement. Un phénomène du même genre se remarque dans la Cyalhina Cyathus, où le nombre des systèmes est également de six (2), mais où il paraît y en avoir dix , parce que deux de ces sy.stèmes s'arrêtent dans (I l'I. i. fio;. 3. i, l'I 4, llg, I,. 78 niLivi: cduarus i:t j. iiaime. leur développement après l'apparition des cloisons du quatrième cycle, tandis que dans les quatre autres systèmes le cinquième cycle se constitue et que les cloisons secondaires deviennent pres- que aussi grandes que les cloisons primaires (1). § VI. 11 arrive parfois que les cloisons ne s'avancent qu'à une petite dislance de la muraille, et que toutes ces lames verticales restent libres par leur bord interne (exemple : Jstreopora). Cette dispo- sition est même très ordinaire pour les cloisons les plus jeunes ; inai> dans la plupart des cas il en est autrement chez l'adulte pour les cloisons primaires et secondaires, même dans la portion supé- rieure du polypier, et en général , dans la jjortion inférieure de celui-ci, aucune cloison ne reste complètement libre par son bord interne. En effet, chez le plus grand nombre des espèces, les cloi- sons se prolongent vers l'axe du corps , de manière à se rencon- trer, soit directement soit par l'intermédiaire d'un tissu spon- gieux, et dans d'autres cas elles vont se souder à une sorte de co- lonne centrale (21 que l'on pnut désigner sous le nom de colu- melle (columeUa). Lorsque les cloisons se rencontrent sans avoir perdu leur forme lamellaire , elles se soudent rarement entre elles par leur bord seulement, comme on le voit dans le Rhizotroque; plus souvent elles continuent à croîlre pendant quelcjuc temps encore, et, s'en- roulant sur elles-mêmes à leur point de contact, constituent ainsi au centre du polypier une sorte de colonne torse à structure feuil- letée que nous proposerons d'appeler fausse cohtmelle (pseudo- columella). Un support central de ce genre se remarque dans les ('lisiophylhim de M. Dana et dans plusieurs autres Cyatophyl- liens et donne à ces polypiers un aspect particulier. Dans d'autres espèces , les cloisons se divisent en poutrelles près de leur bord interne et les baguettes ainsi constituées ve- nant à se redresser, s'élèvent au centre du calice en forme de fais- (I) PI. 4, fig. 1,,. (2 PI. ;, fig 2, -2,1. Sljll I.A SïlUCTlIHli UES l'OLVPIEnS. 70 coau. Il en résulte une colunielle particulière qui a heaucouj) d'a- nalogie avec les fausses cloisons ou palis dont il sera bientôt ques- tion, et qui peut être désignée sous le nom de cohimelle cloison- nuire [columella septalis). Exemple : les Paracyathes. Enfin, dans d'autres espèces encore, les cloisons, avant de se rencontrer, cessent de croître d'une manière régulière et se divi- sent en une multitude de ramuscules ou IrabicuUns (trabiailiim), qui dévient plus ou moins de la direction centripète, se subdivi- sent eux-mêmes et se soudent entre eux i)artout où ils viennent à se toucher. Il en résulte une masse spongieuse qui occupe l'axe du polypier et qui simule assez exactement le moyeu placé au centre d'une roue, quand le calice est circulaire, mais qui con- stitue une sorte de pan médian lorsque le polypier est comprimé. Cette portion centrale doit aussi être considérée comme consti- tuant une espèce particulière de columelle à laquelle nous donne- rons le nom de rohimelle pariétale (cohimella parietalis). Mais la columelle proprement dite ne semble pas être une dé- pendance des cloisons; elle paraît se développer indépendamment de ces parties et provenir directement du fond du polypier; tantôt elle est compacte et styliforme, tantôt elle est fasciculaire, et d'autres fois encore elle a une apparence spongieuse ; mais dans tous les cas cette columelle essentielle (columella propria) croît de bas en haut et reste libre par sa partie supérieure qui, en général, fait saillie au rentre du calice, et s'élève même quelque- fois au-dessus de la portion voisine des cloisons dont elle est en- tourée. Comme exemple d'une columelle styliforme, nous citerons la Tiirbinolia sulcata (1), et, pour fixer les idées quant à la dis- |)osition de la columelle fasciculaire , nous renverrons à la Cya- thine ('2) et à la Tiirbinnlia ohesa. Il est encore à noter que les baguettes verticales d'une colu- melle essentielle peuvent se souder entre elles, soit par l'intermé- diaire de trabiculins, soit d'une manière directe, et que dans ce dernier cas, quand elles sont disposées en série, elles peuvent (1) PK 4, lig. 2„. ii] PI 1, Ile;. I". 80 niLIVE RUtVARDS ET J. HAIIHE. constituer au cenire du polypier une lame parfaite qui divise la cavité générale en deux moitiés , ainsi que cela se voit chez la Turbinolia crispa et chez le Discocyathe. § VII. On remarque souvent entre les cloisons etlacolumelle une sorte de couronne intérieure qui semble naître de la base du polypier et qui se compose d'un certain nombre de lames ou de baguettes verticales dont l'extrémité libre fait saillie au fond du calice (1). Ces parties, que nous désignerons sous le nom de palis [paluhis), sont toujours situées dans le prolongement des cloisons d'un ou de plusieurs cycles déterminés et font odice de cloisons complémen- taires. Elles se soudent d'ordinaire au bord interne des cloisons correspondantes dans la plus grande partie de leur longueur et ne semblent être quelquefois qu'un lobe ou une forte dentelure occupant l'angle interne et supérieur de celles-ci; mais, dans la plupart des cas, elles s'en distinguent par la direction des séries de nodules sclérenchymateux qui, dans les cloisons, sont disposés très obliquement et s'accroissent de dehors en dedans, tandis que dans les palis ces séries sont verticales et s'accroissent par leur extrémité supérieure. Le nombre des palis est très variable suivant les espèces , et ils forment tantôt une seule couronne, tantôt deux ou trois ou même davantage ; mais leur position est toujours déterminée par celle des cloisons correspondantes , et leur apparition semble être liée au développement de ces organes. En elfet, lorsqu'il n'y a qu'une seule couronne de palis, comme dans les Porites, les Cyathines, ceux-ci correspondent toujours au pénultième cycle de cloisons ; lorsqu'il y a deux couronnes de ce genre , ce qu'on observe dans certaines Oculines, les palis se trouvent en face des cloisons ap- partenant au pénultième et à l'anté-pénultième cycle ; lorsqu'il y a trois ordres de palis, disposition dont les Trochocyathes nous four- nissent de nombreux exemples , il y a quatre cycles de cloisons (!) IM i, fig- I", I''. ' stm i,\ sTitLT.nini'; ni:s l'oi.vi'iEns. SI dont les trois pre'iiiiers ont chacun dos palis placés dans la prolon- gation de leurs éléments. Ainsi, dans les polypiers où il n'existe qu'un seul ordre de palis et où ceux-ci correspondent aux cloisons primaires . il ne peut y avoir que deux cycles de cloisons ; mais si les palis se trouvent en face des cloisons secondaires, le nombre de ces cycles est néces- sairement de trois. Knfin, dans les espèces où l?s palis sont placés en prolongation des cloisons du troisième ordre, il y a ordinaire- ment cinq ordres de cloisons, c'est-à-dire quatre cycles complets. Lorsqu'il existe une couronne de palis correspondant aux cloi- sons secondaires , il peut y avoir aussi des palis en face des cloi- sons primaires ; mais cela n'est pas constant. Ces derniers palis peuvent manquer ; au contraire , dans un polypier pourvu de trois cycles de cloisons, on ne trouve jamais de palis correspondant aux cloisons primaires, sans qu'il y ait eu prolongation des rayons formés par les cloisons secondaires. Le même fait se remarque aussi presque toujours là où les systèmes sont plus complexes; ainsi. dans un polypier à quatre cycles de cloisons et à un seul cercle de palis, ceux-ci sont situés vis-à-vis les cloisons tertiaires ou du pi'- nultième cycle. C'est en général devant les cloisons du pénultième cycle que se trouvent les palis principaux ; ceux qui correspon- dent aux cloisons plus anciennes semblent n'avoir qu'une impor- tance secondaire. I>e développement de ces parties est même dans une telle dépendance du travail organogénique d'où résulte la for- mation du dernier cycle de cloisons, qu'elles sont presque toujours plus jeunes que ce cycle, et que , si les divers ordres de cloisons, dont un cycle doit se composer , ne se constituent pas tous, les cloisons du cycle précédent perdent leur privilège, relativement à l'adjonction des palis ; si même , dans un cycle complet sous ce rapport, une ou plusieiu's cloisons avortent en quelque point , les palis manqueront aussi, en face des plus proches cloisons, dans le cycle précédent. Ainsi, chez un polypier à cinq ordres de cloi- sons, et dont l'un des systèmes serait resté incomplet dans l'une de ses moitiés et se composerait par exemple de S', Si, S^, Ss, Si, S3, .S', les palis principaux se trouveront comme d'ordinaire l' série 7.001, T l\ (Février 18 IS.) 2 « 82 NII.KE KltlWARnSi ET J. IIAlnE. devant Sa dans la |)rnmière moitié du système ; mais il n'y en a pas en face de S» dans la seconde portion du même système. Il résulte de tout ce qui précède que les relations entre les di- verses cloisons et les palis sont presque toujours d'une fixité si grande que si, dans un fragment de polypier, on parvenaità déter- miner les caractèies tirés des palis , sans pouvoir observer la disposition des cloisons, il serait d'ordinaire possible d'en déduire tout ce qui concerne le degré de complication des systèmes cloison- naires. Ainsi, l'existeiice de palis suppose au moins deux ordres de cloisons ; la présence de trois couronnes de palis implique l'exis- tence de cinq ordres de cloisons ; si l'on compte quatre couronnes de palis, comme pour le Trocltocyalhus revolnhis, on doit s'attendre à trouver neuf ordres de cloisons , et lorsque le nombre des cou- ronnes de palis s'élève jusqu'à cinq (ex. : \aTurbinolia simwsa), il doit y avoir probablemcnl de treize ordres de cloisons. § VIll. Chez un grand nombre de Polypes, le squelette sclérenchyma- leux ne se compose f|uo des parties dont nous venons d'étudier la striiclure et le mode de l'ornialion ; mais quelquefois d'autres éléments entrent aussi dans la constitution du polypier et il en résulte des modifications importantes dans sa disposition inté- rieure. Dans le premier cas . les chambres conservent leur caractère l)rimitif dans toute leur étendue et les lames rnésentériques y descendent librement jusqu'au fond du polypier. Dans le second cas, ces chambres tendent à se fermer par le bas à mesure qu'elles s'élèvent, et les lames mésentériques ne trouvent à s'y loger que dans le voisinage du calice. Celte occlusion des chambres peut s'elîectuer de deux ma- nières : tantôt elle résulte de la formation d'une série de lames horizontales s'étendant à la fois dans toute la largeur du poly- pier et se superposant comme autant d'étages; d'autres fois, elle ne s'opère ni aussi complètement, ni avec autant de régula- rité , et elle dépend du d(;velfi|)pcment d'une foule de crêtes ou de St)lt I.A SlIlLT.TlJliE Dr:s l'OI.Yl'IlillS. 83 petits |)i-ol(ingemciils lamelloux t|iii naissent de la paroi interne de la nuiraille ini de la surface des cloisons , et ([ui se soudent par leurs bords aux parties voisines, de façon à simuler les solives isolées et éparsesd'un |)lanclioren voie de construction. Dans la description des polypiei's, il est nécessaire de distin- guer entre eux ces divers matériaux de remplissage et nous les dé.-ignerons sous les noms de planchers et de Irnvcrses ; mais les uns et les autres paraissent avoir la même origine et résulter du développement d'un sclércnchyme épithélique à la face interne du derme, là où la tunique séreuse vient à s'en détacher parles progrès de la croissance ( i j. Le cas le plus simple de ce genre se présente dans les Sarci- nules; on remarque dans l'intérieur de chaque polypiérite un nombie variable de petites traverses papyracées qui ressemblent beaucoup à des lames de la périlhèque et qui ferment les chambres d'espace en espace (2). D'après la disposition connue des parties molles des Polypes, il est évident que ces traverses doivent cor- respondre aux espaces laissés libres par l'atrophie ou le retrait successif de l'extrémité inférieure des lames mésentériques . elle degré de leur écartement doit dépendre de la longueur , dans la- quelle ce retrait ou cette atrophie s'opère à mesure que l'animal grandit. On peut facilement se rendre compte de la disposition de ces parties en admettant que, là où les lames mésentériques se terminent inférieurement et adhèrent au sclérenchyme dermique soit du plateau basilaire ou des murailles verticnles du polypier, soit des cloisons intermésentériques, il y a formation d'une couche plus ou moins dense de tissu épithélique et que toutes les fois que les mésentères viennent à se raccourcir, comme cela doit nécessairement arriver dans les Polypes de ce genre, de nouvelles adhérences s'établissent entre l'extrémité inférieure de ces lames membi'aneuses et le derme voisin , adhérences qui sont suivies de la production d'une nouvelle lamelle de sclérenchyme épithé- lique. Si ce mouvement de retrait ascensionnel s'effectue d'une manière brusque, irrégulière et incom))lèle , il en résultera des (1) N(jus pro|i05Cinii> EMENT DES FOKCIES. Fig. I. Portion de'la polypier du Fiingia pulelltiris Lamarck, sur laquelle se sont fixés plusieurs jeunes individus de la même espèce, parvenus à divers degrés de développement. De même que dans les autres Fongies , les numéros indi- quent ici les ordres des cloisons. Fig. I". Jeune individu beaucoup grossi. Il n'y a encore que six cloisons bien développées : ce sont les cloisons primaires (i.iM.M), mais on distingue des vestiges des cloisons secondaires qui se constituenl dans chacune des chambres primaires Fig. I'. Jeune individu provenant du même échantillon (lig. 1), mais plus avancé en âge (beaucoup grossi). A cette période de développement , les cloisons de 88 MILNE KUWAKDJ* ET J. UitlME. premier et de second ordre sont déjà assez grandes , et une cloison de troi- sième ordre commence à se montrer au fond de chacune des douze chambres qui sont limitées par les deux premiers cycles , et qui ont toutes la même ex- pression, savoir : C'+2. Fig. 1'. Jeune Fongie de la même espèce, dont le développement est plus avancé (beaucoup grossie). Ici les cloisons de troisième ordre sont déjà assez grandes, et les chambres €'+•' et C"+-, qu'on commenijait à apercevoir dans léchanlillon précédent, se sont dédoublés à leur tour par le développement d un quatrième cycle; mais les cloisons S* et S', qui conslitnent ce dernier cycle, n'ont pas les mêmes dimensions, et il est facile de voir que S' est plus âgée que S'^. Or, c'est dans les chambres dont la formule est C'+"' (]ue les cloisons de quatrième ordre se trouvent , et c'est dans les chambres C^+'' que les cloisons de cin- quième ordre sont placées, l'ar conséquent, la deuxième et la quatrième lois se vérifient par cet exemple. Fig. I''. Polypier de la même espèce, dont le développement est plus avance. Dans la période précédente, chaque système se composait de huit chambres représentées par les formules C'+* ; C*+'' ; C'-|-'> ; C H'J ; C'-+3 ; CW-^ ; C'>+< : C*+'. D'après la troisième loi, ce sont les deux chambres extrêmes (C'+' et C*+') qui doivent se dédoubler en premier lieu et donner naissance aux cloi- sons de sixième ordre; en vertu de celte même loi et de la règle o, les cham- bres CH-a et C-+-' doivent suivre les précédentes dans la production des nou- velles cloisons, et devancer les chambres C.'+j, C'H-3, elc. Or. dans l'individu représenté ici, on compte dans chaque système deux paires de cloisons de plus que dans la figure 1', et de ces deux paires de cloisons la plus âgée, c'est-à- dire S'', se trouve entre S' et S*, et la plus jeune (S') entre S'- et S'; les chambres C*-l-'> et C'+^ ne se sont pas encore dédoublées. Ici, par conséquent, le cinquième cycle n'est pas complet, mais dans une période plus avancée du développement, qui n'a pas été représentée sur cette planche, on voit les cloi- sons S* se montrer entre S" et S*, puis les cloi.sons S'' apparaître entre Siî et S'i. Fig. 1'. Individu plus âgé, grossi comme dans les figures précédentes. Ici le cin- quième cycle est complet dans la moitié des systèmes, et, dans les autres sys- tèmes dont le développement est plus avancé , on voit de nouvelles cloisons se montrer d'abord dans les chambres dont l'expression est la plus simple : ainsi c'est dans C'-l-*' que se trouvent les cloi.sons de dixième ordre, et dans ('.-+■' que se trouve S". Fig. I'. Individu de la même espèce, mais plus âgé, représenté de grandeur na- turelle. Ici le sixième cycle s'est complété, et dans une des moitiés du système de droite on voit quelques cloisons du septième cycle . savoir : S'*, S'^, etc. D'après les lois exposées ci -dessus, c'est dans les chambres 8'+'" que leseloi- son.ï de dix-huitieme ordre doivent se former, et dans S-+" que devront se consliluer S'^. Dans 1 échantillon figuré ici , le développement de ces cloisons \Â% HENKDEK. — SUll I.KS LUNGlATULIiS. 89 S esl effectué normaleuient; mais les cloisons de deux ordres suivants ont avorté, et les chambres 0^+'^ et C*+'^, qui devraient se dédoubler à la suite deC*+", sont restées intacleSj tandis i|ue C'J+"' a donné naissance a S--. Il n'est pas rare de rencontrer des irrégularités de ce genre pour les cloisons d'un ordre très inférieur, et il arrive souvent que les éléments d'un cycle aussi peu élevé ne se développent pas dans la totalité d'un système , mais seulement dans une des moitiés ou même dans une portion plus restreinte du polypier (ainsi que cela se voit dans la figure '2'). Fig. 2, FusGiA BEXAuosALis Nob , (le grandeur naturelle, d'après un individu pro- venant de la collection de M. Stokes. Fig. 2". Premier âge du même polypier (grnssi). Les six cloisons primaires com- mencent à se former et divisent la cavité générale en six chambres ayanl toutes pour expression Ci+'. Fig. 2'. Second âge du même , caraclérisé par l'appariliiin des cloisons secon- daires. Fig. î'. Un autre individu encore très jeune, mais chez lequel les cloisons du cui- quiéme cycle se voient dans quelques systèmes. Fig. 2''. Portion du même grossi , pour montrer la grandeur relative des diverses cloisons et leur position. Fig. 2'. Individu de la même espèce, dont la croissance est plus avancée. Fig. 2'. Portion du même, grossie. RECHERCHES SUR l'organisation kT LK DEVELOPPIvSIl NT [IFS IJNlj U.^TCLKS ( PEi^TASTUM A RcD.); Par M. VAN BEKTEDXN' {I). Parmi les Heiniiiilhes ou les vers intestinaux, l'urdie des Acanlothè- (|ues est un de ceux qui ont le plus besoin de nouvelles reclieiches ana- tomiques et physiologiques. Nous sommes à même de remplir les principales lacunes de leur histoire naturelle. Un .Mandrill {Cinuccjj/Kdiis munnon) que nous devons a l'obligeance de riiabile directeur du Jardin zoologique d'Anvers, M. Kets , nous a montré, dans des kystes formés par le péritoine, plusieurs Linguatules ou Pentastômes fort remarquables par leur forme singulière. C'est le premier animal africain sur lequel on observe des Linguatules. C'est une espèce nouvelle toute dillérente de celles que l'on connait. Nous l'avons nommée /.iiii/uiUiil<' de /Jiesini/ (Linguaïula Diesingii) , en la dé- diant au célèbre lielmintliologisle de Vienne, M. Diesing. Cette espèce a le corps blanc, cylindriciue, annelé, obtus aux deux (1) Extrait (Bultetiii de l'Acad- tic Belijirjue, t. XV, n° 3). 90 VAW BEKEDIilV. — SDH LES LINGUATULES. bouts , et aussi large eu avant qu'en arrière. Les anneaux sont très es- pacés; on en compte seulement vingt. Ils cessent bruscpiement en arrière. La bouche est arrondie et située sur la même ligne que les quatre cro- chets. Le corps est long de 15 millimètres et large de 2 millimètres. Un Boa nous h montré plusieurs exemplaires de l'espèce connue sous le nom de Li)i- Remarquez bien que De Géer a d'abord décrit cette larve au sortir de l'œuf, et qui ne sait que les animaux , en général , ont en naissant une grosse tête. Mais les compilateurs n'ont pas eu la patience de suivre jusqu'au bout le texte du Réaumur suédois ; ils auraient vu une description parfaite de cette larve parvenue à toute sa crois- sance , et ils l'auraient trouvée en harmonie avec les figures de l'ouvrage et avec la nature. Yeux latéraux peu saillants, comme granuleux, rudimentaires, peut-être impropres à la vision. Labre grand , largement triangulaire , atténué en avant en pointe mousse, à bords latéraux arrondis , finement crénelés ou feston- nés. Ce dernier trait, bien que microscopique, n'est pas sans quelque valeur fonctionnelle, et concourt certainement à retenir, à serrer une proie vivante. Epistome linéaire. Anlennes latérales fines, sétiformes, de quatre articles; premier court, deuxième allongé , troisième et quatrième piliformes égaux entre eux. Man- dibules grandes, cornées, brunes, pointues, avec deux fortes dents au bord interne. Mâchoires mal saisies par M. Pictet ; ar- ticle basilaire, prolongé au côté interne en un lobe ou crochet corné modérément arqué , garni de deux ou trois soies raides. Palpes maxillaires de quatre articles ; un lobe oblong inerme à leur côté interne. Lèvre ovalaire, à palpes labiaux courts, de trois articles. Thorax à premier segment, un peu plus grand que les deux autres. Pattes de moyenne longueur ; tibias spinuleux et à poils rares ; tarses d'un seul article, à ongles de deux crochets inégaux, pâles , peu arqués. Abdomen de neuf segments . le plus souvent d'un brun foncé avec une tache pâle au milieu. Les sept premiers ayant chacun (I) ilém., t II, p 716, Hémérobe aquatique noir, PI. 2a l)f SIAI.IS I.UTAUIUS. '.)5 une paire de blanchies latérales simples , les deux derniers en étant privés. C'est sans doute par inadvertance que M. l'ictet a représenté huit paires de branchies à la larve du Siatù, lorsqu'il n'y en a jamais que sept , et que Rœsel , De (léer , Sukow, n'en ont pas vu davantage. Je reviendrai à l'article de la respiration sur ces branchies. In prolongement caudal, qui a environ le tiers de la longueur de l'abdomen, tei'mine celui-ci : c'est un filet de texture téguinentaire , atténué à son extrémité , articulé au dernier segment de l'abdomen et garni à droite et à gauche de longs poils fins et souples : voilà une nageoire, un gouvernail. D'après De (iéer , cette queue , dans le très jeune âge de la larve, se termine simplement par une aigrette de six ou sept poils, et les segments abdominaux ont des faisceaux de poils qui disparais- sent plus tard. La larve du Sialis est commune dans les eaux dormantes, les mares, les fossés; elle se tient particulièrement dans le fond boueux de ces eaux , et c'est sans doute ce genre de vie qui a valu à l'insecte ailé l'épithète de lutnrius donnée par Linné. Ses mandibules robustes et dentées, ainsi (|ue la brièveté de son canal digestif, indiquent qu'elle est carnassière, et l'analyse des contenta de ce canal le prouve incontestablement. Placée hors de l'eau , elle a une locomobilité vive , et marche souvent à reculons. Mlle ouvre fortement ses mandibules pour mordre. chapitre: II. DESCRIPTION AMATOMIOI F.. Article I. — Appareil sensilif. Bien que le système nerveux de celte larve ail une composition et une disposition générales analogues à celles des congénères du même groupe, cependant, quand on est assez heureux pour le bien mettre en lividence, ce qui n'est point sans difficultés à cause de l'abondance de la pulpe adipeuse (jui l'enveloppe , on finit par y découvrir f(uel(|iips particularités f|iii nous viennent en [)ll t.. uiFouit. — SI i; i,A iwUtvii compensation. On y compte un cerveau et onze ganglions séparés, comme dans tous les Névroptcres, par un double cordon rachi- dien. Notre larve si petite , compai-ativement à celles des Libel- lules , aurait pourtant un ganglion de plus que ces dernières. La tête, bien circonscrite et assez grande, tromperait singu- lièi'emcnt le phrénologiste qui en induii'ait un organe cérébral volumineux. En procédant à. l'ouverture de cette boîte crânienne, quelle fut masurprise lorsqu'au lieu d'un encéphale, (jui , comme dans l'insecle parfait, en occupe toute la cavité, mon scalpel ne me découvrit d'abord qu'une masse musculaire énorme divisée en nombreux faisceaux , destinés principalement au jeu de ro- bustes mandibules et des autres organes buccaux. Le volume et l'énergie de ces puissances motrices ne viennent-ils pas justifier de la prédominance des actes digestifs dans cette enfance de l'in- secte , qui ne songe qu'à manger et à croître ! Mais en avant de cette masse charnue , l'œil exigeant du scrutateur découvre sans peine deux petits corps d'un blanc plus mat, transversalement ovalaires, contigus, et môme confluents à la ligne médiane: c'est là l'organe cérébral , le ganglion céphalique. Sa petitesse déposait à mes yeux de l'état en quelque sorte rudimentaire de la plupart des organes des sens , notamment des yeux et des an- tennes. Ce cerveau bilobé ou à deux hémisphères émet par ses extrémités un nerf optique peu considérable, par sa partie anté- rieure des nerfs buccaux , et par sa postérieure d'autres nerfs, dont je n'ai point constaté la distribution. L'œsophage , après s'être engagé entre les cordons rachidiens qui vont de l'encé- phale au premier ganglion thoracique, ce qui forme le coliier œsoplutfjien, passe évidemment au-dessous de la masse muscu- laire et du plancher qui tmit les deux lobes cérébraux. Les ganglions thoraciques sont comme à l'ordinaire au nombre de trois , plus ou moins arrondis ou elliptiques, notablement plus grands que les abdominaux. Ils émettent des paires de nerfs l'égulières , dont les principales se distribuent aux pattes {nerfs ci'urmix) , et les autres vont animer les puissants muscles du thorax. Le coidon qui va du dernier ganglion thoracique au pi'e- l)i: SIAI.IS l.UTAKIUS. 95 iiiicr al)iloiiiiiial roiiniil vers son milieu une paire de nerls , dont les railiilicatiolis se peixleiil, dans les tissus du voisinage. il y a huit ganglions à l'abdomen. Le premier, placé sur la limite tlioraco-abdominale, semble commun à ces deux cavités splanchniques , et serait peut-être l'analogue du ganglion semi- liniaire ou trisplanchnique des grands animaux. Par sa grandeur, ainsi que par le nombre et la direction de ses nerfs , on le pren- drait encore pour un ganglion llioracique. 11 est peu distant du second ganglion abdominal ; celui-ci et les suivants ont leur prin- cipale paire de nerfs dirigée en arrière. Les trois derniers sont beaucoup plus rapprochés entre eux que ceux qui les précèdent. Le dernier, plus grand et ovalaire, fournit an moins trois grosses paii'cs de nerfs. Article II. — Appareil respiratoire. La larve du Sialis vit habituellement dans la profondeur de l'eau, et elle y respire au moyen de branchies externes placées, connue je l'ai déjà dit, sur les côtés de l'abdomen. Cependant aux approches de sa transformation en Nymphe elle quitte , au rapport de Rœsel et de M. Pictet , sa demeure aquatique , gagne le rivage et va se creuser une retraite dans une terre sèche pour y subir sa métamorphose. M. Pictet, ayant trouvé de ces larves assez loin des bords de l'eau, et les ayant élevées chez lui dans de la terre, raconte qu'avant de s'enfoncer elles vécurent deux se- maines à l'air libre sans (|ue leur santé en parût dérangée. C'est certainement là un fait fort remarquable dans une larve aquatique, dans une larve à branchies, et l'explication en est embarrassante. Avant que cette curieuse observation me fût connue j'avais moi- même remarqué avec surprise , qu'ayant laissé dans un verre à sec des individus de cette larve, je les y avais retrouvés après plusieurs heures aussi agiles qu'au sorlir de l'eau. Je soupçonnai alors que ces larves pourraient bien , comme celles de Libellule etd'Ai.'^hne, avoir des stigmates, indépendamment des branchies. .le mis en œuvre tous les moyens imaginables d'exploration sur toutes les surfaces tégnmenlaires . j'armai mon ri'il de verres de 9() 1.. IIUFOLU. - Slli LA I.AliVlC divers grossissemniits pour découvrir ces orifices respiratoires et j'acquis la convicliim qu'il n'en existait point. I^es sept paires de branchies s'insèrent sur la membrane molle et blanchâtre, qui unit les plaques dorsales de Tabdonien aux plaques ventrales des sept premiers segments. Etudions leur forme, leur structure , et leurs attributions physiologiques. Ces branchies, que De Géer appelle les oiûes , par comparaison avec les organes qui portent ce nom dans les Poissons, ne sem- blent à l'reil nu que des filets blanchâtres simples, inarticulés, glabres, éminemment souples et mobiles. On les voit au gré de l'animal ou s'étaler horizontalement de manière à être perpendi- culaires à l'axe fictif du corps, ou s'incliner à divers degrés en arrière , ou se ployer contre les flancs de l'abdomen, qui dans l'animal vivant semblent creusés en gouttière pour les abriter, ou parfois se redresser et se déjeter sur le dos. A l'aide des verres amplifiants , on voit que chaque branchie est une gaine membraneuse, comprimée, insensiblement étrécie vers son extrémité, offrant quatre, cinq ou même six demi-articu- lations. Celles-ci se reconnaissent à autant de petites contractures ou échancrures latérales qui ne se prolongent point en un pli d'un bord à l'autre , ce ([ui justifie leur dénomination. Ces demi-articu- lations, ainsi que la mollesse de la membrane où s'implantent les branchies, rendent raison de la souplesse et de la mobilité de celles-ci. La finesse, la pellucidilé de la gaîne permettent de constater dans son intérieur et une trachée médiane d'un nacré resplendissant qui en forme l'axe, et une infinité de trachéoles (|ui viennent s'y aboucher après avoir pris naissance par d'imper- ceptibles radicules à la périphérie de l'enveloppe hyaline. Cette gaîne offre aussi sur ses deux bords opposés des poils longs , fins, souples, régulièrement disposés. Cette curieuse structure a été parfaitement décrite et figurée par De Géer. Elle fait de ces gaines en même temps des branchies et des nageoires, un organe de respiration et un organe de locomotion aquatique. Voyez com- bien a été ingénieuse la création pour atteindre ce double but physiologique ! Voyez cet aviron si à propos com[)rimé pour frap- per par son plat l'eau dans l'acte de la progression ; voyez comme m si.vr.is iirAiiiDS. !>7 l,-i double rangop de puils s'élalc au degré nécessaire pour régler II' iiioiiveineiit ou délerniiner le repos, comme les demi-arlicula- liiiiis l'avorisent le balancement, l'agitation du liquide indispen- sable, peut-être pour lui ravir, par un acte de véritable chimie organique, l'élément vital de la respiration 1 Qu'il est sublime cet accord entre l'organe et la fonction, entre la matière et l'esprit, enli'c la cause et l'elFet dans des êtres dont les minimes dimen- sions échappent aux regards du vulgaire ! Heureux , cent fois heu- reux l'homme dont l'intelligence est préparée à saisir, àcompren- di'e ces beautés physiologiques ! L'axe trachéen de labranchie vient, ens'abouchant à la grande trachée latérale du corps , lui payer son tribut aérifère. Cette grande trachée (|ui, comme on sait, est le canal principal de la circulation de l'air est unique pour chaque côté de l'abdomen , et grêle comparativement à celle des autres larves aquatiques. Elle fournit au côté opposé de l'insertion branchiale une trachée de semblable calibre, qui va épanouir ses broderies nacrées sur le canal digestif. J'ai exprimé par une figure cette disposition. En franchissant la limite thoraco-abdominale, le grand canal aéri- fère dont il est ici question, se divise en deux troncs d'égal cali- bre , marchant parallèlement et rapprochés pendant tout le trajet du thorax, puis ces troncs se partagent en plusieurs branches qui pénètrent dans la tête. Vous retrouvez donc ici, comme dans les branchies rectales des 1-ibellules , comme dans les lames branchiales des Agrions et des Éphémères, comme dans les ouïes des Poissons, un organe membraneux en contact avec le liquide ambiant et à travers le réseau vasculaire duquel se distille , se filtre l'air oxygéné. Article III. — Appareil digestif. Le canal alimentaire de la larve du Sialis est droit comme celui de l'Insecte ailé. Mes dissections les plus scrupuleuses ne m'y ont fait découvrir aucune trace des glandes salivaires et de la panse (pii existent dans ce dernier état. Vœsophage conserve sa ténuité filiforme dans son trajet du thorax. En entrant dans la cavité de l'abdomen , il se dilate en un jahol pluï. ou moins marqué, suivant 3' série. ZooL. T. IX. (Février 1848.) r, 7 98 L. DllFOUll. — SM! I.,\ I.AliVK IJU SIAIIS I.Li lA liilS. ([uclqiiess coiidilioiis digeslivos. Je l'ai souvent trouvé rempli d'une pulpe .ilimenlaii'c brune où le microscope reconnaît évi- demment des fragments d'Insectes, l.e pilore (|ui le s(''parc du ventricule chylificiue est précédé d'une texture un peu plus con- sistante et comme calleuse, mais on y cherche vainement ces pièces cornées et triturantes qui caractérisent un véritable yésier. Je dois signaler à cette occasion une erreur possible , el dans laquelle je suis moi-même tombé. Dans une première dissection de cette larve, en déchirant le jabot pour en cHiidier la structure intérieure je trouvai adhérente aux parois une pièce dure que les verres amplifiants me firent voir armée de spinules cornées qui avaient une disposition assez régulière ; je pensai alors que cette poche était un gésier, mais des autopsies plus attentives sur d'au- tres sujets me convainquirent que de semblables pièces ne fai- saient point partie de la structure intime de celte dilatation gas- trique ; et en analysant au microscope \escrmleiila de celle-ci , je m'assurai de la présence de plusieui's débris cornés, les uns libres, les aulres collés aux parois, ayant indubitablement appartenu à des insectes dévorés. J'en conclus que le fragment épineux , ren- contré d'abord , était aussi un de ces débris. Le ventricule cln/lifiquc.esl allongé, plus ou moins cylindroïde, oITranldans des conditions opportunes des bandelettes annulaires. l>esr((meai(.z'/ie/)a/(^i(eAconfirmentpar leur parfaite ressemblance avec ceux du Sialis ailé la règle que j'ai déjà établie sur la con- formité de cet organe dans les diverses métamorphoses d'un même type. Au nombre de six, à insertions isolées et à bouts llottants , ils sont de moyenne longueur . assez gros , variqueux et d'un brun chocolat, mais décolorés vers leur implantation, comme c'est l'ordinaire. Deux se portent constamment en avant jusqu'à l'ori- gine du ventricule: les autres f|ualre vont entourer le rectum de leurs flexuosités. l/wto/m débute par un tube ('troit et court, suivi soudainement d'un rerluin oblong, parcouru par six bande- lettes musculaires longitudinales, parfois peu sensibles, qui jouent dans la défécation un rôle important. Entin , l'anus est précédé par une sorte de col court, mais je n'y ai aperçu aucun vestige de ces vessies natatoires que j'ai constatées, ainsi que M. Pictct, dans les larves de ([uelques Phryganidos. J. PIXKI^V. — MlîTAMOIlPIIOSliS DES OXYTRIQUKS. 99 Appendice. — Il me reste pour compléter lasplanchnologie fie iinire larve à mentionner \a. pulpe adipeuse abondante, blanche , (|ni enveloppe les viscères et qui se compose de guenilles poly- morphes, imitant souvent des fils allongés, qui peuvent en im- poser pour des glandes tubuleuses. i;\PLIC/\TIO!M DKS FIGURES (fort grossies) PLANCHE 1. Fig. 1 Larve du Sialis lutarîus.. Kig. 2. Mesure de sa longueur naturelle. Fig. 3. Une palte délachée , pour mettre en évidence sa rompnsilion et les cro- rliels inégaux de ses ongles. Fig. 4 Une mandibule isolée. Fig. 5. Une mâchoire avec ses palpes maxillaires. Fig. 6. Labre isolé avec ses crénelures. Fig. 7. Lèvre et palpes labiaux. Fig. 8. Tête et appareil digestif. a.n, antennes; b.b, yeux; c, œsophage el jabot; d, ventricule chylifique ; r. vaisseaux hépatiques; f, première portion de l'intestin; g. rectum: h, ap- pendice caudal barbu. Fig. 9. Appareil sensitif de cette larve. .4, cerveau; li . ganglions thoraciques ; C. ganglions abdominaux ; a, n. nerfs optiques : b,b, nerfs buccaux ; c,c, œsophage passant dans le collier œso- phagien et sous le cerveau; d,rf, paire de nerfs naissant du cordon rachidien , entre le dernier ganglion thoracique et le premier abdominal. Fig. 10. Une branchie considérablement grossie. ((, trachée axale recevant les trachéoles branchiales, et s'abouchant dans le grand canal aérifère 6; c, trachée destinée au canal digestif. OBSF.nVAriOiNS Slip, LES ANIMALCULES I\F l'SOlRES ; Par M J. PINEAU. D.-M -P Dans un précédent Mémoire (1) , j'ai signalé les différents de- grés de développement que subissent les Vntticelles pendant la première période de leur existence. Depuis lors , j'ai été à même d'établir qu'à une ceiiaine époque (I) Atm. ilesSr nnt.. V série, I. III, p 182 et I IV, p Ifl.t 100 J. PI*'E*II. — MKTAMORl'IlOSliS DUS OXYTIIIOUHS. de leur vie , elles subissent des métamorphoses analogues à celles des Insectes ; et qu'après avoir passé par un état semblable à ce- lui de la Chrysalide, elles donnent naissance à un Animalcule, qui diffère complètement de ce qu'elles étaient primitivement. l.a ligure H (l'I. i) représente une espèce de Vorticelle , qui s'était développée en grande abondance dans une infusion d'^- conilum Napellus. Une partie d'entre elles se multipliait par division longitudi- nale et par bourgeons, selon le mode habituel de propagation de ces sortes d'animaux ; mais il y en avait d'autres qui présentaient des phénomènes tous différents. D'abord leur corps se contractait et prenait une forme sphé- riquc ; puis il s'entourait d'une sécrétion , qui ne tardait pas à se solidifier et à former une enveloppe résistante et assez épaisse ffig. 12i ; quand elles sont parvenues à cet état le pédicule reste encore quelque temps contractile ; mais bientôt il se flétrit, et il ne tarde pas à disparaître i llg. 13). Ensuite, le globule oviforme produit par la Vorticelle grossit jusqu'à ce qu'il atteigne les di- mensions de la fig. 1 li. En même temps, on remarque que l'enve- loppe diminue graduellement d'épaisseur, au point qu'elle finit par devenir difficilement perceptible. Aussitôt après la chute du pédicule , le contenu devient doué d'un mouvement de rotation semblable à celui du vitellus des (pufs des Batraciens ou des Mullusques gastéropodes . et qu'on doit certainement attribuer à la même cause , c'est-à-dire à l'ac- tion de cils vibratiles développés à la surface de la masse globu- leuse. Mais, soit à cause de leur exiguïté, soit par suite du peu d'espace qui existe entre elle et l'enveloppe , je n'ai pas réussi à les apercevoir. Ouant à la structure intime de la masse, elle ressemble à la substance qui forme le corps des Vorticelles (fig. 12). Plus tard, on y remarque une ajiparence mamelonnée (fig. 13), qui disparaît pour faire place à un tissu finement granuleux (fig. 14).- J'avais été frappé à plusieurs reprises des faits qui précèdent , et ilp étaient pour nmi hors de doute : mais il restait à savoir ce (lui (levait en résuller. i|n;iii(l , nprès plusieurs recherches infruc- j. pii\'E«r. — iiiiTVMonniosES des oxyiiuQURs. 101 tueuses, il se pi'éseiileenliii une circonstance favorable. L'infusion d'Aconit, dont j'ai déjà iiarlé, contenait, outre des Vorticellcs représentées lig. M , et olïrant les transformations que je viens de décrire, une multitude d'Infusoires de petite taille , tels ([ue des Monadiens , de petites Amibes, etc.; et de plus, des Oxijtricha Bory , dont les dimensions surpassaient de beaucoup celles de tous les autres Animalcules existant dans le liquide. J'étais de la sorte amené à penser que les corps oviformes (lig. 11 , 13, 14) ne pouvaient donner naissance qu'à des Oxytriques , tous les autres Infusoires étant beaucoup trop exigus pour en provenir. Cepen- dant, je doutais d'un fait aussi surprenant, quand je finis par découvrir, au milieu d'un amas de corps oviformes, des globules égau.x en diamètre au corps représenté fig. 14, mais dénués d'en- veloppe , et munis de cils gros et rares , qui rappelaient entière- ment ceux des Oxytriques ; si ce n'est que leurs mouvements étaient lents, et que leur consistance paraissait plus molle (fig. 15). Sur d'autres globules (fig. 10), les rils formaient, en outre , une bande diagonale , indice de celle qui accompagne la bouche chez les Oxytriques entièrement développés. Knfin, on en voyait (fig. 17 et 18) qui alfectaient des formes plus ou moins ovalaires , de telle sorte qu'on arrivait par des transi- tions insensibles à la forme de l'Oxytrique parfait (fig. 19). Alors, il ne me parut plus douteux que ces Animalcules tirassent leur origine des Vorticelles, malgré la différence de leur configu- ration . EXPI.ICATIO\ DES FIGUKES PLANCHE 1. ( Toutes les figures sonl représentées sous un grossissement ar des caractères bien plus iinpoi'lanls que ne l'est aucune niLNE EDWitRD». - Cr.ASSlFICATIO^ DF.S GASTÉROPODES. 103 dos particularilùs de struclure , d'après les([uelles ils se dislin- gucnt entre eux. l*niir montrer combien son groupe des Gastéro- podes est artiliciel, il suffit de rappeler que les Calyptrées s'y trouvent associées aux Aphysies, et que les Patelles y prennent place entre les Uoris et les l'Ieurobi'anchcs , tandis que les llalio- tides sont rangées dans un autre ordre tout auprès des Hélices et des Planorbes. Ouant aii groupe des Trachéliopodes, j'ajouterai seulement (|u'on y trouve les Hélices, mais ni les Testacelles ni les Limaces. Dans la classification de Cuvier, les allinités naturelles qui lient entre eux tous le^ Mollusques céphalés à pied charnu n'ont pas été méconnus comme dans le système de Lamarck , et le groupe naturel formé |)ar ces animaux se trouve convenablement repré- senté par la classe des Gastéropodes ; mais la subdivision de cette classe en huit ordres ne me semble pas admissible. Ce système , fondé principalement sur la disposition de l'appareil respiratoire , conduit à séparer des genres qui ont entre eux les connexions les plus intimes, et ne met pas en lumière les modifications les plus importantes du type organique dont tous ces Mollusques dérivent. Ainsi , à en juger par la place que ces animaux occupent dans l'arrangement méthodique de Cuvier, les Patelles auraient plus d'affinité avec les Oscabrions qu'avec les Fissurelles ou les Halio- tides ; les Aplysies se distingueraient des Tritonies et des Hélices, par des caractères de même valeur et il y aurait autant de ditTé- rence entre une Phyllide et une Plcurobranche qu'entre les Firoles et les Trochus. M. de Blainville a fondé sa classification des Gastéropodes sur les modifications de l'appareil générateur qui. dans l'opinion de ce zoologiste, se composait tantôt d'un organe femelle seulement tous les individus étant semblables et se suffisant à eux-mêmes dans la reproduction sans avoir cependant des organes màles^ , tantôt d'un appareil mâle, aussi bien que d'un organe femelle mais porté sur le même individu, d'oîi résulte encore la similitude de tous ces individus chez une même espèce; d'autrefois, enfin , d'organes mâles et d'organes femelles portés par des individus lU/l VOYAGE E\ SlCll-l:. différents. D'après ces considérations, M. de Blainville divise le groupe des Gastéropodes qui , dans sa méthode, prennent le nom de Paracéplialophores (ou de Céplialidiensj en trois sous-classes : les Unisexués, \ç.s Bisexués monoïques et les Bisexués dioïques. Mais dans l'état actuel de la science aucun physiologiste n'ad- mettra, ce me semble , la possibilité du mode d'organisation qui serait caractéristique de la première de ces divisions , et d'ailleur* l'observation directe est venue montrer que la plupart des Gasté- ropodes réputés unisexués sont en réalité des animaux bisexués dioïques. Les bases de cette classilication ont par conséquent disparu, et (]uant aux divisions établies de la sorte, je ne puis les regarder comme l'-tant des groupes naturels, car j'y trouve une des sous-classes composée des Murex, des Buccins, etc. , c'est-à-dire des Peclinibranches de Cuvier ; une autre , formée des Hélix, des Sigarets , des Aphysies, des Ptéropodes , des Carinaires, des Argonautes , etc. ; et une troisième comprenant les Dentales, les Patelles, les Haliotides et les Calyptrées. Les observations que j'ai exposées dans un travail précédent (1) m'ayant porté à croire que les caractères dominateurs , en zoo- logie comme en botanique , doivent être fournis par la constitu- tion de l'embryon plutôt que par la structure des animaux adultes, je me suis attaché à recueillir des faits relatifs au mode de déve- loppement des Gastéropodes , dans la vue d'en faire l'application à la classilication de ces Mollusques. Pendant mes excursions sur les bords de la Méditerranée, j'ai eu l'occasion d'examiner un certain nombre de ces animaux à l'état d'embryon , et j'ai pu tirer de cette étude quelques secours pour la solution de la question que je m'étais posée ; mais les données que je possède à ce sujet sont insuffisantes pour l'établissement d'une disti'ibution métho- dique des Gastéropodes fondée sur l'embryologie, et dans l'essai d'une classification naturelle que je vais exposer ici , j'ai dû ap- peler en aide des considérations d'un autre ordre. Pour qu'une classilication /.oologique donne une idée juste des (I) (^ansidnitlinn^ sar iihi-lqurs iiniiiififs i-i'hitifs ii lu rhis^ifn-itlnm iinfio t I p 6-'.t) niLKE ED\%'ARn. — CUSSIFICATION DIvS C ASTÉliOPODF.S. 105 divers degrés d'allinilé qui existent entre les animaux , et soit en quelque sorte le tableau synoptique des modifications plus ou moins iniporlantes, introduites dans la structure de ces êtres, il est nécessaire de muliiplier beaucoup plus qu'on ne le fait d'ordi- naire la série des divisions par lesquelles on passe pour arriver de la classe à l'espèce. Ainsi lorsqu'on compare entre eux tous les Mollus(|ues Gasléropodes , en laissant toutefois de côté les Oscabrions sur lesquels je reviendrai plus tard, on n'arrive pas de suite à distinguer entre eux les divers groupes secondaires admis par les naturalistes; on voit que la ))lupart de ces Mollus- (|ues se ressemblent extrêmement par la conformation générale de leur corps, tandis que quelc[ues autres diffèrent des premiers d'une manière frappante. Chez les Gastéropodes ordinaires, tels que le Colimaçon, le Buccin ou l'Aphysie, la masse charnue du pied forme, comme on le sait, une base de sustentation large et aplatie, au-dessus de laquelle se trouve une masse viscérale d'un volume considérable. Chez les Gastéropodes anormaux, dont il vientd'étre question , c'est à-dire les Firoles et les Carinaires ou lléléropodes de Cuvier et de Lamarck , l'organe de la locomotion est au con- traire une rame verticale mince et arrondie, l'abdomenestrudimen- taire et la portion céphalo-thoracique du corps prend un développe- ment énorme ; les premiers sont desanimaux constituéspour ramper sur le sol ou au fond des eaux, les derniers ne peuvent que nager, et sont essentiellement pélagiques; enfin, chez les uns les ganglions cérébroTdes et pédieux sont très rapprochés entre eux et forment autour de l'œsophage un collier étroit, tandis que chez les autres les ganglions ])édieux sont très éloignés des ganglions cérébroïdes et lesconnectifs qui unissent entre eux ces centres nerveux se diri- gent ])resque parallèlement à l'œsophage. \ous ne savons rien touchant l'embriologie des Gasléropodes nageurs, mais il nous semble bien probable ([ue dès le jeune âge ils doivent s'éloigner considérablement de tous les Gastéropodes ordinaires, et les dif- férences qui les en séjiarent à l'état adulte sont beaucoup plus grandes (|u'aucune de celles qui se rencontrent parmi ces der- niris. Il me semble ilonc que dans une classification naturelle ■106 VOYAGE i;^' SICII.lî. des Gastéropodes les espèces constituées d'après ces deux pJans organiques devraient l'ormcr deux groupes disliiicis et d'égale valeur ; l'une de ces divisions présente pour ainsi dire dans toute sa pureté les formes typiques de la classe , l'autre se t'ait remarquer par des caractères anormaux; mais tous sont évidemment des dérivés d'un seul et même type fondamental, et les dillerences qui les séparent sont loin d'oll'rir l'importance qu'otlrent celles qui existent entre l'un ou l'autre de ces groupes d'une part et la classe des Céphalopodes ou celle des Acéphales de l'autre. On sait que dans le système de Lamarck les liens de parenté qui existent entre les Firoles ou les Carinaires, et les Gastéropodes ordinaires , ne sont pas représentés et que la division des Hété- ropodes se trouve même séparée des groupes renfermant les Co- limaçons et les Buccins par l'ordre des Céphalopodes tout entier. Les affinités les plus importantes à signaler ont été par conséquent méconnues ici par ce zoologiste. M. deBlainville me semble être tombé dans l'excès contraire lorsqu'il considère ces Mollusques nageurs comme ne constituant qu'une simple famille, de l'ordre des Neuchobranclies, lequel vient à son tour prendre place dans la seconde sous-classe des Gastéropodes entre les Buccins et les Patelles. La classification de Cuvier est une approximation plus grande de la vérité , puisque les Hétéropodes y forment un ordre particulier de la classe des Gastéropodes , mais ils y sont placés de manière à rompre les alTniités qui lient les Colimaçons ou les Aphysies aux Pectinibranches, et rien ne rappelle que tous ceux-ci constituent un groupe naturel. Il me paraîtrait préférable de diviser la classe des Gastéropodes en deux sous-classes, savoir : i° les Gastéropodes ORDl^Al«ES, comprenant les Pulmonés, les Nudibranches, les Inférobranches, les Tectibranches , les Pectinibranches , les Scutibranches et les Cyclobranches de Cuvier ; 2° les Gastékopodes anormaux ou Hétéropodes de Cuvier. La sous-classe des Gastéropodes ordinaires, quoique fort nom- breuse en espèces, est un groupe très naturel. On y remarque cependant des modificnlion? d'organisation assez considérables, et MILKE KDWARWS. — CI.ASSinC/VTIOIN DKS C \SrÉliOPODES. 107 ces dilKroiices se manireslenl quelquefuis de très bonne licure dans l'cnibryon en voie de développement. Cliez les uns, la lai-ve est pourvue d'une cofiuille turbiiicc, dont l'ouverture se ferme à l'aide d'un o|3ercule; elle porte sur le devant de la tète un grand voile membraneux plus ou moins profondément bilobé et garni d'une bordure de cils vibratiles qui lui sert comme organe de lo- comotion ; enlln , on n'y voit rien qui puisse être comparé à une vésicule ombilicale. Chez les autres, la larve est nue , sa tête n'est pas garnie de voiles natateurs à bords ciliés , et il existe sur la partie antérieure de sa région dorsale une sorte de vésicule om- bilicale. Les Gastéropodes , qui dans les premiers temps de leur déve- loppement affectent cesdeux formes, présentent aussi entre eux des différences anatomiques et physiologiques considérables lorsqu'ils sont arrivés à l'état parfait. En effet, les uns sont pulmonés et respirent l'air en nature : les autres ont une respiration aquatique" et sont pourvus de branchies. Les premiers ont été depuis long- temps séparés des Ciasléropodes branchifères, et forment dans la classification de Cuvier l'ordre des Pulmonés. Mais l'affmité étroite qui lie entre eux tous ces derniers n'a pas été suffisamment appré- ciée par les auteurs, et ne se trouve indiqué dans aucun système malacologique. Dans toutes les méthodes proposées jusqu'ici, ces Mollusques se trouvent disséminés dans un nombre variable de divisions ordiniques , et ne foi'ment pas un groupe particulier. Il est cependant à noter que dans le jeune âge ils se ressemblent tant qu'il serait difficile de distinguer génériquement les larves d'Eo- lides ou d'Aphysies des larves de Buccins ou de Vermets. J-es Gastéropodes ordinaires de la division des Branchifères ne se différencient notablement entre eux qu'en arrivant à l'état par- fait ; mais la disposition d'un organe dont l'apparition est ici plus tai'dive que chez les animaux supérieurs, les sépare alors en deux groupes naturels . qui me semblent devoir prendre le rang d'or- di'es. Dans l'une de ces divisions , que je proposerai de désigner sous II' nom d'Oi'isroiiKA>'(:iiES , le sang arrive au cœur en se diri- -^ 108 VOVAOK E.\ SICILE. géant plus ou moins obliquement d'arrière en avant, et l'oreil- lette est ordinairement située en arrière du ventricule; la respi- ration s'effectue à l'aide de branchies arborescentes ou fasciculées qui ne sont jamais renfermées dans une cavité spéciale et se trouvent plus ou moins complètement à découvert sur le dos ou sur les côtés , vers l'arrière du corps ; la région cervicale est tou- jours nue ; l'appareil reproducteur est hermaphrodite: enfin . la loquille, très développée chez la larve, devient rudirnentaire ou disparaît même complètement chez l'animal adulte. Ce groupe se compose des Gastéropodes répartis dans trois ordres différents, d'après la méthode de Cuvier : ce sont en effet les Nudibranches , les Inférobranches et les Tectibranches de cet auteur. Dans la classification de Lamarck on les trouve réunis dans la première section des Gastéropodes de ce zoologiste , mais ils y sont confondus avec les Patelles et les Oscabrions, dont la structure est tout autre, et la division ainsi constituée est com- plètement artificielle, lùifin, dans le système de M. de Blainville, ces Mollusques sont encore disséminés et se ti'ouvent rangés dans (juatre ordres différents qui n'ont entre eux aucun lien commun et qui sont même séparés les uns des autres par rinlroduclion des Ptéropodes entre les Aphysiens et les Eolidiens. Les Opisto- branches forment cependant un groupe très naturel et les carac- tères qui les unissent entre eux , de même que les caractères qui les séparent des autres Gastéropodes, me semblent offrir assez d'importance pour motiver l'établissement d'une division parti- culière dans une classification naturelle des Mollusques. Dans la seconde division des Gastéropodes branchifères la portion abdominale du corps ne devient pas rudimentaire comme chez lesOpistobranches, mais se développe proportionnellement aux portions céphaliques et pédieuses, elle reste toujours protégée par une Coquille , et les dimensions de ce dernier organe sont suffisantes pour que le corps de l'animal tout entier puisse y trouver un abri. Le manteau est toujours dii'igé en avant et forme au- dessus de la région cei'vicale une chambre voûtée plus ou moins vaste , où vienneni se placer les orifices excréteurs et où se logent MiLivi': icnii titiis. — (;i,\ssirir,viiON dks (i ^stiîroi'Odks. IO'J presque U>iijoiirs les braiicliifis ; ces organes respirateurs se eom- poseni (If lamelles siii]|)lcs el parallèles, insérées le long d'une lige vasculaii'c et alleclant de la sorte une disposition pcctinée: d'ordinaire ils sont situés en avant du ca>ur, et lors même qu'ils se prolongent jusqu'à l'arrière du corps les vaisseaux brancliio- cardiaques sont dirigés d'avant en arrière , de sorte que le sang arrive au creur, en suivant une direction opposée à celle qui existe chez les Opistobranches. Enfin , les organes de la génération , mâles et femelles, sont portés par des individus dilTérents. Dans la classification de Cuvier, les Gastéropodes, qui pré- sentent cet ensemble de caractères anatomiques et physiologiques, sont disséminés dans les quatre ordres des Pectinibranches , des Tubulibranches, des Scutibranches et des Cyclobranches. La- marck en a rangé une partie parmi les Gastéropodes et les autres dans l'ordre des Trachiliopodes , où ils se trouvent confondus avec les Pulnionés. M. de Blainville en a formé la première et la troisième de ses sous-classes de Paracéphalophores , et intercale entre ces deux groupes tous les autres Gastéropodes. Il me semble préférable de les réunir en un seul et même ordre, que je pro- poserai de désigner sous le nom de Prosobiia.nciies. ^ Quant aux Oscabrions, il me semble difficile , dans l'état ac- tuel de la science , de préciser la place qu'il conviendrait de leur assigner. Pour Cuvier et Lamarck, ce sont des Gastéropodes très voisins des Patelles ; tandis que, dans l'opinion de ^I. de Blain- ville , ce ne seraient pas même des Mollusques, et il faudrait en former une classe particulière dans l'embranchement des animaux Annelés (1). Ainsi que le remarque avec beaucoup de raison ce dernier zoologiste, les Oscabrions présentent dans la disposition des pièces calcaires dont leur dos est couvert des caractères qui rappellent tout à fait la segmentation du corps des Annelés , et qui n'existent chez aucun Mollusque proprement dit. J'ajouterai que la structure de l'appareil de la génération des Oscabrions dili'ère essenliellement de ce qui existe chez les Gastéropodes , et (l) l^a riassc des Malnnlomoporles;. (Arl A:a succession des particularités décrites par ces obser- vateurs fùt-nlle même douteuse, ne dùt-on pas démontrer dans les arrangements de la matie'^re une disposition plus propre que toute autre à expliquer tous les mouvements de la vie , on serait néanmoins conduit à considérer des points de vue nouveaux dans l'organisation, k pénétrer plus profondément qu'on ne l'avait en- core fait dans l'intimité de l'arrangement moléculaire. La sécrétion ne serait plus le résultat d'une filtration, ou bien de l'action d'une membrane sur les matériaux du sang, elle suc- céderait au contraire à des phénomènes analogues à ceux qui se passent dans les différentes parties du corps des animaux et dont la conséquence est la nutrition. Dans tous les organes , les tissus seraient composés de cel- lules dont les développements successifs constitueraient les phases de la nutrition; dans les glandes, et dans le foie en par- ticulier, ces cellules, i)lacées les unes auprès des autres, for- meraient la masse de l'appareil sécréteur. Après un certain ac- croissement , suivant Goodsir , chacune d'elles se brisant et se détruisant, laisserait échapper ce qu'elle renferme. Chaque par- celle des glandes, incessamment mobile , suivrait donc une série d'évolutions régulières , jusqu'à un dernier moment , où les liquides rejetés des cellules viendraient s'écouler au-dehors des organes comme le produit de la sécrétion. Chacune de ces cellules du foie , considérée isolément , semble- rait composée d'une enveloppe périphérique et d'un noyau cen- tral ; toutes tireraient leur origine d'une cellule mère ou primi- tive , de sorte que , devant fournir les liquides sécrétés , elles auraient aussi la faculté d'engendrer d'autres parties destinées à suivre les mêmes phases. 11 y a certes loin de ces assertions, non seulement à celles de Clisson, mais aux idées qui reproduisent le plus communément les vues de Ruysch et de Malpighi. Neuves et ingénieuses, elles Cm;Z LKS AiMMAUX VKItrÉBHÉS. 117 tendent à imprimer une direction toute particulière aux travaux : elles arrêtent les recherches de ceux qui interrogent la nature pour savoir si la bile est due au sang veineux ou artériel , ou bien à l'action continuelle de la surface d'un canal. Jusqu'à présent, néanmoins, les anatomistes dont je viens de citer les noms, ont plutôt tenté de faire connaître les fonctions des glandes, en étudiant d'autres organes que le foie. La plupart d'entre eux, sinon tous, n'ont abordé que secondairement ou d'une manière restreinte l'examen de l'organe sécréteur de la bile. Quelques uns ont bien cherché à décrire les détails les plus inti- mes de la structure du foie , mais se sont plutôt occupés de l'existence des cellules indiquées, que des rapports capables de les unir, d'une part aux canaux sanguins, de l'autre aux con- duits excréteurs. C'était cependant un sujet du plus haut intérêt que d'apprécier les différentes manières d'être de ces parties, que de savoir com- ment, au milieu de la masse qu'elles concourent à former, elles s'accommodent les unes aux autres pour laisser un passage facile et continu au sang et permettre à la bile de s'échapper. N'était- ce pas ainsi qu'on devait obtenir des renseignements utiles sur la constitution qu'on leur a généralement attribuée. Occupés de la nature de la partie sécrétante du foie , les ana- tomistes ont cependant laissé subsister de grands doutes au sujet de la disposition des conduits biliaires. Peu curieux de découvrir l'arrangement de ces canaux dans les Poissons , les Reptiles et les Oiseaux , ils ont seulement tenté de connaître quelques Mam- mifères sans étudier l'homme. Le trajet des plus grosses branches de ces conduits a été suivi sans qu'on ait fait disparaître l'incertitude de nos connaissances au sujet des endroits dont ils naissent dans la profondeur des tissus. Que d'hypothèses à cet égard; combien d'anatomistes ont écrit sur l'arrangement et l'origine de ces vaisseaux , sans même les avoir vus dans le voisinage des lobules. Si quelqu'un est par- venu à les découvrir dans l'intérieur des lobules hépatiques , ce dont il est permis de douter , en a-t-on jamais donné une descrip- 118 !1. CUILLOT. — STBUCTUKE DU KOIE tion exacte ou une figure convenable? M. Kiernan , dans son ex- cellent ouvrage, déclare ne les y avoir point aperçus, et les représente en copiant les vaisseaux lymphatiques du ligament latéral du foie. 11 suffit de jeter les yeux sur l'ouvrage de physiologie de M. Millier, pour se faire une idée des résultats équivoques obte- nus par les investigations anciennes ou modernes , et apprécier les incertitudes de la science à l'égard de ces conduits. Mappes dit que , dans chaque lobule , les conduits excréteurs naissent sur la limite qui sépare la substance corticale de la mé- dullaire ; F. Meckel affirme , au contraire , que les mêmes con- duits ne commencent jamais à la surface des lobules. Des ouvrages plus récents rendent encore l'obscurité plus grande : quelques auteurs gardent un silence complet sur cette question délicate ; d'autres lancent, sans aucune hésitation, des affirmations évi- demment hasardées. Ici, l'on veut que chaque lobule des animaux mammifères et de l'homme ne possède qu'un canal unique situé au centre de l'amas lobulaire ; ailleurs, on fait naître ces conduits de certaines lacunes destinées à l'élaboration des liquides sanguins, et placées entre les globules glutineux de la matière du foie; d'autres, avec plus de raison, décrivent les ramifications des vaisseaux biliaires, ne cachant pas qu'ils n'ont pu les suivre en dedans de la cir- conférence des lobules. Ne peut-il y avoir dans le contrôle de ces opinions quelque chose d'aussi utile à ta science que dans la découverte d'un détail ignoré? Après un examen des auteurs nombreux qui se sont occupés de connaître l'arrangement des vaisseaux du foie traversés par le sang, il semble que tout le monde ait été d'accord sur les carac- tères qui leur sont propres. Glisson, Ruysch, Haller, Sœmmer- ring, Walther, Berres, Mûller et tant d'autres encore, les ont, il est vrai, mille fois remplis de matières colorées ; il les ont sui- vis jusque dans les ramifications les plus déhcates ; ils en ont décrit les extrémités sous le nom de vaisseaux capillaires ; et ce- pendant , arrêtés par trop d'obstacles , ils n'ont pas encore pu CIIKZ LES AiNIMAlIX VERTÉBHIJS. HO apprécier l'arrangement des divisions les plus fines , qui font communiquer les vaisseaux sanguins afférents avec les veines afTérentes. On ne les a pas étudiés plus que les conduits biliaires dans les diverses classes d'animaux vertébrés ; on en ignore l'arrangement dans les Poissons , dans les Reptiles et les Oiseaux. On ne le connaît, sans toutefois qu'ils aient été décrits avec une rigoureuse exactitude, que dans les animaux mammifères et dans l'Homme. La communication mutuelle des divers ordres de vaisseaux sanguins du foie dans chaque lobule a été admise par le plus grand nombre des anatomistes , même par ceux qui , à l'exemple de Haller , de Ruysch , de Walther et de plusieurs autres , pen- saient qu'une partie de ces vaisseaux se continuait directement avec les conduits excréteurs. On s'est appuyé sur la facilité avec laquelle on peut faire passer les liquides injectés d'un système vasculaire jusque dans un autre : souvent on a répété les expé- riences de Glisson et de Walther à ce sujet . soit avec l'eau , soit avec d'autres matières colorées. Récemment encore, MM . Rier- nan, Berres, Weber et Krukenberg, ont mis au jour de curieuses recherches sur les anastomoses des veinules portales et des vei- nules hépatiques des animaux mammifères. Tout ce qui est relatif à ces communications étant assez difficile à vérifier, d'autres ob- servateurs ont cru devoir repousser tout ce qui en a été dit, Mappes, opposé à Haller et à Sœmmerring , nie l'anastomose des deux ordres de vaisseaux sanguins du foie. MM. Dujardin et Verger , contrairement à l'opinion générale remise en évidence par M. Kiernan , se refusent à admettre un plexus vasculaire nécessaire à la circulation du sang dans chaque lobule ; ils pen- sent que le sang de la veine porte arrive aux veines hépatiques, non par un plexus veineux , mais par des espaces ou lacunes existant entre les globules glutineux formant la substance de chacun des lobules du foie. Cette dernière opinion nie donc l'existence d'une anastomose entre les deux ordres de vaisseaux du foie, puisqu'elle admet des cavités particulières entre les ex- trémités de la veine porte , de l'artère, et les radicules initiales des veines hépatiques. 120 m. euiLLor. — structure du foie Les détails les mieux précisés sur la structure des lobules n'en ont pas moins été l'objet de complètes dénégations. M. Kiernan a bien vu que les ramifications de la veine porte entourent la circonférence des lobules; il a nettement indiqué la situation des radicules des veines hépatiques au centre de ces mêmes parties ; l'existence de ces particularités a été vérifiée par d'autres observa- teurs; cependant, malgré cet assentiment, quelques personnes, trop promptes à nier et à observer, semblent encore fort éloignées de l'admettre. N'a-t-on pas voulu intervertir la position des ca- naux sanguins de chaque lobule , et même placer dans le centre de cette partie un conduit excréteur qui n'existe point à cet en- droit. Sans m'attacher plus longtemps à rappeler toutes ces embar- rassantes contradictions , à faire ressortir l'indispensable néces- sité d'un contrôle capable d'assigner une juste valeur à chaque opinion , je rappellerai que la majorité des anatomistes n'a pas jugé l'organisation des vaisseaux sanguins du foie les plus mi- nimes , situés dans l'épaisseur des lobules des animaux mammi- fères et de l'Homme , différente de celle qui est propre aux troncs volumineux de la veine porte, des veines hépatiques et des autres vaisseaux de l'économie. Les caractères de ces organes sont ce- pendant tels qu'on peut être autorisé à les regarder comme étant spéciaux. L'analyse des détails offerts par ces extrémités vasculaires dans les endroits où elles versent le sang des vaisseaux afférents dans les veines efférentes, est donc un objet important d'études à pré- senter aux physiologistes. C'est en présence des ouvrages où sont reproduites les opinions que je viens de rappeler, que j'ai commencé à étudier pour la première fois la matière , sans m'être préoccupé de la valeur plus grande de l'une ou de l'autre d'entre elles. Les regardant toutes comme le résultat d'investigations sérieuses , j'ai voulu, savoir quelle était celle dont le degré de certitude était le plus évident. Est-ce un parenchyme qui filtre la matière sécrétée ? Est-ce un acinus qui la sépare? Sont-ce des cellules qui, s' accroissant et se déchirant ensuite , laissent échapper le liquide biliaire ? CllIiZ I.ES ANIMAUX VERTÉBRIÎS. 121 Ces divergences de théorie sont telles que l'on peut aisément concevoir les difticultés du travail, dont je vais chercher à rendre compte. L'insuffisance des descriptions , la délicatesse des objets qu'il est nécessaire de reproduire par le dessin , la lenteur des ana- lyses, la controverse permanente des auteurs , tout concourt à détourner d'une route en apparence impraticable ; ce sont cepen- dant ces obstacles même qui m'ont paru donner un plus vif inté- rêt à de pénibles études. On pourra très probablement désirer dans les recherches que j 'expose ici plus de détails nouveaux que je n'en ai pu voir, et les trouver trop pauvres d'aperçus ingénieux ; mais que l'on se rap- pelle que de grands esprits ont pénétré avant moi dans ces ma- tières sans avoir pu en trouver le fond, et l'on me pardonnera le uombre des imperfection» renfermées dans les pages suivantes. CHAPITRE I. C'est principalement dans les parties du corps des animaux les plus difficiles à connaître qu'il importe de mettre en usage des procédés d'examen capables de servir tous les observateurs, et de ne laisser aucun doute à ceux qui viendraient ensuite critiquer les recherches. Les moyens appliqués à l'étude du foie n'ont pas été nom- breux ; Glisson et Malpighi se servaient principalement de la ma- cération , de l'action du lavage , ou de la coction des organes. Après Ruysch surtout , on employa les injections de matières li- ([uides dans les vaisseaux sanguins. La communication mutuelle des différents conduits du foie a été mise en évidence à l'aide de ce procédé par un très grand nombre d'anatomistes. Combien de fois n'a-t-on pas répété les expériences de Walther sur le passage des liquides d'un ordre de vaisseaux dans un autre , sur les anastomoses des extrémités des veines portes et des veines hépa- tiques. Je crois donc qu'on me permettra d'affirmer que la ma- nière la plus commune d'étudier le foie a été d'en l'emplir les vaisseaux par des liquides. l'22 IV. GLILLOT. — STHUCTURE DU FOIE Il faut cependant croire que cette pratique n'offre pas toutes les facilités désirables ; on a plus d'une fois regardé la trace des liquides injectés, comme dessinée fort vaguement sur les organes destinés à l'élude. Ce qui le prouve, c'est que F. Mûller (1) se plaint de l'imperfection des différentes pièces d'anatomie conser- vées dans les Musées; ce qui peut encore le faire penser, c'est que des observateurs habiles semblent croire que tout ce qui a été dit au sujet des anastomoses mutuelles des divers ordres de vaisseaux sanguins peut être mis en doute. A mon sens , ce n'est qu'avec la plus grande réserve qu'on peut admettre telle ou telle opinion, lorsqu'on ne nous a pas donné le moyen de la contrôler : nous ignorons trop souvent la route que chacun des observateurs a suivie. Comment ne pas hésiter entre des affirmations contradictoires , émises souvent par dee^ hommes d'un incontestable mérite, lorsque, faute de connaître les artifices employés par chacun d'eu.x, les détails ne se présen- tent plus avec évidence, lorsqu'on ne peut retrouver sur la nature la trace des figures qui ont été dessinées. Malpighi n'a certai- nement pas vu les follicules hépatiques reproduits par Boerhaave, et malheureusement des emblèmes tout aussi imaginaires ont été- exécutés plus d'une fois. C'est pour toutes ces raisons qu'il me paraît nécessaire d'ex- poser les procédés dont je me suis servi pour étudier l'organe , et d'indiquer les modifications que j'ai fait subir aux tissus. Si je n'avais l'espoir d'être encore plus utile en facilitant les recherches des autres, je me serais contenté des images ajoutées à ce tra- (I) F. Millier, De gland, secernentium, etc. Berlin, 1831. — Partes artificiosè replelaerenum, hepatis, glandiilarumsalivalium, microscopicè non ampliusase in- vicem dignosci possunt , id quod in praeparatis Lieberkuhnianis exsiccatis , cui- que elucel p. 20, 1. 7. — /d.Videas prœparata Walteri in Musaeo anatomico Bero- linensi servata , videbis arteriam hepaticam , venam portarum , venas hepaticas, in eodem organo variis materjis replelas , sed in praeparationum nullo ne unico quidem vasa caplllaria subtilissima repleta sunt... ne vestigium quidem ductus biliferi minoris ullibi conspexi, p. 83, I. 2S, 28. — On peut assurer que les mu- sées analomiques de France ne sont pas à cet égard plus riches que ceux de l'Al- lemagne CHEZ LES A.MMAUX VERTÉBRÉS. l'iS vail, sans énumérer les précautions indispeûsables à celui (jui veut comprendre la matière et en retracer les formes. 11 semble , au premier coup d'oeil , que la substance du foie ne puisse être l'objet d'aucune recherche intéressante tant qu'efle est humide , que l'œil n'ait aucun moyen de pénétrer au-delà des apparences les plus générales de la surface de l'organe. Ferrein Mappes et d'autres anatomistes ont eu parfaitement raison de remarquer les nuances variées de coloration jaune ou brune dues aux différents degrés de congestion sanguine ; mais ils auraient dû aller plus profondément encore , et porter l'analyse aussi loin (jue possible sur des organes conservés dans leur fraîcheur. Les matières qui n'ont subi aucune soite d'altération sont seules propres à éclairer l'étude d'une manière positive. J'insiste donc sur l'examen appliqué à ces parties fraîches. Les organes peuvent être examinés sans qu'ils aient subi au- cune espèce de préparation , ou bien on les- regardera après avoir fait pénétrer des liquides dans les différents ordj-es de vaisseaux qui les parcourent. La première de ces deux manières d'étudier est surtout utile à faire connaître la forme et la disposition des particules du foie (cellules. Schwann , Goodsir , etc.) (globules glutineux. Dujar- din et Verger). Ces particules doivent alors être examinées avec plus de précision, puisque aucune matière colorante ne les en- toure. Il sufBt de couper de légères tranches de foie , ou de racler la superficie des organes , quelquefois de comprimer légèrement entre deux verres une parcelle infiniment petite du tissu , et de placer ces objets au foyer d'un microscope. Après les avoir éclairés , il faut les soumettre à des grossisse- ments de force différente ; on est alors convenablement disposé pour entreprendre l'examen des particules élémentaires du foie. La deuxième manière peut être utile , même pour faire con- naître les particules constituantes de l'organe ; mais elle sert davantage à l'observateur , lorsqu'il s'agit d'apprécier les rap- ports de ces particules avec les conduits sanguins ou bien avec les canaux (|ui conduisent la bile au dehors. Kllc consiste à faire 124 X. GlILLOT. — STRUCTURE DU KOIE pénétrer des liquides colorés , ou certaines matières en suspen- sion dans l'eau, au travers de l'ini ou l'autre des différents ordres de vaisseaux de la glande. Plusieurs liquides servent avec beau- coup d'avantage; la gélatine colorée par l'orcanette, les solu- tions d'empois ou de dextrine , l'essence de térébenthine co- lorée , peuvent être introduites dans la veine porte ou dans la veine hépatique. Des tranches très légères détachées de l'organe humide ou desséché permettent les observations relatives aux conduits du sang, de la lymphe, ou de la bile. Aucune de ces préparations ne paraît altérer le tissu du foie , à moins qu'on n'ait employé trop de violence ou de précipitation ; aucune d'elles ne s'oppose à ce que l'on entreprenne les études nécessaires sur les particules décrites comme des cellules, par Schwann , Bowmann , et par d'autres savants. On peut encore remplir les divers ordres de vaisseaux du foie avec l'essence de térébenthine rectifiée incolore , soumettre en- suite la matière à l'action d'une température et d'un courant d'air capables de déterminer la vaporisation du liquide volatil , et de dessécher en même temps les tissus. Cet artifice, d'une excessive simplicité , permet d'étudier des parties dont les vaisseaux deviennent vides ; ils acquièrent alors une assez grande transparence. La voe peut s'étendre au-delà de ce qui les entoure immédiatement. Des portions assez grandes du foie , rendues sèches et trans- parentes , se prêtent à une analyse minutieuse , et donnent un moyen d'apercevoir les directions variées des canaux. Le procédé de l'injection des vaisseaux à l'aide de matières colorées a toujours été d'un usage général depuis plus de deux siècles; il n'est pas un anatomiste qui n'ait cherché une décou- verte en l'employant. Malheureusement , les insuccès ont tou- jours été nombreux ; de nos jours encore la pénurie de pièces anatomiques préparées de cette manière est excessive. J'ai donc craint pendant longtemps d'être arrêté comme des hommes fort habiles l'ont été avant moi , après bien des efforts. Ma collection se compose de portions de foie , dans lesquelles chaque ordre de vaisseaux sanguins , ainsi que les conduits ex- CIIKZ LES AMMAUX VERTliBIlKS. 125 ciéteurs, sont remplis de matières colorantes mises en suspen- sion dans l'essence de térébenthine. Je les ai poussées lentement et successivement dans les diffé- rents ordres de ces canaux , en commençant par les conduits bi- liaires , injectant ensuite la liqueur dans l'artère , puis dans la veine porte , la faisant pénétrer en dernier lieu dans les veines hépatiques. L'expérience m'a enseigné qu'en faisant le contraire, on arrivait à des résultats peu satisfaisants. On peut même , après avoir rempli les canaux excréteurs et l'artère, lancer la ma- tière de l'injection dans la veine porte ou dans la veine hépatique. Gomme ces deux derniers vaisseaux communiquent en définitive les uns avec les autres, il est indifférent pour des études ordinaires de se servir de la veine afférente plutôt que de la veine efférente ; les deux voies conduisent aux mêmes résultats. Le choix des couleurs , la parfaite distillation de l'essence , la patience et la lenteur de l'exécution , sont de la plus absolue né- cessité. Lorsqu'on pousse une liqueur avec vitesse, on réussit rarement à l'introduire au-delà des gros vaisseaux. J'ai pu faire des injections générales du foie ; mais on réussit tout aussi bien en se servant de portions séparées du reste de l'organe. 11 est alors indispensable de cautériser avec des fers rougis au feu toutes les surfaces mises à découvert par l'instru- ment qui a divisé les parties. Lorsqu'on a légèrement carbonisé les tissus, on ne craint plus de voir les liquides s'échapper par les ouvertures béantes des vaisseaux. On doit toutefois pour plus de précaution introduire quelques tampons de coton dans les conduits vasculaires les plus larges. Les organes ainsi préparés, remplis ensuite d'injection , sont d'abord propres à être immé- diatement examinés ; si l'on désire les soumettre à la dessiccation, il suffit , avant de les exposer à l'air et à la chaleur, de les trem- per pendant un instant dans une solution légère de bi-chlorure de mercure, afin de les préserver des insectes. Ces préparations, en apparence simples à exécuter, offrent en réalité de fort grandes difficultés , dépendantes du degré de pa- tience de J'anatomiste, de l'état des organes, de la densité des liquides employés . ou bien enfin de la putréfaction de la matière. 12fi ^. GDILLOT. — STnuCTlIUE DU FOIE Malgré bien des précautions , on est souvent exposé à agir en pure perte ; il faut beaucoup de tentatives avant d'obtenir un ré- sultat. On arrive néanmoins avec une patience soutenue à possé- der des matériaux d'une assez grande perfection pour permettre l'étude ; mais les pièces fraîches doivent toujours former la base des observations. C'est seulement après toutes ces mesures qu'il est permis de commencer l'étude de la structure du -foie des animaux et de l'Homme, et de chercher à surmonter les obstacles nombreux qui se présentent encore. La comparaison des diverses parties profondes ou superficielles de l'organe est alors indispensable pour donner plus de certi- tude à l'observateur , pour l'éclairer non seulement sur la qualité des objets destinés à 1^'étude , mais encore à l'égard de la perfec- tion des images qu'il doit décrire et reproduire par le dessin. Jusqu'à présent, les recherches n'ont semblé possibles que sur quelques Mammifères ; j'ai dii chercher à les étendre non seule- ment aux Poissons , aux Reptiles et aux Oiseaux , mais encore à l'Homme , objet le plus élevé de nos études ; pour les exposer de la manière la plus claire, j'ai cru devoir adopter quelques divi- sions : je vais les indiquer en deux mots. La structure intime du foie n'est point aussi variée qu'on pour- rait le penser en voyant tant d'organes d'apparence diverse dans les Poissons , les Reptiles et les Mammifères. Les surfaces seules sont modifiées, mais les matériaux les plus intimes restent géné- ralement fort analogues les uns aux autres. I,e foie des animaux vertébrés peut être semé de sillons ou d'anfractuosités profondes , divisé en lobes rares ou multipliés; malgré ces caractères , les éléments constituant la masse géné- rale restent les mêmes , on les retrouve partout , depuis le Pois- son jusqu'à l'Homme : le perfectionnement de la glande paraît uniquement le résultat de l'apparition de quelques détails secon- daires. C'est principalement de la présence des agglomérations, dési- gnées sous le nom de lobules, que semblent provenir ces moyens de perfectionnement : absents dans le foie des Oiseaux , des CHEZ l,ES ANriMAUX VKBTÉBnÉS. 127 Reptiles et des Poissons, ces amas organiques apparaissent seu- lement dans les animaux mammifères : les formes qui leur sont propres se tranchent avec d'autant plus de netteté que l'on se rapproche davantage de l'espèce humaine. Il est cependant pos- sible, malgré ces variations de la forme des lobules, de consi- dérer d'un même point de vue l'arrangement le plus profond de la glande, et de rapprocher les descriptions appliquées à des espèces éloignées les unes des autres : c'est ce que j'essaierai de faire. L'ensemble du foie résulte d'une masse de matière renfermée dans un vaste repli du péritoine , traversée dans tous les sens non seulement par des vaisseaux sanguins et excréteurs , mais encore par une double série de canaux d'une très grande délicatesse. J'appellerai d'abord l'attention sur la constitution de cette ma- tière, et sur l'arrangement des particules dont elle est composée. Les vaisseaux sanguins afférents et les vaisseaux sanguins elTé- renls aboutissent à une première série de canaux destinés au pas- sage du sang, qui s'écoule des uns pour pénétrer dans les autres. Une seconde partie de mes observations concernera l'arrange- ment de ces vaisseaux , ainsi que celui des canaux interposés entre leurs extrémités les plus déliées. Un troisième ordre de recherches est nécessaire pour faire connaître les dispositions des conduits, dont l'usage est de per- mettre l'écoulement des produits sécrétés par la glande. Les questions relatives aux détails de ces parties seront celles qui m'occuperont en dernier lieu. CHAPITRE II. DE LA MATIÈRE QUI CONSTITUE LE FOIE. Les divers grossissements du microscope font reconnaître que la matière du foie est composée de particules serrées les unes contre les autres, assez semblables à de petits grains, dont la couleur est très légèrement fauve. Elles sont à demi transpa- rentes, et paraissent souvent renfermer d'autres molécules plus petites. La surface en paraît granuleuse ou poinlillée ; elles ne 128 ^. mil-I.OT — STRUCTURE DU FOIE sont pas sphéroïdalfip ; elles semblent être ohlongues et ellip- soïdes, comme l'ont déjà fait remarquer MM. Bovvmann, Krause, I Budd, Maudl et d'autres observateurs; on n'a de facilité que pour étudier une des faces qu'elles présentent ; car , même en ajou- tant une plus grande quantité d'eau que celle qui est nécessaire à l'observation, on les rend peu mobiles, et on les retourne avec difficulté. Les contours en sont généralement nets , et la repré- sentation en est facile. (PI. 12, fig. 3, n,n,y,y,y; PI. 13, fig. 2, li, n,n,n,y,y,y; PI. li, fig. 2 n,7i; PI 15, fig. 2, lin,n,n,n). Le plus grand nombre des anatomistes, qui ont fixé leur at- tention sur ces singulières particules , les ont regardées comme des cellules environnées d'une membrane. Cette manière de voir mérite un examen spécial. Aucune de ces parties ne devra recevoir définitivement le nom de cellules , tant qu'on n'aura pas vu et isolé une membrane ca- pable d'en limiter les contours , et de renfermer une matière. Jusque là, quelles que soient les probabilités plus ou moins grandes d'une ingénieuse conception, il vaudra mieux s'arrêter que de suivre des voies incertaines ; or une pareille analyse ne me semble pas être praticable. Il ne m'a jamais été possible de démontrer la présence d'une membrane autour des corps dont il est question : l'action de l'al- cool, de l'éther, des acides, des substances alcalines, ou ne four- nit aucun renseignement à cet égard , ou modifie trop rapide- ment les objets pour être d'une grande utilité. Lorsqu'on prolonge l'examen de ces molécules, l'action de l'air les transforme rapidement ; elles se dissocient et se divisent en molécules fort petites sous les yeux mêmes de l'observateur ; mais rien alors ne révèle la moindre trace d'une membrane. Ces corps ont une transparence assez grande pour qu'on puisse apercevoir les objets sous-jacents ; ainsi, lorsque deux particules sont superposées , on voit les contours de l'une d'elles au travers de celle qui la couvre (PI. 15, fig. 4). Cette transparence est modifiée par deux ordres de détails intéressants à examiner , parce qu'ils sont de nature à jeter quelque lumière sur la com- position intérieure de ces particules. D'une part, elle est troublée CHIiZ LES AiNIMALX VKItTÉBKKS. 129 par la présence d'une foule de petits poinls placés les uns auprès des autres, et très distincts : car ils paraissent doués d'un mou- vement continuel. Ces petits points, qui semblent vibrants, occupent toute l'é- paissein' des particules ; la plupart d'entre elles n'offrent rien autre chose à considérer. Lorsque la dissociation des éléments des par- ticules conmience, tous ces petits points d'une teinte [dus foncée, dont le mouvement apparent est si remarquable , s'écartent sim- plement les uns des autres. La configuration générale de la par- ticule s'efface alors de plus en plus à mesure qu'ils se dispersent, en continuant toujours leurs vibrations isolées. Un autre ordre de détails observables dans l'épaisseur des par- ticules du foie est dir à de certaines traces, que l'on a désignées sous le nom de noyaux. Ces noyaux sont communs ; mais ils n'existent pas toujours ; quelquefois toutes les particules hé- patiques d'un même animal sont nucléolées; ailleurs, et souvent dans la même espèce , le plus grand nombre de ces petits or- ganes n'offre que l'apparence du pointillé vibrant décrit tout à l'heure. Ces noyaux sont quelquefois placés au centre de la particule ; mais souvent aussi, ils en sont éloignés; ils peuvent être mul- tiples ; on en voit qui sont doubles , mais le plus communément ils sont simples. J'ai tenté de mille manières, soit à l'aide d'acides à divers degrés de dilution aqueuse , soit avec le secours de l'éther , des alcalis, de l'iode, de l'arsenic ou d'autres substances, soit par l'effet seul de la décomposition , d'isoler ces sortes de noyaux , et d'en apprécier la nature ; je n'ai jamais obtenu le moindre résul- tat satisfaisant. Il ne faudrait que lire attentivement lt>s ouvrages fort esti- mables des observateurs , ayant déjà désigné les particules que je viens de décrire, pour être convaincu de l'inexactitude du jugement que l'on a porté à cet égard. Que serait-ce si l'on vou- lait soumettre certaines hypothèses au contrôle de l'observatiion directe? On affirme qu'elles sont creuses, qu'elles renferment la bile , 3' série Zool T. IX. (Mars 18 48 ) , 9 ISO ^. tillI.I.OT. SIRIIC.TIIRE IX) FOIE el cependant Ton ne saurail y découvrir de cavité, encore moins y reconnaître la présence d'un liquide. Lorsf|u'on voit l'un des savants les plus convaincus de l'exis- tence des cellules hépatiques, exprimer mieux que personne tous les doutes attachés à cette opinion , on est conduit à penser que nous ignorons encore la constitution et les usages de ces par- ties délicates. On ne saurait , dit M. Henle , mettre en doute que les cellules qui viennent d'être décrites jouent un rôle essentiel dans la préparation de la bile. A la vérité, il n'y a pas moyen de prouver qu'elles contiennent un liquide , et que leur contenu soit de la bile. Ne vaudrait-il pas mieux s'abslenir que d'appuyer une opinion sur de pareilles bases (1)? Halmann indique le diamètre de ces parties de 0,0078; Vogel _ _ _ de 0,010 a 0,013. Wagner — — — de 0,066 a 0,112, Krause — — — de 0,01.3 à 0,014. Ces chiffres indiquent de grandes différences, et à juste rai- son ; mais on peut dire que le diamètre de ces particules varie d'une manière très générale entre les termes suivants : ()""», 01 S'il ne me ijaraît pas encore possible de déterminer la consti- tution des particules du t'oie, il ne me semble pas non plus que l'on ait assez pénétré dans l'étude de ces matériaux . pour y dé- couvrir ime organisation propre à chacune des classes ou des familles d'animaux vertébrés. Peut-être un jour, avec des instru- ments d'une plus grande perfection que les nôtres , atteindra-t- on des résultats que l'on n'a pas encore obtenu ; mais aujourd'hui, on éprouverait d'insurmontables difficultés à vouloir préciser les caractères qui séparent les particules du foie de l'Homme, et celles des animaux inférieurs à notre espèce. Certes, elles ne sont pas absolument semblables dans les différentes cl.asses ; mais com- ment exprimerait-on les variétés de ces objets, dont les nuances ne sont pas susceptibles d'être retracées par le dessin? (PI. 12, fig. 3 : PI. i;i, fig. 2 et /i : l'I. 1/|, f.g. 5 : PI. 15, fig. 2 et 4.) (1) Henle, ^nn(. gêner. . Irad par Joi.rdan, t. Il, y 182, l iv Paris, 1846 CriEZ l.l'.S ANIMAUX VKRTlÎBRKS. 131 Dans les Poissons, la Raie, le Squale , le Saïunon en particu- lier, l'existence de particules propres au foie, telles que celles que je viens de décrire , pourrait être contestée après un examen superficiel. Soumis à l'examen du microscope, le foie des Poissons ne laisse d'abord découvrir autre chose que des globules d'huile d'une transparence excessive , remarquables par les variétés in- finies du volume de chacun d'eux. Les particules du foie ne peu- vent alors être aperçues, à moins qu'un heureux hasard ne vienne aider l'observation. Il est nécessaire de délayer une parcelle du foie de ces ani- maux dans l'eau , de permettre à la graisse de surnager , de sé- parer cette substance, et c'est alors au fond du vase , dans les matières déposées, que l'on doit chercher les particules indiquées. Elles sont caractérisées par la transparence qui les distingue, par la netteté du contour qui les environne. Le noyau qu'elles contiennent est à peine visible , et l'on est plutôt frappé de la multitude de petits points vibrants, dont chacune de ces molé- cules est composée. Ces parties sont beaucoup plus faciles à con- naître sur les Reptiles que dans les Poissons; la Tortue , le Lé- zard , la Grenouille , n'offrent pas dans l'épaisseur des tissus une assez grande quantité de graisse pour gêner l'anatomiste ; rien donc n'est plus simple que de voir chez ces animaux les particules placées les unes auprès des autres ou séparées. Le noyau , dont elles sont quelquefois pourvues, manque souvent, de même que dans les Poissons. Dans la Grenouille, contrairement à ce que l'on voit ailleurs, chacune d'elles est aussi volumineuse que les glo- bules du sang (PI. 12, fig. 3.) La matière du foie des Oiseaux, des Mammifères et de l'Homme, n'offre pas d'autres caractères généraux que ceux sur lesquels je viens d'appeler l'attenlien. On peut s'en assurer, si l'on ne veut pas examinc^r la nature, en jetant un regard sur les planches ci- jointes ; elles démontreront ce que j'av;ince, beaucoup mieux qu'une description ne pourrait le faire (P\. 13, lig. 2 et /i : PI. l/i, fig. 2; PI. 15, fig. 2 et û.) En comparant ces particules à des cellules régulières, chargées IS'2 I«. tiUlM.OT. — STKIICTUIIE DU FOIli de produire la bile, et de laisser échapper ce liquide par le moyen de la rupture de la membrane qui les constitue , on a été conduit à penser qu'elles étaient disposées auprès les unes des autres en série régulière. M. Ilenle (1) insiste sur cet arrange- ment. Ayant cherché à savoir si cette manière de voir était exacte, elle m'a , au contraire , semblé fort douteuse. Quels qu'aient été les animaux soumis à mes observations, nulle |)art l'agrégation de ces particules ne m'a paru être régulière. Lorsque les particules du foie des animaux vertébrés sont réunies les unes auprès des autres, l'irrégularité des points de contact , par lesquels elles se touchent , apparaît avec une grande évidence. On est ensuite frnppé du caractère singulier des frag- ments observés , lorsqu'on n'a fait aucun elïort capable de dis- socier les éléments qui les composent , et de les éloigner les uns des autres. Ils forment alors une agrégation tellement serrée, qu'il paraît impossible à la bile ou au sang de trouver un passage entre ces particules. Cette apparence est commune à tous les animaux. Ceux d'entre eux qui ont péri par suite d'une hémorrhagie offrent au plus haut degré cette contiguïté des particules du foie ; chez ceux, au contraire, dont la mort a été lente , il reste encore une assez grande (|uantité de sang dans l'organe pour donner à la matière des caractères entièrement opposés. Certains détails apparaissent alors, obscurs encore , il est vrai , mais trop inté- ressants pour ne pas mériter une sérieuse attention. Dans ces organes pénétrés d'une certaine quantité de sang, ce liquide est encore contenu dans les canaux , au travers desquels il circulait pendant la vie. et c'est précisément dans les endroits où les globules sanguins séjournent que les particules du foie cessent de se toucher. Par un examen attentif des parties où l'on observe les globules sanguins . on peut déjà être conduit à distinguer certains canaux régulièrement disposés dans l'épaisseur de la matière. {i) \\eu\e. Anal, grni'r Irad par Jourdan, 1 Dp i7G Paris. l8iG CllliZ LES AiMMAUX VERTÉBKÉS. 133 Les traces régulières de ces canaux n'indiquent- elles pas déjà que les particules du foie , appliquées les unes contre les autres dans quelques circonstances , sont forcées , dans d'autres cas , de s'éloigner de celles qui les toucheraient si l'organe était privé de sang? Négligeant maintenant d'autres considérations, je ne m'atta- cherai qu'à faire remarquer l'évidence avec laquelle ces canaux apparaissent , lorsqu'on examine , même sans de très fortg gros- sissements , des parcelles de foie injectées avec l'eau colorée, l'es- sence de térébenthine, ou même le mercure. Ils s'effacent, et dis- paraissent dès que ces liquides se sont écoulés , et les particules redeviennent alors comme auparavant exactement appliquées les unes sur les autres. C'est principalement à ces études que sont utiles les injections de matières ditlluentes, La démonstration de ces canaux propres à recevoir le sang conduit à reconnaître la régularité de la direction qu'ils suivent , à voir qu'ils sont très nombreux , multipliés les uns auprès des autres et que chacun d'eux est anastomosé avec un canal voisin (PI. 12, fig. 1 et 2; PI. 13, fig. 1 et 3; PI. 15, fig. 1). Il résulte de ces anastomoses que lorsque les liquides ou le sang affluent dans l'organe , la matière du foie est divisée en une multitude de portions séparées les unes des autres. Ces fractions isolées forment des îlots composés d'un nombre vai'iable de particules , cernés par les canaux destinés au passage du sang. L'existence de ces îlots est appréciable dans tous les animaux vertébrés , qu'il y ait ou non dans ces organes des ap- parences distinctes de lobules. On les voit sur toutes les portions profondes ou superficielles du foie, pourvu qu'on les analyse avec des lentilles d'un pouvoir suffisant pour grossir les objets. Depuis les Poissons jusqu'à l'Homme ils présentent générale- ment des caractères uniformes; il existe cependant des nuances variées dans la figure affectée par ces îlots chez les diverses es- pèces animales, mais il y a loin encore de ces traits fugitifs à des figures assez nettement tranchées pour permettre une compa- raison. Les diamètres de ces îlots de malièrc , séparés par les courants 134 :\. ciiiLLOT. — sniucTuiii: du i-oii; de sang qui traversenl les organes pendant la durée de la vie, ne paraissent pas être régulièrement les mêmes dans toutes les classes d'animaux vertébrés. Ils sont certainement plus larges dans les Poissons ( Raie , Squale , Saumon ) , dans les Reptiles (Testudo Europaaa, Monitor teguixin), (|uc dans les Oiseaux et les Mammifères. Ces portions matérielles, auxquelles je donne le nom d'îlots, ne sont point formées par des amas de particules confusément semées dans un organe et d'une épaisseur in(?gale. La forme et le volume en sont au contraire à peu près régulières : ce que l'on peut reconnaître en étudiant les surfaces et la profondeur du foie d'un même animal. La forme qui leur est propre ne saurait être indiquée avec une rigoureuse exactitude. Ce serait trop dire, que d'affirmer que ces îlots sont polyédriques; ce serait également exagérer, que de leur reconnaître une sphéricité régulière. On peut s'assurer de la difficulté du choix d'une exacte expression, en consultant les figures à l'aide desquelles j'ai cherché à représenter !a nature. Quoique des canaux sanguins soient partout tracés entre ces îlots, il reste cependant plusieurs points à l'aide desquels chacun d'eux touche toujours aux îlots les plus voisins. 11 en résulte que la continuité de l'ensemble de la matière du foie ne cesse jamais, malgré la présence des milliers de canaux sanguins creusés au milieu d'elle. Les îlots séparés par les canaux sanguins sont eux-mêmes , partagés en fractions plus exiguës encore, par des canaux d'une autre espèce , destinés au passage et probablement à l'élabora- tion de la bile. La disposition en est tout aussi régulière que celle des canaux destinés au cours du sang , répandus de même dans toutes les |)arlies de l'organe, ouverts les uns dans les autres par d'innom- brables anastomoses , mais plus exigus que les précédents ; ils viennent enceindre dans chaque îlot les particules (|ui paraissent élre la source de la sécrétion. Autant qu'on |)eut vu juger par les changements opérés dans les organes en vertu de la présence ou de l'absence du sang, en CHEZ l.liS \M,MAU\ VIÎHIIJUHIJS. 135 raison de racliuii des liquides injectés dans les vaisseaux, ces Ilots doivent pouvoir se rapprocher ou s'éloigner les uns des autres , suivant le degré de réplétion des canaux sanguins ou biliaires. On cesse d'en entrevoir les limites lorsque les canaux sanguins sont vides, les îlots étant alors serrés les uns contre les autres. Le foie ne semble plus être formé, dans ce cas, que par une matière dans l'épaisseur de laquelle on ne pourrait remarc|uer autre chose que la contiguïté de toutes les molécules constituantes. Dansde pa- reilles circonstances, on ne soupçonnerait certainement pas l'exis- tence de canaux si régulièrement dirigés dans toutes les régions de l'organe. C'est à cette mobilité, en vertu de laquelle les molécules de la matière se serrent les unes contre les autres, qu'est due très probablement la ditîiculté d'injecter une liqueur dans les canaux biliaires , après avoir en premier lieu rempli les cana«x sanguins. C'est le contraire qu'il ne faut pas oublier de faire si l'on veut ap- précier la disposition des conduits excréteurs au milieu de chacun des îlots entre lesquels le sang circule pendant la vie. Si , faisant abstraction des canaux sanguins ou excréteurs, on cherche à se rendre compte , non seulement de la nature des par- ticules matérielles du foie et du mode de connexion par lequel elles sont unies les unes aux autres, mais encore des actes qu'elles peuvent produire pendant la durée de sa vie ; on verra bien vite que de telles ((uestions doivent être ditlici les à résoudre, et de combien de doutes on est environné dès les premières études. Les présenter comme des cellules régulières, du sein desquelles sortiraient les liquides sécrétés et rejelés ensuite dans les canaux excréteurs, c'est émettre une théorie spécieuse, mais non in- contestable. Que pourraient être des cellules sans parois dis- tinctes? Toutes ces particules doivent être pendant la vie dans un état de mouvement moléculaire continuel déterminé par plusieurs causes, soit par l'eau chargée de sels, soit par les matières grasses qu'elles ac(|uièrent et perdent incessamment. Ne pourrait-on sup- poser l'acte sécrétoire comme le résultat de la dissociation régu- lière des éléments de chacune d'elles ? 136 1*1. (iUlLLOT. — SlIiUCrUliE Ul) FOIE Tous les détails que je viens d'énumérer ne seinbleiit-iis pas de nature à prouver l'impossibilité où nous sommes de saisir les caractères les plus intimes de la matière du foie et d'en apprécier les usages? Pourvu d'instruments trop grossiers, agissant sur le cadre avec des moyens d'analyse imparfaits, l'anatomiste ne sau- rait marcher qu'avec hésitation au travers de toutes les diOTicultés (lu'il rencontre : doit-on le blâmer d'exprimer avec réserve le résultat de ses études? Dans d'autres parties de la science, la grandeur des conclusions obtenues, l'évidence des démonstrations récompensent largement l'observateur de ses fatigues, mais ici rien de pareil ; seulement on est tenté de craindre de n'avoir fait effort que pour donner le témoignage d'une grande patience. «UAPITRE III. DES VAISSKAllX SAI\GimS AFKIÎIIUNI S DU FOIE. Il convient de séparer l'étude des vaisseaux sanguins de celle qui concerne les canaux sanguins. De ces vaisseaux , les uns sont afférents : ce sont , comme on le sait , l'artère hépatique et la veine porte ; les autres sont efférents : ce sont les veines hépatiques. Entre ces deux systèmes s'étendent les canaux sanguins privés d'une paroi membraneuse. Dans l'exposition des détails suivants, je m'attacherai d'abord à décrire les particularités relatives aux vaisseaux aflérents, puis celles qui sont propres aux canaux sanguins tracés entre les îlots précédemment indiqués, puis enfin celles qui appartiennent aux vaisseaux efférents. La disposition des vaisseaux sanguins du foie n'est pas abso- lument la même dans les Poissons, les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères. Chez les uns et chez les autres, il est vrai , les gros troncs vas- culaires de l'organe se divisent déplus en plus à mesure ([u'ils enireiit plus profondément dans l'épaisseur de la matière, mais quel(|ues caractères spéciaux apparaisseni dans la classe des Mammifères. CIIUZ I.KS A.MVIALX Vlilll ÉBKKS. 137 Chez ces derniers animaux , ainsi que sur l'huniine , les divi- sions des vaisseaux afférents concourent à partager la glande en une multitude de portions régulières désignées depuis fort long- temps sous le nom de lobules. A part ce détail, et quelques au- tres encore dépendants de l'arrangement des conduits excréteurs, tout est semblable dans les animaux les plus éloignés les uns des autres. Il est donc nécessaire de considérer séparément ce qui est propre aux Poissons , aux Reptiles et aux Oiseaux , et ce qui ap- [)artient aux Mammifères, ainsi qu'à l'espèce humaine. Chez les animaux dépourvus de lobules, l'artère hépatique et la veine porte n'olïrent rien de remai'quable jusciu'à l'endroit oii elles se terminent dans les canaux sanguins. Ces vaisseaux sont, comme partout ailleurs, constitués pai- des parois membraneuses environnées' elles-mêmes pa» une quantité plus ou moins considérable de tissu cellulaire. Ces tubes membraneux , d'abord assez volumineux pour per- mettre une dissection facile, deviennent ensuite de moins en moins appréciables, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible à la vue de les suivre sans le secours d'un instrument d'optique. C'est alors que l'on peut, avec le même moyen, commencer à distinguer les canaux par lesquels ils se terminent (PI. 12, fig. 1, a,b, fig. 2, a,b; PI. 13, fig. 1 et 3, a,b,a,b). Cette disposition est commune aux Poissons, aux Reptiles et aux Oiseaux , mais je dois dire que chez tous ces animaux il est beaucoup plus facile de distinguer les extrémités de la veine porte que celles de l'artère hépatique. Les liqueurs dont ont fait usage pour les injections ne pénètrent que très difficilement dans les ramifications délicates du second de ces deux ordres de vaisseaux. Jrtère hépatique. — Les caractères anatomiques de l'artère hépatique et de la veine porte des animaux mammifères et de l'homme sont assez communément appréciés pour que je néglige de répéter tout ce (|ui a déjà été dit à l'occasion de ces vaisseaux ; je ne rappellerai donc que ce (]u'il est nécessaire d'ajouter aux connaissances que l'on possède. Il est facile de les suivre depuis l'endroit où ils entrent dans 13S %■. uuiLLor. — siRUciunE du i-oiiî l'oi'gane jusqu'au moment où ils sont le plus voisins de chaque lobule hépatique. Ils traversent, comme on le sait, une grande partie de la masse du foie, environnés par une couche plus ou moins dense de tissu cellulaire connue depuis fort longtemps sous le nom de cap- sule de Glisson. Voisins les uns des autres, ils sont pour ainsi dire unis par cette enveloppe commune. Isolés de la matière de la glande, ils peuvent, en certaines circonstances, acquérir un dia- mètre variable sans nuire aux parties qui sont les plus rapprochées de l'artère ou de la veine. L'existence de ce tissu cellulaire autour des vaisseaux alïé- rents a été l'objet d'une attention très grande de la part des ana- tomistes. On a été conduit à conclure que la capsule de Glisson se prolongeait comme une sorte de membrane sur la périphérie de chacun des lobules; ([u'il formait alors une sorte de coiffe ou d'enveloppe à chacun de ces amas. S'il en était ainsi , la consti- tution des lobules serait toute différente de celle que j'ai cru saisir. Une capsule membraneuse placée tout autour de chaque lobule devrait être assez distincte pour qu'en l'aisant macérer dans l'eau une portion quelconque du foie, on put la mettre en évidence , sinon à la vue simple, du moins h l'œil armé d'une loupe ou d'un microscope. J'ai donc essayé, non seulement de disséquer des organes macérés avec tous les soins possibles, dans l'eau fré- quemment renouvelée, dans le même liquide acidulé ou alcoolisé, sans qu'il m'ait été donné de reconnaître cette prétendue mem- brane autour des lobules profonds ou superficiels du foie. Ces derniers ne sont recouverts que par le péritoine. .)'ai tenté des recherches analogues sur des foies dont les vais- seaux avaient été remplis par des matières colorantes ou par l'es- sence de térébenthine pure : rien n'a pu me faire soupçonner l'existence de cette disposition du tissu cellulaire. Toutes mes observations m'autorisent donc à penser, contrai- rement à l'opinion commune, que le tissu cellulaire, placé d'abord en assez grande abondance à l'entour des vaisseaux sanguins afférents dans une proportion relative à l'épaisseur des parois ciiiiz i,i;s AMMAii\ vunTiiiiiiiis. 13i) (ju'ils possùduiil , s'efface de plus en plus à mesure que les rami- fications artérielles et veineuses se multiplient en se divisant. Dès que l'artère hépatique et la veine porte sont parvenues jus- (|u'au diamètre des lobules, il n'est plus possible de découvrir autoiw d'elles autre chose que des traces insignifiantes de tissu cellulaire. Des recherches particulières au sujet de l'artère hépatique des animaux mammifères ont déjà donné lieu d'admettre que les branches de ce vaisseau se répandent sur les parois extérieures de la veine porte et des conduits excréteurs. Cette opinion est fort ancienne ; développée par Waither , par Mappes , elle re- monte jusqu'au temps de Glisson. Quelques uns même préten- dent que l'artèi'c hépatique s'anastomose avec la veine porte. M. Kiernan partage cette manière de voir, et décrit de plus un ordre particulier de veinules faisant suite aux ramifications de l'artère hépatique. Elles formeraient une des sources de la veine porte , naissant sur les parois de cette veine et sur le cylindre des conduits excréteurs. Cette disposition produirait une double circulation dans l'or- gane : la première , formée par les courants sanguins de la veine porte, dirigés vers les veines hépatiques; la seconde, infiniment plus restreinte , due au cours du sang qui suivrait l'intérieur de l'artère hépatique, puis pénétrerait dans un ordre de veinules dis- tribuées sur les conduits biliaires et sur la veine porte, oii il serait versé. MM. Dujardin et Verger, loin de constater les particularités précédentes, affirment que les divisions de l'ai-tère hépatique marchent toujours parallèlement aux troncs des conduits biliaires, pour aller se terminer sous la forme de houppes à la surface des lobules. L'examen des préparations (|ue j'ai étudiées, ainsi que l'ana- lyse des pièces que je conserve, sont loin de prouver la division excessive des branches de l'artère hépaticiue autour des conduits biliaires. I.cs conduits excréteurs sont assez apparents à la surface ou dans l'intérieur de l'organe, pour que l'on puisse distinguer les 140 RI. «uiLLOT. — stbijc;tibe dl foie rapports capables de les unir à des vaisseaux répandus sur leurs parois, surtout lorsque de fines injections ont parfaitement pénétré dans l'intérieur de ces derniers. Or je n'ai rien vu de semblable à ce que d'autres observateurs ont décrit. Il est très douteux que l'on puisse avoir une exacte opinion de la disposition des ramuscules de l'artère hépatique des Poissons , des Reptiles et des Oiseaux. On parvient difficilement à remplir ce vaisseau au-delà des grosses branches qui le composent , je me tais donc à cet égard. Il n'y a pas non plus moyen d'entreprendre des observations précises sur les Mammifères dont le volume est peu considérable, tels que Lapins, Blaireaux, Chiens ou Chats; la somme des ramuscules de l'artère est trop peu nombreuse, il est trop rare d'obtenir des injections parfaites de ce vaisseau pour que l'on soit en mesure d'entreprendre un examen sérieux. Sur les Moutons, les Bœufs, les Porcs, les Chevaux, et princi- palement sur l'espèce humaine, la quantité des divisions arté- rielles multipliées dans le foie esl plus grande que partout ailleurs: on ne constatera nulle part avec plus de netteté les remarques que je vais faire. On suit évidemment l'artère hépatique depuis le moment où elle entre dans le foie jusqu'à l'instant où elle arrive à chacun des lobules profonds ou superficiels. Dans ce trajet , elle se divise en un nombre considérable de rameaux , dont la place est toujours marquée dans le voisinage des conduits biliaires et de la veine porte. Sur toutes les routes que suivent les artères en se divisant à l'infini, elles sont constamment enveloppées par un tissu cellu- laire très apparent. Je n'ai jamais pu reconnaître , en suivant le trajet des divi- sions de l'artère hépatique, lorsqu'elle forme des anses autour de la veine porte et des conduits biliaires , qu'elles donnas- sent naissance à l'ordre particulier des veinules décrites par M. Kiernan. Ce que j'ai vu m'a paru plus conforme aux observations de MM. Dujardin et Verger; les ramifications de l'artère hépatique marchent à peu près parallèlement aux branches des conduits bi- CIIKZ r,i:S AMMAI \ VliUTKBIlÉS. Hl liaires el des veinules poitales; elles se rappioriieiil d'aiilaiil plus de ces brandies qu'elles sont, plus voisines des lobules. Les détails présentés par l'artère hépatique, déjà fort difficiles à apprécier dans le voisinage des lobules superficiels, deviennent encore plus inceilains lorsqu'on cherche à savoir comment les divisions artérielles se comportent dans l'intérieur du foie. Ce qui rend les observations fort obscures , c'est que l'on est forcé de détruire une portion notable de l'organe afin de l'analyser. On étudie plus clairement la disposition des vaisseaux artériels placés près de l'enveloppe péritonéale ; ils apparaissent au-dessous de cette membrane. Aucune des coupes plus ou moins profondes que l'on tenterait de faire dans l'épaisseur du foie ne donnerait les lumières fournies par cet examen. F.orsqu'une injection , conduite avec une excessive lenteur, a pénétré dans toutes les ramifications de l'artère hépatique, l'en- semble de ces rameaux forme à la superficie du foie un réseau dont les mailles sont très nombreuses. Plusieurs de ces rameaux, voisins de la surface convexe de l'organe, communiquent avec les artères diaphragmatiques, comme l'a fort bien fait remarquer M. Kiernan. Les branches de celte artère sont généralement situées dans le voisinage des conduits excréteurs qu'elles entourent d'un lacis ir- régulier. H ne m'a point été donné de voir la terminaison de quelques unes de ces artérioles à des follicules placés dans l'inté- rieur de ces conduits; je ne crois même pas qu'il soit possible de démontrer la présence de ces follicules. Pour bien saisir la disposition des rameaux de l'artère hépa- tique dans le voisinage des lobules superficiels ou sous-péritonéaux, il ne faut pas oublier que si les artères les plus rapprochées de la surface péritonéale envoient des ramuscules infiniment petits à chaque lobule, d'autres divisions de ces vaisseaux artériels viennent également apparaître autour des mêmes lobules. Celles- ci ont traversé l'épaisseur du foie, elles émergent de la profon- deur, el les extrémités qui en naissent viennent se continuer à la surface de l'organe. A l'endroit même où ces ramifications sortent de la substance l/l'i X. «lll.l.OT. — MltUCTLliK DU KOIK du foie, on distingue oi-diii.aireiiieiit une ou plusieurs anasiomoses, desquelles résultenl deseommunicalions entre les artères qui ont parcouru le centre du l'oie, et celles qui forment le réseau arté- riel sous-péritonéal. L'ensemble de ces vaisseaux du même ordre, anastomosés les uns avec les autres, constitue un réseau artériel autour de chaque lobule (PI. ll\, fig. 1, b,b,b; PI. 15, fig. 3). Ou distingue également les traces de ces anastomoses arté- rielles autour des limites profondes de chaque lobule. Des sec- lions multipliées, l'analyse de pièces inégalement injectées le démontrent avec certitude. Dès que les ramifications artérielles sont parvenues dans le voisinage des lobules et qu'elles ont formé le réseau dont il est question, elles envoient autour d'elles des ramuscules extrême- ment fines. Ces ramuscules naissent sur tous les points de la circonférence du réseau ; ils s'étendent dans toutes les directions. 11 résulte de cette disposition que le réseau artériel de chaque lobule conduit le sang qu'il reçoit des branches de l'artère hépatique, non seule- ment à un seul , mais à plusieurs amas lobulaircs. De la partie du réseau placée au-dessous du péritoine à la sur- face des lobules, naissent des ramuscules artériels d'une grande ténuité, qui disparaissent bientôt dans l'agglomération des ca- naux sanguins ou biliaires, au-dessus de laquelle ils sont placés (PI. U. fig. 1; PI. 15, fig. 3). C'est en raison de l'excessive ténuité de ces divisions ultimes de l'artère hépati(|ue qu'il est fort difficile d'introduire par cette voie une liqueur dans l'intérieur des canaux sanguins du foie; il faut une patience soutenue avant qu'une injection , conduite avec toutes les précautions convenables , puisse avoir pénétré des ar- térioles aussi délicates. On suit les ramifications artérielles tout autour de la surface des lobules ; mais on ne saurait reconnaître l'existence d'un seul de ces vaisseaux dans le rentre de chaque lobule. On peut couper ces agglomérations, les étudier de toutes les façons, et être constamment conduit h la même conclusion. (IIRZ l.liS A.M.MAl \ VKUTKimÉS. 4 ftS / L'ine porte. — On suit trop bien coiiiiiient les branches prin- cipales (Je la veine |)orl(; s'étendenl Iransversaleiiient dans le foie des animaux maniniifères et de l'homme ; de quelle manière elles sont environnées par le tissu cellulaire de la capsule de Glisson, poin- qu'il soit nécessaire de rappeler des particularités aussi bien connues. I^a disposition la plus générale des branches de cet ordre de veines autour des lobules a été parfaitement bien indiquée par M. Kiernan , dont les observations , reproduites par d'autres ana- tomistes , ont été bien à tort, l'objet de quelques doutes. Cepen- dant on a négligé certains détails qu'il est bon de connaître, et les figures retracées offrent des incertitudes assez grandes pour autorisera de nouvelles études. Tant que les branches de la veine porte sont volumineuses, elles sont enveloppées par une couche plus ou moins apparente de tissu cellulaire; mais il devient difficile d'appiécier les traces de ce li.isu autour des rameaux veineux les plus voisins des lobules. Ces ramuscules, (|ui ne possèdent plus qu'une enveloppe cel- luleuse extrêmement faible, enceignent chacun des lobules d'une sorte de réseau veineux, dont les mailles, d'un diamètre va- riable , sont unies entre elles par des anastomoses irrégulières (PI. U, fig. 1, o; PI. 15, fig. â, a). Les plus grosses branches de ce réseau sont généralement si- tuées aux angles de chaque lobule; c'est de là que partent les branches secondaires anastomosées les unes avec les autres; on les distingue fort bien dans le foie de l'Homme, du l'orc et des Rongeurs; on les voit au-dessous de la membrane péritonéaie. Les ramifications de la veine porte s'étendent non seulement autour de la périphérie de chaque lobule . mais elles se recour- bent encore au-dessus de la surface sous-péritonéale de ces par- ties (PI. \h, fig. 1, a; PI. 15, fig. 3 . Elles y apparaissent en nombre très variable : tantôt c'est une seule branche que l'on y distingue et qui fournit tous les rameaux secondaires et tertiaires: d'autres fois, il y en a plusieurs dont le volume est rarement égal. et dont les ramifications anastomosées les unes avec les autres cunstilnfiil un réseau à la superficie du lobule. \fiti !*. utiiij.o'i'. — sriiiic.riJiîE nu Foiii (Quelles que puissent être les variétés de ces dispositions, les rameaux nés du réseau vasculaire qui forme les branches de la veine porte autour de chacun des lobules, divergent en plu- sieurs directions, de manière à répandre le sang dans plusieurs lobules voisins les uns des autres (l'I. i4, fig. 1 ; PI. 15, fig. 3,. On voit, d'après ce que je viens de dire, qu'il existe autour de chaque lobule un réseau veineux , dont les vaisseaux sont formés par des membranes encore distinctes, mais qui ne sont plus en- tourées d'une couche de tissu cellulaire capable de former une capsule ou coiffe aux lobules. Ce réseau veineux , examiné dans les régions du foie les plus rapprochées du péritoine , offre une disposition générale très analogue à celle qui est propre au ré- seau de l'artère hépatique. Les particularités que je viens d'indiquer sont modifiées de la manière suivante dans le foie des animaux ruminants. Les ramifications de la veine porte arrivent également jus- qu'auprès du périmètre de chaque lobule, mais elles s'élèvent rarement entre les lobules sous-péritonéaux , jusqu'au niveau de la superficie du foie; elles restent séparées de cette surface par un espace occupé par les canaux sanguins. Cette disposition pourrait, au premier aperçu, faire croire à l'absence des lobules chez quelques uns de ces animaux , tels que la Chèvre ou le Mouton ; mais un examen plus attentif démontre le contraire. Le lobule existe chez les Ruminants comme dans les autres animaux mammifères. Dans le foie des animaux carnassiers , Chiens , Chats , Renards, c'est encore par le pourtour des lobules que les veinules portales conduisent le sang aux canaux sanguins, répétant ainsi la dispo- sition commune. L'ensemble des faits relatifs à la manière dont les branches de la veine porte se répandent autour des lobules me paraît donc entièrement conforme à ce qui a été vu et décrit par M. Kiernan. cm;/. i.r;s ammaux vKnriiiiHiis. 145 «UliPITRE, l«. DKS (■.A^AI \ ()V\ VDW SlIITh: Al'X VArSSKADX SANCIU^S AFFÉKKi\TS ni FOfF.. C'est au moinenl où les veinules portales sont parvenues autour des lobules, qu'elles se terminent, de même que les artères, dans les canaux sanguins étendus entre elles et les rameaux initiaux des veines hépatiques. Ici commence une série de détails que l'on n'a pu encore ap- précier que très imparfaitement. Les espaces dans lesquels le sang circule entre les îlots de matière précédemment décrits, ne sont autre clio.se que des ca- naux réguliers; j'espère que les résultats suivants m'autoriseront suffisamment à émettre cette manière de voir. L'existence de ces canaux ne peut être démontrée que par des injections convenables, et sur des pièces préparées par les pro- cédés indiqués plus haut. I^.'analyse de ces organes ainsi disposés pour l'étude servira d'abord à mettre en évidence les parois membraneuses de la veine porte et de l'artère hépatique, jusqu'au moment où, voisines de l'as-semblage des canaux dans lesquels elles versent le sang, elles se dépouillent des caractères communs à tous les gros vaisseaux du corps. Elles n'apparaissent plus alorsàl'observateur que comme des canaux tracés dans l'épaisseur de la matière sans qu'aucune paroi membraneuse les en sépare. Il n'est point possible de distinguer des parois membranen.ses autoui- des canaux qui isolent les îlots de matière tout à l'heure signalés. Le résultat est constamment le même en examinant les parties avec des lentilles d'une faible puissance , ou bien avec des instruments capables d'augmenter de trois cents fois le diamètre des objets. J'ai dû chercher par tous les moyens possibles à mettre celte membrane en évidence, et l'examen des parties fraîches me d(' - montrant sans cesse l'absence d'un cylindre membraneux autour de ces canaux, j'ai dû tenter de le rendre apcrcevable [tnv \c 3' M'.riP, Znni, T IX ( Mars I SiS.) .> 10 l/l(j X. «uii.i.or. — siiii c.Tuitii vv loiii moyen di; l'alrool on (Jfs acides. Aucini de ees essais n'a pu me conduire à un autre résultat que celui que j'indique. Non conlenl de ces l'echerciies, j'ai injecté les vaisseaux de quelques animaux , Poissons , He|)tiles. Oiseaux ou Mammifères ; j'ai dû chercher sur des tranches ou des parcelles excessivement minces du foie à savoir si quelque membrane n'apparaissait pas flottante entre les îlots formés par les particules, écartés alors les uns des autres par les matières de l'injection. Je n'ai pas été plus heureux. I.orsqu'on regarde le résultat d'une injection composée d'une solution d'amidon, avec des instruments d'optique d'une puis- sance considérable , il est facile de voir que les particules d'em- pois dont on s'est servi ne sont point juxtaposées dans les canaux où elles sont parvenues. Rlles sont au contraire éloignées les unes des autres par l'eau au milieu de laquelle elles sont en suspen- sion, .('espérais qu'entre ces intervalles séparant chaque particule d empois , il me serait impossible d'apercevoir la paroi membra- neuse d'un vaisseau. J'ai donc soumis à l'exameii des fragments d'organe ainsi pénétrés d'empois, je les ai placés au contact de l'iode; j'ai pu de cette manière colorer toutes les matières végé- tales, rendre plus apparent encore l'intervalle étendu entre cha- cune d'elles , mais sans jamais distinguer autre chose que le dia- mètre du canal dans lequel elles étaient placées. Des essais analogues ont été répétés sur des organes dont les vaisseaux avaient été pénétrés par l'essence de térébenthine, tantôt pure, d'autres fois colorée, sans qu'ils aient pu conduire à faire soupçonner que les vaisseaux sanguins conservent leurs pa- rois au-delà de certaines limites. Après avoir renouvelé ces tentatives pendant fort longtemps, et j'ose dire avec assez de patience, pour qu'il ne me reste aucun doute, j'ai dû chercher à voir, sur des pièces desséchées , s'il était possible de distinguer ces parois membraneuses si complètement invisibles, lorsque l'on porte l'examen sur des tissus frais. La première fois que l'on fixe le regard sur des organes des- séchés, il setnble que l'on n'ait sous les yeux rien autre cho.se c|u'un amas de vaisseaux, (|u'il n'y ait aucune possibilité de nier CIIKZ LES ANIMAUX VEItTÉBRÉS. 1^7 l'existencu du la paroi membraneuse de ces coiidiiils. l'iio appiv- cialion minutieuse devient aloi-s nécessaire. Il faut se rendre compte de toutes les particularités que l'on dislingue, suivre pas à pas les changements opérés dans l'organe à mesure qu'il se dessèche. Les îlots formés par les particules du foie se dissolvent en partie dans l'essence de térébenthine, ou s'affaissent par la dessic- cation : elles disparaissent peu à peu, de sorte qu'on ne saurait bientôt plus les apercevoir. D'un autre côté, l'essence de téré- benthine, en s'évaporant, laisse à l'intérieur de chaque canal un cylindre coloré, autour duquel viennent se déposer tous les dé- tritus des molécules organiques: ce ciiii produit une apparence propre à induire en erreur. Si l'on a mis en usage une essence de térébenthine pure et incolore et fait sécher le foie; dès que la liqueur aura disparu par l'effet de la vaporisation, on ne distinguera plus avec l'aide du microscoptî qu'un tissu composé de canaux d'une grande ténuité. On pourra couper ce tissu dans tous les sens, l'analyser après l'avoir mis en contact avec des liqueurs acidulées , .sans mettr oie moindre lambeau de membrane en évidence tout autour des canaux dont on aperçoit parfaitement bien les aires. Je pense donc que la matière du foie fraîche ou desséchée , pénétrée ou non par des liqueurs colorées ou incolores , est tra- versée par des canaux autour desquels il n'est pas possible de constater la présence d'un tube membraneux , semblable à celui que possèdent les vaisseaux sanguins afférents ou efférents. Les agencements, les dispositions mutuelles de ces canaux -sanguins, les rapports qui, d'une part, les unissent aux parti- cules de la matière ; de l'autre , avec les conduits destinés au cours de la bile, forment l'instrumentation délicate à l'aide de laquelle la sécrétion de la bile est, sinon accomplie, du moins en grande partie préparée. Dans tous les animaux vertébrés, ces canaux tracés entre les îlots qui forment les particules du foie, sont le tei-me auquel abou- tissent les dernières divisions de l'artère hépatique ou de la veine porte ; ils sont également le point de départ des veines hépatiques. J/lS !M. «IIILI-OT. — SIRlICTDlili DU l'OtK Il l'aiit remarquer (jHe les différents ordres des vaisseaux san- guins (Je l'organe sécréteur n'ont aucune autre connnunicatioii les unes avec les autres que celles (|ui sont établies au travers de ces canaux creusés dans la substance du foie. Ces canaux commencent, dans tous les animaux, là où les parois membraneuses des vaisseaux sanguins ne peuvent plus être appréciées par nos instruments. Le volume qui les rend apparents, la direction qu'ils suivent, sont différents de ce que l'on observe en examinant l'artère où les veines. Ils n'appartien- nent pas plus à un ordre de ces vaisseaux qu'à un autre, à l'artère plus qu'aux veines, à la veine porte plus qu'à la veine hépatique; artères -et veines y aboutissent et en sont l'origine commune. On remplit ces canaux au gré de l'anatomiste par la veine porte ou par la veine hépatique. T.es liquides y sont également conduits par l'artère hépatique, mais avec plus de lenteur, en raison du calibre moins considérable de ce vaisseau. Toutes les matières lancées dans les divers ordres de veines un dans l'artère peuvent entièrement parcourir les canaux s-m- ^uins et remplir toutes les nombreuses anastomoses par lesquelles ils communiquent entre eux. 11 pourrait donc suffn-e à l'anato- miste de faire pénétrer une injection convenable dans l'un des gros vaisseaux du foie , pour introduire une matière colorée dans les canaux sanguins. Lorsqu'on injecte successivement des liqueurs diversement colorées dans tous les vaisseaux de la glande, on arrive à une démonstration tout aussi précise. Chacun de ces liquides pénètre de f on côté dans les canaux sanguins , en remplit en partie les anastomoses qui sont alors diversement colorées. .Si la substance qui a rempli les vaisseaux est susceptible d'é- vaporation , elle laisse voir sur des organes desséchés, non seule- ment le calibre des artères ou des veines , mais la dégradation des parois membraneuses qui les entourent jusqu'au moment où ces enveloppes disparaissent. On ne pourrait apercevoir ces canaux h l'œil nu sur des por- tions de foie non injectées, hiuiiides in\ mm ; si (|nrl(|iu'rois on en C.Wki LES ANIMAUX VKRTÉBRKS. ill'J ?ou|Honne rexiatence par les traces des globules du sang restés dans la matière , nulle pari on ne les découvre mieux que sur des organes parfaitement préparés pour l'étude. Dans tous les cas, le secours du microscope est toujours indispensable. Creusés dans l'épaisseur de la matière , ils ne résultent que du rapprochement mutuel des particules organiques; aucun d'eux , comme je l'ai déjà dit, n'est tapissé par une membrane ; ils sont tous réunis les uns aux autres par des anastomoses régulières mille fois multipliées. lis sont très facilement appréciables chez les Poissons. Dans la Raie, ainsi que dans le Saumon, j'ai pu compter plus de cent de ces conduits dans un espace carré de deux millimètres de côté (FI. 12, fig. 1). Dans les Reptiles, ils offrent une disposition analogue à celle que l'on distingue dans les l'oissons. Dans ces animaux, les ra- mifications de la veine porte se terminent dans les canaux san- guins, et les veinules hépatiques y commencent sans aucune sorte de transition. C'est principalement chez les Chéloniens et sur les Sauriens que cette transformation soudaine des vaisseaux sanguins attire l'attention de l'observateur (PI. 12, fig. 2). Le diamètre des canaux sanguins du foie des Reptiles ne paraît excéder nulle part la quarantième partie d'un millimètre, et la distance qui , chez ces animaux, sépare les extrémités des deux ordres de vaisseaux afférents et etTérents , ne semble géné- ralement pas supérieure à un millimètre. I/ensemble du foie des Batraciens offre l'apparence d'une masse de matière régulièrement creusée par ce» canaux sanguins, unis par dès anastomoses régulières, car il est difficile de voir dans ces animaux la terminaison des rameaux de la veine jiorle , cl l'origine des radicules premières des veines hépaticiues ( l'I. 13, lig. 1). Dans les oiseaux, les canaux sanguins creusent également la majeure partie de l'organe. La disposition qui leur est propre semble très analogue à (^elle que l'on remar(|ue dans les Poissons pl les Reptiles. Le diamètre de ces canaux est toutefois beaucoup moins cdiisidérablc (Pl. 13, fig. .7). 150 i«. «uiLi.oT. — sriucruKE du I'OIK Les anastomoses qui les unissent les uns aux autres sont aussi régulières que dans les Poissons et les Reptiles. Les dimensions plus faibles de ces canaux sanguins, ainsi que des îlots de matière quils circonscrivent, rendent l'examen du foie des Oiseaux assez difficile , mais elles ne s'opposent cependant pas à ce que l'on puisse découvrir les particularités que j'indique. Dans le foie des animaux mammifères, c'est en dedans du double réseau formé autour de chaque lobule par les branches de l'artère hépatique et celles de la veine porte, que l'on aperçoit les canaux sanguins entre les îlots désignés précédenmient. Ils sont donc tracés dans l'épaisseur de chacun des lobules et s'y compor- tent de la manière suivante. Considérés dans leur ensemble , ils établissent , au travers des molécules du foie, un passage facile au cours régulier du sang depuis les vaisseaux alî'érents jusqu'à la veine hépatique. Ils apparaissent comme un ensemble de canaiLX unis les uns aux au- tres par des anastomoses à peu près régulières. C'est par ces anas- tomoses que les îlots sont limités ( l'I. 14, fig. 3 ; PI. 15, lig. 1). Ils sont partout uniformément semblables les uns aux autres. Le voisinage des rameaux de la veine porte ou des radicules des veines hépatiques ne paraît avoir aucune influence sur le diamètre qui leur est propre. Cet assemblage de canaux occupe précisément la place à la- ((uelle on voit dans chaque lobule des Mammifères les apparences des substances nommées corticales ou médullaires, désignées connue l)runcs ou jaunes sur les foies non injectés. C'est à ces mêmes endroits que l'on a cru voir des espaces irréguliers ser- vant à ime liltration particulière entre des granules. Ces canaux paraissent avoir été entrevus par Walther et par d'autres anatomistes : lorsqu'on a dit que les vaisseaux du foie formaient un réseau apparent à la surface des lobules, celte opi- nion , ([ui du reste a été contredite comme tant d'autres, indique fort imparfaitement la condition naturelle des canaux sanguins. Ils ne sont en aucune manière distribués comme un réseau puurriiil l'être. Un réseau représente un ensemble de vaisseaux étendus sur un mémo plan ; on voit au cunlrairi" ici une masse de CIIKZ IJiS ANIMAUX VliltTÉBRÉS. 151 canaux occupaiil tout l'espace rempli par le lubuie, étendus dans toute l'épaisseur qu'il possède. L'agglomération qu'ils composent est telle, qu'en faisant abstraction de la présence des particules du foie, il serait exact de dire que le lobule résulte en majeure |)artie de la réunion des canaux sanguins. Si la forme et les dimensions de chaque lobule impriment de notables dilTérences à cet assemblage de canaux , ces conditions variées n'apportent aucun changement bien important aux rap- ports mutuels qui les unissent les uns aux autres , aux caractères dont ils sont doues, ainsi qu'au mode d'anastomose à l'aide duquel ils reçoivent le sang de l'artère hépatique et de la veine porte pour le conduire dans les veines hépatiques. On saisit parfaitement les détails de cet ensemble de canaux sanguins dans toutes les espèces de Mammifères , mais je conseille d'en chercher surtout les caractères , sur le Lapin, le Chien, le Mouton, le Porc, ainsi que dans l'espèce humaine (PI. i'S, llg. 5 ; PI. ili,{\g. I et 3; PI. 15, llg. 1 et 3). Les ramuscules artériels se confondent très rapidement avec ces canaux ; les veinules portales répandues également tout autour des lobules s'anastomosent brusquement avec eux. Depuis l'en- dioit où ces transformations sont appréciables, jusqu'au lieu où naissent les veinules hépatiques, on ne voit plus de vaisseaux pourvus de parois membraneuses; les canaux sanguins privés de parois, et creusés dans la matière, les ont complètement rem- placés. J'ai déjà dit plus d'une fijis que les anastomoses mutuelles do ces canaux étaient appréciables dans les Poissons , les Reptiles et les Oiseaux ; elles sont également très distinctes dans les lobules des animaux mammifères. Elles y offrent absolument les mêmes caractères que l'on peut regarder comme étant communs à tous les animaux. Il n'est pas un seul des points des lobules où l'on ne soit frappé de la frc(]uencc et de la régularité de ces anastomoses. Klles oc- cupent toute la circonférence des îlots formés par les parlicules du foie , tic sorte (|ue |)cndant la vie chacun de ces îlots est entouré par ini couranl ronliniirl iIp sang iPl. 1/j. lig. ."> ; PI. 15, fig. 1). ]52 SI. diiiii.i.u'i'. — siitucTur.K DU i'Oii-: Maintenant que je viens de faire connaître la distribution des vaisseaux afférents à l'extérieur du lobule, ([uej'ai fait apprécier l'ensemble des canaux sanguins occupant l'intérieur de cette partie , il nie reste encore à décrire la situation des veines effé- rentes vers lesquelles convergent tous les courants sanguins. CHAPITRE \. DliS VAISSKAUX SAi\(;ill.\S li l'FKlUiMS. La manière dont les veines hépatiques naissent des canaux san- guins est très facilement appréciable dans les Poissons, les Rep- tiles, ainsi que sur les Oiseaux. Chez tous ces animaux, privés de lobules hépatiques , on distingue dans toutes les parties de l'or- gane , les anastomoses des canaux sanguins avec ces vaisseaux efférents , dont les parois membraneuses deviennent dès lors de plus en plus apparentes. Dans les animaux mammifères , la présence des lobules don- nant plus d'intérêt à ces études, je vais insister davantage sur les détails qu'il est possible de remarquer. La manière dont se comportent les plus gros troncs des veines hépatiques a été parfaitement bien observée par les anatomistes. On sait qu'en vertu de la direction de ces vaisseaux, ils croisent sous un angle variable le trajet que suivent les ramifications de la veine porte. On a reconnu depuis longtemps que ces veines effé- rentes étaient privées de l'enveloppe celluleuse particulière aux vaisseaux sanguins afférenis et aux vaisseaux biliaires. C'est un fait égalenient acquis à la science que le rapport des veinules hé- patiques avec la base des lobules appendus pour ainsi dire à cha- cune d'elles. Je passerai donc rapidement sur ces objets La terminaison , ou mieux l'origine des ramuscules les plus déliés de la veine hépali(|ue dans chaque lobule mérite plus d'at- tention . car elle n'a pas été appréciée delà même manière par tous les anatomistes. M. Kiernan, et depuis MM. Lambron , Diijardin el Verger ont successivemeni ronstalé que les pre- CHEZ l.liS ANIMAUX VIÎIITIÎIÎIlliS. If)." niières radiculos des veines liépaliques naissent au centre des lobules. Le premier de ces observateurs admet que ces veinules communiquent avec le plexus veineux qui termine la veine porte. Les autres ont cru voir les origines de ces veines, soit dans des espaces iiitercelluleux (Lambron), soit dans des interstices ou lacimes irrégulières (Dujardin et Verger), intermédiaires entre les vaisseaux sanguins afférents et les veines efférentes. M. Cru- veilliier (1) contredit ces assertions en affirmant l'existence de détails d'une tout autre nature. Il pense que les premiers ra- muscules des veines hépatifjues forment un cercle vasculaire au- tour de chaque lobule. Les résultats auxquels j'ai été conduit sont entièrement con- lirmatifs de ceux qui ont été annoncés pour la première fois par M. Kiernan. C'est en effet au centre du lobule que l'on distingue dans tous les Mammifères les radicules initiales des veines hépa- tiques. Les variations de cette disposition générale ne dépendent que du nombre des radicules originaires. On ne distingue le plus sou- vent qu'un seul de ces rameaux primordiaux; cependant ils sont multiples dans plusieurs espèces. C'est principalement dans les animaux rongeurs et carnassiers que l'on découvre cette radicule unique des veinules efférentes ; elle est située au centre même des lobules, elle occupe l'axe de ces parties, c'est autour d'elle que sont étendus les canaux san- guins, c'est vers elle qu'ils convergent de toutes parts. Dans d'autres familles appartenant à l'ordre des Ruminants, ces ramuscules initiaux des veines hépatiques occupent aussi les régions centrales des lobules. Ils sont placés au milieu même de l'espace occupé par les canaux sanguins ; mais le nombre en est souvent triple . quelquefois (|uadruple , comme on le voit dans le I Mouton, par exemple (PI. 15, fig. 1). Le foie du Cheval offre une disposition analogue , mais non plus la même. Chacjuu lobule renferme plusieurs ramuscules ini- tiaux des veines hép;ili(|ucs ; mais cfs veinules, au lieu de con- (I) l'.nneilhicr, Aiinl ili-snipl . \i<\ III |p 3n.'> p( siiiv. Pari», ISi-H 154 !\-. CiL^ILLOT. — STRUCTURK DU l'OIK verger les unes vers les autres de manière à se réunir en un axe commun, comme chez le Mouton, restent isolées les unes des au- tres. Elles marchent pour ainsi dire parallèlement ; mais néan- moins les canaux sanguins sont étendus autour d'elles comme partout ailleurs. Dans le Porc, c'est de même dans le centre des lobules que se trouvent placées les radicules des veines hépatiques. Elles n'appa- raissent cependant pas à la première inspection , parce qu'une épaisseur notable de canaux sanguins et d'îlots de particules hé- patiques recouvre l'extrémité de la veinule centrale de chaque lobule (PI. lu, fig. 1). Pour voir ce rameau veineux situé au centre des lobules du l'oie du Porc, il est nécessaire d'étudier des organes dont les vais- seaux sanguins ont été imparfaitement colorés par des injections insuffisantes, ou bien il faut examiner des préparations rendues transparentes par l'essence de térébenthine. De pareilles recherches se font avec plus de facilité sur les lo- bules sous-péritonéaux que partout ailleurs , en en retranchant une épaisseur très légère. La veinule centrale apparaît alors , et l'on apprécie mieux les rapports qui l'unissent aux canaux san- guins dirigés tous vers elle, depuis la base jusqu'au sommet du lobule. L'axe des lobules du foie de l'Homme est également traversé par les radicules des veines hépatiques. Ici le nombre de ces vei- nules m'a toujours paru plus irrégulier que partout ailleurs; il m'a semblé ([ue les diverses parties du foie ne présentaient pas absolument les mêmes détails. Dans les lobules les moins volumineux , tels que ceux dont est composé le lobe de Spigel , il n'y a souvent qu'un seul ramuscule veineux apparent au centre ; on voit , au contraire , plusieurs de ces veinules au milieu des lobules les plus larges des deux surfaces convexe et concave de l'organe. Malgré ces variations, les remar- ques de M. Kiernan n'en subsistent pas moins avec toute leur exactitude. Qu'importe, en effet, r(u'il n'y ait dans l'axe du lo- bule qu'une seule veinule cfférentc, ou (jue l'on en découvre plu- sieurs séparées par une faible distance les unes des autres, éten- r.riiiz i.KS .AMM,\ii\ vi;nTiiBitiis. lo5 dues duiis une direction parallèle ou non, pourvu que la disposi- tion générale qui leur est propre soit constamment la même? Ouoique le diamètre de ces veinules eiférentes soit assez con- sidérable pour équivaloir souvent à la quinzième partie du milli- mètre , il est déjà, presque impossible de découvrir la paroi mem- braneuse qui les environne. Nui doute cependant que l'existence d'un tube membraneux ne soit appréciable au niveau de l'endroit où la veinule sort du lobule ; mais dans l'intérieur de cetle partie il en est tout autrement. J'ai coupé maintes fois des tranches fort minces de foie du l.apin, du Mouton , du Chien, du Porc, de l'Homme, je les ai soumises à de minutieuses investigations regardant la circonfé- rence de l'orifice du vaisseau, l'éclairant de plusieurs manières, soumettant les parties à l'action de l'alcool ou des acides, et con- servant toujours les mêmes doutes h l'égard de la présence d'un tube membraneux. En admettant toutefois que ces veinules hépatiques n'olfrent pas des traces parfaitement visibles de parois membraneuses, il n'en serait pas moins possible , en raison des caractères opposés qu'elles possèdent à la base des lobules, de les séparer de l'en- semble des canaux sanguins. Si, revenant sur cet ensemble de conduits destinés au passage du sang , on compare les uns aux autres , il sera plus facile d'en apprécier les caractères. Les divisions et les sous-divisions des vaisseaux sanguins affé- rents ou efférents, environnés par un cytindj'e membraneux, sont loin d'être régulières. Les petites branches ainsi que les rameaux nés du même tronc s'éloignent les uns des autres en formant des angles dont l'inégalité est constante. Le diamètre des veinules ou des artérioles les plus voisines est généralement variable. Les canaux auxquels ces vaisseaux aboutissent sont au con- traire formés de divisions remarquables par la régularité qu'elles affectent dans toutes les pailics de la glande. Les diamètres de i.'liacun d'eux sont uniformément égaux ; les angles que sous-ten- dent les anastomoses sont semblables entre eux ; les espaces éten- dus filtre chacune de ces anastomoses, espaces occupés par les 15fi \. eilLI.OT. — STKUCTUliE DU FOIK ilôts de particules, ollrenl toujours les mêmes dimensions (PI. \'2, lig. 1 et 2 ; PI. ii, fig. 1, 3 et 5 ; PI. U, lig. 1 et 3 ; PI. 15, lig. 1 et 3). Si donc le caractère des vaisseaux sanguins du t'oie est dû à l'existence des parois membraneuses dont ils sont doués , à l'irré- gularité des branches et des rameaux qui en naissent, des détails d'une nature opposée sont propres aux canaux dans lesquels ils versent ou puisent le sang. Ce n'est qu'en vertu de certaines maladies ou bien de la vieil- lesse que ces canaux sanguins se modifient sensiblement ou bien même disparaissent dans une étendue plus ou moins considérable du foie. Plusieurs lobules peuvent offrir sur l'Homme des traces de ces altérations qui n'ont point encore été l'objet des études des anato- mistes. Des accumulations de sang ou de pus peuvent en faire dis- paraître toutes les traces ; des agglomérations de produits anor- maux , désignés sous les noms vagues de cancer, sont également capables d'occuper la place des îlots formés par les particules du foie , et ne plus laisser autour d'elles la moindre apparence de l'organisation propre à la glande saine. Dans la vieillesse, chez l'homme octogénaire, il est commun de voir des organes racornis et flétris, dont quelques parties sont gaufrées et blanchâtres. Les surfaces du foie ainsi modifiées ne sont plus perméables aux li- ((uides que l'on injecte dans les vaisseaux sanguins. Je ne pourrais rappeler ici mes observations sur ce sujet inté- ressant sans m'écarter des limites que je me suis imposées ; mais je crois pouvoir assurer qu'elles sont de nature à faire comprendre le caractère de plusieurs désordres au sujet desquels nos con- naissances ne sont pas encore très avancées. , chapitre: VI. niis noMiurrs rixcRÉriii'RS m fou;. ■le ne pense pas qu'il y ait une étude plus dillicilu ([uc celle ([ur a pour objet la connaissance des conduits biliaires. .le ne parle pHs des conduits les plus volumineux : En considérant reiisemble de tous res réseaux unirormément distribués autour de chacun des lobules , on se rendra lacilement compte des nombreux moyens de communication à l'aide des- quels il est permis à la bile de s'écouler dans les plus gros vais- seaux excréteurs. Ce liquide peut se diriger vers les parties les plus profondes , et parvenir ainsi dans les troncs des vaisseaux biliaires qui parcourent l'inférieur du foie : ce sont là les routes les plus faciles, puisqu'elles sont les plus larges. Les communications des plexus biliaires qui circonscrivent les lobules, avec les con- duits excréteurs dont le trajet est parallèle à celui des artères snus-péritonéales donnent une autre issue aux liquides sécrétés. C-HAPITUI': VII. DK I.A TERMINAISON DKS CO.NDIIIS EXCIlÉTlil ILS D[ KOIE. Si j'ai cherché à faire connaître dans le chapitre précédent l'arrangement des vaisseaux biliaires , depuis le moment où l'en- veloppe membraneuse qui les entoure peut être nettement distin- guée , jusqu'aux endroits où ils constituent des troncs considéra- bles , c'est afin de faire comprendre avec plus de facilité les dé- tails que présente l'organisation au-delà du terme de ces parois membraneuses. Après avoir suivi les ramifications de la veine porte et de l'ar- tère , les avoir entourées d'anses nombreuses , après s'être unies mille fois par des anastomoses de plus en plus fines , les vaisseaux biliaires sont remplacés ou mieux continués par un ordre de ca- naux, dont on reconnaît les traces au milieu de la masse des par- ticules du foie. C'est jusqu'au milieu des îlots entourés par les anastomoses des canaux sanguins que l'on découvre cet ensemble de canaux bi- liaires : on peut les suivre jusqu'à cet endroit non seulement dans les Poissons . les Reptiles et les Oiseaux , mais encore dans les animaux mammifères et sur le foie de l'Homme. On ne peut les distinguer sans les avoir mis en évidence à l'aide 1()^1 :«. UIII.I.OT. — STKLIC.TIÎRH nli FOIK d'iiiie injecticiii préalable. Sans cette précaution indispensable, les tranclies les plus minces du l'oie d'un Poisson, d'un Oiseau ou d'un animal mammifère, ne laisseraient soupçonner l'existence d'aucune espèce de canal régulier. Les particules du foie seraient alors immédiatement appliquées les unes sur les autres. Il serait dangereux de se borner à l'examen de préparations desséchées ; avec elles , on pourrait , sans aucun doute , se faire une idée du nombre et de la disposition de ces canaux ; mais il se- rait impossible de s'en représenter la structure ainsi que les rap- ports. Lorsqu'on regarde des fragments de foie desséchés , au milieu desquels l'affaissement des particules organiques a été suivi de grands changements dans la constitution du tissu , les canaux biliaires semblent encore entourer la circonférence des canaux .sanguins , même dans les lobules des Mammifères. Sur des pré- parations humides encore, au contraire, l'inspection des parties fraîches démontre que les canaux excréteurs les plus déliés sont séparés des canaux .sanguins par une épaisseur plus ou moins grande, remplie par des particules organiques. Dans le premier cas. il serait possible de supposer des parois à ces canaux ; dans le second , l'analyse prouve (|ue cette suppo- sition est inadmissible. J'ai multiplié pendant fort longtemps mes recherches à l'oc- casion de ces canaux , afin de m'assurer de l'absence d'une paroi membraneuse autour d'eux, d'une part, en plaçant sous le mi- croscope des fragments d'organes non injectés ; de l'autre , en comparant à ces objets des parties pénétrées d'une liqueur colo- rée. Jamais je n'ai rien pu voir qui m'autori-sàt à émettre une opinion différente de celle que j'adopte. Ce qui limite ces canaux , ce sont les particules décrites précé- demment ; elles seules, au milieu des îlots, séparent les canaux excréteurs des conduits destinés à la circulation du sang (PI. 12, lig. I: PI. 13. fig. I. Set 5: PI. |/|. fig. 1 et .S: PI. 15, llg. 3 . Malgré cette absence de parois menibraneuses, ces canaux bi- CllIiZ I.KS *Nni\L\ \ liKIÉBRÉS. 1 G.1 liaires ne soiil puiiil des lacunes irrégulièrement creusées dans la matière ; ils se présentent , au contraire , à l'observation avec tous les caractères qui distinguent des conduits régulièrement tracés el uniformément distribués. Soit qu'on les examine dans les Reptiles, dans les Oiseaux ou dans le lobule des animaux mammifères, cette régularité des anastomoses , par lesquelles ils communiquent les uns avec les autres, est un caractère que l'on rencontre constamment. Il en résulte que partout les îlots de particules , séparés par les ca- naux sanguins, offrent aussi des divisions plus petites , entourées elles-mêmes et isolées les unes des autres par les canaiicules biliaires. Je répéterai, à l'occasion de ces canaiicules, ce que j'ai déjà dit au sujet des canaux sanguins. Dès que les parois membra- neuses des vaisseaux ont disparu , que les liquides circulent dans des canaux dirigés au travers des particules de la glande , ils ne traversent plus alors que des conduits dont le calibre ne varie pas , dont la dichotoinisalion est régulière , dont les anastomoses restent constamment uniformes. La disposition générale de ces canaux paraît être la même, du moins très peu différente , au milieu du foie des Poissons , des Reptiles et des Oiseaux. On peut considérer d'un même coup d'œil celte partie de l'organisation de ces animaux. Chez les uns et chez les autres , on ne découvre dans le l'oie que trois sortes de choses, des particules telles que celles dont je reproduis la ligure , des vaisseaux sanguins terminés dans un ordre particulier de canaux, et des vaisseaux biliaires aboutissant à un système régulier de canaux inscrits entre les particules ma- térielles. Chez les Mammifères , les canaux biliaires multipliés dans chaque amas lobulaire sont tous étendus au travers des îlots for- més par les particules matérielles du foie. En s'anastomosant les uns avec les autres , non seulement ils divisent ces îlots , mais ils passent des uns dans les autres en traversant les points par les- quels ces Ilots se trouvent, ainsi que je l'ai dit. 16() 1%. HUILI.OT. SIKtCTLUE DV FOIli Les anasiomoses sont généralement régulières, de sorte que l'on peut les reproduire par le dessin. Elles constituent dans les lobules un ensemble entièrement distinct de l'appareil des canaux destinés à la circulation du sang (PI. lu, fig. 3). V.es canaux , anastomosés dans toute l'étendue occupée par les lobules , peuvent être distingués dans les Mammifères et sur le loie de l'Homme , d'abord par l'examen de la superficie sous-pé- ritonéale des lobules , puis à l'aide de sections réitérées dans des profondeurs plus grandes de l'organe. Dans le premier cas, on ne les voit que fort imparfaitement , parce que cette surface sous-péritonéale est elle- même tapissée par le réseau de l'artère , de la veine porte et des vaisseaux bi- liaires proprementdits ; l'aspect sous lequel ils se présentent alors, lorsqu'on les regarde avec des verres d'une faible puissance , est celui de flocons épais , au milieu desquels rampent les branches de l'artère et de la veine porte. 11 ne faut pas une grande atten- tion pour apprécier la manière dont les vaisseaux biliaires se per- dent dans l'épaisseur de ces flocons (PI. ili, lig. 1; l'I- 15, lig. 3). ■ , ^ Lorsqu'on analyse ces parties avec des lentilles d'une puis- sance capable de grossir les objets de 200 diamètres , ces flo- cons confus prennent alors les caractères que j'ai décrits, et ils apparaissent comme un ensemble de canaux , entre lesquels les particules sont régulièrement placées. (PI. 13, fig. 5; PI. ili, fig. 3). L'inspection de la superficie des lobules démontre donc déjà fort bien la communication des conduits biliaires privés de parois , avec ceux autour desquels les parois membraneuses sont appréciables. Pour reconnaître la disposition de ces canaux dans l'épaisseur même du lobule , après les avoir remplis d'une liqueur colorée . il n'y a pas d'autre procédé k mettre en usage que de pratiquer des sections très minces de la glande , de les multiplier dans tous les sens , et de placer ces parties au-dessous du microscope. Les canaux biliaires apparaissent alors très distinctement pnLrc les canaux sanguins, par conséquent au milieu des amas cm;/; les ammaix vkhtébbés. 107 de particules que j'ai désignés sous le nom d'îlots. Ils sont tous creusés régulièrement dans la matière ; ils occupent toute l'é- tendue des lobules. 1. ensemble qu'ils forment est enveloppe de tous côtés par le réseau des vaisseaux biliaires , avec lesquels ils sont anastomosés dans tous les points de la circonférence des lobules. L'analyse de ces canaux biliaires, origine première des vais- seaux excréteurs, me semble donc conduire à des résultats qui n'ont pas encore été indiqués. Il y a loin de cette multiplicité de canaux semés dans toute l'étendue de l'organe aux détails indi- qués par Glisson , Malpighi , Ruysch, Kiernan, Dujardin, etc. Il ne serait pas possible de terminer cette appréciation des conduits biliaires sans dire un mot des communications qui pa- raissent les unir aux vaisseaux lymphatiques. Cette particularité a été depuis fort longtemps l'objet des remarques des ar.ato- mistes ; cependant , on n'a peut-être pas assez cherché à connaître la manière dont s'établissent les communications de ces deux or- dres de vaisseaux. Les vaisseaux lymphatiques de la profondeur du foie ne peu- vent être aperçus que lorsqu'ils sortent par le sillon de la veine porte ; ils sont volumineux , ils offrent dans le Porc, le Chien , dans le Cheval et dans l'Homme le diamètre d'une plume de Corbeau. On peut les suivre tout le long de cette veine, jusqu'à ce qu'ils se mêlent aux vaisseaux lymphatiques de la rate et du mésentère. Il est impossible de savoir comment ils naissent dans l'intérieur de l'organe. Il est au contraire possible d'apprécier la manière dont les vaisseaux lymphatiques se séparent des conduits excréteurs su- perficiels, appartenant aux lobules sous-péritonéaux. Dans tous les animaux vertébrés . ils sont fort multi|)iiés à la surface de l'organe. Lorsque l'on considère les troncs les plus volumineux dans lesquels ils se réunissent , et la manière dont ils (|uittent le foie pour aller se répandre dans l'épaisseur des replis périlonéaux ou sur le diaphragme , on les distingue avec la plus grande facilité d'avec les conduits excréteurs. Il n'en est pas de IG8 X. «lill.LOr. — STKUCTUliE DU KOlli même lorsque l'on suit pas à pas les branches, les laiiieaux et les ramuscules de ces vaisseaux, à mesure que leur volume décroîi. Les plus déliés d'entre eux ne peuvent plus être distingués des vaisseaux biliaires , aucun caractère ne les en éloigne, l-es uns et les autres paraissent en tout semblables au moment où ils naissent, et leurs anastomoses se multiplient tellement autour de chaque lobule qu'on ne saurait apprécier autre chose que la con- tusion qui les réunit. liOrsqu'on a poussé une injection colorée dans l'intérieur des conduits biliaires, elle remplit aussitôt les vaisseaux lymphatiques et les rend apparents. Ce n'est donc pas par la structure ou l'origine que les vaisseaux lymphatiques se séparent des conduits de la bile , c'est seulement à cause de la direction qui leur est propre. Tant qu'ils sont répandus à la surface des lobules, confondus avec les canaux biliaires injectés en même temps qu'eux , colorés de même , rien ne leur donne un caractère particulier. On ne les reconnaît que plus loin, lorsque volumineux déjà , et pourvus de nodosités à mesure que leurs trônes grossissent, ils se rapprochent de l'extérieur de l'organe pour en abandonner les limites et former un système s|:)écial. Les vaisseaux lymphatiques du foie forment une dépendance bien importante de cet organe , puisque dès leur origine ils se comportent exactement comme les conduits excréteurs. Il y a donc un double usage dans l'action du foie, puisqu'une partie des liquides sécrétés prend son cours par les conduits biliaires , destinée à être introduite dans l'intestin , et que l'autre est en- Irainée par les vaisseaux lymphatiques jusque dans les voies ordi- naires de la circulation. il ne me reste plus qu'à résumer d'une manière concise tous les détails que je viens d'énumérer, afin que l'on puisse mieux saisir les différences qui les séparent de ceux que l'on connaît. Les caractères généraux de l'organisation du foie des animaux peuvent être exprimés par les propositions suivantes. r Le l'oie des animaux vertébrés est toujours composé de la ClIKZ l.i:s ANIMAI \ VKHTÉBKlis. 1 (i<.) même manière dans toutes les espèces. Les diirérences que l'on observe résultent en majeure partie des variations de la l'orme extérieure, de l'absence ou de la présence des lobules. "2" L'organe de la sécrétion biliaire est toujours composé d'une substance particulière dont les apparences sont constamment les mêmes. Cette matière est constituée par des particules à peu près ovoidales, généralement régulières, placées les unes auprès des autres. .'V C'est au travers de cet amas de particules enfermées dans un repli plus nu moins vaste du péritoine que circulent le sang, la bile et la lymphe. !l° La circulation du sang est opérée d'abord par des vais- seaux sanguins afférents et efférenis, pourvus de parois membra- neuses , anastomosés les uns avec les autres par le moyen de canaux sanguins. 5° Ces derniers conduits sont dépourvus de parois membra- neuses et tracés régulièrement dans l'épaisseur de la matière. 6" Il en résulte que le sang apporté par la veine porte et par l'artère hépatique ne parvient aux veines hépatiques qu'après avoir traversé ce système de canaux intermédiaires. 7° La circulation de la bile est opérée premièrement dans des vaisseaux biliaires enveloppés de parois membraneuses appré- ciables. Secondement dans un ordre particulier de canaux multi- pliés dans toute l'épaisseur de l'organe. 8° En faisant abstraction des vaisseaux sanguins et biliaires munis d'une paroi membraneuse , il ne reste plus à considérer dans la glande que les canaux distribués dans toute l'épaisseur de l'organe, et les rapports à l'aide desquels ils touchent à la matière dont ils sont entourés. 9° Les canaux sanguins isolent la matière du foie en une mul- tilude de petites divisions que j'ai décrites sous le nom d'îlots. 10° Chaque îlot est en grande partie limité dans tous les sens par un canal régulier destiné à la circulation du sang , et les pa- rois de ce canal ne sont formées que par la matière même au milieu de laiiuelle il est tracé. I 170 ;\. «l'IlXOT. — STRlICTliUE DU FOIE H° Tous ces canaux sanguins sont étendus depuis la (in des vaisseaux afférents jusqu'aux radicules initiales des vaisseaux sanguins efférents. i"!" Les canaux biliaires précèdent les vaisseaux excréteurs proprement dits ; ils sont creusés dans l'épaisseur formée par la matière du foie, et n'ont d'autres parois que cette matière elle- même , tandis que les vaisseaux excréteurs sont enveloppés par une membrane celluleuse. 1 3° Les canaux biliaires paraissent être l'origine commune des conduits excréteurs et des vaisseaux lymphatiques du foie ; on fait pénétrer une liqueur des uns jusque dans les autres avec la plus grande facilité. S'il était permis de tirer de cet arrangement quelques déduc- tions capables d'expliquer le mécanisme de la sécrétion, on pour- rait supposer que , puisque la production des matières rejetées au dehors ne paraît point due à l'action d'une surface membra- neuse, il est possible que la bile résulte du seul fait d'une désa- grégation incessante des particules du foie , dont la nature semble n'être ni liquide ni solide, et qui paraît offrir partout des carac- tères intermédiaires entre ces deux états opposés. J.\l»MCATIO\ DKS FIGllKKh l'I.A^CME l'i. Kig. 1 . Portion du fuie injectée de la Raie, grossie de 120 diamètres —a a,a.a. veine porte ; b,b.b,b, veine hépatique ; c,c,c.c. conduits biliaires ; d,d,d,d, Ilots formés par la substance du foie. Kig. 2 Portion du foie injectée de la Tortue terrestre, grossie de 120 diamètres. — a, (1,11,(1, veinules portales ; 6.6./;, veinules hépatiques; c.c.c.c, canaux bi- liaires. Kig. 3. Particules du foie de la Baie; grossissement, 500 diamètres — i/.t/, par- ticules sans noyaux ; n,n, particules pourvues d un noyau. l'L.WCUE lo. Kig I. Portion injecléo du fiiio di' la firciioiiille; grossissement, 120 diamètres. CIIKZ IICSAMHAIX vi: Il I lililllis. 171 — ii.i/,u,u, veinules porlales: b.b.b, veinules lié|)aliques; ce. ce, conduits bi- liaires; d.d d, ilôts formés par la substance du fuie Fig. i. Particules du foie de la Grenouille; grossissement, 500 diamètres — n,n,H, particules nucléolées; y, y, particules sans nucléi, Kig. 3 Portion injectée du foie du Coq; grossissement, 120 diamètres — DKS Ol'ISrilOBRANCIIICS. 17;^ types exlrèineiiieiit voisins, i)lacés dans des divisions tout k l'ail séparées. Mais, dans ces dernières années, M. Milne l'',d\\ards ayant réuni des faits nombreux sur les premières pliases du développe- ment des Gastéropodes , ayant réuni aussi des observations con- sidérables sur le mode de circulation , chez les divers types de cette classe , put apprécier plus rigoureusement leurs affinités naturelles. Ce qui mérite d'être remarqué dans l'arrangement proposé par M. M il ne Edwards, si on le compare à celui de Cu- vier , c'est la nature des modifications. Les groupes établis par Cuvier sont restés. Seulement M. Milne Edwards a été conduit à en réunir plusieurs et à donner par cela même à quelques unes de ces divisions un rang inférieur. Cuvier, comme on le sait, ad- mettait la séparation des Mollusques Gastéropodes en neuf ordres. ■1° les Pulmonés, "2° les Nudibranches, ô° les Inférobranches , 4° les Teclibranches, 5" les Hélérojjodes, C)" \es Pectinibranches . 7° les Tubulibranclies, 8° \ps Sculibranrlies . et 9° les Cyclobran- ches. M. Milne Edwards (t) conserve les ordres des Pulmonés et des Hétéropodes sans modifications. Sous le nom d'OiMSTUoiuiAN- CHES, il réunit dans un même ordre les Nudibranclies, les Infé- robranches et les Tectibranches. Sous le nom de Pkosobrainches. il réunit également dans un même ordre les quatre dernières divisions adoptées par Cuvier. J. 'arrangement établi par ce der- nier se trouve ainsi simplifié; et comme l'étude profonde de l'or- ganisation tend à le montrer de plus en plus, cette simplification donne une idée infiniment plus exacte de la valeur des rapports naturels. Tout récemment, M. Siehold a publié dans son Manuel il'Jna- tomie comparée Ci i une classification des Mollusques Gastéropodes. Assurément nous ne discuterons ni la nature, ni l'arrangement (I) Hnllelin ilr lit Siicirir philnmnliqiie . ISifi. p 116, — L'iiistilul, 1846 , ("2) tj-lirhiicli lier l'eryli'irlii-iideH Aiiiitnmie , Ersl. Th, Zweiles. HefI S. 297 17^1 vova(;k K^ sicii.i;. des groupes admis par le savant zoologiste allemand. Dans sa classification, les Nudibranches, les Cyclobranches, les Scuti- branches et les Tectibranclies, forment un seul ordre sous le nom ôiHelerobranchia. Sous le nom û'Apnemta se trouve adopté l'ordre des Phlébentérés de M. de Quatrefages. Ainsi , selon M. Siebold , les Patelles et les Haliothildcs seraient des inter- médiaires entre les Doris et les Aplysies. Les Eolidiens forme- raient un type tout à fait à part. M. de Quatrefages (1) a cru devoir abandonner son ordre des Phlébentérés. Aujourd'hui il considère l'ensemble des représentants de cette division comme une famille particulière devant être placée près des types dont la plupart des malacologistes ont rapproché les Eolfdes. Cette dernière opinion , nous l'adoptons sans réserve ; nous la croyons fondée. Les faits exposés dans ce ti'avail ne poiuront, à cet égard , laisser guère de doute aux zoologistes. Dans ce premier mémoire sur les Mollusques gastéropodes , mon but principal est d'exposer l'ensemble des modifications or- ganiques, chez les divers types réunis par M. Milne Edwards, sons le nom d'Opisthobranches. Les différences assez considéra- bles qui existent dans l'organisation des représentants de cette division malacologique, m'ont paru devoir fournir des faits dont la connaissance exacte a une innnense importance pour la zoolo- gie. Tous les appareils organiques se modifient infiniment plus ici que dans les autres ordres de la même classe , et néanmoins . je le répète , les Opisthobranches con.stituent un ensemble très naturel. M. Milne Edwards les distingue des autres Gastéropodes par l'embryon et par plusieurs caractères organiques. « L'embryon , >. ou larve, dit-il , est pourvu de nageoires céphaliques et la ré- ). gion abdominale de son corps est frappée d'un ari'êt de déve- " loppement. (;hez l'adulte les vaisseaux de la petite circulation >) .sont fascicules , la respiration s'effectue à l'aide de branchies (I) Annnicx des Srimces nnlmvlli's. y série, t. IV, p. !)i (Noie mir le PhléUen- IMutm; p. s:)). — 1845 *:. Bi,«%cii,tKi». - 0II(;A^1SA■|■I0^ dus onsiiiOBitAKCiiiis. 170 > aiiîorfipccntps ou lilarncnteiiscs; \o sang arrive au co-ur on se >. dirigeant d'arrii'TC on avant ; la région corvirale est nne , le > manteau est costal , l'appareil rcprodueleur est hermaphrodite ; i: enfin, la coquille est rudimentaire ou nulle. - J'ajouterai que le système nerveux ac((uiert , dans les Opistho- branches, un degré de centralisation bien supérieur à celui des autres Gastéropodes (1). Quelques considérations embryogéni- ques portaient M. Milne Kvvards à regarder ce type comme occu- pant le premier rang parmi les autres types de la même classe. (I) Voici les caractères des autres ordres de Gastéropodes, tels qu'ils sont présentés par M- Milne Edwards : « Dans les Pulmnnés , l'embryon a la tête nue , et chez l'animal parfait les vaisseaux de la petite circulation sont disposés en réseau ; le pied est simple, et il y a hermaphrodisme. » Dans l'ordre des Prosobranches, la larve est semblable à celle des Opislho- branches; mais la portion abdominale du corps se développe proportionnellement a la porlion céphalique. Chez l'adulte , la respiration est éiralement branchiale : mais les branchies sont composées de lamellt^s simples et parallèles , insérées le long d'une tige vasculaire , et le sang qui a traversé ces organes se dirige en avant et forme au-dessus de la région cervicale une chambre voûtée que traver- sent les vaisseaux branchio- cardiaques; le pied est simple, l'abdomen très grand, ei la coquille est assez vaste pour loger le corps tout entier. Enlin les sexes sont séparés (Pectinibranches, Haliothildes, Patelles, etc.). 1' Dans l'ordre des Hétéropodes, le développement embryonnaire n'a pas en- ecre été observé, mais suivant toute probabilité, la larve doit être munie de lames céplialiques. et le pied, en se développant, devient complexe. La structure des organes de la circulation et de la respiration rapproche ces Mollusques des Opislhobranches ; il en est de même pour la disposition du manteau, de labdomen et de la coquille; mais les sexes sont séparés, et ces animaux sont nageurs, tan- dis que tous les précédents sont marcheurs. .i Les Oscabrinns ne sont pas compris dans cette classification, car la disposi- tion de l'appareil de la circulation, de même que celle des organes génitaux , ne permet pas de les confondre avec les Gastéropodes proprement dits; mais, jus- qu'à ce quon en ait observé le mode de développement, il serait difficile de dé-, cider s'il convient de les laisser parmi les Mollusques ou de les ranger dans l'em- branchement des animaux annelés. » I Hiilk'lin de la Sociélii pliilmiiriUque, 184B, p, 116, et L'himitul ISIK, p. ifl.ï.) ■1713 \()vu;k i;\ sicii.i:. L'observatiiin du s\,st(''iii(' nerveux cniidiiil eMicteiiienl nu même résultat. I^es mers d'Kurope en général, et surtniil la Méditerranée, olfrent une grande richesse de Gastéropodes Opislhobranches; j'ai pu, pour un grand nombre, m'attachera suivre d'espèce à es- pèce, et de genre à genre , les modifications de chacun des appa- reils organiques. Parmi les divers représentants de cet ordre de l'embranchement des Mollusques, quelques uns ont été déjà étudiés par Cuvier, et depuis par M. Délie Chiaje. D'autres l'ont été sous le rapport de leur circulation par M. Milne Edwards. D'autres l'ont été d'abord par M. de Quatrel'ages,el ensuite par M. Souleyet en France, par MM. Nordmann et Kœlliker en Allemagne, par MM. Allman, F-inbleton, Aider et Hancock en Angleterre. Mais j'ai été à même d'examiner des types qui ne l'avaient pas encoie été ou qui l'avaient été fort peu , et , à l'égard de certaines espèces déjà observées, j'aurai certainement plusieurs faits nou- veaux à enregistrer. Sous ce rapport, je puis citer plus particu- lièrement , les Bullées , les Gastéropterons . les Thetys , les Doris , etc. L'attention des zoologistes a été appelée par M. de Quatrefages sur un des types les plus intéressants au point de vue de l'orga- nisme et par suite des allinités naturelles. Ce zoologiste a apporté le premier des observations détaillées sur l'anatomie des Eoli- diens. D'autres observations ont été opposées aux siennes. S'il y a ou beaucoup de faits mis en. lumière par ces recherches diver- ses, si des opinions différentes ont surgi et ont pu laisser du doute relativement ,"i certains faits, de nouvelles études n'étaient pas inutiles. L'observation des autres types du même ordre devait surtout conduire à mieux saisir la nature de certaines modifications orga- niques. En outre, des investigations anatomiques plus minutieu- ses , devaient achever de mettre la réalité en évidence. Toute- fois, M. de Quatrefages possédant aujourd'hui , à ma connaissance, des observations très nombreuses sur les Rolidiens, je n'ai étudié É. BLâxcHAUn. — oiir,\Ms\rio> nES oimsihobranches. 177 ces Mollusques que pour avoir un terme de comparaison bien précis avec les autres types du même ordre. Pendant un séjour de plusieurs mois sur les côtes de la Médi- terranée, poursuivant d'autres recherches sur le système nerveux des Mollusques en général, j'ai été peu à peu conduit à observer dans beaucoup, tout l'ensemble de l'organisation. C'est ainsi que j'ai étudié successivement la plupart des types connus d'Opistho- branches. Durant mon séjour sur les côtes de Sicile , j'avais déjà examiné avec détails le système nerveux des Aplysies. Depuis, j'ai conti- mié mes observations sur les autres genres du même ordre. Ayant suivi, au moyen de la dissection , les ganglions et jus- qu'aux moindres ramifications des nerfs; ayant suivi également de genre à genre les modifications de l'appareil circulatoire et de ses- dépendances ; Ayant examiné , au moyen de l'injection , les vaisseaux jusque dans les parties les plus profondes de l'économie, je ne crois pas m'iibuser en disant que j'ai pu déterminer les modifications d'or- ganisme de tous ces Mollusques d'une manière plus certaine qu'on ne l'avait fait auparavant (l). En ce qui concerne chaque appareil organique, je me suis at- taché constamment aux comparaisons les plus rigoureuses. Dès l'instant où il s'agissait de l'étude de ces Gastéropodes , plusieurs questions de première importance méritaient une atten- tion particulière. Relativement au système nerveux, une foule de faits intéres- sants m'ont paru devoir être recherchés d'une manière toute spé- fl) Aujourd'hui, en effet, on ne peut prétendre sérieusement mettre en évi- denc« les rapports d'un type quelconque du règne animal, si on ne l'a étudié dans toutes ses parties. Je ne puis m'empêcher de rappeler à ce sujet l'appréciation si juste d'un savant auquel les connaissances physiologiques et analomiques de même que le talent littéraire donnent une grande autorité : " I^e premier mérilp » de. M. Cuvier, dit-il, et c'est par ce mérite qu'il a donné, dès l'abord, une non- <■ velle vie aux sciences naturelles, est d'avoir .senti que la classification comme l'explication des faits ne pouvait sortir que de leur nature intime profondément » connue » Flourens, Éloge historique de G Cuvier Tuvier Histoire de ses Irn- i>i«x, 2" édit, p, i f 1815]) ^' série Znor. T IX . ( Mars I 8i8.) i <2 178 VOVAiiE KN SICII.K. ciale. Chez les animaux articulés, on s'est atlaclié à identifier entre les types les plus dissemblables chacune des portions de l'appareil de la sensibilité. Comparant l'origine des nerfs, et les points où ils se rendent , on a retrouvé les mêmes centres médul- laires tantôt séparés les uns des autres , tantôt plus ou moins con- l'ondus ensemble. En un mot , on est parvenu ainsi à reconnaître chez tous ces Annelés une analogie fondamentale complète dans leur système nerveux , et à suivre pas à pas tous les degrés de centralisation Les différences constatées à cet égard , entre les larves et les animaux adultes ont surtout beaucoup contribué à mettre la réalité en évidence. l'our les Mollusques on est beaucoup moins avancé. M. Serrés, il est vrai, a déjà insisté sur la ressembkmce fondamentale qui existe dans le système nerveux des divers représentants de ce type zoologique (1 ). Mais jusqu'ici personne ne s'est attaché à constater l'origine et le trajet de chaque nerf comme on l'a fait pour les Crustacés, les Arachnides et les Insectes; on chercherait en vain dans tous les travaux publiés jusqu'à ce jour, comment les gan- glions des Gastéropodes viennent à se rapprocher ou à se con- fondre. Chercherait-on à savoir d'une manière générale quelle est l'origine des nerfs branchiaux . des nerfs génitaux, etc., on ne trouveiait nulle part rien de précis en ce qui concerne l'ensemble des animaux de ce même type, (ie n'est pas à dire sans doute qu'aucune description détaillée du Système nerveux de certains Gastéropodes n'ait été donnée ; mais seulement que les observations approfondies faites sur le système nerveux de quelques Mollusques de cette classe sont iso- lées et nullement comparatives. En un mot, on n'avait point re- cherché jusqu'ici si tel ganglion et tel nerf bien constaté dans un type, ^e retrouvaient dans la même situation et dans les mêmes rapports chez les autres types qui en sont plus ou moins éloignés. Du reste, je n'ai en vérité pas besoin de le rappeler, Cuvier avait déjà fnit connaître aver beaucoup de soin le système ner- (1) Les Gastéropodes i\\ù ont lixé particulièrement t'aUenlion de ce célèbrr analomisle sont les Aplysies . les Biillées , les Trilonies, les. Doris. — Annlomu- compinrf du rern-iiu. t, 11. p. IC el 20 ( IS2G) i:. Bi.AK<'ii«Rn. — nmiAMsMKiN i)i:s oi'isTiKinri wciir s. I7U Veux (le plusieurs (JasIiTopodcs. parmi lesquels on doit remarquer parliculièremenl celui de l'Aplysie. D'autres aualornistes ont aussi introduit dans la scienee des observations importantes sur ce sujet, mais la plus capitale est évidemment celle de M. Wilne Kduards sur la Carinaire (1 ). Dans ce Mollusque, la position des divers centres nei veux et le trajet des nerfs ont été représentés avec une précision telle rpi'on trouve là im teriiie de comparaison des plus utiles. Cependant, d'après les meilleures observations anatomiques faites jusqu'à l'époque actuelle, il est dit ordinairement que tel Mollusque présente six ou huit ganglions autour de l'œsophage, tandis que tel autre, moins bien partagé, en [irésente seulement deux ou quatre. {^ett.e énorme différence apparente, comme beaucoup d'anato- mistes sans doute en sont persuadés, est simplement le résultat de la fusion plus ou moins complète de plusieurs des noyaux mé- dullaires. C'est une centralisation plus ou moins prononcée; ad- mettant même ce fait comme généralement reconnu , ce qui n'est pas, il n'en resterait pas moins à rechercher quels sont les gan- glions qui se confondent, et à indiquer les intermédiaires entre les deux extrêmes ; car ici les faits peuvent surtout être saisis à l'aide des inlermédiaii'es. Dans l'Insecte, on sait parfaitement que tels centres nerveux restent toujours isolés, que tels autres se confondent souvent. En un mot, on a suivi toutes les modifications par l'examen d'un grand nombre de types , comme aussi en étudiant l'animal aux divei s âges de sa vie. Pour les Mollusques Gastéropodes, au contraire, si l'on en ex- cepte les masses cérébroïdes, tous les ganglions qui se groupent plus particulièrement .sur les parties latérales de l'œsophage .sont demeurés indéterminés Pour arriver à les mieux connaître, il im- portait de choisir les types où ces centres médullaires sont les plus nombreux et les plus séparés : c'était le moyeu de déterminer ri- goureusement les principaux nerfs de chacini d'eux. Passant à d'autres types où la centralisation commence à se prononcer . il (Ij .innrilis dfs Scii-ncrs intlurrlli-s, 2' spric. I. Wlll, p, :i23, pi I I ISi2J. ISO voYACK ^;^ sic.ii.k. devf'iiait facile d'apprécier la modidcation . et ainsi de suite jus- qu'au type 011 la centralisation des noyaux médullaires est par- venue à son plus haut degré. Chez les animaux qui nous occupent ici , les centres nerveux principaux doivent être distingués en quatre groupes , 1° le cer- veau , ou plutôt les ganglions cérébroïdes ; "2° les ganglions du cou , ou les cervicaux ; 3° ceux de la portion ventrale, ou les ganglions pe'f/î'ew.T,' et 4° les ganglions branchw cardiaques, placés dans le voisinage du cœur et des branchies. L'existence d'un cerveau ou de deux ganglions cérébroïdes , plus ou moins écartés, est généralement admise. Entre l'écarte- ment considérable de ces centres nerveux, comme chez lesBullées, les Pleurobranches et la réunion à peu près complète comme chez les Aplysies , nous avons en efi'et des intermédiaires. Les (iastéroptérons en fournissent un exemple. Néanmoins, ce type est aussi l'un des plus remarquables sous le rapport de la séparation des centres médullaires. Il peut donc fournir un terme de compa- raison extrêmement utile. Là les ganglions cérébroïdes donnent leurs nerfs seulement à la portion céphalique antérieure. Mais de chaque côté nous distinguons trois autres ganglions distribuant leurs nerfs aux muscles des parties latérales et supérieure de la région céphalique. Nous pouvons les appeler les cérébroïdes ac- cessoires. Dans d'autres Opisthobranches, comme les Bullées , les Acères, etc., il existe seulement un ou deux de ces noyaux céré- broïdes accessoires. Il y a déjà eu fusion entre eux. Ailleurs on ne les retrouve plus ; les muscles des parties latérales et supé- l'ieures de la région céphalique semblent recevoir leiu's nerfs di- rectement des masses cérébroïdes. En effet, les cérébroïdes acces- soires se sont réunis à ces niasses médullaires. C'est le cas pour la plupart des représentants de l'ordre des Opisthobranches. Chez le plus grand nombre des Gastéropodes, on trouve, de chaque côté sur un plan un peu inférieur aux ganglions céré- broïdes, un centre nerveux d'un volume assez considérable. Ce sont les ganglions du cou ; nous les nommons les ganglions cer- vicaux. Ces centres médullaires fournis.sent l'un et l'autre un nerf d'un volume assez considérahle descendant parallèlement au tube digestif, (^hacini de ces nerfs est en rapport a\ec les ganglions I É. BLANCHARD. — OKGAiMSAllO.N DliS OPISTHOBKA>CHF.S. 181 plus OU moins volumineux situés dans le voisinage du cœur, des branchies et des organes de la génération. Ces nerfs, dont nous aurons souvent à préciser le trajet et les divisions, peuvent être distingués sous le nom de nerfs cervicaux-cardiaques, l.a même disposition s'observe très aisément chez tous les Gastéropodes à coquille; elle est non moins évidente cliez les Opisthobranches. Les deux ganglions cervicaux sont très volumineux chez les Apiy- sies; ils sont même un peu trilobés. Ceci nous indiquerait la réur nion de plusieurs noyaux médullaires; car dans les Gastéropté- rons. les trois noyaux sont séparés. Si l'on observe les Éolidiens, les Uoridiens, etc., on pourrait croire au premier abord que ces centres nerveux ont disparu; mais en suivant les nerfs, nous en retrouverons certainement la trace. Examinons-nous avec soin les ganglions cérébroïdes d'une Doris ; en arrière , nous voyons naître un nerf qui suit à peu près )e trajet de Taoï'te , pour venir s'anastomoser avec un ganglion placé en arrière du péricarde et en avant des branchies. On ne peut en douter d'aucune façon, les centres médullaires cervicaux, .si distincts, si volumineux même chez tant de Gastéropodes , et entre autres chez les Aplysiens,les Bulléens, etc. , sont venus à se confondre avec les ganglions cérébroides. Dans les Thétys, la centralisation est poussée encore à un plus haut degré : il n'existe plus qu'une seule masse. Enfin, les ganglions pédieux, comme Cuvier les a appelés, se trouvent former une seule masse , au milieu des muscles du pied, dans les Gastéropodes Prosobranches. Mais dans les Opis- thobranches, oii les muscles de la portion ventrale n'ont pas le même développement, les ganglions pédieux perdent de leur im- portance, ils s'écartent l'un de l'autre, et ils tendent à se rejeter sur les parties latérales. Dans les Aplysies , ces deux centres mé- dullaires sont très écartés l'un de l'autre, et placés exactement au-dessous des ganglions cervicaux. Dans les Gastéroptérons et tes Bullées, ils sont plus écartés encore. Chez les Éolidiens, ils se rapprochent davantage , et se montrent sur les côtés, un peu au-dessous des masses cérébroïdes ; ils sont même tout à fait accolés à rflles-ci dans les Doridiens. 182 \ov-i(;k k.\ sicii.e. (les gciiigliuiib pédieux , qu'ils constituent une seule masse inl'ti- rieure , ou qu'ils soient déjà écartés elsimplecrient réunis par une commissure , ou qu'ils soient tout à fait rejetés sur les parties la- térales , et même accolés aux centres cérébroïdes , Iburnissent toujours leurs nerfs aux inusclesde la portion ventralede l'animal. Il n'y a donc aucune incertitude possible à l'égard de l'identité t'undamentale de l'appareil de la sensibilité chez tous les Mol- lusques gastéropodes. Il a acquis ainsi son plus haut degré de centralisation chez les Éolidiens, les Doris, les Thétys (1). D'après toutes les analogies , il est à croire que , dans l'em- bryon ou la larve, les noyaux médullaires sont séparés. Si, parla suite, l'observation permet de suivre le développementdu système nerveux chez ces Mollusques, on trouvera sans doute la dispo- sition de cet appareil , dans l'embryon d'une Doris ou d'une Éolide , comparable à la disposition permanente chez les Gasté- roptérons, les Aplysies ou tel autre type. En un mot , il y a pour ainsi dire certitude que des faits semblables à ceux qui ont été observés dans les Insectes se rencontreront chez les Mollusques. Ce qui précède s'applique seulement aux portions importantes du système nerveux ; car, selon le développement de certaines parties musculeuses , des ganglions accessoires viendront à se montrer ou à disparaître. Dans les Tritons , les Fuseaux , etc. , des ganglions fort nombreux se rencontrent dans le siphon et dans certaines parties du manteau. Il en est de même dans le voile céphali(|ue des Thétys. Ailleurs, naturellement , où ces ex- pansions sont rudimenlaires ou nulles , les centres nerveux ac- cessoires ont disparu. Au point de vue zoologique . la dis|)osition ou les divers degrés décentralisation du système nerveux nous fourniront ici, comme ailleurs, des indications précieuses pour reconnaître les familles naturelles. Nous trouverons des caractères d'une importance réelle, et cependant toujours négligés jusqu'ici à l'égard des Gastéropodes. Parmi les faits concernant le système nerveux que (1) C'est, du reslc . siMilement a Id descnplion (Iplalllée du système nerveux dans cliaque type, el a l'aide des figures, qu'un pourra suivre avec dclail les faits indiqués ici simplement d une manière générale. I I Ê. BLANCHARD. — Ollli AMSATION DliS OPISI HOBRA^CHI•:s. 1 Sa j'ai observés chez un grand nombre de Mollusques de cette classe, il en est un assez général pour être mentionné tout d'abord ; il est relatif au système nerveux splanchnique. Cuvier et bien d'autres après lui ont constaté l'existence , et ont précisé la posi- tion des ganglions œsophagiens , dont tous les filets sont dévolus à l'appareil alimentaire. Mais j'ai reconnu, en outre, l'existence de deux ganglions angéiens infiniment plus petits que les autres, infiniment plus difficiles à voir, et cependant très distincts chez beaucoup de (lasléropodes. Ces ganglions angéiens , unis aux centres o^sophagéens par de grêles connectifs, se trouvent placés de chaque côté de l'aorte, à laciuelle ils donnent leurs filets. Ainsi, sous ce rapport, il y a une analogie complète avec ce que j'ai déjà signalé chez les Insectes, relativement à leur système nerveux viscéral. Néanmoins, dans chacune de ces deux grandes divisions zoologiques . il y a à cet égard une disposition anato- uiique particulière. Chez les Mollusques gastéropodes, le système nerveux splanchnique est toujours situé au-dessous de l'œsophage. Dans les Insectes, il est toujours supérieur. La disposition de cet appareil , en apparence secondaire, ne saurait, selon moi , être considérée trop attentivement. Chaque disposition particulière appartient constamment à tous les représentants d'ini même ordre naturel , et souvent même d'une classe entière . là où la disposition du système nerveux de la vie animale donne des ca- ractères de famille si utiles: mais, là où il n'en donne plus pour des divisions d'un rang plus élevé, la disposition du système ner- veux de la vie organique fournil à son tour des caractères plus généraux. Plus les observations se multiplient, |)lus je suis persuadé que la zoologie tirera d'utiles renseignements de l'étude de cette par- tie. Ces considérations, sur lesquelles j'ai déjà appelé l'attention, je me réserve de les développer plus tard dans un travail spécial. L'appareil alimentaire offre des particularités fort remar- quables chez certains Nudibranches. La disposition du tube di- gestif en forme d'anse e^t un caractère très général aux nnimaux de l'embranchement des Mollusques. L'orifice anal se trouvé ainsi plus on liioins rap|)rnrhé do l'oi'ificc buccal . au lieu de lui être 18Z| VOÏAjK E.> SICILli. opposé cumiiie chex les animaux anuelés. C'est nièiiie d'après ce caractère seul que les Bryozoaires ont été reconnus comme ap- partenant au type des Mollusques. Les naturalistes qui ont cru devoir classer les Oscabrions parmi les Annelés ont été guidés en cela peut-être aussi bien par la disposition du canal intestinal, que par l'annulation des parties calcaires existant chez ces animaux. Mais les caractères les plus généraux n'étant presque jamais absolus, on peut se méprendre t'acilemenl, si l'on s'en tient à la considération d'un seul fait , et non pas à tout l'ensemble de l'organisation. Sous le rapport de leur tube intestinal , les Nudibranches of- l'rent un intérêt bien réel. Chez beaucoup d'entre eux, on retrouve la disposition du canal alimentaire propre à la généralité des Mollusques. Mais d'un groupe à l'autre, on suit des modifications fort curieuses. Chez les Doris , on le sait , l'orifice anal est situé exactement sur la ligne médiane du corps, très près de l'extrémité postérieure; il est parfaitement opposé à la bouche. Dans les Eolides, l'in- testin se recourbe, et vient s'ouvrir sur le côté droit , très près de la partie antérieure du corps. Au contraire , chez d'autres Éoli- diens très voisins des premiers, sous le rapport de leur appareil branchial, très voisins aussi par l'ensemble de leur organisation , l'intestin s'ouvre en arrière presque sur la ligne médiane ; car c'est à peine si l'on peut décider qu'il est un peu plus à droite qu'à gauche. Ces Éolidiens, peu nombreux, comparativement aux autres, s'éloignent de leur type principal en établissant un lien entre les véritables Éolides et les Doi'is. Le genre Zepliyrina, selon toute apparence, présente cette disposition. Lorsque M. de «'iiticD. 01»; \\rsAii()\ DIS oi'isnioiiUANCUES. 187 lion des .Mollust|iies et des Aiinelé* , il e?t bien clirticile de ne pas \oir là le résultat d'observations trop précipitées. Dans (ous les Eolidiens que j'ai étudiés (/io/(.s neapolitana , perc- ijrinn, (labellina, Bellardu, etc. , et CalliopeaSouleyeli, JaiiusSpi- iiolcp. Diplocera Feranyi) , j'ai trouvé les artères qui se rendent il tous les organes très développées. Je me suis attaché à en suivre le trajet en injectant las vaisseaux chez plusieurs espèces. En outre , chez tous aussi , j'ai constaté l'existence d'une oreillette parfiiitement constituée , et de vaisseaux elFérents des branchies en nombre plus ou moins considérable. Ces vaisseaux, qui, dans certains types, sont en quantité si considérable qu'ils constituent un véritable réseau , ont des parois propres dans toutes les es- |)èces soumises à mes reclierches ; ils peuvent par conséquent iHre isolés par la dissection, (^e ne sont pas de simples canaux, comme cela se voit dans les Thétys. M. Souleyet était donc dans le vrai relativement à l'existence de ces vaisseaux (I). Chez les Doridiens , les branchies étant groupées exactement derrière le cœur, les vaisseaux branchio-cardiaques ont très peu d'étendue. C'est ce qui a déjà été indiqué par M. Milne Edwards (2). Chez les Eolidiens, les canaux afTérenls des branchies, qui communiquent directement avec la cavité générale du corps, manquent au contraire de parois , ou en présentent seulement des traces ; ce ne sont donc plus de véritables vaisseaux , mais de simples canaux. Il faut ajouter cependant que ces canaux, qui, sur leur trajet , présentent de nombreuses ramifications , sont nettement délimités par les muscles et tous les tissus qui les circonscrivent; ainsi, dans ces Mollusques, il n'existe point de veines [)roprement dites. Le fluide nourricier, après avoir été distribué par les arlères aux organes , s'épanche dans la cavité générale des corps , connue l'a dit le premier M. de Quatrefages. I.e sang baignant tous les viscères pénètre dans les canaux affé- rents des branchies , d'où il est ramené au cteur par les vaisseaux •■fférents ou branchio-cardiaques. (I) Compteai emlus lU: l Académie des Hciatcei, Mi4, I. XIX, el I84.Ï, t. XX. ,2; Suc lu circulation drs Mollusqius (Annales des Sciences naliirelles, V série, I VIII. p 70) 188 VOïAGli KM SIOII.R. Ces faits , bien constatés ctiez divers Éolides et dans plusieurs genres voisins , ne placent pas ces animaux à un degré inférieur à celui des autres Nudibranches. H ne serait pas impossible . néanmoins, que certaines portions du système vasculaire fussent plus dégradées dans d'autres Éolidiens, que je n'ai pas eu l'occa- sion d'examiner , dans les Pelta et les Chalis peut-être. Mais quant au fait négatif qu'on a cru observer chez eux, l'ab- sence de cœur et de tout vaisseau, rien n'est moins admissible. Une dégradation de l'appareil circulatoire viendrait elle à se manifester chez certains Gastéropodes? Est-ce l'ensemble du système vasculaire qui aurait disparu ? Toutes les analogies nous autorisent à dire : Non. D'après tout ce que nous savons d'ailleurs, nous devons croire que si certains Gastéropodes nudibranches offraient une dégrada- tion organique très prononcée, de manière à établir un passage entre les Eolidiens et les Planaires, tout système vasculaire n'aurait pas disparu chez eux : car il existe dans ces deux types zoologiques, du reste si éloignés l'un de l'autre. Plusieurs fois, l'on a cru re- connaître des liens assez étroits entre ces deux formes ; rien ne paraît moins impossible ; mais jusqu'ici oii n'a dans ce cas aucune espèce bien constatée. Chez les Invertébrés, nous voyons cependant les dégrada- lions de l'appareil circulatoire se prononcer par deux voies dif- férentes. Tantôt c'est le cœur qui s'allonge ; la dégradation étant poussée très loin, on arrive à ne plus pouvoir distinguer, d'une part, de vaisseaux pour porter le lluide nourricier à tous les organes, et d'autre part des lacunes et des canaux pour le ramener au centre de l'appareil circulatoire. Le centre même prend l'apparence d'un simple vaisseau. Tous les autres entièrement semblables entre eux, quant à leur disposition anatomique comme à leur rôle physiologique, n'en diffèi'ent alors tout au plus que par leur vo- lume ; tels sont ces réseaux vasculaires des Annelés inférieurs. En un mot, c'est cette loi si générale : plus le type est dégradé, plus est simple la division du travail physiologique, l/ensemble des animaux annelés nous fournit sous ce rapport tous les degrés. Tantôt , néanmoins , c'est le cœur qui persiste longtemps en con- É. BI.AK4HARII. — ()ll(;AM.SATI()^ DFS OI'ISTHOIIHANCIIES. ISi) servant à peu près sa forme ordinaire. La dégradation se mani- l'este par l'absence de parois , d'abord pour les veines , puis pour les vaisseaux branchio-cardiaques , et enlin plus ou moins poui' les artères; c'est ce qu'on- observe à l'égard ds l'ensemble des Mollusques. Ce type se dégradant comme chez les Molluscoi'des , on trouve surtout des canaux très analogues, selon toute appa- rence , à ceux des Polypes. La dégradation des artères , observée par M. Milne Edwards chez les Patelles et les Haliothildes, est un des exemples les plus remarquables de cette dégradation par absence de parois. Mais toujours est-il que les niodifications pa- raissent médiocrement considérables entre les représentants d'un même ordre, fin cela , les faits ont été souvent exagérés de deux manières entièrement opposées. L'appareil respiratoire est très variable chez les Gastéropodes Opislhobranches ; et par conséquent ses modifications n'ont pa.s fa valeur qu'on y avait attachée d'abord. Dans les Tectibranches, les organes branchiaux sont situés chez tous du côté droit , sous lin repli du manteau. Dans les Nudibranches, ce sont tantôt, comme chez les Doris, des folioles disposées en rosace, tantôt, comme chez lesTritonies,lesTliétys, etc., des appendices frangés, disposés sur les côtés de la partie dorsale. Dans d'autres encore, ce sont des masses d'appendices tubuliformes nullement' laciniés. Ce sont ceux chez lesquels l'appareil respiratoire ordinaire des Gastéropodes est le plus modifié, ce sont les Eolidiens. Du reste, ce n'est pas sans transition qu'on observe laplup;irt de ces modifications. Dans les Tritonies et les Thétys, les branchies sont latérales ; dans les Doris, elles forment une rosace autour de l'orifice anal. Dans les Euplocamus, les Idalies, on observe à la fois les bran- chies latérales des Tritonies et des Thétys et les branchies en rosace des Doris. Dans les Polycérus on retouve les branchies en rosace de ces dernières, et de plus des appendices dorsaux déjà très analogues en apparence aux branchies des Eolides. Chez les Diphyllidies ces organes sont latéraux et infériem-s. D'après cette disposition , Cuvier les a séparées des Nudibraii- [ ches . mais l'ensemble de leui- organisation ne permet pas de les jyO \o\.u:i; \>.\ sicii.r.. (•loigiicr des Kolidicns. (^es Mollus()iies s't'ii lappinchenl par la disposition (lu Inir, par la position du cœur, cl par leur système nerveux Ouoi qu'il en soit, de tous les Opislhubrantlie^, les Eolidiens sont bien évidemment ceux dont l'appareil branchial est le moins parfait 11 est bien difficile de douter que les canaux hépatiques qui pénètrent dans les cirrhes ne jouent pas un rôle dans l'acte de la respiration Ces cirrhes branchiaux des Eolidiens, comme l'a obr serve M de Qualrelages, sont ouverts à leur extrémité. L'ouveiv ture est en rapport avec une petite poche contenant des organes urticants. MM. Aider et IJancock ont vu dans cette poche et son ouverture un conduit exci'éloire des canaux hépatiques. Mais ceux- ci terminés en cœcvm n'ont bien certainement aucune comminii- cation directe avec cette poche. Les organes de la génération de tous les Mollusques Opistho- branches peuvent fournir beaucoup de détails intéressants pour la zoologie. D'une manière générale on connaît leur disposition, il est inutile de la rappeler ici Mes observations sur les divers types que j'ai étudiés trouveront leur place dans la partie descriptive de ce travail Mais , je n'hésite pas à le dire , beaucoup plus d'ob servations seraient nécessaires pour apprécier la valeur zoolo- gique des modifications que présentent ces organes. Les Eolidiens entre autres varient notablement sous ce rapport entre les diverses espèces. Sachant que M. deOuatrefages avait déjà réuni une grande quantité de faits sur ce point, je m'y suis d'autant moins attaché. En résumé, les Opisthobranches forment un ordre naturel de la classe des (lastéroijodes. Cet ordre, principalement d'après les considérations tirées du système nerveux , peut être divisé en deux sections, l'une correspondant aux Teclibranches de Cuvier; l'autre comprenant à la fois ses Nudibranches et ses Inférobran- ches. Les premiers se lient un peu aux Pulmonés par la disposi- tion de leur système nerveux, aussi bien que par la réunion des sexes sur chaque individu. Ils en diffèrent, du reste, profondément par la nature de leur appareil respiratoire et par quelques parti- cularités de leur système vasculaire , aussi bien que par les pre- mières phases de leur développement. É. Bi.«M<'H4Rn. — oiicAMSVTiox i)i;s .iir'isriiOBRWC.iiiis. l'.ll ('.liez les Opistluiliiaiulies. les sjslèine nei'\eiix se l'ail reiiiar- (|uer souvent par la ceiitralisalioii poussée à un très haut degré. C'est la tendance générale. Cependant ceux de la première sec- tion MOUS présentent sons ce rapport une série de modifications qui nous ont été très utiles pour reconnaître exactement la nature de ces diiïérences. Les Opisthobranches méritent d'être considérés par les chan- gements qu'éprouve lear appareil alimentaire. Affectant le plus ordinairement la disposition caractéristique, chez les Mollusques en général ; mais ramené aussi dans certains cas à une disposition analogue à celle des Annelés ; l'organe hépatique ayant aussi dans la plupart des cas la forme ordinaire chez les Mollusques; mais se modifiant aussi sous la forme de canaux qui pénètrent dans les branchies , et nous olTrant dans les Thétys et les Diphyl- lidies des intermédiaires entre ces deux extrêmes. Les Opisthobranches se font encore remarquer par la varia- bilité de la situation qu'occupe le co'ur, tantôt à la partie posté- rieure du corps, tantôt à la partie antérieure. Mais néanmoins le système artériel ayant toujours un développement considérable ; les lacunes , les vaisseaux ou les canaux elTérents des branchies offrant seulement un certain nombre de modifications qui coïn- cident avec des groupes naturels. Enfin, les Opisthobranches varient à l'infini par leur appareil respiratoire. Cet appareil affecte toutes les formes et toutes les situa- tions; tantôt disposé en rosace, autour de l'orifice anal, tantôt en lamelles dorsales frangées, tantôt en cirrhes dorsaux. Certaines espèces nous oflrent des intermédiaires entre ces formes, comme les Polycérus entre les Doris et les Eolides , comme les Euplo- carnes et les Idalies entre les Thétys et les Doris. Ceux-là semblent présentera la fois doux fnimes dans leur appareil branchial. {La !;uilt>n uu fn-orlinin ralut'r.i \9'1 iHiL^v»: K»w*RM»*.T- Noi :vi:m- fi. PK CRi:sT\f;Ks DRCvi-ont-s. \()IK Slill l> Nii crâne ... . . Ti •2 16 l'nnnuli' driitilirr + -- ^^ 30 -2 10 Cette espèce est plus ramassée que la précédente ; elle est d'un brun marion foncé en dessus ; les flancs et les joues sont d'une teinte plus claire. Le dessous du corps est grisâtre , un peu plus obscur sur la poitrine que sur le ventre. La queue et les pattes sont d'un brun clair. La tête est grande ; le museau garni de quelques longs poils blancs. Les conques auditives sont très déve- loppées; mais les valves internes sont beaucoup plus petites que dans les 5. madagascariensis et elruscus. La queue est très épaisse à sa base , et jusqu'au premier tiers de sa longueur ; elle se rétrécit ensuite insensiblement jusqu'à son extrémité. Musaraigne rie Toscane ^Sùiv.i: etrusciis Savi). Dimi-iisidin — l.ori;.'upur ; De l'extrénnilé du museau au bout de la queue fi" milliiii. — Du liout du mn.seau a la naissance de la queue iO — De la queue 27 — Du crâne 1 .3 Ces mesures sont prises sur deux individus du S. etruscus conservés dans l'alcool , et provenant d'Alger. Les individus que l'on troincen Italie paraissent être un peu plu? petits. \9(t <'0<;i I':kI':i.. — mis\i;u(;m-; tik \iAi)A(i\s(:Aii. '7 (lyez puLii' la (JesrripUuii de celte espèce ; Ouveni.. ouvrag. cit., p. /ri ; lallgurepl. 5/| parait avoir été l'aile d'après un indi- vidu 1res jeune). En comparant les dimensions de ces trois espèces , on voit que, pour la grandeur, elles se placent dans l'ordre suivant : 5. madagascariensis, gracilù, etruscus. Quoique la taille générale du premier l'emporte sur celle des deux autres , son crâne est cepen- dant notablement plus petit, et l'angle formé par les branches de la mâchoire inférieure est plus ouvert ; sa queue est. proportion- nellement aussi longue que celle de VElrvscus ; le Gracilis seul a la queue comparativement beaucoup plus courte. I.a forme de cet organe est très différente dans les trois esjièces : courte, épaisse dans le premier tiers de sa longueur, chez le gracilis ; foi'te , un peu carrée, moins épaisse ii sa base i\:tn> Vclnisriis : mince et grêle dans le iiKuhigasccirieiisis. Sysit'nie deutnire. \1. Duvernoy a (lémontr('' que la dentition des Musaraignes ne donne que des caractères insuffisants pour établir des coupes génériques, mais qu'elle fournit des distinctions précieuses pour séparer les espèces. Si nous comparons, en efl'et, les systèmes dentaires de nos ti-ois espèces , nous trouverons des difl'érences remarcjuables propres à chacune d'elles dans la forme des inci- sives et des canines. Os dents sont incolores, et au nombre de trente dans chacime. SoKEX MADAGASi;AiiiEx\si.s. La grande incisive svpérieiire est large à sa base , courte . fortement recourbée : sa pointe anté- rieure dépasse à peine le talon. Le bord de la coinonne est très saillant. Les trois premières rlents intermédiaires sont petites , assez mousses. La quatrième rudimentaire , très petite , tout à fait reje- lée en dedans. La grande molaire [principale, de M. de Blainville) présente à son côté tranchant et externe trois pointes : la première, très petite , presque mousse : la seconde et la troisième rejetées en arrière , prnsf(up égales. t'0<|Lt:REI.. — • MLSAIUI(;\K I)K M AUAfiASCAR. 197 l,es trois arrière-molaires soiil prismatiques, et ont une grande analogie dans les trois espèces ; les prismes sont cependant plus mousses à leur tranchant interne que dans VEtruscus. Les pointes qui les garnissent sont rejelées en arrière. Les incisives inférieures sont placées horizontalement , légère- ment relevées et écartées à leur extrémité Les cinq molaires de la mâchoire inférieure sont garnies de pointes, et présentent la forme ordinaire Le rebord de la cou- ronne est très saillant. .SoREX (.itAcii.is. La grande incisive supérieure est très longue, moins recourbée ; mais sa pointe antérieure dépasse le talon et forme avec ce dernier un angle plus ouvert que dans l'espèce de Madagasi-ar. Les trois premières ileiils intermédiaires sont petites ; le bord postérieur de leur tranchant externe l'emporte de plus du double sur l'antérieur. La quatrième rudimentaire es[ encore plus déve- loppée que dans VEtruscus. Des trois pointes externes de la principale , la première est très aiguë , dirigée en bas ; la seconde est presque droite , beaucoup plus petite que la troisième. Les trois arriére-molaires ont une grande analogie avec celles de l'espèce précédente , mais leurs pointes sont moins inclinées en arrière. Les incisives inférieures sont plus longues, et un peu plus re- levées que dans VEtr^^scus et le Madagascariensis , encore plus écartées à leur extrémité que dans ce dernier. Les cinq molaires inférieures sont plus grosses , et garnies de pointes plus aiguës. SoREX KTRLisciis. La grande incisive supérieure tient le milieu pour sa forme générale entre celle des deux précédents ; mais le bord de la couronne est à peine indiqué. Les trois premières dents intermédiaires sont plus pointues et plus grandes. Le bord de la couronne est très saillant. La qua- irième nidimenlaire est plus développée que dans le Madagasca- riensis, el moins que dans le gracilis. 198 COVL'EKEL. — .MUSAIlAKi.Mi Dli MA U.i(;ASCm. La principale présente aussi trois puiiiles : la première est assez aiguë, mais dirigée presque horizontalement; la troisième est plus large que la seconde ; mais cette différence est moins pro- noncée que chez le Gracilis. Les prismes des trois arrière- molaires sont très aigus à leur côté interne. Les incisives inférieures sont un peu plus épaisses et un peu |)lus longues que chez les précédents , contiguës à leur extrémité. Les cinq molaires de la mâchoire inréricure sont plus petites que dans VEtruscns , et leur rebord e>l beaucoup moins saillant. iN'ous croyons avoir suflisamment démontré par tout ce qui pré- cède les analogies et les différences de la Musaraigne de Mada- gascar ; c'est donc à côté du Sorex elruscus et du Sorex gracilis que cette espèce intéressante doit prendre place. Nous avons trouvé ce petit Mammifère, sous un tronc d'arbre, dans la forêt de Nossi-Bé (côte N.-O. de Madagascar) , au mois de septembre I8/16. JNous regrettons de ne pouvoir donner aucun détail sur ses habitudes ; mais les débris que renfermait son es- tomac, et qui paraissent avoir appartenu à des Insectes ortho- ptères, nous font supposer que le régime de cette espèce est ex- clusivement insectivore. i:\i>i.i(:atio\ dks FiGiiii:.s l•LA.^CUli 11. Kig. 1. ScJHtx .Mada(.a3Car»:n$is (grandeur naturelle). Kig t' Son crâne (grossi 4 fois el demie). Fig. I''. La première grande molaire supérieure (principale de M de Blainville). grossie 1 5 fois Fig. t". Son crâne, vu par la face inférieure (grossi 3 fois). Fig. r'. Sa mâclioire inférieure, vue en dessus (grossie 3 fois). Fig. I'. Sa mâchoire inférieure, vue de profil (grossie 4 fois). Kig 2". Crâne du Sobex etiiuscus (grossi 4 fois et demie). Fig. 2". Sa principale (grossie 15 fois) Fig 2 Son crâne, vu par la face inférieure (grossi .3 fois! Fig î' Sa mâchoire inférieure (grossie 3 fois) Fig. 3" Crâne du Sobei i.ii»tii,is. Fig. 3''. Sa principale. 199 IIISTllIKK DI-,> MEI AMDKPIIUSICS lir IIHACIIYOI'.I ItKOLOIS. Far M. XEON DUFOUH. L'entomologie considérée comme science ne doit pas se bor- nei', dans l'histoire des Insectes, à classer ces intéressants ani- maux en genres et en espèces. Que d'enseignements philoso- phiques , que de vérités utiles n'avons-nous pas à recueillir de l'étude des diverses phases de l'existence de ces Insectes! Que n'a-t-on pas à espérer d'une connaissance plus étendue, plus approfondie de leurs étonnantes métamorphoses pour la distinc- tion , l'assortiment des sexes d'un même type? que d'erreurs, i|ue de doubles emplois cette connaissance n'a-t-elle pas à re- dresser! Et que n'a point à léclamer l'agriculture, sur le genre de vie , la classillcation de ces larves voraces et destructrices , qui ne sont que le premier âge, l'enfance de ces Articulés! Certes, après les savants clïorts de tout un siècle pour fonder des familles naturelles dans cette immense nation de petits, mais sublimes organismes, qui pullulent d'un pôle à l'autre, il est tem|is ([ue, saisis de ce fil d'Ariane , nous prenions en sous-œuvre chacun de ces groupes . et que nous mettions en lumière te cours merveil- leux de leur triple vie. Déjà plusieurs bons esprits judicieux . imitateurs des Swammerdam , des Réaumur, des De (!éer , sont entrés dans cette voie d'observation , et ont ouvert une nouvelle ère entomologique. Depuis longues années, nous consacrons des loisirs à ces entraînantes investigations, et nous les poursuivons avec ardeur. Quand je rencontre pour les métamorphoses une conformité de larves et de chrysalides dans des types que la classification a rapprochés , je me sens heureux de rendre hommage h celle-ci . et je me trouve largement rémunéré de mes difTicultueuses édu- cations. Les métamorphoses du Ceria conopsoides , du Cheilosia scutellata et de VEumerus œneus , dont j'ai publié l'histoire , sont précisément dans ces conditions de conformité avec celles du Itrnchynjia hirnlor et du Cheilosia œrea que je vais faire connaître dans deux petits Mi^moircs. Ces Diptères appartiennent tous à la ■200 I,. UUFOIK. — MËTAiVIOlil'MOSKS Ul BUACHVOI'i BICOI.OH. belle fanulle des byrphides. Leurs larves, qui vivent dans les dé- compositions végétales, sont bien remarquables par l'existence d'un tube caudal sligmatifère conié, plus ou moins long, suivant ces divers types. On ne trouve ni dans Réaumur , ni dans De Géer , ni dans Lyonet , ni dans Swaninierdam , aucun exemple positif de semblables tubes caudaux raides et cornés : car il ne faut point les confondre avec les fers à queue de rat, décrits et ligures par le premier et le dernier de ces célèbres observateurs. Ces Vers appartiennent aussi à un Syrphide , à VEristalis lenax. Entrons en matière. La science ne possède rien sur les premiers âges du gein'e lirachyopa. 11 était réservé à mes persévérantes recherches de suivre les évolutions des trois métamorphoses de ce rare Insecte. Le vieux tronc de l'Ormeau est sujet à des éraillements mor- bides, d'où suinte une humeur, d'abord licfuide, qui s'épaissit ensuite , et finit par former une longue traînée d\m mucilage pulpeux , en un mot d'un pus végétal. Cet ulcère, cette pomri- ture à l'aspect de laquelle l'homme du monde recule d'horreur , est pour le scrutateur passionné des Insectes une marmelade précieuse , un berceau où la loupe étonnée voit pulluler la vie , une véritable mine de trésors entomologiques. C'est un de ces trésors que j'exhume aujourd'hui , et dont je fais avec quelque orgueil hommage à la science. 1" Larve. tjnrva upoda , acvphala , avala obtoityace . yrisescens , depressius- cula, spinuioso-aculeata , tardigrada; labio bifido , lobis apice nigresce)itibus; lubo caudal i si mplici elorujalo . lereti , ylabro, curneo, sliymalifero. Lony. 41/2 lin. Hab. in ulveribus Ulmi. Celte larve , ensevelie et invisquée dans la marmelade décom- posée , est d'autant plus difTicile à mettre en évidence qu'elle garde une immobilité presque absolue. H faut une grande pra- tique de ces soi'tes de gisements pour exhumer de ce bourbillon 'in être vivant, et pour étaler au moyen des lo.tions une structure 1,. DL'FOCR. — MÉTAMOKI'IIOSICS Dl BHACHVOl'A BICOI.OR. 201 du la plus élégante symétrie, i'.e n'est qu'après une sen)blable toilette qu'on peut constater la fonne de son corps, qui est plat en dessous, et niodérément convexe en dessus, et compter ses onze segments. Lm^ bonne loupe rend sensible le fin pointillé du tégument. Chaque segment dorsal a une rangée transversale de si,\ piquants dirigés en arrière , et sur les bords latéraux une double spinule ; cette rangée n'est que de cpiatre aux segments antérieur et pénultième. Le bord latéral de chaque segment ven- tral oiïre à ses angles une chausse-trappe de trois séries raides. Les trois derniers segments , moins larges que les précédents, forment un plan incliné , comme dans beaucoup de larves de Diptères. Dans les deux avant-derniers , la rangée transversale de piquants est remplacée par une série de soies doubles ou ju- melles , et à la place des chausses-trappes trifides , il y a des pi- quants rameux ou composés de trois [)aires environ d'aspérités spinuleuses que terminent deux soies divergentes. 1-e dernier segment, sensiblement moins grand que les précédents, reçoit- le tube caudal dans son échancrure en croissant. Le piquant ra- meux de ses angles postérieurs se termine par quatre soies. N'allez pas croire que ces piquants , ces chausse-trappes , ces soies , soient de vains ornements ou des aspérités de luxe ; ils ont des attributions physiologiques positives ; ils servent ou d'organes ambulatoires, ou d'armes défensives, ou d'instruments propres à incruster le corps d'ordures pour en masquer la présence à l'ennemi. La larve du Brachyopa n'a point , comme celle du Ceria, des stigmates antérieur;'. Prévenu de leur existence dans te dernier genre, j'ai exploré avec le soin le plus scrupuleux les segments antérieurs de notre larve , et je ne suis point parvenu à les y dé- couvrir. Tout l'air nécessaire à sa respiration entre donc par le tube caudal et en ressort. Quand on l'examine par la région ven- trale en la tenant étirée par ses deux extrémités, il est facile de s'assurer que les deux grandes trachées latérales pénètrent ados- sées dans le tube caudal. Cette circonstance autorise à croire , f)uoi(|ue l'observation directe ne l'ait pas démontré , que ce der- nier recèle près de son extrémité deux stigmates. Une semblable '202 L. DLFOIK. — lllilAMOni'IIOSKS DU BU.\Oli\01>A BICOLOB. piésoii)pti(jn se change en une probabililé bien voisine de la cer- Utude , quand on sait 1" que, dans les larves de Diptères pour- vues de stigmates postérieurs, ceux-ci sont toujours doubles; 2' que le tube caudal des larves du Cheilosia scutellala et de VEumerus est formé de la soudure de deux tubes , terminés cha- cun par un stigmate. Les organes buccaux, dont j'ai pu constater Pexistence , se ré- duisent à une lèvre bilde éminemment rétractile. Les deux bouts de cette lèvre sont noirs; mais ma plus puissante lentille microsco- pique ne m'a pas permis d'y voir les deux paires de palpes inar- ticulés, que j'ai signalés dans les larves des Cheilosia Eumerus et Ccria , el que la loi de l'analogie doit y faire soupçonner. Il est digne de remarque c\ue dans ces dernières larves , non plus (jue dans celle de Bracliyopa , je n'aie aperçu aucun vestige de mandibules ou crocs , si constants dans les larves acéphales des Muscides. Nous verrons, dans le Mémoire consacré au Cheilosia (viea, (lue je les ai constatées dans sa larve. 2" Pll(M'. Pupa larcœ consimilis, al paulo ininorcl convexior; sfyiiienli lertii dorso bicornulo. IjOwj. h lin. Hab. circa ulcéra Ulmi. On sait que la coque de l'espèce de Chrysalide , appelée pupe par Latreille, n'est que le racornissement, l'induration de la peau même de la larve ; aussi la pupe doil-elle offrir extérieure- ment, et offre, en effet, les principaux caractères de celle-ci. Mais il est un trait distinctif que j'ai souvent signalé , et qui ex- cite toujoui's mon admiration , c'est , dans le passage de ces deux morphoses, la création improvisée, la production instantanée, à la région dorsale du troisième segment , de deux cornes coni- ques, raides, droites, assez rapprochées, el de couleur marron. Dans cette succession si miraculeusement rapide d'un organisme à un autre , qui nous révélera et la source des matériaux mis en œuvre , et l'organe , ou la force intelligente, qui a érigé ces cônes (l'une l'ornic si déterminée et si constante! N'est-il pas surpre- I !.. UIFUIR. — MlilAMOllI'IlOSliS 1)1 KHAC.II VOI'A lilCOI.OIl. "203 iiaiil que la larve du Ceria , si analogue de l'orme , de sli uclure ut d'habitat, avec celle (|ui nous occupe., ail sur le dos du pre- mier segment deux papilles conoïdes stigmalil'ères , tandis qu'à sa transformation en pupe ces papilles s'effacent, sans laisser dans cette dernière mor|)hosc la moindre trace de cornes? C'est précisément tout le contraire dans le lirachijopa. Sa larve n'a au- cune saillie antérieure stigmatifère , el sa pupe a deux cornes bien marquées. Ce sont là de ces phénomènes en présence des- (|uels le raisonnement humain doit s'humilier , et la raison se bor- ner à dire : y admire el je me luis. I.es piquants dorsaux , qui, dans la larve , sont un peu arqués cl inclinés en arrière , sont, dans la pupe , redressés, presque droits, et ne semblent être que des aspérités, l.e microscope dé- couvre aussi, et mes hgures les expriment, des points chagrinés d'une extrême petitesse aux bords antérieur et postérieur des seg- ments. Je n'avais rien constaté de semblable dans la larve ; ce serait aussi une improvisation. 3" Insecte parfail. Brachyope birolor Bnichijopn birnior, Meig. Pi/j(. Etir. vol. III, p. 462, pi. riO, Hg 6 Uhyngta biculor, Fail. Stfrplt. XXXIll, 2 Cuiereo-plumbea , tenuissime pubescena ; ukloinine , pedibtis . scu- lello, facie, antennis oreque ferrugineis. Long. 3 ]l'2Un. Uab. in collibusGalliœ mer idionali-occide niai is (Saiut-Sever). Le genre Braclujopa, fondé par Hoffmansegg, et publié par Meigen , ne renferme encore qu'un petit nombre d'espèces légi- times ; car je pense, avec M. Macquart, que ce dernier auteur y en a compris qui doivent être exclues. Peu d'entomologistes , de- puis Fallen, ont parlé ex visu du li. bicolor. A sa tournure , on prendrait plutôt cet Insecte pour une Muscide du groupe des Telanocera que pour un Syrphide. Te'le petite , moins large que le corselet , et pressée contre ce- lui-ci. Face inclinée, prolongée en museau, légèrement relevé. Pnlpcs remarquables pai- leur gracilité , el. conlrc l'asscrlion de* '2i)ll L. DUFOUR. — .VIÉIAMOKI'HOSES DU BRACHYOl'A BICOLOH. auteurs de l'article Bhachyoi'A de ['Encyclopédie , par leur bout élargi en spathule arrondie, d'un roux plus vif pendant la vie. Antennes insérées sur une éminence frontale , courtes , fort rap- prochées ; palette ovale -arrondie ; soie velue au microscope seulement. Yeux fauves dans le Diptère vivant , contigus dans le mâle , séparés dans la femelle, Vertex gris-plombé. Corselet avec trois lignes longitudinales, d'un noir plus foncé , la médiane souvent partagée en deux par un trait gris, trop exagéré dans la ligure de Meigen. Cuisses postérieures sensible- ment plus grosses dans les deux sexes. Premier article des tarses de derrière, plus gros dans le mâle Ailes bien représentées par Meigei). Abdomen mal saisi par ce dernier auteur, qui y a représenté deux bandes transversales et une longitudinale noires , qui n'existent pas dans les individus de tout sexe obtenus par mes éducations, ni dans ceux que M. Zelterstedt m'a envoyés de la Suède. 11 est toujours d'un roux ferrugineux uniforme. Le Brachyopa bicolor demeure un an sous la forme de larve et de pupe. En avril 1846, je portai dans mon laboratoire la mar- melade ulcéreuse de l'Orme qui renfermait les très jeunes larves. .le constatai en octobre leur âge adulte, au commencement de janvier 1847 leur état de pupe , et en avril suivant j'obtins les Insectes ailés. Je n'ai jamais rencontré ce Brachyope dans mes chasses. Le Peletier de Saint-Fargeau l'a trouvé aux environs de Paris. KXPMCATIOM DKS FIGURES l'I.AiVCHF. If). Fig. 1. Larve du Brachyopa bicolor Fig. 2. Mesure de sa longueur nalurelle Fig. 3. Pupe avec ses deux cornes thoraciques Fig. 4. Un segment dorsal de la larve détaché, pour montrer les spmules simples, les chausse-trappes, Fig, .5. Neuvième segment abdominal de la larve, pour mnllre en évidence les soies géminées, discoidales, et les soies rameuses latérales HISTOIRK DKS MKTAMORPHOSES Dl' rilEIIJISIA /Kfiff-I ; Par M I.ÉON' DCFOUR. Vers laliri d'octobre 18/i7, je li'ouvai sous une vaste rosace des feuilles du Verbascum pulverulentum , et au milieu d'un tas de ces feuilles en pleine décomposition , une grande quantité de larves, dont la plupart étaient à même de se transformer en pupes. Je reconnus qu'elles appartenaient .à un Syrphide. Je soignai leur éducation dans mon laboratoire, et, au mois d'avril 1848, je tus heureux d'en voir éclore l'espèce nouvelle de ("heilosia qui fait le sujet de cet l'crit. 1 i.arvp. I,urca apoilu . acepluda : mine ohlonga, allenuala. hirudmifuruiis ; mnir ovata , olivœformis ; albida yriseo subvelutina ; segmenlis iilriminc papilla miinilis: uppendicibus poslicis sec tnobilihiis . Irianyiilanbus ; sliymalibus ijiialuor , unlicis diiobus (listinctis puncliformibus , poslicis in tiibnm ciiudalem corncnin brerern inchtsis. f.ong. 4-5 lin. Ilab. (jregaria in pdiis pulrefactis ferbasci. Cette larve se présente sous un aspect fort difl'érent. suivant son degré de contraction , et c'est là ce qui rend variables et sa forme, et sa structure apparente, et sa taille. Une loupe patiente et ex[)érimentée |>eul seule saisir sa segmentation normale ; c'est surtout après l'avoir bien iietlfiyée et plongée dans de l'eau claire qu'on peut constater les onze segments qui divisent son corps. On dirait au premier abord que celui-ci est simplement velouté ; mais une lentille scrii|)uleuse reconnaît à ce duvet une disposition régulière qu'exprime fidèlement la figure. Tout le limbe des seg- ments est bordé de ces aspérités pileuses, et au milieu on en voit une série transversale. Outre cela, les bords latéraux ofTrenI une sorte de dent ou de papille isolée plus ou moins rétractile , (|ui pourrHit faire l'office de pseudopode. I,e corps se termine en aniére par (l'ois pHJi-ps fr^ippeiidices oblongs, pointus, ou î2()() I.. uii'wiu. — \ii;i Wior.i'in.'Siis m c.iiiai.usiA i;uka. ^•lalés ou coiiliactés , dostiiiés à nanquer , à saiiveganlcr !(■ tube stigmatifère. Deux de ces appendices ne sont que le prolon- gement du dernier segment dorsal ; les autres, dont je n'ai pas pu saisir l'insertion , dépendent sans doute du derniei- segment ventral. Les deux stigmates antérieurs sont à découvert , et situés à la partie postérieure du premier segment ; ils peuvent au gré de l'animal se réfugier sous le bord antérieur du second segment. Admirez ici, comme partout, cette sage prévoyance de la nature poiu" abriter , par un moyen aussi simple qu'ingénieux , l'organe délicat de la respiration dans une larve destinée à vivre au milieu de l'ordure ! Ces stigmates sont deux petits points d'un châtain clair , munis d'un col qui se continue avec la trachée. A l'aide du micro-icope, j'ai cru reconnaître, au disque orbiculaire de ce point, de petites paillettes triangulaires pointues, tout à fait couchées; elles peuvent sans doute se redresser dans l'acte respiratoire, line partie du disque m'en a paru dépourvue. Les deux stigmates postérieurs ne tombent pas directement sous les sens, puisqu'ils sont inclus dans un tube caudal corné , court , tronqué, d'une seule pièce, brun-mari'on , lisse; mais une lainure médiane , quoique légère et superficielle , devient à mes yeux l'indice d'une division intérieure en deux tuyaux stigmati- fères. Si l'analogie, que je suis fort sobre à invoquer, m'autorise à p,n tirer celte induction , l'observation directe est venue en quel- <|ue sorte la consacrer : car la simple loupe portée à la région ventrale m'a permis de constater par transparence les deux grands troncs Irachcens qui s'engagent dans le tube caudal. L'appareil buccal. (|n'on ne peut saisir qu'à la dérobée à cause de sa vive rétractilit('', consiste : 1" en une lèvre bifide , à lobes f nnoïdes , terminés par un palpe unique nblong, d'un seul ar- ticle ; 2° en deux mandibules , ou crocs, cornées, arquées, acé- rées , sorlant latéralement . comme c'est l'ordinaire. I,. m i'<»i K. — \ii':i AMoi'.i'iiosKS m ciiiiiiosiA khi v. '•JUT HHNEIlVArillN. I .r.-ii ])iil)lié. en 18/i(), la descriplioii l-I la ligure du Clieilosia sculellata (I ). Quoique l'Insecte ailé dilTère comme espèce de mon œrea ; quoiqu'il appartienne évidemment au même genre , je trouve cependant dans leurs larves de no(ables diiïérences. Je crains d'avoir erré, et je ne crains pas de me contrôler moi- même dans l'intérêt de la vérité. L'étude des larves , que leur grande contractilité tégumentaire dispose à prendre des formes très vallées, s'entoure de beaucoup de difficultés. Sept années se sont écoulées depuis cette publication , et je nt?. suis point resié oisif; l'expérience m'est venue en aide pour confirmer ou modi- fier bien des faits. 1" J'ai cru que la larve du scutellala avait plus de vingt seg- ments. Je présume aujourd'hui que le nombre des plis légumen- taires, (|iii doublent en apparence ces segments, m'en imposa. Je n'ai point mentionné . mais j'ai représenté la série transversale des aspérités pileuses ronime dans Vcprca. Les segments du sciilellala n'offient point cette papille lalérale isolée qui existe dans Vœrea. Lst-ce là un des traits spécifiques , ou cette papille aurait-elle éludé il y a sept ans mes investigations? Le bout de l'abdomen du scutellala a bien des appendices . comme dans Vwren , mais il y en a trois paires dans cette dernière', et deux seulement dans le snilellala. C'est peut-être encore là une diffé- rence spécifique. 1° le nombre , la situation et la forme des stigmates sont con- formes dans les deux espèces : mais je ne trouve point dans le tube caudal de Vœrea cette trace biarticulaire que j'ai représenti'e dans le scutellala. 3" L'appareil buccal présente dans les deux espèces de s<''- rieuses dissemblances. L'existence des mandibules ne s'est point révélée dans le scutellala, tandis que je l'ai bien constatée dans Vœrea. Cet organe est fort capricieux pour son exsertion. J'ai la conviction intime . vu son importance . qu'il existe dans toutes les (1) Aiin .1rs Sr nul 1' srrif 1 X I II pi :t '20.S I,. ItlFUlK. — Ml'lAMOIll'llOSliS 1)1 C.lll II.OMV ICIIIU. larves do rp genre. La lèvie du scviellala ost bifide roininc celle (le rœrea; mais dans cette deniièie, le palpe labial est uniqiie , tandis qu'il est double dans la première. Je suis d'autant plus éloigné de contester le fait des deux palpes , que je l'ai observé dans plusieurs autres larves de Syrphides. Les deux aitides peu- vent se superposer, et cela m'en aura peut-être imposé dans Vcerea. Ce trait de première valeur anatomique ne saurait être seulement spécifique. J'ai de nouveau réfléchi sur les figures i et 5 de la planche S du 5° volume des Mémoires de Réaumur , dont j'ai parlé dans mon travail sur le scutellata. Quoique cet inimitable observateur ne dise que peu de mots sur des pupes à deux cornes et à tube caudal trouvées dans des Truffes pourries , mais dont il n'avait point obtenu l'éclosion ; cependant sa grande expérience et son tact exquis le portaient à les regarder comme étant du genre de celles à (/iieue de rat , de VErislalis tenax. Je demeure convaincu aujourd'hui que ces coques, comme Içs appelait Réanniur, sont des pupes de Cheilosia. Rappelons-nous que le Bolet pourri , qui nourrit les larves du Cheilosia scutellata ., est un Champignon comme la Truffe, et que cette analogie d'habitat a de la valeur. La détermination du genre de .Syrphide, auquel a[)pai-tiennent les figures précitées de Réau- mur, me semble à l'instar d'ime découverte. i Piipc. J'upa larvu' ronsimiUs. ovoidea, piihescenti-asperula, anfice bre- viter bicormita, postice lulnilosa rum nppendicihus qualitor siih- nrulis. Ijnuj. 5 \j'l lin. Les larves se transforment en pu[)e au lieu même où elles vi- vaient. Dans le travail de cette métamorphose , elles se raccour- cissent en se grossissant, et prennent la forme ou d'un œuf ou d'une olive ; puis il leur pousse, vers le quart antéi-ieur de la ré- gion dorsale, deux petites cornes brunes, droites et glabres : c'est là le signe positif de la pupe confirmée. Le tube caudal stigma- tifère persiste, et au lieu de's six appi'udices. il n'y en a plus que quaire en é\ iilrner. 1,. ni'FoiiR. — Miii\i\roiii'iiosi;s m r.iiRimsiA v.\\k\. 209 ;!" liiseetL' |iai't'ail. C.hcilosie bronzée. Cheilosid œreii. jEiiea rufescenti , villosa; alnhminis segmenlis 2"-?>° que in marr nlris, opacis, antennis iiedibusqve nifiris, genvibus libicmimque npice testaceis; alis diaphanis. Long. 3 1/2 • — 4 lin. Hab. in Gallia meridionali occidenlali (Saint-Sever;, Villosité plus prononcée dans le mâle, surtout sous l'abdomen. Yeux velus dans les deux sexes. Soie antennaire nue à la loupe, brièvement velue au microscope. Balanciers blanchâtres. Corselet bronze. Cellule sous- marginale des ailes roussâtre , caractère commun à plusieurs autres espèces de Cheilosia. Tibias anté- rieurs, plus testacés que les intermédiaires; les postérieurs presque noirs, excepté au genou. La Cheilosie bronzée a sans doute des rapports avec le mutabi- lis de Meigen ; mais elle en diffère et par sa couleur bronzée, et par sa palette antennaire noire. J'ai reçu de M. Zetterstedt lui- même sa C. Schmidtii, qui a avec la nôtre des rapports de taille, de forme et de noirceur des antennes, mais qui n'en a point la teinte bronzée, et dont les pattes sont toutes noires. l';\l>i,ir.A'riO\ de» figures (mutes grossies). l'r.AivcHK 16. Kig. 6. Larve du Cheitoxin œrea. Fig. 7. Mesure de sa longueur. Fig. 8. Segment antérieur avec la lèvre, les palpes, les mandibules, les stigmates Fit;. 9 Un stigmate avec les paillettes microscopiques de son disque. Fig. 10 Pupe de cette riieilo.sie fort grossie V sérir. Zom.. T, IX, (Avril l8iS j.^ «4 •ilO (•;, III,«]\<'UitKU. — SLIK LIS CEiXRR MACROhOINTIA. NOTE SUR IN IIF.NHK II INSECTES UE I A FAMILLE DES PRIONIDES (lE GENRE M .\CR0D0}1TIA)\ Far M. ÉI«II.E BIiANCHARD. Le genre MiicrodmUia Serv., établi en 1 832 aux dépens du genre Prionus des anciens entomologistes, ne comptait alors que deux espèces, le Prionus cervicornis Linn., qui est le type du genre, et qui est aussi lune des plus grandes espèces connues de l'ordre des Coléoptères, et le Prionus crenutus deCayenne, décrit et fi- guré par Olivier; Insecte cependant qu'on ne possède plus aujourd'hui dans les collections de noire pays. Depuis, plusieurs espèces nouvelles ont été décrites En 18:i3 . M. Chevrolat en fil connaître une du Brésil, en la désignant sous le nom de Molombie , elle est très voisine du M. crc- tiula [Primiux rremitus Oliv.) ; mais les crénelures du corselet , la forme moins recourbée de la pointe antérieure, la forme moins élargie des élytres, nous parais- .sent l'en distinguer pleinenient. (Notre individu est une femelle, longue de tiS mil- limètres. (I) Ann lie In .Su: , l'iiliim .(/• Fin./rr, 1 II, pi ,1, II;; |. 2) int. .,(., l. \n\, (1. 127, pl- H. •211 HKCIIKIUIIII'S SUli LKS l'O L Y l> 1 E H S ; Par MM MILNi: ED-nTARSS et JULES HAXMS. DEr\iÈine mémwire. MIlNOi.RAPlIIK DES TURBlNOI.inKS. § I Linné, et. après lui l'alias, avaient rassemblé sous une même caractéristique, dans le seul genre M adrepora, tous les Polypes à polypier qui , avec les Actinies, constituent aujourd'hui l'ordre des Zoanthaires. Ce fut Guettard qui, le premier, essaya de partager en plu- sieurs groupes cette foule d'espèces si différentes par leurs formes et leurs divers caractères. Les matériaux lui manquèrent sans doute pour pousser très loin ses recherches; il reconnut cepen- dant un certain nombre de divisions assez naturelles que Lamarck a adoptées pour la plupart, et à peu de chose près, dans les limites c(ue (luettard leur avait assignées. C'est ainsi que les genres Méandrite, Pavonite, Porpite de ce dernier auteur, cor- respondent aux Méandrines, aux Agaricies et aux Cyclolites de Lamarck. Les travaux de Guettard, sur cette partie des sciences natu- relles, furent publiés en 1770. Ce n'est guère qu'un demi-siècle plus tard (1816). c'est-à-dire après qu'eurent paru les riches recueils d'Esper et de Solander, que Lamarck donna un tableau général de la classe des Polypes. Déjà . à la vérité , dès 1801 ("1 ), il avait établi quelques coupes nouvelles; mais un grand nombre d'espèces ne pouvaient prendre * 't) Siffitf'jne itfis ftiiimaux sana rrrtèbrfn, ortion centrale que nous appellerons ('ohiiiietle avec M. Ehreiiberg, ainsi que les petites lames verti- cales, situées vis-à-vis des cloisons sclérenchymateusos , et aux- quelles ni)us pro|)osons de donner le nom de Palis; il jugea que les caractèies tiri'S de ces parties avaient au moins autant d'im- |)ortancê que ceux employés jusqu'alors par les auteurs, et s'en servit pour isoler génériquement des espèces qui n'avaient que de vagues rapports de forme avec les autres Caryophyllies. Presque dans le même temps, M. Goldfuss, reconnaissant les remarquables caractères de structure des Cyathophylhim , les séparait des Turbinolies de l^anuirck ; et de son côté. M. Ehren- berg (183/ij arrivait aux mêmes résultats que M. Stokes pour la Caryophyllia ryathus , et de plus, établissait son genre Desino- phylluni, d'après la considération des cloisons fasciculées. Nous devons à MM. de Blainville, Dana, Michelin, Searles Wood , Lonsdale, de Koninck, etc. , quelques autres essais de divisions également basées sur la texture interne et la disposition des par- lies ; mais ces tentatives sont restées partielles et incomplètes , et il n'existe pas encore de classification satisfaisante d'aucun groupe de la classe des Polypes. Les causes qui ont relardi'' le pci'fcclioMnriiK'iil de la classifi- ri;iiBi\(>i iniis. 21;^ calioii zoopliytologique , sont d'une part, il est vrai, l'ignorunce |)resque absolue où l'on est encore de l'anatomie comparative des animaux vivants; mais aussi, et à un égal degré, le peu d'at- tention que les auteurs ont accordé aux parlies sclérenchyraa- teuses de ces animaux. 11 est probable que bien des années s'écouleront encore avant que les observations faites sur la nature vivante puissent t'oui'nir un résultat général de quelque impor- tance. Des difficultés de toute sorte s'opposent à ce que de sem- blables recherches soient poursuivies avec le soin nécessaire et suffisamment multipliées. Moins nous avons à attendre de ce côté, et plus nous devons par consé(|uent apporter de minutieuse attention à l'étude du Polypier. Dans l'état actuel des choses, c'est seulement par la connais- sance complète et approfondie des dilTérentes parties qui entrent dans sa constitution, que nous pouvons espérer d'arriver à une caractéristique rationnelle, autant que nette et précise, et par suite à une classification naturelle. Nous avons exposé , dans un premier travail (1), les principaux résultats de l'examen du l'olypier dans l'ordre entier des Zoan-' thaires. Nous avons cherché à reconnaître les parties homologues et à les distinguer par des noms particuliers , à établir leurs rap- ports avec les parties restées molles , leur origine et leur mode déformation, et nous avons déterminé les lois qui président à l'époque d'apparition et-à la position respective des divers or- ganes similaires. A mesure (|ue nous avancerons dans l'étude détaillée des fa- milles , des genres et des espèces , nous reviendrons avec soin sur les nombreux caractères qui nous seront fournis par le Polypier ; des faits généraux que nous avons signalés dans le mémoire pré- cédent , nous descendrons graduellement aux faits pai'ticuliers , et |)ar cet examen prolongé des parties constitutives du Polypier et de toutes les modifications qu'elles subissent, nous avons l'espoir d'établir des groupes mieux caractérisés et plus naturel? que la jilupart de ceux qu'on a proposés jusqu'à ce jour. (1 ) Observations sur la structure et le mode de développement des Polijpieis, par MM Milnp Edwards et JuIps Hairne. (Voyez ci-dessus, page 37.) 214 mil.NK EUU'ARU»> Kl' JUI.KM HAItlt'. § II. Lorsqu'on observe attentivement la structure des polypiers simples , ou remarque qu'un petit nombre d'entre eux ont leurs cloisons criblées de trous ou imparfaites, que d'autres ont le boi'd supérieur de ces cloi- sons denté ou diversement découpé , et qu'enfin plusieurs , parmi ces derniers et parmi ceux dont les cloisons sont entières, ont leurs cham- bres fermées plus ou moins complètement par des traverses qui s'éten- dent entre les cloisons contiguës. M. Dana a tout récemment appelé rattention sur ces deux derniers caractères, qui paraissent en etl'et être d'une grande importance ; mais il n'en a pas tiré tout le parti qu'on en pouvait attendre. Si , pour le moment, nous laissons de c6té toutes les espèces qui pré- sentent un ou plusieurs des caractères ipie nous venons d'indiquer, il nous restera un nombre considérable de polypiers dont les cloisons sont toutes parfaites et terminées par un bord libre, entier, et dont les cham- bres sont ouvertes dans toute leur liauteur, sans qu'elles offrent jamais ni traverses ni planchers. Ces espèces constituent une famille bien distincte de toutes lesantrts, et que nous appellerons famille des Tuhbinolides {7'ui-binolidaj, du nom du genre le plus anciennement établi pour quelques uns des polypiers qui doivent y rentrer. Ce groupe, qui nous parait très naturel et qui est très nettement déli • mité, ne correspond exactement ni même approximativement a aucune des divisions précédemment indiquées par les auteurs. Il comprend cinq seulement des espèces de Laniarck ( i ), éparses dans trois genres, savoir : trois de hes Turbinolides, J'urùinolin suicaln, crispa et cari/op/iyllus , une de ses Caryophyllies, Curi/(ip/i)jlliaci/al//iis, et une de sesFongies, Fiiiigin compressa . M- Dana, ayant cru sans doute que les Flabellines étaient abondam- jnent pourvues de traverses intercloisonnaires.les place dans ses Astréi- des, tandis qu'il laisse dans une autre famille, composée d'ailleurs d'un beaucoup plusgiaiid nombre de polypiers à traverses, les autres espèces dont les chambres sont complètement ouvertes. Outre une grande partie du genre Tiirbinolia de Lamarck, considéra- blement accru dans ces derniers temps par les recherches de MM. Miche- lotti et Michelin, notre famille des Turbinolides contient les genres ('i/n- lliiiiii et Dcsmop/ii/l/iiiii d'Elirenberg, Flabe/liiin de M. Lessoii , et proba- blement EcniesKs d'A. Pliilippi. Nous ajoulons aux espèces connues un nombre au moins égal d'espèces (•I) Cette famille cniniirPiid aujoiirtihui plus de 150 espèces. TURBl^OMDKS. 215 nouvelles, (|iie nous avons éludiéi's principalement dans la colleftion fomiée par l'un de nous, dans celle du Muséum de Paris, de l'Ecole des Mines, du Muséum brUannic|ue, de la Société géologique de Londres, et à l'aide de nombreux écliantiUons (|ui nous ont été généreusement com- muni(|ués par MM Cli. Stokes , J. Bowerbank, Searles Wood, Frederik Dixoii, Phillips, (le Koniuck. Michelin, Ah^de d'Orbignyel d'Archiac (I). Mais aiant de commencer la description des genres et des espèces, il est important de passer en revue les principales mfidilications qui nous sont offertes par le polypier et ses différentes parties dans toute la série (lesTurbinolides § III. Les Turbinolides , à un très petit nombre d'exceptions près, sont ex- clusivement ovipares. Un examen attentif du polypier suffit pour mettre ce résultat hors de doute et nous fait voir que les (cufs formés dans la cavité viscérale doi- vent., après s'être détachés du bord libre des mésentères, sortir par l'ouver- ture buccale, dans un état de développement plus ou moins avancé. Les jeunes flottent librement pendant un temps probablement assez couit , puis se lixent sur les corps sous-marins, dont ils se détachent bientôt pour redevenir libres, ou bien auxquels ils restent adhérents pendant toute la durée de leur vie. Dans l'nn et l'autre cas, ils se reproduisent a la manière de leurs parents, dès qu'ils ont atteint à un certain degré de leur croissance. Il en résulte que ces animaux sont toujours simples, et ce n'est que fortuitement qu'on peut les rencontrer très rapprochés on quelquefois même soudés entre eux par (|ueli|u'uu de leurs points. Nous ne connaissons encore que quatre Turbinolides, toutes ([uatie médites, qui, au mode de reproduction par œufs, joignent la faculté de pousser des bourgeons par les parties latérales de leur corps. Trois d'entre elles constituent le genre Cœnocya'.lms. Ce petit groupe , dont l'affinité avec lés Cyathines est bien évidente, nous offre un polypier composé, adhérent, dont les polypiérites restent libres par les côtés, et n'affectent pas, les uns par rapport aux autres, de disposition sérialaire. Au reste, leur puissance gemmipare paraît assez faible , et chaiiue indi- vidu ne bourgeonne qu'une (bis ou deux au plus. Le Cœnocyotfms cylin- dricus, que nous ne connaissons encore qu'imparfaitement par un échan- tillon incomplet de la collection du Muséum, parait bourgeonner par une base commune, étalée et encroûtante. (I) Pour abréger, nous indiquerons par les initiales C M. la collection du Mu- séum (le Paris, par M B. celle du Muséum brilanniipie, ri par C E la coller- Mnn (\p M Milne Edwariis. 216 MiLKE EUWABus irr ji!L»,s iiAinE. La quatrième Turbiiioliile gernniipare . le lllustutrucltus lui/iix, a un mode (le multiplicalioii extièmemeiit lemarquable, et que nous ne re trouvons dans aucune autre espèce de la classe des Polypes. Devenu libre de bonne heure , ce Zonplivte donne naissance simulta- nément à deux bourgeons, situés tous les deux à une même hauteur, de chaque c6té de son corps. Les jeunes ainsi formés se développent nor- malement à l'axe de leur parent, qu'ils abandonnent bientôt pour vivre librement. Celui-ci s'est accru en même temps (pie sesjeuiies;et lorsque la première génération s'est détachée de lui , une seconde génération se montre plus haut, et joue exactement le même rôle que celle qui l'a pré- cédée (1) : quelquefois même , après le développement de cette dernière, on voit une troisième génération, en tout semblable aux deux autres, qui apparaît au-dessus d'elles et (pii, en devenant libre a sou tour, laisse le pa- rent simple, comme sont les jeunes eux-mêmes, avant d'être su! tisamment développés pour se reproduire de la même manière, .\insi, dans ce mode de reproduction tout à l'ait exceptionnel, le Polype , ipioique réellement gemmipare, n'est que momentanément composé, et demeure finaleiiient simple. Nous n'avons jamais vu dans cette famille aucun exemple même monstrueux de rejiroduction par fissiparité, si ce n'est peut-être dans le Sjilieiiolroclius crispits. § JV. Beaucoup d'espèces s'attachent pour toute leur vie au sol ou aux divers corps sous -marins ; ce sont les Desmophylles, les Rhizotroqiies, les Cya- thines, les Cœiiocyathes , les Batliycyatlies , les Placocyalhes, les Para- cyatlies, les Hétérocyatheset (|uelques Flabellines; mais toutes les autres Turbinolides, c'est-à-dire la plus grande partie de la famille, après avoir adhéré dans le jeune âge , deviennent libres en se développant. C'est ordinairement de très bonne heure (|ue ces dernières espèces ces- sent d'adhérer aux corps étrangers; mais quelquefois leur pédicelle est plus gros et plus solide, parconséipient l'etlort poui' se détacher plus dif- ficile, et ce n'est que quand l'animal est arrivé a un certain degré de sa croissance qu'il commence a vivre librement. Ces Polypes parvenus a l'époque , variable suivant les espèces, où ils doivent devenir libres, peuvent se détacher de deux manières diflerentes: ou bien le pédicelle sclérenchymateux qui retient l'aniinal an sol cesse d'adhérer et suit le re.-^te du corps, qui conserve alors toutes ses parties; ou bien ce pédicelle déjà mort demeure fixé sur la surface qu'il encroûte, tandis qu'une séparation plus ou moins rapide s'opère entre les parties dures on le travail orgaiiii|ue a cessé et celles plus nouvellement formées (1, l'I S, lip u rLni!i\()i.iiii:s. 'il 7 où l'iiclivité viliile s'exerce L'iifuri^, el laiiiiii:il li'acqiiierl sa libiMléi|iiaii prix (le l'abaiiiloii de sa poitidii liasilaii'e . :!, i. Il, li, iMc. {i\ l'i S. ng. ic. "îi^l Nil.'ME EDM'AKIIS RT JDLKS IIAIME. Cil CH (|u'oii n'mar(|i|p ((iiijdni's sur eux la coiilimialiun des plis (ransver- saux (le l't''|)illièi|iie. ScLÉBENCHYME DERMiOLE. — Le scléieiicliyniR dermique compose pres- que toujours a lui seul le polypier des Turbiuolidos. Ce polypier n'est jamais poreux, et toutes les lames qui le eonstituent sont des lames parfaites, c'est-à dire sans aucune perforation. Murnilti'. — La muraille, (pii en général est assez épaisse, est formée pardes lifjnées de nodules 1res serrées et intiruemeul soudées entre elles, de telle sorte qu'il ne reste jamais de pertuis entre deux lignées con- tinues. Dans les sillons interrostaux des vraies Turbinolies, ou aperçoit des séries de petites fosseltes assez profondes, qu'au pvemiei' abord on pour- rait regarder comme des perfoi'alions (1); mais un examen attentif nous aroiivaincus que ces trous n'entament qu'un peu la substance de la mu- raille, et ne la traversent pas. La perfection de la lame murale est un caractère commun à toutes les espèces de la famille, -sans exception aucune. Côtes. — La muraille est garnie extérieurement de côtes qui pré.sen- teiit, suivant les espèces, de gr'andes dilîér-euces dans leur grosseur, leur degr'é de saillie, leur forme, etc. Filles soirt presipie toujours droites, l'ar exception , quelques unes d'entre elles sont courbées irrférieuremeiit dans lesPlatyti-oques (2) et le •Splienotroclmn into'iiiitliiiii : \. (3) PI. 7, fig. in iM n. (6) PI. 10, lig. 8 iM y f7) PI. 7, lig. 1. I l■l;FUil^OLlUl•;s. 2^3 cimraiUe la pidiliicMicin des iiiidiiles, et il est luiijuui'S fiieilc |iiii' la coii- sidcratidii des iiypriccineiils de res iiodtilas df se rendre e(ini|)(e de toutes les modilicaliuiis que présentent les cotes. , La confusion en masses distinctes de nodules développés sur certains points seulement produit des épines, des tubercules ou des crêtes, suivant (pièces nodules se développent également ou plus ou moins abondam- ment dans différents sens Ces divers appendices, i]u'on doit considérer eotnme des dépendances de la muraille et comme des analogues des r(Mes, se remarquent prinri- paleraent dans les Acanlliocyatlies (l)et dans le genre Trochoci/nihus, qui l'ournit des exemples de presque toutes ces nioilifications. C'est un fait digne d'attention, (|ue les côtes principales seulement sont épineuses on cristil'ormes Ordinairement ce sont nnicpiement les pii- inaires (ex. : Acanthocyalhus Unslimjsii [i ) et quelquefois même deux seulement des primaires (ex.: Acuntltocijatlius Stokesii) (3). Dans qiiel- ipies Trocliocyathes , les secondaires présentent également des crêtes, et très rarement, enfin, on en voit aussi de petites en certains points sur les tertiaires il est assez fréquent (pie les (oles principales aient leur bord ondulé , comme on le voit dans le Troc/wyil/iiis mulii/a/iis , le (e- inliitrnr/iii). (hiodeciiiiciistulns. et dans les J)esiiiii/i/iiflliiin A). Lors(|ue les côtes .^ont subplanes ou peu saillantes, elles sont ordinai- rement couvertes de petites graimiations disposées eu courtes séries transversales. Ce sont encore des granulations , mais plus grosses , et très régulièrement disposées en séries verticales sinqilesqui forment les côtes (lu Dellocyatlie (5). Les grains costaux du Sjilieinitrorliiis crispus sont (également gros, mais iriéguliers,et alternent sur deux séries verticales; ce qui produit l'apparence crépue de ces côtes. Dans le Sphenotrodius fjranuloi'iis (6) , ces grosses granulations, plus nombreuses, et avec une forme presque carrée, envaliissent la place des sillons intercostaux; on ne dislingue plus de côtes, si ce n'est auprès du calice , et toute la sur- face paraît granuleuse. Ces grains costaux, de méiiie que ceux des faces des cloisons , correspondent a des brandies stériles des nodules scléren- cliymaleux ; lors(pi'ils sont très gros , il est probable qu'ils résultent du rapprochement de plusieurs de ces branches. Uuelcpiefois l'élargissement de la base du polypier parait être dû (I) PI. 9, fig. 2 PI :i. 2) PI. 9, fig. :i. (3) PI. 9. fig 2, i-i] PI 7, fig. 10. (."))PI. 10, fig. I I (6) PI. 7, fig. i. 22'a MIIAB KItWABIM Kl' JULES U.tIMB. presinie exi'liisivtMiieiit au déveliippemeiit considérable des eiétes, nirisi <|iie nous l'observons ilaus les Platyiroqups (I). La carènp du Tmpido- cyathe provient probablement a la lois d'un très gi'and développement des côtes latérales, et du prolongement irdérierir de la muraille. Cloisom. — Les lignées verticales de la muraille produisent en même temps en dehors et en dedans des séries de nodules tiansversales ou ascendantes, (]ui, par leur développement progressif, doivent former extérieurement les côtes et intérienrenieiit les cloisons. Pres{|ue toujours, toutes les lignées murales concourent à cette IcMnialion ; cependant, il v a quelques exemples [Cyathina ri/nt/itis) de petites lignées intercalaires qui restent stériles. Dans cette famille, toute cloison est une lame parfaite, c'est-à-dire qu'elle ne présente de perforations dans aucun de ses points. Nous ne connaissons pas une seule exception à ce caractère important. Dans cette famille, toute cloison naît de deux lignées murales conti- guës, et est composée de deux feuillets. Ce fait, qui probablement est très général dans l'ordre des Zoantliaires, se vérifie toujours facilement ici. Les deux feuillets des cloisons dérivées du genre Dcsmin restent indé pcTidants l'un de l'autre dans toute leur étendue (2) ; c'est le seul poly- pier coinui qui soit dansée cas. On trouve assez fréquemment dans les Flabellines ces deux feuillets écartés légèrement soit en dehors, soit en dedans; mais ils sont exacte- ment appliqués l'un sur l'autre dans la plus grande partie des surfaces rpii se regardent. Chez quelques espèces de ce même genre, bien qu'ils ne soient écartés dans aucun de leurs points, ils ne contractent pas d'ad- hérence intime par les faces ipii se louchent, et il e.st facile de les dé- tacher. Au contraire, dans toutes les autres Turbinolides, ces feuillets sont so- lidement soudés l'un à l'autre, et lorsfpi'on brise une cloison, on ne re- cnniiait la duplicité de la lame que par la coloration différente de la sub- staTice intermédiaire. L'espèce déciment qui unit les feuillets forme une couche moyenne extrêmement mince, et souvent même on ne distingue sur la tranche de la cassure iju'une ligne d'union presque mathématique. Les lignées cloisoimaires ne se séparent jamais a leur sommet ni isolé- ment, ni par faisceaux, pour former descrénelures, des dents, des épines ou des lobes, et le bord libre de la cloison reste toujours entier. Cette intégrité du bord , propre à toutes les espèces de la famille, est lui degré de plus dans la perfection des lames sclérenchymateuses. Il arrive quelquefois (|ne les cloisons en approchant de l'axe du poly- (1) PI. 7, lig. 7 cl !l. (2)PI. 7,lig S'. riiRRi\ni.ini;s. û'IT^ \i\py preseiileiil un sunidil d'activité dans Ipiir ai'cniissrnienl , pI ()iip |ps lignées dont elles se Cdnipnsenl venant a s'élargir ou à se liiliirqner. ne peuvent pins resler dans le inênie plan, el donnent naissance a un bord ondule. Lorsque cette disposition est 1res prrnioncée , connue dans le FlnhelhtDi (iriilriiliini {\) , ce qui . du reste, est très rare, on pourrait croire, en regardant la cloison de protil. que le bord est légèrement dente ; mais ce n'est qu'une illusion, dont il est facile de se rendre compte. Dans les Turbinolies [>ropremeut dites, et chez deux Flabellines. nous trouvons des cloi.sons dont le boi) où il y a cin(| et même six cycles de i loisons , ce ne sont pas seulement lessecondairesqui deviennent en tout semblables aux pri- maires, mais encore les tertiaires , et ()uel<|uefois aussi celles de qua- trième et de cinquième ordre. Il en résulte que ces espèces ont en appa- rence un nombre consid(>rable de systèmes ; cepcMidant , en observant le jeune âge, et, lorsque le moyen vient a manquer, en examinant le polypier à sa partie iiilérieiM'e , il est presque toujours facile de se coii- \aincre qu'il n'y a la primitivement que six systèmes, et que c'est réelle- ment la tendance a l'égal développement 'les cloisons des premiers cycles ipd peut eu imposer sm' leur nombre réel. Les cloisons d'un cycle peuvent donc être tout a lait semblables a celles du cycle immédiatement supi'>rienr; cependant ce que nous venons il'indiquei pour les premiers cycles n'a jamais lieu pour les dernier.s. .larnais les cloisons les plus jeunes de toutes ne sont égales a celles du cycle pénultième. Dans la grande majorité des cas, elles restent beau- coup moins iléveloppées, et même rndimentaires; quelquefois, au con- traire fflaiis les Desmopliylles ((>) et les Hétérocyatlies (7)] , les cloisons du dernier cycle sont beaucoup plus élevées et plus larges que celles du cycle immédiatement supérieur. Mais, nous le répétons, elles ne sont jamais égales. Il est à remarquer que là où elles sont plus développées que celles du cycle précédent, leur direction n'est jamais perpendiculaire a la tangente , ipii passerait par leur point le plus extérieur ; sans cpi'il soit vrai poui- ciila (pie les cloisons ((ui dévient de la direction du raycui soient iK'cessairemeiil toujours plus développées (pie celles du cycle qui (Il PI n. n-, 8. 9. m (2) PI. m. fiî. 'r. 'n) PI 7. fie 2. .1. i (ii-Pl. 7. fis m', .ï) PI, 8, fig. r. 8". li) PI. 7, fig. 10. III' Tj PI 10, li;;. 3, 'J'. 228 MILKE EDtlARDS ET Jl'I.ES HAIME. les précède. Ce que nous disons a ce sujet pour les Turhinolides paraît également applicable a toutes les autres l'aniilles de l'ordre des Zoan- ihaires. Colume/le. — Toutes les cloisons des iMsimi/j/n/l/iini (I) restent libres par leur boni interne dans la majeure partie de leur étendue; ce n'est que tout a l'ait inférieurenient qu'elles se touchent directement par ce bord. Chez le Rhizotro(|ue (2), les cloisons se rencontrent dans une plus grande étendue, mais encore directement, et sans qu'il se développe au- cun tissu intermédiaire au milieu de la cavité du polypier ; il n'y a pas là de columelle, ni rien qui en tienne la place. Les Ftabellum (3 et le Blnstotrochiis [4) nous otTreiit des exemples d'une columelle pariétale qui est très remarquable, en reque les trabiculins, au lieu d'être minces et lamelleux comme a l'ordinaire, sont gros et sub- spiniformes. Ces trabiculins partent du bord épaissi des cloisons , et se disposent en général sur deux séries verticales. Ils ont une direction plus ou moins irrégulière, bien que sensiblement horizontale; ils se soudent quelquefois avec ceux q\ii s'avancent au devant d'eux ; mais le tissu peu abondant (juils l'orment est lâche , et il est toujours facile de distinguer de quelle cloison dépend un trabiculin choisi au milieu de tous. Toutes les autres Turbinolides ont une columelle composée d'une ou plusieurs tigelles qui viennent du fond de la cavité. Cependant, les ti- gelles cohimellaires des Paracyathes (5) paraissent se détacher des cloi- sons, comme les palis eux-mêmes, sous forme de poutrelles ascendantes, et sensiblement verticales; nous avons nommé i/oismmairp cette sorte de columelle, qui , du reste , pourrait bien ne pas diH'erer autiement de la columelle essentielle, que parce que ses baguettes contracteraient de bonne heure inférieurement une adhérence intime avec les cloisons. H est probable, quoicjue nous n'ayons pas pu nous en assurer par l'obser- vation directe, que les Platytroques présentent une semblable Columelle. Mais partout ailleurs, cet organe paraît être indi''i)eiidant des cloisons, et avoii' une origine propre. Il nait du milieu de la base du polype, et s'élève verticalement pour venir saillir sous diverses formes au fond du calice. Durant ce trajet , il touche au bord interne des cloisons principales, et souvent s'y soude en différents points; mais les éléments (|ui le i-omposent ne .sont jamais (1) PI. 7. fig. 10", I i" (2) PI- 8. fig. \h (3) PI 8, fig. 1 , 3., 6. 8„. (4) PI. 8, fig 14. .5) PI. 10. flg. fi". 6'. 7.. niiBiNOLiuiis. 229 PII continualioii avec ces cloisous, et on peut toujours déterminerexacte- nieiit le point où celles-ci s'arrêtent. C'est assurénient dans la famille des Turbinolides que l'on trouve les exemples les plus saillants des diverses columelles essentielles. Tantôt les petites baguettes coluinellairosse réunissent en faisceau {columel/e fasci- cutaire), d'autres fois elles se disposent sur une seule ligne {co/urnelle sérialairij) . Lorsque les éléments coluniellaires fascicules, au lieu de rester isolés entre eux ou unis par des soudures partielles, se confondent en une seule masse compacte , la coluraelle ressemble à un style ( columelle styli- forme). Si , au contraire, les tigelles, qui se confondent entre elles , sont disposées en une série linéaire , il en résulte une lame continue qui s'é- lève verticalement, et qui sépare en deux la cavité générale ( <"o/«me//p Imneltaire). Si nous examinons isolément les éléments verticaux d'une columelle soit fasciculaire, soit sérialaire , nous voyons que cbacun d'eux est formé par une ou plusieurs lignées de nodules sclérenchymateux , qui s'ac- croissent par leur partie supérieure. Quelquefois, la direction ascendante de chaque lignée est rectiligne; la tigelle ainsi constituée a la forme d'une petite colonne prismatique ou cylindroïde, et la surface supérieure de la columelle est papilleuse; c'est cequ'on observe dans les Discotroques (il, les Brachycyalhes (2) et les Tliécocyathes. Mais souvent les nodules de chaque lignée suivent une direction ascendante spirale ; alors la tigelle ressemble a un petit ruban tordu sur lui-même, et la surface supérieure de la columelle offre un aspect plusou moins chicoracé. Les Cyathines (3), les Acanthocyalhes (A], les Bathycyathes, les Cœnocyathes, montrenltrès bien ce caractère, qui est moins évident dans plusieurs Trochocyathes. Les columelles résultant de la confusion de leurs éléments vertii^aux sont beaucoup moins fiéquentes que les précédentes. Nous ne trouvons de columelle styliforme que dans le genre Turhinolia proprement dit (nobis) (h), où quelquefois elle s'élève au-dessus des cloi- sons. Les genres S/i/tpno/rac/iiis f61, Plncnfrochns (7), Discocijnthus (SI et Phi- I 1) PI 7, Bk. 6,. 2) PI 9, fig. 6". V. PI. 9 fis 1». 4) PI 9. fig. 2" 5) PI. 7 fig- r. 6) PI 7 fig 2 7) PI g fig. 15 X) PI 9 fig. 7". 3. i '2'M) mii.m: l'iiiH.tKiis 1:1 .11 i.Ks ii.tiHi^:. cocynl/iiis (I) , ont iiiif culiiiin^lli' larnellairi". Vu des cariii'liMfs de i-flli' sorte de culuiiielle est sa gi-aiide minceur; les nodules des lignées <|ni la eomposent ne poussant des braiielies i|ue dans le plan général delà laine Assez habituellement, les lignées veilicales, s'élargissant dans leiii' partie supérieure sans cesser d'être parallèles, Jévient nn peu de ce plan a droite et a gauclie alternativement ; ce (pn donne an liord terminal de la eohi- inelle une direction U^gèrement tlexueuse. Dans le [liscocyatlie ccpen- daut, cette ligne est parlaitement droite La coliimelle lamellaire dn l'ia- cotroque est lemarqualile , en ce que ses éléments restent isrdés a leur partie supérieure, d'où résulte un bord ilenlicnle ou criNieb". Dans le Deltocyatliea l'état aduln^ (-2), la eolnmelle apparaît au centre du calice sous la t'ornie de trois tnbercides disposés en série , celui qui occupe le milieu étant pins gros (pie les autres Si on examine <'es parties chez les jeunes , on trouve un nombre de ligelles iMiluinellaires variable , mais d'autant plus grand que le polypier est plus jeune ; par les progrès de la croissance, ces tigelles se rapproclieiit , et se soudent intimement deux par deux ou trois par trois, de façon (|ue le nombre de ces ba- guettes diminue de (dus en plus, et que le volume des faisi'eaux aug- mente jusqu'à ce (pi'enlin il n'y ail pins eu tout que trois masses, en ap- parence simples, mais résultant de la coidusion des éléments Ainsi cette culumelle est d'abord fasciculaire, et, par l'intime réunion de ses parties autour de trois points en ligiiedroite, elle ressemble a une eolnmelle sé- rialaire. Palis. —Nous avons vu ipie ilaiis rertams cas peu nombreux, les cloi- sons principales restent libres par leur bord interne, ipie dans d'autres, égaleineiit rares, elles rencontrent directement par ce bord celles i|Ui leur sont opposées , et (pic très souvent elles tonciient a la eolnmelle; mais une quantité considérable de Turbinolides ont , devant certains cy- cles déterminés de leurs cloisons, de ptUites lames verticales étroites, si- tuées dans la continuation des cloisons, et intermédiaires entre celles-ci et la columelle. Ces petites lanies , auxipielles non»; avons proposé de donner le nom de /«|iosés silivaiil des li^;i]t"s tiansM'i'sak's du ()lili(|ii»'s. (> r.ai'actèj'iî [ii-iil ili'veiiir 1res (il)Miir, el alui's les palis sembli'iit liiiil a tait (li'|ieii(ire (1rs cloisuiis, dont ils ne seraient (jue des lobes internes Ainsi, dans les Pa- racyatlies (l), ils paraissent, de même (pie les tigelles columellaires, se séparer des cloisons par le haut, il est possible , en effet, qy'il y ait des palis cloisuiniaiios ou de taux palis dans (jncUpies Turbiiiolides; ce|)eii- daiit, ciiniinc dans U fîrandc inajoiilé des cas ils sont bien évidemment essentiels, (pie pies(pi(' toujours ils se distinguent des cloisons, soil par une plusyriindiî (>pai.sseur, soit parmi petit sillon loiinitudiiial, soit par (les granulations sur les laces autrement disposées, ou plus grosses, ou bien d'une tonne différente, et(omn(e, d'un autre ciHé, lorsque les palis semblent su détaclier des cloisons par le liant, on peut toujours admettre (piils sont néanmoins nés du tond , et (pie, primitivement indépendants (les cloisons, ils ont de bonne heure contracte une adhérence intime avec elles, fait ((Ue l'analogie rend ti(» probable, nous croyons (]u'il est plus vrai de les considérer partout dans cette Camille comme des parties es- sentielles, indépendantes a la t'ois des cloisons et de la columelle. L'étude du développement pourra seule t'onrnir a ce sujet une solution définitive. Ouoi (pi'll en soil. il esl inconteslable ipie la présence des palis est lice (I une manière intime au développement des cycles de cloisons, car ils ne .se montrent devant les cloisons d'un cycle que lorsque le cycle sui- vant est complet. Nous ne connaissons (pi'une seule espèce qui échappe a cette loi : c't«t YMeteroci/af/ius ipi/iiirun/iilus . où il parait y avoir des palis devant toutes les cloisons. Mais, a l'exception de ce cas unique, il n'y a jamais de palis devant le dernier cycle , et si même les cloisons du dernier cycle viennent a maiii|uer dans un seul système ou seulement dans une des moitiés de ce système alors qu'elles sont bien développ(;es dans le re.ste du polypier, dans ce système ou dans cette moitié on imî voit pas de palis devant les mêmes cloisons (|ui en présentent sur tout autre point du calice. Quelques Trochocyathes nous montrent cette cir- constance remar(|uable Il peut y avoir une ou plusieurs couronnes de palis (2). Lors(|u'il n'y a (|u'une seule couronne, les palis sont situés devant les cloisons du [lé- nultième cycle. Nous ne connaissons qu'une exception a cette règle Dans le Delto- Ij PI 10. fig 6'. (2) Il arrive parfois que l'iné^'alilé rie largeur des cloisons élanl très faible . loiis les palis sont a peu près égalemenl éloignés du centre, et se disposenl sur un seul cercle, Cependant il peut y avoir là plusieurs couronnes, parce que nous ap- pelons cnuronne (le palis l'ensemble des palis correspondanl à un cycle . el non pas loiilc série circulaire de ces parties. ^?t'2 niL.\u iiwwAKus Kl' jL'i.i:)!! utini:. oyatlie (l) , un ne voit qu'une fouroiiiie île palis, el elle coirespuml n— pendant aux cloisons de l'aiitépénnllièiiie cycle. LoiS()ue les palis roriiieiit |)liisieiirscouroinies, ils se placent ordinaire- ment devant tous les cycles i]ui précédent le ilernier, el en général sont d'autant plus développés (pi'ils sont situés vis a-vij d'un cycle plus jeune. Ainsi dans le /'ornci/rahus Stoliesii , où il y a cinq cycles de cloisons et (juatre couronnes de palis correspondant aux quatre premiers cycles, les palis les plus liants sont ceux de la quatrième couronne ou du quatrième cycle, puis viennent ceux de la troisième, puis ceux de la deuxième, et enfin ceux de la première couronne sont les moins élevés de Ions. Dans le Trtichocyallius coiiu/i(s, on observe les mêmes rapports (|uanla la largeur des palis des diverses couromies; mais plusieurs Trocliocyallies montrent les palis situés devant des cycles différents a peu près également déve- loppés, tandis que dans quelipies autres les palis les plus larges et les plus élevés sont ceux ipn sont eu (■(uitinuation des cloisons des preuMers cycles. Kniin il peut arriver (|ue les palis les pins développes soient placés de- vant les cycles moyens (ex. : 'J'roc/KK-i/Kf/iun uhc.aus (i)). Quoique les palis d'une même couroime soient dans beaucoup de cas devant des cloisons d'ordres différents, ils ne |irésenlent pas pour cela de caractères particuliers appréciables; ils ne se différeneieiit entre eux que ([uand ils ne sont pas vis-a-vis du même cycle. On a pu remarquer, d'après ce dajis le cycle pi'indtièine puur chiupie syslenie. Cependant les palis de loijs les systèmes piésenteni les mêmes caractères, et il est impossible île les distinguer entre eux. La même chose arrive pour les espèces ipn ont plusieurs couronnes de palis ou qui sont /yo/ysf/yv^H/^rx, et dont les systèmes sont mégaux. Ainsi, dans la plupart des Paracyatlies , les divisions apparentes sont sendîla- l)^e^ sous le rap|Mirt des palis aussi bien ipie sous celui des cloisons. Les pali> situés devant un cycle quelconipie , dans les petits systèmes, sont égaux aux palis qui sont vis-a-vis le cycle immédiatement 'nférieur dans les grands systèmes. Les caractères (jui dili'erencient entre eux les palis des différentes es- pèces ou ceux des différentes couronnes dans une même espèce sont or- duiairement des degri'S dans leiu' l.u'geur, leur épaisseur et leur éleva tion, et nous n'avons pas a nous y arrêter dans ce moment. Le boid supéiieur de ces palis est très généralement arrondi et entier ; dans deux genres seulement, les Paracyatlies et les Hétérocyathes, il est profondément lobé. On voit, d'après cet examen du polypier et de ses différentes parties, «pie les caractères qui appartiemient en même temps a toutes les espèces de la f'amdle sont les suivants; (liiiiiibrcf rmrcrli'S dniis /aille leur hauteur, et ne renferinnnl jiiuiinis d'en- (lothèque. Muraille iniperforée , ef u'étmif Jainais recourerte ftar une exothèque ou une périthèque. Toutes les clnisons amstituées par des Inuten parfuites , à deux f uiUets , et dont te bord libre est tmi/ours entier. Cet ensemble de caractères sépare nettement les Turbinolides de tous les autres Zoantliaiies; nous en ferons ressortir la valeur à mesure que nous pa.sserons en revue les différents groupes naturels dont cet ordre se compose. § VII. La famille îles Turbinolides se divise nalnrellemeiit en deux tribus, celle des Turbinoliens , qui n'a jamais de palis , et celle des Cyathiniens , qui est caractérisée par une ou |)lusiei;rs couronnes formées par ces or- ganes. .Nous I lissons en debors de ces deux tribus le genre Desmin, qui s'isole tout a lait dans la famille par les feuillets indépendants de ses cloisons. Les genres de la tribu des Turbinoliens se groupent en deux sous-tri- 23/i niiAE ijtw.iRns et jules haime. bus , suivant qu'ils nul le polypiei' rju ou entouré d'une épillièque com- |)lète; (le même, les espèces de la tribu des Cyatliiniens se distinguent trùh bien en deux groupes d'un ordre inférieur par la présence d'une seule lunn'onne de palis, on par plusieui's de ces couronnes. Les uiodilicatious de structure d'une valeur secondaire sont ti'ès mul- tipliées dans l'une et l'autre de ces tribus ; aussi , dans une classilicatioii l'ondée sur l'aiiatomie, conduisent-elles à rétablissement d'un nombre considérable de genres. Dans le tableau suivant, nous avons clierclié a ranger ces petits groupes suivant l'ordre de leurs allinités naturelles, et a indicpier les principaux caractères qui les distinguent entre eux ; ^ .J«) K*Mii.Lh DK» TtlililiVOMUES ( rURUISULIU.V). Les deux feuillets de toutes les cloisons appli(|uos I un contre l'autre. ^. Pas de palis Turbinoliens (Turbinolinae). ((. Muraille nue ou n'ayant qu'une épilheque parlipllo Tiihbinoliens nus b. Cloisons non fasciculées; columelle es-iientiellc c. Polypier élevé, lurbiné ou cunéiforme. rf. Columelle simple (formant une seule masse; e Côles lamellaires; columelle styliforme. . Turbinutin. ee. Côles non lamellaires; columelle lamellaire Sphmotruclins il(l. Columelle multipartite. /■. Base larj^e, droite, sans trace d adhérence, l'ialtjirucltiis ff. Hase pédicellée et courbée . . . Ceralotrochus. ce. Polypier discoïde, a niuraille horizontale Uiscolrochus. bb. Cloisons fascirulées; columelle nulle Uesmophyllum. lin. Muraille enlouréedunoépilliéiiuepelliculairecomplêlc. Tuno. revètcs. !/. Heproduction exclusivement ovarienne, /i. Columelle pariétale ou nulle. i. Pas de racines basilaires Flubellum. il. Des racines basilaires Rhizotrochus. hh Columelle essentielle, lamellaire Pliicolrochus. gg. Reproduction gemniipare Blastuirocims -''■ ", '' - '> ' ' À t Des palis Ctaïuinikns (CyatliiaiBe). a. Une seule couronne de palis ("ï.^TniKiENS monostéphanbs. (3. Reproduction exclusivement ovarienne, et par consé- quent polypier simple. y. Polypier subturbiné. 0. (!iolumelle oli'rant une surlace :?upericuro cliico- larée. Il iii;i\(ii.ii)i.s. -i-Sô ( fiilis lurgos. 5. 'foules les cotes simples CijinhiiKi ï,%. Certaines cotes épineuses ' Actinthociinllmn ££. Palis très étroits Cl très élevés Bulhycyaihus iê. Columelle à surface su(>érieure papillcuse , Hrachycyalhus ■yy. Polypier discoïilr, à muraille lioriïonlale . Discocyathiis. Çifi. Keproduction gemmipare : polypier composé Cœnucyallmx. a,. Des palis (levant deux ou plusieurs cycles. ("\ATHiNiiins polïstéphanés. . r. Des palisdevant tous les cycles (pu [jrecedent le dernier, H Polypier fixé ou subpédicellé. 1 Base plus ou moins grêle. X. Jamais d'épithèque c.om|)Jète . Trnclwtynihus. z'.. Une epillièipie complète .... Thecoryatlius. H. Base très large. fi. Cloisons très peu déliordaules. l'umajulhus lijx Cloisons fortement débordantes lleterocyntlius, 00. Polypier libre et sans trace d'adhérence. ■j Polypier en cône court, sans ap- pendices basilaires . . . Deltucyolhus. vv. Polypier comprimé, à base ap- pendiculée Truiiidocynthus r,r,. Des palis devant le pénultième et l'antépé- nultième cycle seulement ['lncocyollMs. 11. Les deux feuillets de certaines cloisons indépendants l'un de l'autre D^smia. o. 'l'i-iltii pli(iués l'un ciuitre l'antre, et n'ayant pas de palis. PHKMIlill i;iiUll>i;. l'IlRBINOLIENS XliS. Mnniiile nue on n'ayant ipi une épithè(]ne partielle. <;knui- I. — TURBINOLIK ( /'/ liHIMOI.IW r(i/i//iirr simple, libre, sans trace d'adliérenee, dioit et coni(|ue 'l'i/'s laniellaii-es, droites, pai lont 1res saillanics, mais prineipalcim ni 236 HILKE EDWARDS £1 JULES HAinE. a la base , a bord eiilier. Chaque sillon inteicostal présente une double série de très petites fossettes entamant un peu la muraille . et qui termi- nent des cannelures horizontales sur les faces latérales des côtes Calice régulièrement circulaire. ro/«me//e essentielle, stylil'orme. Six systèmes cloisonnaires. C/i>/sons débordantes , arrondies en haut, à bord interne légèrement concave. Celles du dernier cycle courbées vers leurs voisines des ordres supérieurs, auxquelles elles se sondent. Ce genre a pour type la Turhinolin siilcala. le plus exactement turbine et un des plus anciennement connus parmi les polypiers simples et libres qui constituaient les Turbinolies de Lamarck. Les Turbinoliens qui viennent se ranger près de ce type se ressemblent beaucoup entre eux , et comme ils sont tous de très petite taille , il faut un peu d'attention pour les distinguer. Au contraire, le petit groupe (|u'ils composent se sépare très nettement de tous les autres par sa forme conique et sa columelle styliforme. Ce dernier caractère ne se retrouve pas ailleurs dans la famille. Le genre Turbinolia ainsi restreint n'est connu jusqu'à présent qu'a l'état fossile. On le rencojitre seulement dans le terrain éocène, savoir : dans le calcaire grossier des environs de Paris, dans l'argile de Londres, et dans l'Alabama. Les espèces se dispo.sent naturellement de la manière suivante : a. Trois cycles de cloisons 6 Côtes minces, écanées. c. Columelle grêle, conique T. sulcata. ce. Columelle comprimée .T. Dixonh. tib Côtes épaisses. c'. Columelle très grosse, un [)eii comprimée T. pharetra. ce'. Columelle grêle, conique T. minor. (la Quatre cycles de cloisons. fc. Côtes minces, très saillantes T. costata hli' . Côtes épaisses, peu saillantes .... . . T dispar 1. TlKBINOl.I.^ SlUXAT.i. Turbmalile deuxième grandeur, Cuvieret Al. Brongniari. Géographie mmer des env. de Paris, pi. n, fig. 3 (1808 ) Turbinolta sulcata , Lamarck, Hisl. uat des .iiiitn. sans verl., t. Il, p 2.11 (1816); — 2»édlt,, p. 361 — Lamouroux , Exposii. méthod. des genres de poli/picrs , p. .SI , pi. 71, hg. IS-21 (1821). Figure incomplète el iripxacle. n;nRiNOi.iDKS. 2.'i7 — Cuvier et Broii^niail . Deacnfil. yéol dfx tfiny de Ptirin . p. '.i'i. pi viii. fig. 3 (1822), — Eudes Desloiichanips, Eue mHh. . t II, p 761 (1824). — Goidruss. Petref. Germ , p 51 , tali xv. 11;^ 3 (1826) Excellente figure. — ■ Charles Morren, Descriplio Corail fnsx in llelgio reperl , p, 52 (I828j. — Defrance, DicI - des Se . nnl., t. LVI, p 93 (1828) Mais non la figure 2 de la pi, 36, que nous nu savons à quel genre rapporter , cette même fi- gure se retrouve encore sous le nom de Turbinolie sillonnée dans le Ma- nuel d'actinologiede M. de Blainville. pi ;'i7, fig. 2 — Holl. Hundb der Pelref.. p. 415(1829). — Bronn, Lelli. geogn., t. II , p 899, lab. xxxvi , fig 4 (1838), Bonne figure; mais la columelle est trop grosse. — Nyst, Descripl. des cnq. et Jiohjp. fous des len\ lerl de la Belgique, p. 629, pi. XLviii, fig, I I (1843). — Michelin, Icon Zooph , p. 15l.pl. 43. fig 4 (1844). — Graves, Topogr. géognos du départ, de l'Oise, p. 701 (1847). Polyfiipr an cône allongé et subcylindrique. Cèles minces, et l'étant partout égalentieiit : les primaires et les seconrlaires se montrent fiés la base et presqne a la même hauteur, et elles sont a peine pins saillantes a leur partie inférieure que près du calice; les tertiaires naissent à une petite distance de cette hase. Dans chacun des vingt-quatre espaces in- teicostaux qui sont larges, on aperçoit tout a l'ait eu haut une petite rôle rudimenlaire ijui n'a pas de cloison correspoTidanle en dedans de la muraille. Colurneth s'élevant au niveau ou un peu au-dessus du bord supérieur des grandes cloisons, en une pointe grêle et conique. On y renianjue six stries droites, prolongements des cloisons primaires qui viennent s'y souder. Trois ordres de cloisons: systèmes égaux Les cloisons primaires et secondaires s(uit également débordantes, les primaires .se distinguent en ce qu'elles se soudent plus haut et plus fortement à la columelle , et parce que chacune d'elles reçoit de chaque côté ime tertiaire qui s'y soude par son bord interne ; les tertiaires sont un peu moins débordantes : toutes ont leur bord interne a peine convexe et presqne vertical avant qu'il devieime horizontal pour aller s'nni'r a la columelle. Les secondaires sont plus larges en liant i]ue les primaires Les granulations des faces sont peu distinctes Hauteur, G ou 8 millimétrés ; diamètre du calice, 4. Fossile du bassin de Paris ; très commune a (Jrignou ; se trouve aussi aux enviriins de Loiivain ("Nyst). C. V.. •2'ÀH iiii.m: i':it%vtRi»s ii .11 i.i:» iiiimi:. 2. Tl ItliINOI I \ DiXOMI. Turbinoiiu siilcntii, Kleiiiin^, Hist. 0/ liril. unitii., [>. 510 {I Si8). Tiirbiiuilia Uixunii. Milne Edwards elJules Hairiie, Ann. ilex Se. mit.. :i' sé- rie, I. IX, pi. 4, fig. 2, 2", 2» (1818). l'ûly/tier lurbiiié, large au calice, et altémié vei's la base. rôles très minces, écartées, très saillantes, siihcrénulées int'érieiire- nipiit, où elles saillissent davantage que flans le reste de leur longueur. F^es tertiaires naissent vers le quart inférieur de la hauteur; les cainie- liires des lames costales très prononcées; les trous intercostaux en séiies régulières, grandes et bien visibles. f.'filiiinel/i' couipriniée, fnienioMt granuleuse, ne s'élevant pas tout a t'ait au niveau des cloisons. Trois ordres de cloisons; systèmes égaux. Les secondaires diH'èrent des priniaires par un peu moins d'élévation et beaucoup moins de largeur. Les tei'tiaires sont beaucoup moins débordantes ; elles se dirigent vers les priniaires, auxquelles elles se soudent non loin de la columelle. Tontes sont très ininces, a peine épaissies près de la gaine; leurs laces monireni des gi'ains un peu ovalaires qui sedispos(^nt en séries radiées. Hauteur, 10 inilliniètres; diamètre du calice, .1. Fossile de Blacklesliam-Bay. C.nll. Frederik Dixon et E. O. Tl l'.r.INOl.l \ IMIAItliTli.V. Turbinolia phiiretni , Isaac Le;i, Cnnlnfiutioiis tu get.iliujij , p. 1 ifi . pi 6, lig. 210 (183.3). — Bronn, Uth. ijeuqn.. t. Il, p. 900 (I8.!8). — Miclielolli, Spécimen Zooph diluv., p. 61 (1838). Otte espèce a la même l'orme (pie la /'. siilni/'i , dont elle diffère par (les côtes très peu saillantes, mais grosses; les primaires et les secondaires sont surtout très grosses inférieurement. Les sillons intercostaux sont cependant assez larges, et montrent distinctemenl une série de trous très petits et très nombreux , très régulièrement alternes. Ciditmelli' wn peu comprimée, très grosse, présentant six arêtes assez fortes qui conti- nuent les cloisons primaires. Les systèmes de r/nisiDis sont comme dans les espèces précédentes. Hautem', 6 millimèlres : fliamilii' iln (alue, i. Fo.ssile de l'AlalianKi. Coll. .\l(ide d'()rlii;;iiv It l'.lllMll.lIlKS. 'l'M) '|. Il lUinOMA Mi>nii. Viily/jîer ('yliii(li(i-cen épaissies en dehors. C'est avec lesTurbinolies (jue les Sphénotroques ont le plusd'at'linité; cependant ils s'en distinguent tout de suite par leur l'orme comprimée, leurs côtes non lamellaires et leur columelle en lame verticale. Ce der- iiier caractèje les différencie en outre de presque tous les autres Turbi- noliens, puisqu'on ne le retrouve que dans le flncnlroclius , lequel s'é- loigne des S[)héniitro(|ues par son épitlièque complète Le Sphenoliijclois Amlreicianus vit sur les côtes de Coiiiwall et des iles de Arran (Irlande). Toutes les autres espèces sont fossiles et appartien- nent aux terrains tertiaires. On les trouve dans le bassin de Paris, dans ks faluns de l'Anjou, et dans le crag rouge de Sutton. Les espèces dont nous connaissons les caractères se disposent d'après la l'orme des côtes : n Cotes dislincles dès la base. h Toutes ou seulement certaines d'entre elles crépues. c. Toutes également crépues. (/. Toutes fortement crépues et dans une grande étendue .S- rrisiiuf: (Id Toutes faiblement crépues et seulement prés du calice. Cf. Les seules tertiaires fortement crépues bO. Toutes lisses. c Base aussi large que le calice. /■. Base très comprimée ff. Base non comprimée ee. Base étroite nu. Surface inférieure granuloso-papilleuse. /' Côtes distinctes dans toute la moitié supérieure ... S. semigranosua. ^fc. (!o!es distinctes seulement tout près du calice . . S grnnulnsux . S. mixlus. S. pulchellita . S. intermeiWis. S. milletianux. S. Aiidreivianux. I. SpiJENOTKOCHUS CRISi'i:S. TurbinoliU aplutio, G. Cuvier et Al. Brongniart, Gcogr. minéral, des fiiv. rie Paris, pi. Il, fig. 4 (1808 ). Tnrbinolia crispa, Lamarck, Hisl. nal. des anim. sans vert., t. Il, p. 231 fl8l6); — 2' édit.. p. :!fil. — Lamouroux, E.rp. mélh , p. 51, tab. 74, fig. I'j-17 (1821). Forme gé nérale de la figure et détails très inexacts. — Cuvier et Brongniart, Desrript géol des eur. de Paris, pi. viii, fig. 4 (1822). Figure incomplète. :l'série Znni, T IX (Avril 1848.) ; 16 2/i2 nil.^iE EltlVARDS F,T JlILES HAIME. — E. Ueslonchanips, Euvycl. méth. t. II, p. 761 (1824). — Goirifuss, Pelref. Gcrm . p. 53, lab. xv, fig. 7 (I82fi). Dans mile figure, la base est trop large et le calice un peu inexact, — Lamarck , Tabl. enc. et méth. des trois règnes, l. III, pi. 483, fig. 4 (1827). Très mauvaise figure — Defrance, Dict. des Se. uat.. t. LVI, p. 92 (1828) — Bronn, Lct geogn.. t. II, p. 899, pi xxxvi, fig. 3 (1838). Les détails de la figure sont incomplets et inexacts. Turbinolia trochiformis, Michelolti. Spec. Zooph dit., p. 54, tab I , fig. 7 (1838). La forme générale de la figure est bonne. C'est a tort que cette espèce est rapportée au Mndrepont trochiformis de Pallas. Sous ce nom Pallas comprenait évidemment plusieurs espèces, mais toutes très diffé- rentes de celle-ci , puisqu'il donne comme synonyme le Mndrep. lurbi- nala, L., qui est unCyathophyilum. Pallas était d'ailleurs trop exact pour jamais appeler trochiforme un polypier en forme de coin. Turbinolia crispii. Milne Edwards, Atlas de la grande édit. du Règne unim. de Cuvier, Zoophytes, pi. 82, fig. 4. — Nyst, Coq. et pot. foss. de Belgique, p. 630, pi. XLvn[. fig. 13 (1843). — Michelin, Icon. Zooph., p 150, pi. 43, Bg. 1 (1844). — L. Graves, Topngr. géugnost. de l'Oise, p. 700 (1847). l'olypicr très CDiiiprinié iiiférieuremeiit. Ciilri< largos, t'ortpiiient plis- .sées en zigziig on cn'p'ies ihiris leurs deux tiers siipérieufs, plus minces et presque lisses ilans leur tiers iiirérieur; les latérales beaucoup pins saillantes que les antres, surtout inrérieurement, et souvent crépues de- puis la base jusqu'au sommet. Bonis du m/icp légèrement convexes d'un sotnmet du grand axe a l'antre sommet; les axes .sont entre eux comme lOd : 200. Col unw/ le 1res mince, à bord plissé dans son milieu, faisant un peu moins de la moitié du grand axe du calice. Cloisons pri- maires et secondaires se sondant a lacoluinelle par un double bord qui résulte de l'écartemeiit en ne point des deux feuillets cloisomiaires. Ce caractère, que nous avons également coitstaté dans le Sp/ienotrochus in- termeri iiis , es.\, peut-être général dans les Spliénotrocpies Les tertiaires sont seulement un peu moms élevées et .se .soudent ini peu plus bas à la columelle. Le bord libre des cloisons décrit une ligne en zigzag, et sur les faces on volt des stries radiées bien marquées, avec des grains écar- tés. Hauteur, 7 on 8 millimètres; grand axe du calice, 7; petit, de .'ià A. Les très jeunes sont plus larges (pie hauts, et les individus qui se déve- loppent be^anconp gagjient en élévation; mais les axes de leur calice n'augmentent pas notablement. Fossile (In bassin de Paris ; ti'és conHimii adi'igiioii; se Ironvr aussi aux environs de Louvain cl de Oand (Nyslj. TUI1BI^•0I.IDES. 243 2. SPIIENOTROCHL'S MIXTUS. Turbinolia mixlii . Defrance, Notfs manuscrites. — Michelin, Icon. Zonph., p. 151, pi, 43, fig. 3 a (1844). La description se rapporterait plutôt au Sphenolrochus milletianus ; la figure et surtout le grossissement sont aussi un peu inexarls, — L Graves. Topogr. géog/i. de l'Oise, p 700 (1847). f'o/i/pier beaucoup moins large et plus allongé que le.V. crisjnis, à base très mince, beaucoup plus étroite que le calice. C'ùlfs droites, à peine crépues en haut, lisses iuférieurement ; les latérales plus saillantes que les autres, surtout Hans leur partie inférieure. Les bords du calice sensi- blement compris dans un même plan horizontal ; les axes sont entre e'jx comme 100 ; 175. La columi'lli' et les cloisons comme dans le S. o-ispus ; seulement les grains des faces sont infiniment plus saillants. Hauteur, 5 ou millimètres ; grand axe du calice, un peu plus de 3 ; petit axe, ■>. Fossile de Griguon et aussi , suivant M. Michelin . de Parnes et de Thury-.sons-Clei'mont (Oise). Coll. Defrance et E. • ?>. Si'MKNOTftOCHUS PULCHI'l.l.l S. (PI. 7, fig 3) /'olypier un peu allongé, fortement comprimé dans ses deux tiers in- férieurs, légèrement concave par les côtés, à base large. Càtes sensible- ment droites, serrées, illégalement interrompues dans leur partie infé- rieure. Les primaires et les secondaires à peine crépues en haut et très étroites ; les tertiaires très fortement crépues dans leur partie supérieure, et très larges ; les tertiaires voisines des primaires latérales sont crépues ilepiiis la base. Les bords du calice sont légèrement convexes d'un som- met du grand axe a l'antre sommet. Le rapport des axes est égal à celui de 100; l>S;i. ^'(//«(«('//e a bord supérieur a peine flexueux. r/o/son.s comme dans les espèces précédentes; les grains des faces un peu plus saillants (pie chez le S. rrisims, beaucoup moins que chez le .S', mixtus. Hauteur, tj millimètres; grand axe ducalire, 4 1/2; petit axe, 2 1/-2. Fossile de fiiignon. C E. 6. Sl'Hi;>OTROCHUS IMKRMEDIUS. Turbinnlia inlermedin. Munster ap. Goldfuss , /"(■(Je/'. Germ . p. 108, pi xxxvn. fig. 19 (1826). — f.h. .Morren. De^mpl. corail, foss.in Oelgio repcrt , p. 52(1828). ikk nn.NK EDWARUS RT JUI.EH HAIME. Turbinolm. Richard C, Taylor, Mag. ofiial. Uni .vol. IM, p 272. fig ' (1830). Figure grossière, Turbinolia intermedia. Milne Edwards, Annotât, de la 2' édit de Lamarck, p. 361 (1836). — Nyst, Coq. et pol foss des terr. tert de la Belgique, p. 631 , pi xlviu. fig. 14(1843). La figure ne montre pas de columelle. Turbinolia milletiiinu, Searles Wood, Ann. and Mag. oj nat //i.ïf,, l xiii p 12 (1844). /'nlypier très comprimé inférieuremeiit , médiocrement élevé, tronqué il sa base, qui est très large; (luelquefois aussi large que le calice Côles assez grosses, subégales, saillantes, parfaitement lisses, serrées; les latérales et celles qui les avoisinent légèrement courbées iuférieurement, et un peu plus développées que les autres. Sillons intercostaux étroits et profonds. Les axes du cnlice sont entre eux comme 100 : I5(). Le grand axe est sur un iilan un peu inférieur h celui du petit axe, surtout dans les jeunes. Co/m«c//eun peu épaisse, ordinairement bilobée. Cloisons w\ peu épaisses, surtout en debors, à bord interne vertical et flexueux ; à faces couvertes de petits grains coniques assez serrés. On voit assez bien les primaires et les secondaires se dédoubler pour se souder à la columelle. Ce caractère a déjà été indiqué par Goldfuss. Hauteur, 8 ou 9 millimètres; grand axe du calice, 6; petit axe, 4. Fossile du crag rouge de Sutton et du crag d'Anvers. M. Wood possède une série très intéressaule des différents âges de celte espèce, qui montre que les très jeunes sont fixés par un pédicelle cylindroide , duquel ils se détachent bientôt par rupture; la plaie se cicatrise assez vite. Nous ne voudrions pas affirmer que le même fait ait lieu pour toutes les espèces de ce genre ; il nous semble même que le Sji/ieno/roc/ius Andrewianus emporte avec lui .son pédicelle tout entier, dans lequel l'activité vitale se continue. Coll. Searles Wood et K. 5. .Sl'HRNOTIiOnilS MIl.l.KirAMS. Turbinolia milletiana. Defrance, Dict. des Se. nat.. t. LVI, p 93 (1828) — Michelin, leon Xooph.. p. 307, pi 74, fig. I ('1847). Otte espèce est extrèuiemeiit voisine du .S', intermedius ; elle nous pa- rait n'en différer qu'en ce qu'elle est un peu plus élevée proportionnelle- ment à la largeur, et presque aussi épaisse a la base qu'au calice; de plus, les côtes sont moins saillantes latéralement, et sont plus .souvent iiilerroin(ines. I^e ra)iporl des axes est à peu près connue lOfl : 2(Ki. riiMBINOLIDES. 245 Ce lossile est toujours plus ou moins roulé, et il est très probable que mieux conservé , il offrirait d'autres caractères distinctit's. Hauteur, 7 ou 8 millimètres ; grand axe du calice, 5 ; petit, -2 l /i. Fossile de Thoriyiié (Anjou). Coll. Defrance, Michelin etE. (■). Si>HEN()TuocHus Andrewia.ms. (PI. 7. fig. -i.) Turbinolm milletiana , William Thompson , Ann. and Mag of nat. hisl , t. XVIII, p 394 (1846). — Johnston, Brilish Zoophijles, 2'édil., p. 196. pi. xnxx, fig. t-3 (1846). Figure à peine reconnaissable. Polyjjier en cône comprimé, allongé, à base médiocrement comprimée et étroite. Toutes les eûtes parfaitement droites, lisses, subégales, un peu grosses en iiaut , serrées, non saillantes ; sillons intercostaux étroits, et peu profonds. Les bords du calice sont .sensiblement sur un même plan horizontal ; rapport des axes : lOo : r20. Le liord interne des clouons est furleinent tlexueux , et les grains des faces sont très peu apparents. Hauteur, 8 millimètres; grand axe du calice, 4,5; petit axe, 3,5. Habite les côtes de Cornwall et les iles de Arran (Irlande). M. B. et C. E. Cette espèce est très voisine du Splieiwlroc/ius inlertaedius ; mais elle en est cependant bien distincte. Nous devons a M. Robert Mac-Andrew les échantillons (|ui ont servi à notre description. 7. .SiMIE.NOTKOCIIUS SE.^^IGRA^OSUS. TurbinoUn semigranosa , Michelin Icon Zooph., p. 151 , pi. 43. fig. 2 (1844). — Graves, Tnpogr. géogn. de l'Oise, p. 700 (1847). Polypier un peu court, à base large, et très comprimée, tronquée. Côtes moyennes, très semblables à celles du Sphenotroctius eris/ms , mais avec des grains plus oblongs et ascendants; sur les parties latérales et inférieures , les côtes ne sont plus distinctes ; mais elles sont représentées par une large bordure de granulations papillifonnes allongées, inégale.s et serrées. Le grand axe du calice est sur un plan" un peu inférieur à ce- lui du petit axe. Ces axes sont entre eux comme lOO : iGti. La rnlumellc et les rloisrins comme dans le Sphenntrorhus rris/nis ; Diamètre, 1/20; longueur, 1; largeur au moins, l lO. » Is. Lea (1. cit.). Cette espèce, qui est fossile de l'Alabama, paraît ressembler beaucoup au jeune du Sp/ieriolrochu.'i ndlletianus , ainsi que l'a très bien fait remar- quer M. Michelin [kon. Zooph., p. .'(08). Genre IN - PLATYTKOQUE {PL.iTïl'ROCHUS). Polypier simple, libre et sans trace d'adhérence, droit et cunéiforme. Les côle.'s latérales et celles qui s'en rapprochent fort développées , .surtout dans leur partie inférieure, et séparées par des sillons courbes très manpiés. n lll•.r^()l.fr)^;s. 2/i7 f'alirc ellipliqiit'. 'o/«//(c//(' essentielle, t'uniiée par un faisceau de lij^elles elà surl'ace su- périeure papilleuse. Trois ordres de cloimns ; six systèmes égaux. C/ni.ions ilébordantes , très larges, très peu inégales, arrondies en haut; les grains des faces très saillants. Les Platytro(|ues re.sseinbleiit beaucoup aux Sphénotroques par leur forme et par leurs cloisons ; mais dans ces derniers, la columelle est la- mellaire, et ici elle est fasciculaire.Oanecont'ondra pas ce genre avec les Ceratotroc/ius et le Discotrochus , dont la columelle est également fasci- culaire, la forme générale de ceux-ci étant extrêmement différente. Ce petit groupe n'est encore composé que de deux espèces, qui sont lune et l'antre fossiles du terrain tertiaire inférieur de l'Alabama. 1. l'i.ATïTnocHus Stokesii. (PI. 7, fig. 7 et 7".) Turbinolia Slokesii, i,e3, Conthb. togeology, p. 194. pi. 6. fIg 207 (18.i3). — Michelotli. Spec. Zooph. dit . p 56 ((838). Etidopachys. Lonsdale , Jnurn. of the Geol. Soc nf London. t. l , p. "2 I 4 , fig. 6, c (184-5). Polypier très comprimé a la base, (|ui est large et fortement émaiginée au milieu. Toute la surface extérieure couverte de granulations assez grosses très serrées. Cijti-s très larges; celles du milieu des faces croissant en largeur de bas en haut ; celles des cotés et celles qui les avoisinent extrêmement développées , maissurtout inférieurementoù elles élargissent la base, au point qu'elle est a peu près égale au grand axe du calice. Sillons inter- costaux très profonds; ceux du milieu des faces droits, et ne naissant que vers le tiers inférieur de la hauteur ; les sillons les plus lapprochés des bords latéraux , et ceux des faces qui sont les plus extérieurs , s'éten- dant presque depuis la base , et suivant en bas une ligne courbe, dont la convexité regarde en dedans ; ces sillons sont très écartés entre eux. Calice convexe dans les deux sens; les axes sont entre eux comme 100 : 125. Cloisons séparées des côtes par une échancrure étroite et assez pro- fonde, assez mince; celles qui avoisinent les sommets du grand axe courbées vers le petit axe. Hauteur, 7 millimètres; grand axe du calice, 5 ; petit axe, 4; les cloi- sons débordant do 1 . Fossile de l'.^labama. Coll. Alcide d'Orbigny. I 2/!|8 iMILXIi: EU\¥ARU<« UT JULi:«« Uitl.TlE. 2. Platytrochus Goldflssii. ( PI. 7. (ig. 9.) Turbinulia Goldjussii . Lea , Contrib. to A Cotes épineuses, calice circulaire, libelles coluinellaires presque prismatiques ; quatre cycles de cloisons. u. Le dernier cycle complel ... C. muttisijinosus aa Les cloison.s du dernier cycle ne se développant que dans une des moitiés de chaque système ... T. mullisenalis. JA Côtes onduleuses ou subcristifurmes; calice elliptique; tigellescolumellaires fortement tcirdues sur elles-mêmes; cinq cycles de cloisons C.duudecimcusliilux. 1. CiiiiAioriiocms MLi.riSi'iNosus. Twbinoliu iiuiltispiiia, Michelotti, Spec- /oui. dil.. p 7) , lab 2. fig, 9 (1838). Assez bonne ligure — Michelin, Icon. ZpopU.. p. 42, pi. 9, lig. 5 (1841). — Michelotti, Foss. des lerr mioc. de l'Italie sept., p. "298, pi. I, (ig, "25, 26(1847). /"o/^yji'eriuédiocfeineul élevé. Une é/tilkèqiie [jartielle se montrant près (lu calice en un bourrelet circulaire bien marqué. Tdte primaires et secon- daires garnies de pointes fortes, et dirigées un peu en haut. Ces pointes , a peu près également écartées entre elles, au nombre de sept a dix par côte, sont en même temps disposées en séries circulaires sur des plans horizontaux ; elles sont en général d'autant plus fortes que l'individu est plus jeune. Dans les ailultes, les cotes tertiaires présentent quelquefois une ou deux épines semblables vers leur milieu. Les autres côtes sont assez larges, très peu distinctes, si ce n'est prés du calice où elles sont linement striées en travers. Le polypier, lorsqu'il prend un grand déve- loppement, ne présente pas de nouvelles épines dans sa partie supérieure. Calice circulaire à fossette grande et peu profonde, Columelle formant un très gros faisceau , dont les baguettes extérieures sont beaucoup plus gro.sses que celles du centre. Quatre cyf/csde cloisons ; six systèmes égaux. Dans une des moitiés des systèmes qui sont du côté delà petite courbure, les cloisons de troisième et de quatrième ordre ne se développent que fort tard, et elles manquent dans les individus de petite ou de moyeime taille. Cloisons très épaisses en dehors , graduellement amincies en de- dans, à faces montrant des séries radiées de grains fins et saillants ; celles des trois premiers ordres se .soudant intérieurement à la columelle. Hauteur, de U) à 20 millimètres; diamètre du calice, 7 il 12. Fossile de Tortoiie, et aussi des eiivirfpiis de Gènes (Michelin). Coll. Midielin et E. » 250 NILKi; KUWAKUS KT JULES ntlNE. 2. CbRATOTIIOCHUS MULTlSliKIALIS. (PI. 7,fig. 5, 5".) Tiirbinoha muitiserinlis, Michelotli, Spec, Znoph. diL. p. 70. lab. 2. lig. 7 (1838). Bonne figure. — Michelin. Icon. Zuopk.p. 41, pi. 9, fig. 6 (I8.H). — Miclielolti, Foss.des lerr. mioc. de l'Italie sept., p 29 (1847). /-'u/i/jjierun peu plus gros et plus court que le C- miUtisijinosus. Côtes saillantes , formées par des tubercules pointus ou dentiformes , très rap- prochés, et un peu dirigés en haut. Ces pointes sont couvertes de très petites granulations , et ne se montrent pas à la base ; les côtes sont très inégales suivant les ordres. Colirc circulaire, à fossette peu profonde. Quatre cycles de cloisons ; six systèmes égaux. Dans chaque système, il n'y a qu'une moitié qui soit complète; l'autre moitié est constamment réduite à une tertiaire, qui est seulement un peu plus développée que les cloisons 4 et 5 de la première moitié , et qui l'est moins que son homo- logue. Cluisims faiblement arrondies en haut , et un peu anguleuses , très épaisses en dehors , et devenant graduellement 1res minces près de la co- lumelle, où celles des trois premiers ordres s'unissent assez bas. Les faces pi'ésentent près du bord supérieur des séries radiées de grains un peu gros. Hauteur, près de |i) millimètres; (hamètre du calice , 8; proloiideur de la fossette, 2. Fossile de Tortone. Coll. Michelin et E. 3. CEIlArOinOCBUS duodeoimcostatus. Caryophylloïde simple, conique , comprimé, cerclé, cannelé et à douze pans , Guetlard, Mém. sur dijf. part, des se. et arts, t. II, p. 383, pi. m. fig. 2 (1770) La figure 3 est peut-être le jeune. Titrbinolia duodecimcostata, Goldfuss, Petref Germ , p. 32, tab. ïv, fig. 6 (1826). Très bonne figure. Turbinolia anliquata, cyathus et corniformis, Risso, Hist. nat. de t'Eur. mé- rid., t. V, pi. 9, fig, 48, 49 et 33 (1826). Figures à peine reconnaissa- bles. Ces trois prélendues espèces nous paraissent établies sur un échan- tillon d'Asti, sur un de Turin et sur un jeune. Turbinolia decemcosta ta, Blainville, Man. d'.iclinologie, p. 342 (1834). (> nom ne peut être ainsi écrit que par suite d une erreur du typographe , puisque la figure de Goldfuss est citée TuiiiiiNoi.miiS. 251 Turbiiiulia duuiifciiiicusUita , Alilnci Edwards, Aniiid. de Id 2 édit. do La- marck, p. 363 (1836), — Bronn, Lelhœa cjeogn , t. II, p. 896, Ub. xxxvi, fig. 5 (1838) La ligure d'ensemble esl très bonne, mais les détails sont inexacts. — MIclielin, Icon. Zooph , p. i2, pi. 9, fig. 7 (1841). La fgure 7'', qui représente un jeune, devrait être plu.s allongée et courbée à la base — Michelotti, Ftiss. des lerr viioc. de l'Italie sept , p. 29 (1847). l'iilijl)ii'r allongé, un peu comprimé. Douze cdtes saillantes, formées par des séries de petites ci'ètes. Les espaces qui séparent ces côtes primaires et secondaires a.s.sez grands, et légèrement concaves. Les côtes des autres ordres beaucoup moins saillantes, mais cependant séparées entre elles par de petits sillons. Calice elliptique; le petit axe est au grand comme 100 : 150. Fossette grande, oblongue, assez profonde. Les tigelles co/w- mellaires ayant la l'orme de petits rubans tordus sur eux-mêmes. Six fi/c/es de cloisons ; sixsystèmes égaux. Les cloisons secondaires sont sem- blables aux primaires, ce (|ui pourrait l'aire croire à un nombre double de systèmes. Les cloisons les plus hautes après celles-ci sont celles de sixième ordre. Toutes sont épaisses extérieurement, et s'amincissent en s'approchant de la columelle. Leurs faces sont couvertes de grains assez serrés , qui ne sont pas distinctement disposés en séries. Hauteur, 45 millimètres; grand axe du calice, 30; petit axe, 'H). Lesjeunes différente!) ce qu'ils sont pluscoiiipriniés et plus recourbés, avec une fossette calicinale plus profonde. Fossile d'Asti, de Torrita (Toscane) et de Turin. Coll. de l'Ecole des Mines, Michelin, Milne Edwards. Genre V. — DISCOTROQUE [DISCOTROCHUS). Polypier s'unple , libre, sans trace d'adhérence, discoïde, à muraille tout a fait horizontale. Côtes droites, simples. Calice circulaire, subplane. Columelle essentielle, fasciculaire , et a surface supérieure papilleuse; les papilles étant toutes sensiblement égales. Six systèmes de cloisons ; celles-ci droites , très larges , faiblement arrondies en haut, très peti débordantes en dehors. Cegetne , qui ne se compose encore que d'une seule espèce fossile du terrain tertiaire iidérieur de l'Alabama , .se sépare nettement de tous les autres Tnrbinoliens par sa forme de Fongie. DlSCOTROCHUS Okbig.myanus. (PI. 7, fig. 6, 6".) Polypier très plat, à surface inférieure concave dans sa partie cen- trale, plane près des bonis. Cùtes inégales, assez grosses , peu saillantes, indistinctes dans la partie centrale, qui est séparée de la partie plane marginale par un petit bourrelet circulaire. Calice subplane ou très lé- gèrement convexe, à fossette à peine indiquée. Columelle médiocrement étendue. Cinq ordres àe cloisons; six systèmes égaux. Cloisons inégales, peu élevées, régulièrement convexes en haut, médiocrement minces, serrées; celles de quatrième et de cinquième ordre plus larges que les tertiaires. Les faces couvertes de grains très gros , presque également espacés entre eux , mais cependant disposés en séries .sensiblement verti- cales. Hauteur, I millimètre 5 ; diamètre, 6. Fossile de l'Alabama. Coll. Alcidc d'Orbigny. • Gemie VI. — DESMOPHYLLE {hESMOH/n /J.LM). Desmopluilliim, Ehri'iil) , Corail, des Kolh. meures, |), 7-7 (1834). Polypier simple , fixe par une large base. Côles (oui a fait indistinctes a la base, ([ui est seulement couverte de grains fins et espacés, assez saillantes près du calice. Fossette ndirinule éti'oite et extrêmement profonde. Pas de columelle. Les cloisons restent libres par leur bord interne. Six systèmes égaux. Cloisons très fortement débordantes , tranchantes, larges, arrondies en haut; celles du dernier cycle plus développées en liauteur que celles du cycle précédent , soudées en dehors à leurs voisines d'ordres supérieurs, dont elles divergent un peu, à mesure qu'elles se rapprochent du centre. Ce genre a été établi , en 1 834 , par M. Ehrenberg sur le caractère de la fasciculation des cloisons. L'excessive profondeur de la fossette , et l'absence totale de columelle, aussi bien que le grand développement des cloisons au-dessus de la muraille , servent encore a le distinguer de tous lesautres groupes de la tribu des Turbinoliens, et peut-être pourrait-on l'isoler dans une division particulière. Des deux espèces types d'Ehrenberg, le Desinopliyllum dianthus ne nous est conim que par la courte description (|u'il en donne , et par la gro-ssière figun? d'Esper ; cl le Desnin/iliytluni siell'irin , par une diagnose TlUiBINOI.IDKS. 'io.'i ti)Ul à lait iiisuriisaiilt- , et par un dessin de l'animal (|ui ac<'uni|ia{j;ne une note (l'A. Philippi. Il est donc possible que ces espèces fassent double emploi avec celles (|ue nous avons observées par nous-mêmes. Parmi ces dernières, nous en avons recoinni qui ont, comme celles d'Elirenberg , cinq cycles (neuf ordres) de cloisons, et une, au conti'aire, qui n'a que quatre cycles (cinq ordres de cloisons) ; nous les dispo.serons d après ce caractère en deux petites sections : A Cinq cycles de cloisons. D. crisla-galli. D. Cumingii D. coatutatiim D. diatilhm D. stellnriii. A A Quatre cycles de cloisons. 0. Slokesii. Les Desmophylles sont tous vivants; du moins nous n'en coimaissons pas encore à l'état fossile. I^eur distribution péograpliique paraît trèséten- ilue, puisqu'on en trouve une espèce en Angleterre, une autre dans le golfe de Gascogne , une autre dans la Méditerranée; que le D. Cumingii provient de la côte pacifique de l'Amérique du Sud . et (pi'entin le />. ilinnf/ms liabite les mers de l'Inde. 1. Des.mophvi.llim CaiSTA-fi m.i.i. (PI. 7, fig. 10, 10°.) Canjophyllia crisla-gatlt, Valenciennes. Collect. du Muséum de Paris. l'ntijjjiei- très élevé, subturbiné, a base un peu contournée et un peu grêle, légèrement comprimé près du calice. La surface inférieure couverte de granulations excessivement fines; c'est seulement dans le voisinage du calice que les côtes principales se montrent en arêtes vives ou en petites crêtes. Culie.i' régulièrement elliptique; les axes sont entre eux connue 100 : 1,54. Très profondément dans la fossette, on aperçoit quelques tra- liiculins très petits, (|ui n'atteignent jamais les cloisons opposées. Cinq cycles de c/o/.so».< ,■ les primaires et les secondaires égales, fortement dé- bordantes en haut et en dehors, excessivement minces, très légèrement épai.ssies en dehors. Leurs faces paraissent glabres; on y remarque seu- lement des lignes, non distinctement granuleu.ses. parallèles au bord su- périeur. Les différences de largeur dans les cloisons correspondent aux imméros des oidres ; les primaires étant de beaucoup les plus larges , et celles lie neuvième ordre de beaucoup les moins larges. 25^ MII.NK ICIIUARU»! El Jll.ES Uti!MI'. Hauloiii-, 8(1 tiiillimètres; diaTiiètie de la base, 13; piami axe du ca- lice, 40; pelil axe, 56; haiileiir des primaires au-dessus de la mu- raille, l2. Habile le cap Breton, près de Bayoïme. Coll. M. 2. DiiSMOiMiyi.MiM GiiMm(;ii. (PI. 7, fig. II.) Cette espèce ne diffère du D. ciistar/nZ/i (pien ce (pielle est beaucoup moins allongée, et fixée par une base plus large et a peine contournée. Le rapport des axes du calice est égal à celui de lOO : 15". Les cloisons sont proportionnellement moins débordantes , et on dislingue sur leurs faces des lignes de grains fins très écartées, parallèles au bord supérieur, mais ne commençant à se montrer qu'à une certaine distance de ce bord ; enfin la fossette calicinale est encore plus étroite. Hauteur, AO niillim. ; grand axe du calice, 26; petit axe. l9 ; les cloi- sons primaires débordent de 5. Habite la cote Pacifique de l'Améiique du sud. (H. Cuming.) Coll. Stokes .". Dksmoi'iivi.m M cosrvruM. Polypier médiocrement élevé, subturbiné, très légèrement comprimé, fixé par une base large, a peine contournée f'i'ife.i principales bien dis- tinctes dans les deux tiers supérieurs, et sailli.ssant en [jetites crêtes qui sont plus fortes près du calice. Les axes du calice sont entre eux comme 100 ; 11' ; la fossette excessivement étroite. Ciiiq cycles de cloisons; les secondaires ne deviennent qu'assez tard semblables en tout aux primaires, leurs faces sont glabres ; toutes sont très minces. Hauteur, 25 millim. ; grand axe du calice, \4 ; petit axe. Il ; les pri- maires débordent de 3. Les éeliantii Ions probablement un peu jeuuesque nous avons examinés sont fixés sur une espèce de la famille des (^culiues qui habite la Corse. Coll. Stokes. Ce DesmopliijUmn pourrait bien faire double emploi avec le D. stelln- ri:i6). — Michelotti, Spec. Zool. diluv., p. 66 (1838). Polypier deltoïde et cunéiforme, à côtes latérales simples, dont l'angle est environ de 60° ; les autres côtes planes et indistinctes. Les axes du calice sont entre eux comme 100 : 2iO. Cinq cycles de cloisons; six systèmes égaux ; les cloisons des trois premiers ordres sensiblement égales ; d'où l'apparence de vingt-quatre systèmes composés chacun de trois cloisons dérivées. Cloisons très épaisses , surtout en dehors et en dedans où leur bord est élargi, et se soude avec celui des cloisons voi- sines, de manière à fermer les chambres en dedans. Hauteur, :i5 millimètres; grand axe, .33 ; petit, 15. Fossile des Pyrénées (Goldl'uss). CE. 12. Fr.ABELLUM CUiNElFORMli. Flahellum cunéiforme , Lonsdale, Jourti, ofthe geol. Society u( London, t. I, p. ftl2 (1845). Polypier très comprimé inférieurement, à côtes latérales formant un angle d'environ 45 , garnies de petites crêtes dans leur tiers inférieur, mais simples dans le reste Les côlex primaires et secondaires assez sail- lantes, striées en chevrons. Rapport des axes dn cnlice, 10(1 : 1S3. Ves sommets du grand axe un peu anguleux et sur un plan à peine inférieur à celui du petit axe. Cinq cycles 13 (I8.li). /'(ili//iirr en cône comiJiimé, a côtes à peine distinctes, planes; les la- lérales simples, faisant un angle d'environ 60". Rapport des axes du ca- I 268 MIL!«E EDtVARDS ET JL'LES BAIME. lice, 100 • 300. Les somiuels du grand axe sur un plan à peine inférieur a celui du petit axe. Cinq cycles An cloisons : six iysti-mes égaux ; en ap- parence, vingt-quatre systèmes de trois cloisons. Le bord interne et iii- lérieur des cloisons un peu épaissi et un peu verniiculé; les grains des (aces coniques, très saillants, écartés et disposés peu nettement en séries parallèles au bord libre. Hauteur, 30 millimètres; grand axe, .30; petit, lO. Fossile du crag à Ikcn. Coll. Searles Wood. 17. Fl.\BELL1jM SUBÏUKISINATUM. l'olypier en cône allongé . .peu comprimé , à côtes latérales simples. Toutes les côtes égales et subplanes. Calice elliptique ; les deux axes sont entre eux comme 100 : 150, et situés sur un même plan horizontal. La fossette est grande, allongée, mais très peu profonde pour uneFlabelline. Cinq cycles de cloisons Six systèmes égaux ; en apparence, vingt-quatre systèmes de trois cloisons. Cloisons larges, minces; les principales un peu épaisses , surtout près de la columelle ; à faces couvertes de grains coniques, saillants et e.spacés. Hauteur, 60 millimètres; grand axe du calice, -10; petit, -26; prolon- deurde la fossette, 10. Fossile de Plaisance. C. M. IS. Fl.ABEI.LUM Ro1SSY4M;\I. (PI. 8. fig. 1.) Pulypier cunéiforme, fûtes latérales faisant à peu près un angle droit, garnies de fortes crêtes ; les autres primaires grosses et munies égale- ment de crêtes saillantes dans leur partie supérieure. Les côtes secon- daires encore larges , mais non cristifères. Rapport des axes du calice , 100 • 200. Les sommets du grand axe très anguleux , et sur un plan un peu inférieur à celui du petit axe. Columelle formée par des trabiculins gros et irréguliers. Cinq cycles de cloisons ; six systèmes égaux, en appa- rence vingt-quatre systèmes de trois cloisons dérivées. Toutes les cloisons minces ; celles des deux derniers cycles excessivement minces. Les grains des faces petits, coni(|ues et écartés entre eux. Hauteur, 2,'> millimètres, grand axe, 30: petit, 1.5. Fossile de... C M. Tl lUll.NOMDKS. 209 19. Kl.ABlil.l.liM Dl'Flil.NOYI. Turbinolia Dufrcnoyi, D'Archiac, iUt'm. de lu Soc. géul. de France, î' série, t. II, p. 192, pi. 5, fig. 4, 5(1846). Turbinolia denlalina, Id., Ibid., p. 193, pi. a, fig. 6. N'esl qu'un jeune de la T. Dufrenoyi, ainsi que nous nous en sommes assurés sur les individus types. Polypier un peu élevé et un peu étroit (surtout dans le jeune âge), à cCles latérales garnies fie crêtes peu prononcées et^)re.sque parallèles dans leur partie supérieure ; les autres côtes subplanes et subégales. Les axes du calice sont entre eux commet 00 : llîo, etsituésà peu près sur un même plan ; les sommets du grand axe anguleux. Cinq cycles de cloisons ; six systèmes inégaux : dans ceux du milieu, il n'y a pas de cloLsons du der- nier cycle ; dans les latéraux, ce n'est quelquefois (|ue dans une des moi- tiés du système que ces cloisons se développent. En général, les primaires se distinguent par leur grande épaisseur ; mais quelquefois les secon- daires et même les tertiaires sont également très épai.sses, et on pourrait croire à un plus grand nombre de systèmes. On compte en tout une soixantaine de cloisons à peu près. Hauteur, 20 ou 25 millimètres: grand axe du calice, i:i ; petit, 10. Fossile de Biarilz. Coll. d'Archiac et A. d'Orbigny. 20. FL.\BliI,[.UM ArPENDICUI.ATl M. Titrhinolia appendicalata, Alex. Brongniart. Sur lex lerr. rakaréo-truppéeiis du Vicenlin. p. 83. pi. vi, fig. 17 (1823). Fhibellum appendiculatum? Bronn, Lelliœa geogn , t. II. p. 898 (1838J. — (pars) Michelin, Icou. Zonph , p. 43 (1841); mais non la figure 12 de la planche 9, qui est notre F. asperum. l'o/)/pier très comprimé, étroit, peu élevé, ('dtcs latérales formant un angle a la base, mais s'élevant bientôt verticalement et parallèlement, munies de crêtes assez saillantes; les autres côtes primaires larges et dis- tinctes, mais très peu saillantes et jamais garnies de crêtes épineuses Les sommets du grand axe du cfi/ice anguleux , et sur un plan à peine inférieur a celui du petit axe. Rapport des axes, 100 : 171 Cloisons pins minces et moins nombreuses que dans le F. Ihifrenoyi , dont au reste cette espèce est très voisine. Hauteur, 1.) millimètres; grand axe du calice. 12; petit, 7. Fossile de Ronca et du val Sangonini Vicentm). Coll. .Miclieliu, ^7() iiiiiAt: ■<:m\i'akwm 1:1 jii.D!!) iiaime. "21. iM.AIiEilLUI VA(;nALl:. Flubetbim vaginale. Michelin, Icon. Zonpli. p. 271, pi. 63, lig. .3(1846). l'idijini'v giêle, très allongé et tiès étroit, a extrémité très atténuée et un peu contournée. Cùtes latérales presque verticales et parallèles dans leur moitié supérieure, garnies de très petites crêtes; les autres côtes planes, siibégales, très peu distinctes sous lesplisde répitliè. Im.auiîi.h m DKiiir.i;. (PI. «, lig. i.) l'iilij/iicr comprimé, deltoïde, armé, non loin du calice, d'un tort ap- pendice spinilorme de chaque coté, restant longtemps tixéaux corps sous- marins , ou peut-être même toujours. Les cotes latérales font entre elles un angle de Gô°. Fossette calicinale grande, profonde. Les som- mets du grand axe sur un plan un peu inférieur à celui du petit axe, et légèrement anguleux. Rapport des axes, iQO : 260. Coluinelle formée par de gros trabiculins sublamellaires. Cinc] cycles de cloisons. Six systèmes égaux ; les cloLsons des trois premiers cycles sensiblement égales ; d'où vingt-quatre systèmes de trois cloisons en apparence. T/o/sons très étroites, TlIIlliliNOLlUKS. "271 serrées, excessiveiiiuiil iiiMict's et délU-ales. a burd liilerne cihiik' i)l)li([ue- meiit, légèrement flexueux; les grains des lares assez saillaiil.s, mais es- pacés et peu nombreux. Hauteur, i8 milliméties; j^rand axe, 18 ; petit, 7 ; appendices, ;} ou -i; pmt'ondeur de la fossette, 6 ou 7. Habite les Pliilippines (H Cuniing). Coll. Stokes. •2!l. FlABELLUM SUMATIlENSIi. Poti/iiifi- extrêmement semblable au précédent. Les appendices spini- t'ormessont cependant plus forts"; les côtes sont plus lar^s et plus mar- quées, et les latérales font un angle de 80". Les axesdu calice sont entre eux comme 100 : 280. La fossette buccale est étroite, profonde, et la columelle est tout a fait rudimentaire. Quatre cycles de cloisons; les cloisons du dernier cycle avortent quelquefois dans les .systèmes laté- laux; les secondaires égales aux primaires, d'où l'apparence d'un nombre double de systèmes. Cloisons plus larges , plus écaitées , et moins déli- cates que dans le F. ilcbile , bien qu'encore très minces. Hauteur, 14 niillimèties; grand axe du calice, M ; petit, 5 ou G ; ap- pendices, 5 ou 6; profondeur du calice, 5. Habite Sumatra. Coll. Miclieliir. 25. Flabelllm SlM.XOSt.M. (PI. 8, fig. 4) Flithellum spinosum, Aie d'Orbigny, mss. Polypier très comprimé, deltoïde, à pedicelle un peu gros, à côtes la- térales formant un angle seulement un peu plus petit qu'un droit , et portant vers le milieu de la hauteur ou un peu plus bas un très fort appendice spiniforme comprimé, et dirigé en bas et en dehors. Les rôtes a peine distinctes. Rapport des axes du cnlici' : lOO : 300. Les sommets ilu grand axe très légèrement anguleux, n'arrivant qu'aux deux tiers de la hauteur. Les chambres sont fermées en dedans par des trabiculins , que les cloisons des premiers ordres envoient latéralement par leur bord inteine. Cini| cycles de cloisons; le dernier cycle rudimentaire; six systèmes égaux ; les cloisons des trois premiers cycles égales; vingt-quatre systèmes apparents. C/uisons minces, assez serrées, larges; les grains des laces inégaux, assez saillants, et se disposant assez nettement en séries parallèles au bord, et écartées entre elles. Hauteur, l.'î millimètres ; grand axe. 15; petit , .t ; appendices, 7. Habite la Chine (de Candé). Coll. A. d'Orbigny. ^7'2 mi,\r, ■':it%«-AKi»s ki' jii.fs UAini:. ■2(). l'"l.Ani;l,l,UM iCUI.EATlIM. ( PI. 8, lig. 3, 3 n.) l'olypicrun peu élevé, extrêmement comprimé. Tô/rs- latériiles faisant un angle rie 60° environ, légèrement conve.xes , munies chacune de deux très fortes épines, dirigées en dehors et un peu en bas, l'une vers le tiers de la hauteur , l'autre vers les deux tiers. Les côtes planes, indistinctes. Les axes du calice sont entre eux comme 100 : 375; les sommets du gn^nd axe très aigus, et situés un peu au-dessous du plan du petit axe. Fossette très étroite, médiociement profonde. Des trabiculins columellaires larges, et médiocrement épais. Quatre cycles coniplets de cloisons. Des rudiments du cincpiième cycle dans les systèmes latéraux. Six systèmes (le dessous du pédicelle montre parfaitement les six cloisons primaires) ; mais les cloisons des trois premiers cycles sont sensiblement égales, d'où l'apparence de vingt-quatre systèmes. Cloisons très minces et très délicates, a bord coupé obliquement en dedans, et très fortement vermiculé, surtout dans sa partie inférieure. Les faces présentent de fortes stries radiées , sur la direction desquelles sont des grains très es- pacés , et médiocrement saillants. Hauteur, 20 miUimèties; grand axe, l,"»; petit , 4; profondeur de la lossette, 4 ; épines, 3 ou 4. Habite les Philippines fH. t^,\uning . Coll. Stokes. 27. Fl.ABEI.LlIM SINENSK. Turbitiolin simnsis , Michelolli , Specim. Zoopit. dil . p. 6.5, lab. 2, fig. 3 (183S . — Michelin, Imn.Zooph.. p .13, pi. 9. fig. 9 (1841). — MicheloUi. Foss des terr. mioc. de l'Italie sept., p. 30 (1847). I^nlijpior en cône court, très légèrement comprimé , très pointu à la base. On distingue lescôles primairesetsecondaires, qui sont cependant très peu saillantes. Cnlicc ellipticpie. Les sommets du grand axe sur un plan un peu inférieur à celui du petit axe, arrondis. Les axes sont entre eux comme 100 : 120. Cinq cycles de cloisons? Six systèmes; les pri- maires , les secondaires et les tertiaires égales. Cloisons très larges , minces , très légèrement épaissies en dedans ; les grains des faces assez saillants , écartés et disposés en séries radiées. Hauteur, 2.i millimètres ; grand axe, 30; petit, S.'). Fossile de la colline de Turin Coll. E. et Michelin. Tt!i\ni\or,ini;s. "Ile "iS. I''lai!ei.ixim Hoiif.i. Tiirbir.nlici cimmln. var Golfifuss. Petrrf. Grrm , p. lOS, pi. xxtvii, fip;. 17fi (1826). Les magniflfiiies planches qui illusticnt les Petri'fnctn Gerniani(r, et qui sont dues au savant crayon de C. Hohe, sont à la fois si claires, si exactes et si complètes , que non seulement il nous a été facile de reconnaître dans cette prétendue variété de la Turbinolia cun(-ala une espèce bien distincte, mais qu'il nous est possible jusciu'à un certain point de la caractériser; elle nous parait voisine du Flobel/uiii Boissi/ammi. Les crttes latérales forment ini angle de 65» ; elles sont garnies de très fortes crêtes ; tes autres côtes principales bien distinctes, larges, non cristifères. Le pédicelle est aign. Cloisons généralement minces; les principales épaissies à leur bord interne, à faces couvertes de grains très saillants. Hauteur, 30 milliméties; grand axe du calice, 33 Fossile du Vicentin et du Saltz.bourg ((ioldfnss , p. 10>*.) 29. Fl.ABEl.r.l'VI I.AniMATIlM. Pli]illodes laânintum, A. Philippi, AVurs Jahrbuch fur miner. Geol . 1. IX. p. 665, pi XI. fip- «2 (I8i1). Le docteur Pliillippi de Berlin a établi le ^enre Phyllmlcf. pour cette espèce fossile des teriains de la Calabre . qur^st assurément un Flnhcl- luiii. Voici les caractères qu'il donne : « Polyparium libcrum? explannium ctwentwn et in altéra extremitate lobatwn. Pagina superior lamellis a basi truncdld radiontibus , medianis erectis , /ateralib'in ob/ir/uo inmmhentib>/f instiiirta. n L'écliantiUon ligure est brisé. Deuxième .section. — FLABELLINES TRONQUÉES. 30. Fl.ABELLUM COMPKESSUM. Funrjiii rompreaan . Lamarck . Hist. nat. rlex anim. s. vert., t. H, p 235 (1816); — 2' fdit., p. 371. — Lamarck. Tabl. eneyc. et meth. des trois règnes de la nat.. l. III, pi. 483, fig. 2 (1827). Mauvaise figure, Poti/jjier très comprimé, à faces de compression subplanes. Côtes laté- rales faisant un angle de S5", montrant de cha(iue côté, près de la base, trois fortes épines très rajiproohées et dirigées en bas et en dehors. Toutes :)■■ série, Zoni. T IX (Mai 1848.) 2 18 l 27/t MIIAE EUlV.tlinS ET JIJI.EI>i IIAimE. les auties eûtes eiiliiTciiieril pliiiies cl iiiilistiiiclcs ; un petit sillon iiiiigi- tudinal très niMr(]i)é sut' le niiliou des côtes |)rincipiiles. Calice convexe d'un sommet à l'autre du grand axe; ces sonnnets, très faiblement angu- leux, iiedescendaTil pas tout à t'ait à la moitié de la hauteur. Rapport des axes : 100: 307. Fossette très longue, trèsétroileyo/'/w(p//(' très semblable à celle du F. pavnninum, mais encore plus réduite. Six cyclen complets ; six syslèmes égaux ; les cloisons des quatre premiers cycles égales entre elles, d'où l'apparence de quarante-huit systèmes de ti'ois cloisons. Cloisona très minces, étroites ; Ifes stries radiées sont bien marquées sur les faces, mais les grains .sont peu nombreux et peu saillants. Les cloi.sons prin- cipales sont faiblement échannées tout près de la muraille; elles sont coupées obli(|uemont en dedans ; leur bord inlerne est épaissi inl'érieu- l'ement Hauteur, :iO millimètres; grand axe, 40; petit, 13; proroiiileur de la fos.sette calicinale, 12; étendue de la pluie basiUiire, ?. Hal)ite l'océan In'dien. 31. l'i.AliKI.IUM AH'IMi. fPI. 8, fig, 10 ) (-ette espèce est très voisine du /•' compressiini. La plaie b.isilaire est beaucoup plus grande. Oîte latérales simples, un peu concaves, fai.sant un angle d'environ (J5" ; les côtes principales à peine distinctes sous l'é- pithèiiue. liapport des axes, 100 : 300 ou même 34(i dans les grands in- dividus. Fossette grande. Les systèmes comme dans la précédente es- pèce. Cloiso7is minces, étroites, serrées : les principales sont légèrement échancrées près de la muraille, un peu épaissies en haut, ainsi ipie dans leur partie inléiieure; leur bord libre est arrondi en haut et en dedans, puis il devient concave dans son milieu, et entin vertical en bas. Les grains des faces sont assez gros, serrés, disposés en séries radiées. Hauteur, 24 millimètres; grand axe, .30; petit, 10; profondeur de la fossette, 10 ; étendue de la plaie basilaire, 1 2. Dans de plus grands échan- tillons, le grand axe est de .'iô, et le petit de 16 Habite l'Ile de Sir-Charles-Hardy (Australie). M. B. et coll. Stokes. 3'2. I't.\r,i:i I CM BAinni. (2ette espèce ressemble beaucoup au F cnDiprnssmn ; eWe en diffèrr principalement en ce (pie la plaie basilaire est très grande, en ce (pjc l'angle des côtes latérales estde-lO", et en ce (pie le ImiiiI des cloisons, (pii iK^ sont pas échancrées ]irès de la muraille, psi pre.s(pic vcrlical dans sa TLlIlUliNOLIDliS. -^75 liailio iiiU'iiie, cl veriiiicule jusqu'en liaut. I.e lappdrt îles axes est RIO: 310. Hauteur, 20 miH'miMrcs ; grand axe , 25 ; |iflil . 8 ; iiioloiideiir rl(> la fossette, S ; éteiiilut^ de la base, l:i. Habile... W B. Nous dédions cette espèce au doeteur Baird, assisliiit de M. F^dvv Gray, qui, par .ses soins et sa grande ol)ligeaiice, a beaucoup facilité nos études dans la riebe collection du Muséum britannique. 33. Fl.ABKI.LUM CUMIPifill. (PI. 8, fig. 11.) Piiti/pirr très comprimé. Cdtcs latérales formant un angle de-^O", mu- nies eliaeuue de deux fortes épines, l'une basilaire, l'autre située vers le milieu de la hauteur; les côtes principales distinctes et larges. Rapport des axes, lOO : 315. Les sommets du grainl axe très légèrement anguleux et sur un plan très peu inférieur à celui du petit axe. Cinq cycles de cloi- .sons : celles des trois premiers cycles égales ; d'où vingt-quatre systèmes apparents. Cloisons très minces, très étroites; les principales coupées obli(pienieTit en dedans, a bord fortement flexueux inférieurement, a grains des faces coniques, saillants, très espacés. Hauteur, 20 millimètres; grand axe, 22 millimètres ; petit axe, 7; éten- due de la plaie b.isilaire, 10. H:d)ite les Philippines (H. Cuming.) Coll. Slokes. ;^/j. Flaiîelhj.m elongatum. (PI. 8. ng. 7.) l'n/i/jjii'r très comprimé, allongé, à plaie basilaire grande, à côtes la- térales un peu concave.'- , faisant un angle de 30° à 3.i°, présentant une épine ou (pielquefois deux de chaque côté, tout près de la base. C'/'i/cs a peine distinctes sous les plis fins et nombreux de l'épithèque. Rapport des axes, !(iO : ".80. Les sommets du petit axe sont sur un plan à peine supérieur à celui du grand axe, et très légèrement rentrants. Cinq cycles de cloisons; six systèmes réels , mais vingt -([uatre en apparence. Les ridiaom principales finement échancréesprèsde la muraille, minces, mais un peu épaissies en haut et a la partie inférieure du bor). /'o////)((.'/' simple , droit, comprimé, entouré d'une épitlièque pellicu- laire com[ilète. Fossette culicinalL^t;U^^ld^i et profonde. ro/î/wie//p essentielle, en forme de lame verticale mince, s'élevant très peu an fond du calice, à bord supérieur horizontal et denticulé. Six xi/s/riiifs cloisonnaires, (pii paraissent plus nmltiplit'is par suite de l'égalité des cloisons de stwond ou même île troisièine ordre avec les pri- maires. t'/oisiins légèrement di''bordaMtes , droites, à bord arrondi en haut et en dedans. Ce genre ne comprend cncoreque deux espèces, vivantes toutt's deux , dont l'une habite les Philippines, et l'autre les mers de Chine; la colu nielle essentielle enqièelie de les coidondre avec aucun des antres Tur- biuoliens revêtus. 1 1 niii\(ii inics. 'iiS.'j I. l'i.AC.OTUOCIII s 1 l'VIS. (PI. 8. fig. 15, lo a.) Pu/i/i)irr l'ortemeiil coiii|)i'iiné , cuiiéilbriiie , un |)eii court, a plaif basilaire très grande, à épitlu'(|ue à peine plissée, et à c6tes à peine dis- tinctes, la surface extérieure par coMsé(|uent presipie lisse; à côtes laté- rales, formant un angle de 40 ', munies chacune d'une petite épine basi- laire , et , de plus , de crêtes qui ne se niontnnt pas dans les jeunes. ''iilire subelliijtiipie; les sommets du grand axe en ogive, et sur un plan a peine ird'érieur a celui du jietit axe. Les axes sont entre eux comme 100 : 230. Fossel/e grande, profonile. Culuiiiellf très étendue dans le sens du grand axe , restant au fond de la fossette, libre seulement dans une petite étendue. Cinq ci/cles de cloisons ; six systèmes ; les cloisons des trois premiers cycles égales, d'où l'apparence de vingt-quatre systèmes ternaires. Cloi- sons principales un peu débordantes, étroites, abord libre, faiblement arrondi dans sa partie supérieure, coupé obliquement en dedans, épaissi, et légèrement llexueux dans sa partie inférieure; des stries radiées très prononcées sur les faces, avec des grains coniques très saillants , mais peu nombreux. Hauteur, 14 milliinètres; grand axe du calice, IG, petit, 7; profon- deur de la fossette, 4 ; étendue de la columclle dans le .sens ilu grand axe, 10; de la plaie basilaire, 8. Habile les Philippines (H Cuniing). Coll. Stokes. 2. l'i, vcoTiiociiLis C.\\Di;\Mis. l'iiifoti-tirhux l'iiii'L'iinux. \. li Orbigny. mss. Pi/'///e régulièrement ellipli(pie, à axes sensible- ment sur un même plan , dans le rapport de 100 : 17.). Fosni'H/' assez peu profonde. Colimielle très étendue. Quatre cycles de cloisons. Les cloi- sons secondaires l'gales aux primaires : les tertiaires en dilVèrent fort peu. l'ouïes siinl mincis, à biiiil [ilissi', et a faces (rès granulées. '2èll niL.'SK EDIVARDS El JULES OAinE. Haiiteuf, l-l riMlliiuèlies ; {jiaïul axe du calice, 7 ; petit, A ; piofoiideur «le la fossette, i ; étendue de la plaie basilaire, o. Habite les mers de la Chine (deCandé). Coll. dOibigny. Genre X. - BLASTOTROQUE (BLASTOTROCHUS). l'ulypier d'aboi'd simple, puis portant des jeunes latéralement dans l'âge adulte, et finalement redevenant simple par le détachement de ces jeunes; droit, entouié d'une épithèque pelliculaire complète. Columi-llo pariétale très réduite. Six systf'ines cloisonnaires , paraissant plus nombreux par suite de la presque égalité des cloisons secondaires avec les primaires. Cluisons non débordantes, droites, abord anjué en dedans. Le Blastotroque a la plus grande parenté avec les Flabellines de la deuxième section ; mais le seul fait d'être gemmipare et d'avoir un po- lypier, qui . après avoir bourgeonné latéralement . redevient simple par ruptuie de la base des jeunes , est tellement exceptionnel (pi'il suffit a le distinguer non seulement des antres Turbinoliens revêtus, mais encore de tous les Zoanthaires coiums. La seule espèce du genre habite les Philippines. Br.ASTOTKOCIlUS IN'L1TI11.\. (PI. 8,ng. 14) Pw/y/j/c;- cylindroide , comprimé, allongé, libre, à plaie basilaire grande, près de laquelle est une épine de chaque côté. tyj/Méjwc lais- sant à peine apercevoir les côtes , et presque lisse. Calice régulièrement elliptique; les deux axes sur un même plan horizontal , et étant entre eux comme 100 : l.i3. Fossette assez grande , médiocrement profonde. Cutu/ni'He peu développée , constituée seulement par (|uelques trabicu- lins un peu gros, qui partent du bord interne des cloisons principales. Quatre ci/r/i's de cloisons ; six si/sthws égaux ; les secondaires égales aux primaires (d'oii l'apparence d'un nombre double de systèmes), assez larges, assez minces, couvertes sur leurs faces de grains peu nombreux tressaillants, à bord interne finement (lexueux. Hauteur, -U) millimètres: grand axe du calice, 8; petit, 6; profon- deur de la fossette, ■!. Les jeunes, encore lixcis sur leur parent, ont .T inillimètics de hauteui' pour un giaiid axe caliciiial de fi , et un petit ile-2l/-2. .Vous n avons jamais trouvé plus de trois générations de jeunes sur les TllRBINOUHES. 285 iiiilividus i)ue iiuiis avons observés : la preiiiiéit', près de la base; la se- conde, vers le milieu de la hauteur; la troisième, pràsdu ralire. Clia<|ue gént'i'atiori se compose île deux bourgeons plans a une iTième hauteur Il s'en faut beaucoup (pie cette espèce ait atteint soti entier développe- ment, avant de commencer a bonrj;eonner ; au contraire, elle pousse la première génération , quand elle n'est encore tpi'a la moitié de sa hau- teur, et ce n'est qu'après le détachement de cette première génération (pi 'elle donne naissance à une seconde. Haliile les l'liilip|jiiies (H. Cuming). Coll. Stokes. Trihii aies .CV.%TIII]VIEXS [WATHM'VMIWK) Turbinolides ayant les deux feuillets de toutes les cloisons appliqués l'un contre l'antre, et ayant des palis. i'itii:ui[:R GROiii'n:. — ctathixieks mo\osTÉpn*KÉs. l'ne seule couronne de palis. Genre XI — CYATHINE (rVATHISA). Caryaphyllia. Stokes, Zool. Journ . t. III. p. 4Kfa (1828). Cytilhina . Ehrenberg. Comll. des Rothen meeres. p. 76 (1834). I'nh//jicr simple, snbturbiné, fixé, peu ou point comprimé. Côtes droites, finement granuleuses, très peu saillantes, et souvent in- distinctes à la base , jamais garnies de tubercules , de crêtes ou d'é- pines. Calice circulaire ou subcirculaire , à fossette grande et peu profonde. Cohnnelle essentielle, composée de tigelles naissant du fond de la cavité générale, ayant la forme de petits rubans tordus sur eu.x-inèmes, dispo- sés en faisceau ou en série; le nombre de ces tigelles varie depuis trois jusqu'à vingt, et ce sont toujouis les centrales qui sont les plus élevées; la surface supérieure de la columelle est cliicoracée. Six systèmes ordinairement inégaux. Cloisons droites , larges , débordantes, à bord arqué en haut et en de- dans , à faces montrant des grains peu saillants. Pnlis ne formant (pi'une .seule couronne , larges , à bord entier , tous sensiblement ('gauN , toujours libres en haut dans une as.scz gi'ande étendue. 280 MILKF. EDWARDS £1' JULES nAIIHE. Ce genreaiiour t)'])e la CnryoyhyUid ciiatlnis de Laiiiarck. Il fut établi pour la première Ibis, en i8-2K,parM. Stokes sous le nom do ('(irijdplnjl- liii , et caractérisé de la manière suivante : « Potyparium simplex , boni affixum- CoronaJmniniK duplici série dix- pnsitis, exterioribus majoribux, regulnriter iiuequalibus . ninximis , inter sériel internœ /aniinos interpositis. Disais lametlis ercHis, prominulis fn- liiilis. >i M. Elireidierg, qui, vraisemblablenieul, n'a pas eu connaissance de la note de M. Stokes, l'a appelé Ci/al/tinu. On devra conserver ce nom déjà ado|)té par M. Dana, celid de Caryop/nj/iin indiquant plus générale- ment des espèces d'une autre l'amille. Les Cyatliines se reconnaîtront à leurs cotes toujours simples, qui les séparent des Acantliocyatlies. a leur l'orme subtmbinée et assez élevée, (pii ne permet |ias de les confondre avec le DiscorValhe ni avec le Bra- chycyathe; a leurs palis larges, qui les distinguent des Batliycyatlies. Elles ont beaucoup d'affinité avec les Cfpnoryathes ; mais le polypier de renx-ci est toujours composé. Presque toujours, les systèmes cloisonnaires sont inégaux, et les cloisons secondaires ou même les tertiaires tendent à s'égaliser aux pri- maii'BS, de façon a simider un nombre de systèmes quelquefois assez grand. Ce genre se trouve à l'état vivant et a l'état fossile ; il parait même re- monter a.ssez haut dans la série des créations, puisque nous en décrivons hxjlliii J -B Harvey, Mag nf nnt Hinl . vnl 1, p 474, 6g. 35 (1837). Caryophyllia Smilhii. G. Jotinslon, tlritish Zoopix., p, 207, fig. 30 (1838) Les palis sont à peine indiqués dans la figure, — Id.. Ibid , 2* édit., p, 198 . pi. ixxv. fig. 4-8 (1816). Figures très inexactes On ne distingue pas les palis, qui ne sont pas non plus signa- lés dans le texio, Oinlhina Smithn. Dana, /naph , p 371 (1846) Poli//)iir court , a base aussi large que le calice, rétréci circulairement vers sou milieu. Côtes finement granuleuses, peu distinctes dans la moitié iid'érieuie ; un peu plus saillantes près du calice que dans la C. ci/of/ins. f 'il/ ire subcirculaire, a fossette un peu profonde. Cnlmnelle oblongue, fasciculaire. Les sysinmes cloisonnaires comme dans l'espèce précédente: seulement, pres(pie toujours, l'une des moitiés des grands est dépourvue de cloisons du cinquième cycle. Les cloisons sont aussi très semblables , mais plus minces et plus inégales entre elles. Les palis sont encore plus larges et plus minces, et leur bord est flexueux. Du reste , cette Cyathine a les plus grands rapports avec la ('. eynllnis. Hauteur, 1-2 millimètres ; diamètre du calice un peu ])lus ; profondeur de la fossette, '.\ ou ^ . M, Harvey (Prnered. ni /mil. .s'nr. , loc. cit.) a longteinps gardé en sa Il iii:iM)i.iiii:s. 280 ' i^is^iossldii un iiiiliviilii viviiiil, (l(irjt ItMMliri', ;i|]i'i's iiviiir été brisé par hi ni()ili(! , s'est re|ir(nliiit |)itsi|iii' (•iiiii|ili'li"'iiiriit ;iii limil de huit mois. Habile ïnr Bay (Devniisliirei. Coll. Stokes el E. .\otetit nombre de ti- gelles. Quatre cycles complets; systèmes égaux. Les c/o/.ww.v secondaires diftèrent peu des primaires; elles sont minces, et seulenieiil un peu épaissies en dehors. /'(///.< étroits et très épais. Hauteur, t:î niillimèlres : diamètre du calice , 7 ; |ii(il(iiideur de la fossette, 3. Fossile de Ciply, ilans le terrain Dauicii. Coll. de Koiiiiick et Michelin, 7. CvATiii\A i,,I';vi(;at\. /Vi/o/m' droit on légèrement contourné vers la base, allongé, subcy- lindriipie, fixé par une base assez large, lisse extérieurement dans Ict, TUlUtl.NOI.IDKS. 'l'M lieux llcrs iiiliTiems. Itaiis li- tiers sii|iéiifiir , des [letitestôto subégales, Iri'S |)eu saillaiilcs. tV///Vv subcirculaiie , a lossette gninde fl 1res peu profouile. ('ulwi)elte t'asciculaire, lormée d'un petit nombre de tigelles j,'iéles. Qualre ajclen de cloisons; mais, dans trois des systèmes, une des iniiitiés est privée de cloisons de quatrième et de cinquième ordre. l'Idisuns minces, seiilcnient un peu épaissies en dehors, l'nlis un peu etidits et épais. Hauteur, 3.') a 40 millimètres ; diamètre du calice, lo. Fiissili! de Dinton (Wiltslure) dans la craie blanche. Cuil. Bowerbank et E. 8. Cyatjii.na flexuosa. Cfiiilhina pexinim. Elireiiberg. Corail, des linlh meer . p 7fi (18îi). — Dana. Zuojiliytes. p. 371 (18161. (I Bi-lripollicaujs, disco subpollicari (minore quarn in Desmophyllo dianilio), planmre, laiiielli.s ikui Iruncatis. » (Ehrcnberg, loc. rit.) Musée de Berlin. 9. CvATHINA l'IiZITA. Ci/alhinn pézila. Ehrenberg, Corail, des Roth. meeres. p 76 (1834). — A. Philippi, .ircliiv fur Nalurg , année 1842, I I. p 43 (1842). — nana. Znoph . p. 371 (1846). " Trilinearis, linea crassa , nivea , subflexuosa , lamellis intus trunca- lis, stylls seiiis mediis llexuosis, singularibus, nec lamellis tnaximis, op- positis. » Facile pro Aiiiliophyllo juvenili habelur. » (Ehrenberg, loc cit.) Musée de Berlin. 1(1. CyATII1.\A A>OrLOSA. Cyalhina iinrjiilosa. A. Philippi, Arrhiv fur Xnlurg.. année 1842. t. I, p. 41 (1842). « C. subcylindrica, lœviuscula, snperne angulata, stellse lamellis raar- ginalibus circa 48, ina'qualibus, 12 maximis valde elevatis ; lamellis coronalibus \-i; papillis centralibus paucis contortis. » f Philippi, /oc. cil.) 11. Cyathina ci.avus. Caniophijllia clavus, Scacctii, Aotizie inloruo iille couchiglie ed a Zoofili fos- sili rhe si irovano nelle vicinanze di Gravitui m l'uglia (1833). '■29'2 MiLNK KutvAKns l'Vi' jui.Ks ■lAiitii':. Cyiilhina lurbiimlii , Pliilippi , Ëiinin Mull Sicii, p. 34, tab u, lig 1 !( (1836). Cyalhi7ia chtvus , Philippi , Archiv fur Nulitrg., année 1842, II, p. 42 (184-2). «C. obverse cunica l'ortiter striato - suicata; laniellis niarginalibus circa 04 valcle iinequalibiis ; coronalibus tirca IC, omnibus tenuissimis; papiUi.s rentrallbus (circa 16) valde llnxiio.sis. » (Pliilippi, /oc cil.) 1*2. Cy.MIIINA? BoWEliBANKII. I^oljjpin- allongé, conique , à base alténnée et très légèrement cour- bée. Càlos subplanes, distinctes, subégales , couvertes de grains fins. Calice circulaii'e. Quatre cycles cloisoiinaires ; systèmes égaux. Cloisons très minces ; les tertiaires épaissies à leni- bord interne, l'ntis épais, assez larges. Hauteur, 20 millimètres; diamètre du calice, Sou y. Fossile (lu Gault de Folkslone. Nous plaçons, avec doute, dans le genre Cyathine cette espèce, qui ne nous est connue que par des échantillons incomplets faisant partie de la colleclion de M. Bowerbank (;F.MtE XII. — ACANTHO(,YATHE ' MWN THOCYATHUS). J'oly/iicr simple, subturbiné, légèrement comprimé, subpédicellé , libre. Des crêtes saillantes ou des épines sur certaines côlcs. CotumeHe essentielle , très développée , l'asciculaire , formée de tigelles lamellaires tordues sur elles-mêmes, d'autant plus élevées qu'elles soni plus centrales. La surface supérieure est cliicoracée. Cinq cycles de cloisons ; les cloisons du dernier cycle ne se montrant que dans deux systèmes. Dans les quatre autres, il n'y a que quatre cycles de cloisons. Les secondaires et, dans les grands systèmes, les ter- tiaires égales aux primaires, d'où l'apparence de seize systèmes ter- naires . Cloisons débordantes, assez larges, arrondies en haut. falis larges , égaux , à bord supérieur entier. Ce genre est très voisin des Cyathines ; mais il est libre , et présente des appendices spiiiifoi'mes. Ce dernier caractère ne permet pas de le confondre avec aucun des autres Cyathiniens monostéplianés. Des deux es|)èces qui le composent , l'une est fossile de Malte ; l'autre TUliBI.NOI.lDES. 29;^ est vivante, mais mous ignorons sa patrie. Toutes deux sont légèrement courbées à la base ; mais, du reste, présentent des différences spécifiques assez grandes. 1. AcANTUOCYATfiUS GrAYI. (PI. 9, fig. 2 et V.) /'ulypier en cône un peu comprimé , très faiblement courbé , à pédi- celle très coui't et très grêle, a côtes latérales portant de chaque côté près de la base trois ou quatre épines très fortes, horizontales, com- pactes. Muraille lisse intérieurement, costulce dans sa moitié supérieure. Cd/es égales, très peu saillantes, couvertes de très petits grains, quel- quefois montrant près du calice de petites saillies subcristiformes. Calice ovalaire, a fossette grande et profonde. Les axes sont entre eux comme 100 : 150. Culumelle très développée, allongée dans le sens du grand axe , à sur- face fortement chicoraeée. Cloisuns larges, minces, seulement un peu épaissies en dehors, à bord arquéenliaut eleiidedans, à faces montrant de fortes stries radiées, dans la direction desquelles sont des grains oblongs, peu nombreux , et un peu saillants. J'a/is très minces et larges. Hauteur, eirvirou 40 millimètres; grand axe du calice, 20; petit, 20; profondeur de la fossette, 12; les principales cloisons débordent de 4. Habite... M. B. et Coll. Stokes. 2. .4c,v.NriiocyAi'iius Hastingsii. (PI. 9, fig. 3.) Pnli/pier très fortement courbé et légèrement comprimé, court; la courbure est dans le sens du grand axe du calice ; pédicelle très court et très grêle Les six cùtex primaires garnies de forts tubercules épineux ou subcristiformes, d'autant plus gros qu'ils se rapprochent davantage du calice. Calice ovalaire, à fossette grande et peu profonde ; les axes sont entre eux comme 100: I3(). C/o(sû;is assez larges, un peu épaisses, serrées. l'nlis un peu larges, épais. Hauteur, 20 millimètres; grand axe, 30; petit, 22. Fossile de Malte. C-oll. M. (Donné par madame la marquise de Hastings.) '29ll HILNE E:it\%'tKMS Kl JDLliS uAini;. Genre XIII. - BATHYCYATHE [HATHyrYATHljS). l'otijjjicr simple, lixé par une lai'jie base, sublurbiné, élevé, légère- ment comprimé dans sa moitié supérieure. Cûti:s fines , droites , serrées , couvertes de ti'ès petits grains, peu iné- gales entre elles , simples, distinctes presque ilès la base, mais devenant liM peu saillantes seulement près du calice. Calice subelliptique, à fossette grande et très profonde. ColumMe essentielle? peu dévehippée, a surface supéiieure cliico- racée. Cinq cijclfs de cloisons; six systèmes égaux Les secondaires sont égales aux primaires, d'où l'apparence d'un nombre double de systèmes. Les cloisons les plus voisines des primaires, des secondaires et des ter- tiaires, en sont très rapprochées, et contracient même quekiuefois avec elles des adhérences partielles. Cloisons assez fortement débordantes, un peu étroites, droites, minces, serrées, arrondies en haut ; les grains des faces sont peu saillants Celles du dernier cycle plus développées (|ue celles du cycle précédent. l'dlis minces, étroits, a bord entier, un peu épaissis en dedans, in- timement soudés aux cloisons , très élevés. La profondeur de la fossette caliciiiale, l'étroitcsse des i)alis, et le faible développement de la colunicllc, séparent les Bathycyalhes des Cyalliines ; mais ces deux genres .sont très voisins. Nous ne connaissons encore que trois espèces, dont une fossile du grès vert supérieur. Les deux autres sont vivantes; l'une habite le Chili , la seconde les Philippines. On peut les disposer dans l'ordre suivant : (4. Axes du calice peu inégaux (dans le rapport rapproché de I 00 : I 60). 6. Le pehl axe sur un plan supérieur au grand axe II. Chileiisis lib. Les deux axes sensiblement sur un même plan. . . B. Suioerbyi. (III. Axes du calice très inégaux (dans le rapporl de 100 : '275). II. Iiulicua i. B.iTirYr.YAÏlS ClIII.I'NSIS. [PI. 9, fig. 5) /'(i/i//jier très légèrement comprimé près du calice. Côtes fines. Calicr subellipliqiie ; les axes sont entre eux comme tOO : 166. Les sommets du petit axe un peu rentrants, et plus élevés que ceux du grand axe qui sont arrondis. Cn/iiuir/lr oblongne , réduite. Cloisons très serrées, très |icii i'|iais.ses en dehors, et s'amincissant beauco'.ip en dedans, a faces cuincrtes de grains très lins, nombri'ux, et disposés en séries parallèles Il i;Hi\oi.ll)i:,s. "295 MU lioid. I^■ ' Coll. A. d'Orbigny. Cenue XV. — DISCOCYATHK [DISCUCYMIUS). l'ulypier libre et cyclolitoïde. Muraille plane, recouverte d'une épitlièquc assez forte pour cacher les côtes, et un peu plissée en lignes conceiitriiiues, niorilianl dans son uiilieu une petite fossette. Calice circulaire, légèrement convexe. Cnlumeltc en laine verticale, dont le bord supiM'ieur est liorizuulal , droit et entier. (Cloisons élevées, larges, à faces striées piès du bord supérieur. Ê'alis libres dans une grande étendue, a bord entier , situés devant I antépéimltième cycle de cloisons. Ce genre se sépari; de tous les autres Monostéphancs par sa forme discoïde et sa columelle lamellaire; c'est le seul Cvatliiiiien ayant une ILlililNOI.IDI.S. 297 muraille tout a lait liuiizoïitale, et il n'y a dans touli- la lamille qu'une autre espèce ijui présente ce caraclèie reuiarquable : c'est le Diicuirochus. De plus, il nous montre le premier et, jus(|u'a présent , le seul exemple de palis formant une seule couronne, et placés en continuation des cloi- sons de l'anlépénultième cycle. Nous ne décrivons qu'une espèce faisant partie de la collection de M. Defrance , et qui est fossile de Bayenx. D'un autre côté , nous avons examiné, dans la collection delà Société géologi(iue de Londres, des échantillons trouvés dans le Gault , qui nous ont paru n'en pas différer spéciiiquement. Toutefois , comme ces derniers fossiles étaient plus ou moins incomplets et empâtés de la substance de la roche, nous ne pou- vons pas nous prononcer il ce sujet. DlSCOCYATIIUS ECDESII. (PI. 9, Hg. 7, 7".) Cychlilcs Eiidesii, Michelin, fcnn Zooph.. p. H. pi. 2, fig. 8 a et b(1840). Ces figures ont été faites d'après des échantillons qui n'ont pu être déga- gés de leur gangue, et elles ne peuvent servir qu'à donner une idée de la forme générale. Cycli'tites truncata. Defrance, mss. l'ii/i/pier dhcùide. Côtes a peine distinctes sous l'épitliéque ; la muraille horizontale montrant une petite cavité centrale. Columelle lamellaire, médiocrement mince. Cin(| cycles de cloisons. Quelquefois les cloisons du dernier cycle ne se montrent pas dans deux des systèmes. Clnisons très débordantes en haut et en dehors, un peu arrondies en haut, a bord interne coupé obliquement, mmces , un peu épaissies dans leur milieu. Les secondaires sont presque égales aux primaires. Hauteur, 6 millimètres; diamètre de la muraille, 12; diamètre du calice, 16. Fossile de Bayenx. Coll. Del'iane et Michelir). (iiiMiE XVI. _ COENOCYATHE [CŒyorYMHUS l'iilijiiici- composé; les polypiérites allongés, libres enire eux dans une très grande étendue, et non disposés d'une manière sérialaire. d'ites simples, droites, planes, larges, distinctes seulement près du ca- lice, couvertes de grains lins. Ciilice circulaire!, ;i fu.ssette médiocrement profonde. Columelle essentielle, composée d'un très petit nombie de tigelles lur- ilnes sur elles-mêmes. Quatre cyr/cs de cloisons. Six sijstènii-'S illégaux ; l'un d'eux au moins, ou ki nioilié de l'un d'eux, ('tant privé des cloisons du dernier cycle. f'li>isoiis\)e\x débordantes, assez larges, à bord ar(|ué en liauteten de- dans, a faces couvertes de grains très peu sadlants. Palis a bord entier , égaux entre eux , et également éloignés du centre. Ce genre esi le seul de toute la l'amille , dont le polypier demeure composé ; nous avons vu que que lesjeunes du Blastotroque se détachant bientôt de leur parent, celui-ci reste simple apiès avoir poussé des bour- geons. Les Cœnocyatiies ont les plus grands rapports avec les Cyathines ; ce sont pour ainsi dire des Cyathines gemmipares. Les trois espèces, qui seulesjusqu'a présejit composent ce petitgroupe, sont vivantes; la patrie de l'une d'elles nous est inconnue; les deux antres habitent la Méditerranée. Il est facile de les distinguer : M. Palis bien développés. b. Polypiériles cylindriques C. qilimlricus bb. Polypiériles sublurbinés ... (/. Corsicus lia Pnlis très petits C. anlhophijlhics 1. C0EI\0GVATHUS CyLI.^Dlll(:US. (PI. g.fig. 8.) /'o////((V/7V('.s cylindriques, élevés, naissant d'une base connnune étalée et encroûtante ? Muraille très épaisse, vernissée, couverte de grains fins espacés, ne montrant pas de traces de côtes, si ce n'est tout auprès du calice Fnsseltc cnliciiirile assez grande et assez profonde. Les papilles co- lumellaires assez gi'osses et serrées, au nombre de 12. Les cloisons de (|uatriènie et de cinquième ordre ne se montrent pas dans une des moi- tiés d'un sysitèmp, et alors il n'y a pas de palis devant la tertiaire Habi- tuellement, deux des priinaires placées sur le même diamètre sont un peu moins développées que les autres. Cloimm: très serrées, épaisses sur- tout en dehoi's , a faces iirésentant des stries granuleuses radiées bien distinctes , mais peu saillantes. Primaires à bord interne vertical, assez larges; les autres cloisons subégales, yn/is épais et peu élevés. Hauteur du polypiérilc , 20 millimètres : diamètre , S ; profondeur de la l'o.ssette, 4. Habite... Coll. M. rniiii\()i,ii)i:s. "i'.t'.l "2. CoENOcvvnnjs Coiisicis. (PI. 9, fiK. 9 ) /'(i/ ///lier en loufît^ siibaiborescoiite , formé par la réunion (U; [lolypié- riles sublurbinés, allongés, ascendants, un peu contournés, naissant la- léraiement les uns des autres , et plus ou moins soudés entre eux à leurs points de rencontre. Fossette cnlicintile grande, peu profonde, ('ulumetle coiisliluée ordinairement par une seule tigelle lainellense, tordue, qui l'ait saillie dans la fossette. Il n'y a pas de cloisons du cinquième cycle dans deux des sysièmes, ou seulement la moitié de cbacun de ces systèmes en est dépourvue. Cloisons un peu débordantes , assez larges , assez minces, et grarluellement amincies de deborsen dedans, à faces à peine granulées. Les secondaires diffèrent très peu des primaires, l'ulis larges, assez minces. Hauteur d'un polypiérite, environ .'io millimètres ; diamètre du ca lice, 8; profondeur delà fossette, :i ou 4. En général, chaque polypiérite ne bourgeonne (pi'uiie ou deux fois. Habite la Corse. Coll. Stokes. 3. CoE^ocy,VTllus amiiopuyllitbs. (PI. a.fit;. 10.) Le /ioli//)ier et les polypiérites très semblables a l'espèce précédente. Fossette oi/ieimi/egniiuie et profonde, i'itliiiiiclle très réduite, et ne mon- trant que deux ou trois pointes ti'ès petites, plissées Ordinairement une des moitiés d'un si/stéme est privée des cloisons du dernier cycle. Cloi- sons très minces et délicates, à peine un peu épaissies eu dehors, un peu étroites, serrées, à bord inféi'ieur un peu flexueux, a faces couvertes de grains disposés eu si'ries radiées, bien nettes et serrées. Les primaires hcHUcoup plus développées (|ue les autres, cependant très peu débor- dantes, a boni inlerne légèrement concave, /'nlis très peu développés, louvertsde graiirs. Hauteur d'un polypiéiite, 30 unilimèties; diami'tredu calice. S; pio- londeur de la fossette, 7 ; les primaires débordiMit de l 2. Habili: la .Méilileriauéc. Coll. K. 300 MII.KE EUWARU»! Kl' JUI,i)!« HAIMK. SKCOM) GIIOUPE. — CTATUINIENS POLTSTÉPBANÉS. Plusieurs couronnes de palis. Genre XVII. - TROCHOCYATHE [THOCHOCYATHUS). Polypier s.\mp\e, pédicellé ou subpédicellé, et libre dans l'âge adulte. Fmsetfe cfilicinale grande , mais n'étant jamais très profonde. ColumeUf essentielle, bien développée, composée de tigelles prisma- tiques ou un peu tordues sur elles-mêmes, fasciculées, ou disposées en une petite série , a peu près égales entre elles. Six systhnes cloisonnaires. Cloisons très débordantes , assez larges , un peu épaissies en dehors, à bord arqué en haut, a faces montrant des stries radiées, ordinairement bien accusées. Palis bien développés , libres en dedans et en dehors dans une assez grande étendue, inégalement larges, suivant les couronnes auxquelles ils appartiennent, à bord supérieur entier et arrondi. Ce genre dilfère du Deltocyathe et du Tropidocyalhe par sa base pé- dicellée. Cette base est beaucoup plus grêle que celle des Paracyathes et des Hétérocyatlies , et, de plus, est libre dans l'adulte; il s'éloigne, en outre, du Placocyathe par sa colunielle multipartite. Parmi tous les Cyathmiens polystéphanés, o'e.st avec les Thécocyathes qu'il a les plus grands rapports; mais l'épithéque complète qui entoure ces derniers les distingue suttisammeiit. Tous les Trochocyathes sont fossiles ; ils se montrent dans plusieurs grands groupes géologigues ; cependant, on ne les voit jamais dans les couches tout à l'ait inférieures; ils ne commencent a paraître que dans l'Oxford Clay; on en trouve quelques espèces dans la période crétacée ; mais ils sont surtout abondants dans le terrain miocène. La forme générale, c«lle des côtes , le nombre des cloisons , varient suivant les espèces , et permettent de les grouper en quatre sections bien distinctes ; Il Quatre ou cinq cycles de cloisons, h. Polypier plus ou moins élevé. c. Toutes les eûtes simples el très pou saillanip.s . . . T ximplrs iT. Certaines cotes saillant en arêtes vives ou garnies de crêtes (luelquefois spiniformes Tu crêtes. Iih Polypier très surbafssé . . T. courls. im, Si.v cycles de cloisons ... 7". muHisiriès. IlilUilNOl.lDUS. .'^Ol / 1" SECTION — rimciKirvATiiKS simim.ks (•/• siMi>i.iri-:s). a. Quatre cycles (cinq ordres) de cloisons. U Tous les syslèmes cloisonnaires égaux. c. Base plus ou moins courbée. il. Polypier Irapn. f Cotes subégales. f. Palis 1res inégaux suivanl les couronni'> g. Cloisons très épaisses T. plicatus. gg. Cloisons très minces T. crassus. ff. Palis subégaux T. simplex. ee. Cotes inégales près du calice ... . T costulnlus. dd. Polypier allongé et allénué inférieurement h. Palis très larges I. Muraille nue T flunijnius. a. Muraille entourée dans ses 2/3 in- férieurs d'une épithéque bien di.s- lincle . r. h'oninckii. Iih. Palis très étroits T. gracilin. ce. Polypier droit et conique T. cnnulux. Ii'i. Systèmes inégaux ( les cloisons de quatrième et do cinquième ordre avortanldans deux des systèmes). 7". Sixmnwlœ. un Cmq'rycles (neuf ordres) de cloisons. ]. Tous les syslèmes égaux, avec les moitiés de chacun d'eux inégales. T. impiiri-purtUus ;j. Systèmes inégaux ; les deux moi- tiés de chacun d'eux égales T. Uellingheriamis. .\r/lii. La TuiliiiKilia mitrntu de GokH'uss iinus paraît devoir se placer dans cette section ; elle est vi-aiseiiiblablement très voisine du Trorhuciin- llius jilicnlus. si iiièine elle n'est pas identi((ue avec lui. Il' SECTION — TR0CH0Cy.4THES A CRÈTKS {T. CI-rnst,iliis. /(i/c/'o-.s/jy/di.^Hs, rnricoslulus 30'2 nil.KE KWWARDS Kl JULES UAIItlK. ce.. Les deux muilii'S di'? farauds systèmes inégales (les dernières cloisons avorianl dans l'une d'elles). e. Les seules rotes latérales épineuses T. ee. Les côtes principales cristifères prés du calice. T lib Syslêmes égaux. f. Polypier à base courbée. g. Axes du calice peu inégaux ... 7". rrruliilus gg. Axes du calice très inégaux T. xiiUrisInlKs ff. Polypier droit . T lielkmUi. Il» yualre cycles (cinq ordres) de cloisons. h. Calice à axes inégaux. I. Des appendices sur quelques côtes. j. Une seule rangée de crêtes angu- leuses sur la grande courbure. T. Pyiemiicuf il. De gros.ses verrues sur deux côlcs seulement T verriicoxus. a. Douze côtes en arêtes . . . . T. eurtmcoj'in /i/i. Calice circulaire T. uiuhilaliis. III' sECTin:» — ÏIIOCHOCVATHES COURTS (T. llttEf ES) II. Des épines. (/. Douze côtes garnies de séries d'épines courtes . T.'oU.'ni.'i. hb. Cinq épines seulement, exlrémemenl fortes ... 7 urmiihis. au. Pas d'épines. c. Côtes distinctes depuis la base T. Hnnvijiiiins. i-c. Côles indistinctes à la base T. Mii-helimi. IV sECTioi. — TUOCIlOf.YATHES MULTISTRIÉS {T. MULTISTIUATI). a. Polypier sublurbiné . un peu comprimé ; bords du calice en forme ilc s T. sinuosus. un Polypier non comprimé: calice circulaire. .... T. cycloliloide.'i. ESPi-:CES DOUTEITSES. y xiiblœvi.i I T pyramiiliitiis. Si ces (leu.\ ileniières ospèces sont, en effet, fies Trodiocyallies, comme tout nous porte a le croire, la première devra rentrer dans la section des Trocliûcyalhes simples; quant à l'autre, elle parait se rapprnclier du /'. /Il //m lia il la fois et (In '/'. nhrsiis. TI'IUtl>()I.Il)IÎS. 303 l'ii>riii('if sccliiiri. — TIUiC.IItlCVATIIF.S SIMl'I.KS 1 . Tr.OUIOCYATIILS l'I.lCAl IS. Tiiihinuliii ijliculii . .Miclielulli, Specim. Zoopli dil.. p 69, lab ii , li;;, 9 (1838). — Michelin, lam. Zuvph . p. 40, pi 9. fig. 2(1841). — MicheloUi Fusa ilesleir. mioc ileVItnlie xeplent.. p 27, pi I, fig. 23. 24 (1847) l'uli/pin- assez épnis . un peu couit , un peu couiprinxi, a luise l'orte- nieiit courbée, l'arc par la figcue de Goldfu.ss, dans laipielle les palis .sont peu marqués. 'A. 'ritor.iiocvATiiis ciiAssip. CitrijoplujUoidc simple, coniqiw, wi peu courbé à ta puinte. (iiiemenl et éyule- tnenl strié à l'extérieur?, Guettard. Mém. sur diff. piirt. des se. et arts, l. Il, p. 385, pi, XXI, fig. 3 (1770). Turbinolia pliciita. Micheloiti. Spec. Zool. dit , tab 111, liy. I (1838). — Michelin, Icon. Zoupk., pi 9, fie. 2" (1841). Non la figure 2''. qui e.'-l relie du T plicatus. Polijpier très gros et larj^e , un peu court, très légèrement comprime, et laiblenienl courbé. ^Vîto larges, serrées, presque planes, biendislincles surlout en haut où elles uionti'ent des sli'ies granuleuses transversales. Cnlk-e subellipti(|ue ; le petit axe est au grand coujine lOO : l.'^5. L'arc de courbure est dans le plan du petit axe. Quatre ci/clesAe, cloisons ; six systèmes égaux. (7ni$ons très minces, peu serrées. Palis larges, seule- ment un peu plus épais que les cloisons. Les couronnes dans les mêmes rappoits que celles de l'espèce précédente , mais peu différentes entre elles. Hauteur, 25 milliuièlres ; grand axe, '20 ; petit, IJ). Fossile de Tortone. Coll. E. Cette espèce a été confondue avec le Troc/iocijfil/tiis /jticutus. I\. TllOCIIOCV AtlILlS SIMfl.KX. Ce polypier est très voisin du précédent; il en diffère par une forme plus courte et moins trapue , par des cloisons médiocrement minces , et par des palis presque de même épaisseur que les cloisons, disposés comme dans le T. crnsstis, mais h peu près d'égale largem' entre eux. Hauteur, lO millimètres; grand axe du calice, 1.3; petit, 10. Fossile de Torlonc. Coll. E. 5. 'riiOCllOCïAI'lILlS r.OSIl I.AILS. I'(jh//i(er en cône légèrement comprimé, et légèrement courbé à la base q\ii montre uu pedicelle assez gros; l'arc de courbure étant dans le plan du petit axe du calice ou à peu près. Cotes primaires et secondaires assez bien marquées, et saillant en petites arêtes près du calice; les latérales un peu plus prononcées; les autres côtes presque planes. Ca- lice subelliptique. Rapport des axes , lOii : 120. Quatre cycles ùe cloi- sons ; six systèmes égaux. Cluisans médiocrement minces, l'nlis larges, médiocrement épais : disposés comme dans les précédentes espèces. TimniNOi.inKS. 005 Hauteur, 20 niilliiilt'-tips ; ^raiid :i\p du rnlicp, IT; |i(>tit, H. ■Kossile (te la (■nlliue fie Turin. Coll. E. 6. TliOCUOCYATIItS liLON(;AïrS. /'oly/iier allongé, cyliiiflro conique, légèrement coiitourné, ('6t/'s très peu saillantes, couvertes de grains (lus, serrées ; celles des deux premiers ordres nn peu |ilus niar(]uées. Cnlici' suhovalaire. Rapport désaxes, loO : 130. CohiDii-lle formée par un faisceau de peliles ligelles tordues. Quatre cycles de cloisons ; systèmes égaux. Cloisons nn peu épaissies en dehors, médiocrement serrées , un peu étroites. Pa/is aussi larges que les cloisons , et beaucoup plus épais. Ceux qui sont vis-à-vis des ter- tiaires les plus larges et les plus rapprochés du centre, montrant latéra- lement des grains très saillants ; ceux qui sont devant les primaires et les secondaires plus étroits , et à peu prés égaux. Hauteur, .'(,'> millimètres ; grand axe, 1.3; petit, 10. Fossile des terrains tertiaires des environs de Castellaiie (Basses-Alpes).' " Coll. E. 7. TROciiocy.vrms Komnckii. Polypier en cône allongé, légèrement comprimé, courbé dans la di- rection du grand axe du calice, entouré dans ses -2/3 inférieurs d'une épithèqne bien marquée. Côtes très peu distinctes sons l'épithèque, sépa- rées dans leur partie supérieure par des sillons profonds, serrées, par- faitement égales, (iues et crénelées. Caliee subelliplique, mais à axes très peu inégaux. Quatre cycles. Cloisons très serrées , épaisses extérieure- ment; les primaires et les secondaires sont épaisses dans toute leur éten- due. /V///.S larges et très épais. Hauteur, 13 à I.") millimètres; grand axe du calice, 6; petit axe, près de .'). Fossile du terrain tertiaire d'Obourg, près Mons. Coll. L. de K(.riinck. .S. Tl'.OCHOCVAlULS (.UACII.IS. : PI. 10, fig. 5, .H a.) /'«/////(■(■/■grêle, allongé, légèrement comprimé, un peu courbé; l'arc de courbure étant dans le plan du grand axe du calice. Cô'.es fines, distinctes depuis la base, peu inégales, assez serrées, couvertes de petits grains. Columellf formée par trois ou quatre petites tigellcs disposées en série dans le sens du grand axe. Quatre cyo/c,»,- de cloisons ; systèmes ''gaiix. Les |)rinf ipales r/aisfins peu inégales , fcirlenient épai.ssies à leur :j' ^éno Zn,M. T. !\ (Mailljis.ji 20 30G nii-xi-: i':DnARD<« Ki' jtxKs iiiini':. boni Interne, larges , pen serrées, l'al.is très peu dissemblables entre eux, piesque également rapprochés du centre; eependant ceux de la couronne secondaire sont les plus gros , et ceux de la couronne tertiaire les plus petits; tous, bien séparés des cloisons, et même éloignés d'elles, très étroits et très épais, presque cylindriques. Hauteur , 13 millimètres ; grand axe, 5; petit , 4 ; d'où le rapport, 100 : 125. Fossile du grès vert du Mans. f.oll. M. et Michelin. 9. TllOCHOCVATIIUS CO^Ul,l:S. CaryophijUm conulus. Phillips. lUusl. of the Gcol vf Yurksliire. pi 2, lig 1 , î' édit. (1835). Mauvaise figure, sans description — Michelin, Mém de la Soc. geol. de France, t. III. p. 98 (1838). Turbiiwlia cotiuius, Michelin. Icuii. Zoopli., p I, pi. 1, Og. 12 (1840). l'ii/i/pii r en coiie droit , qiielc|uefois très légèrement courbé, a pédi- celle un peu gros. Une épitliéipie mince , ordinairement faisant un petit bourrelet près du calice, incomplète, (^otes distinctes, un peu inégales en haut, peu saillantes. f'n//n' circulaire, très peu profond. Ciiluiiielte fasciculaire, à surface supérieure, montrant dedix aipiinze papilles égales. Quatre rijclrs de cloisons : systèmes égaux. Cloisons un peu épaisses en dehors. Les palis situés devant les tertiaires prescjue aussi larges que ces cloisons elles-mêmes, et plus épais; les autres sont plus étroits el plus minces, surtout ceux de la couroime primaire. Hauteur, l,^i millimètres; diamètre du calice, 10 ou un peu plus ; pro- fondeur de la fossette, 2. Fossile de Speeton (Yorkshire), de Dienville, près Brienne (Aube), de Gatis de Gérodot (Aube), d'Élrepy (Marne). Nous avons vu dans la collection de M. Michelin des échantillons en mauvais état de Machéroménil , et de la perte du Rhône , que nous ne pouvons pas rapporter avec certitude à cette espèce , comme il l'a fait lui-même. Coll. Michelin et K. 1 1 iiiii\()i,mi;s. .'VIT 10. TllOr.lKXn AIHDS SlSMOM)!-;. (l'I. 10. lijf. l ) \ l'iilypim- en lôiie coiirl, un pi'ii roui'bi^. Cùta: priiicipalcs , assez sail- lantes prés du calice ; Unîtes bien (listiiictes d^s la base , et couvertes de grains fins. Calice circulaire. Culiiincltp fasciculaiiv. Quatre lydca rie cloisons; le quatrième cycle ne se montre pas dans deux des systèmes. Les rlriisoiis principales beaucoup plus débordantes ipie les autres en liant et en dehors, minces, et seulement un peu épaissies extérieurement. /V/is larges et minces. Hauteur, l(t inilliniétres ; diamètre du calice un peu pins. Fossile de la colline de Turin. iiS dihleir. mioc. de illulm sciil., p. 28 (1847). /'ii/i/j/iff en cône un peu comprimé, courbé un peu obliquenienl ; l'arc de courbure se rapproche du plan du grand axe du calice. Surface intérieure presque lisse , luisante. /'t',lrs étroites, très légèreineiit striées 3()\ minr. île l' llatie sepl.. p. 30(1847). l'iih/pier eu cône li'gèrement comprimé, et a extrémité un peu cour- bée dans le sens du grand axe du calice. Les ciites primaires représentées par des séries d'épines très grosses, très saillantes, et assez écartées. Côtes secondaires assez saillantes, mais non spinifères. Les autres côtes très petites, et peu distinctes. Colicp sul>elliptique. Rapport des axes, 100 ; 125. Cinq ri/rli's de cloisons ; les cloisons du cinquième cycle ne se mollirent que dans deux des systèmes. Clois'nis minces et peu serrées. Palis larges, peu épais; les plus grands sont devant le pénultième cycle. Hauteur, •>.') millimètres; grand axe, 22; petit, 18. Fossile de la colline de Turin. Coll Michelin el E. I.'l. TliOr.IIOCVATIIliS lATEKO-CRISTATlS. (PI. 10, fig .1.) /Wy/)/e)- allongé , comprimé, légère nent courbé; l'arc de courbure étant dans le plan du grand axe du calice. Des bourrelets transversaux assez prononcés sur les laces. Ci)/i'p elliptique. Rapport des axes, IdO : Ki^. Cinq cycles complets. Hoisovs débordant la muraille \ ILlllU.NULlDES. oll en liant et en dehors , élevées , lianoliantes , minces et serrées. Les se- condaires sensiblement égales aux primaires La fossette caliciiiale qui est grande, étant empâtée de la substance de la roche , nous ne savons rien au sujet des palis. Fossile de Turin. (^loll. Michelin '20. TitOCIlOCVAlIlLlS PviUi.NAÏCI'S. h'Iuhelluin l'ijrcHiticum , Michelin, Icon /oii])h , p. 270, pi. 63, tig. 2 (juin 1S46). Tiirbinoliu calcar, d Archiac, Mem. de la .Soc. gàil. île Fninci'. 2b sér., t. II, p, 192, pi. 5, fig. 1, 2 et 3 (1846). /'o/y/;(>/' allongé, fortement comprimé, fortement courbé, l'arc de courbure se rapprochant du plan du grand axe du calice, à base très ai- gué. La côte (le la grande courbure nnniie d'une série de crêtes angu- leuses très serrées et ti'ès sadlaiites. Toutes les auties côies simples, cou- vertes de grains (ins, étroites, serrées ; les primaires un peu plus saillantes. Calice subovalaire. Rapport des axes, 100: 145. Le sommet du grand axe qui correspond à la grande courbure, anguleux; l'autre arrondi. Quatre cycles de cloisons. Cloisons assez minces, serrées. Pnlis minces. Hauteur, 20 millimètres ou un peu plus; grand axe du calice, lu; petit, 7. Les variétés figurées par M. d .\rchiac sont probablement des âges différents. Le plus petit des échantillons que nous avons observé dans sa collection a toute la surface extérieure graimleuse, et les crêtes ne sont pas encore développées. Il est moins comprimé et moins courbé que l'adulte. Sa hauteur est de fo millimètres. Fossile de Biaritz, près de Rayonne, dans le terrain nuramulitique. Coll. Miclieliji et d'Archiac '21. TliOCUOCVATIIIIS VEIUIUCOSUS. l'olijfjici- en coue allongé, légèrement comprimé , fortement courbé dans la direction du grand axe du calice, présentant sur chaque face une série longituilinale de giosses verrues espacées. Les autres cotes assez ir- régulièrement saillantes, simples, peu serrées. r(//(>c subelliptique. Rap- port des axes, 100 : I.'iO. Ciilumelle formée par des tigelles lamellaires tordues. Quatre cycles complets. Les cloisons du dernier cycle très minces; celles des deux premiers sensiblement égales et plus épaisses. l'nlis un peu plus épais que les cloisons; leurs faces et celles des cloi- sons couvertes de petites épines trts grêles et .saillantes, assez espacées. 312 MiLKii': EUM.tKus II jli.i:k iiAini:. Hauteur, 25 millimètres ou un peu plus: ijranil axe, l.î; petit, 10. Fossile tie Bade. ' ' ' (>oll. Michelin. 22. TiiociiocYAiius coii.NbCorn. TurbinoUa cornucopia M\che\o{l\, Speclm. Zuoiili. dil., p. 67. lab ii, (i^. 8 (1838). — Michelin, Icon. Zooph.. p. ;J'J, pi. 8, llg. 16 (1841). — Michelotti, Foss. des terr. mioc, p. 26 (I 847). Polypier en cône allongé et courbé. Dix (')'('.< pi'incii)ales jC|uel(piel'uis douze) paillant eu arêtes vives dès la base. Dans clia((Ne espace, trois côtes intermédiaires subplaues; toutes sont couvertes de grains serrés. Cii/ice subovalaire. Rapport des axes, 100 : l30. Quatre cycles; ordi- nairement les cloisons du quatrième cycle manquent dans deux des systèmes, et, comme dans les autres, les secondaires égalent à peu près les |)rimaires , il y a en apparence dix systèmes ternaires. Cloisons épaisses extérieurement; celles du dernier cycle plus élevées que celles du cycle précédent, et très rapprochées des principales. Palis assez épais, larges ; ceux de la couronne tertiaire les plus petits. Hauteur, 25 à 30 millimètres ; grand axe, I3 ; petit, 10. Fossile deTortoiie. Coll. Miciielin et E. 23. Trocuocïatuus um)Li1,.mls. Ciirtjupliijlhidc simple, conique, à douze pans, et courbé à i(t pointe, Uuet- tard, Mém. sur difj port, des se. et cirls, t. Il, p. 387, pi. xxi, fig. 4 (1770). TurbinoUa undulata, Michelin, Icon. Zooph., p. 41, pi. 9, fig. 4 (1841). — Michelotti. Foss. des terr mioc. de l'Italie sept., p. 28 (1847). Polypier en côneallongé, courbé inférieurement. Douze côtes principales (primaires et secondaires) formées par des séries de petites crêtes , leur bord est par conséquent une ligne ondulée. Les côtes tertiaires montrant aussi quelquefois de pi'tites crêtes; les autres très peu saillantes, et cou- vertes de petits grains. Cnlice subcirculaire. Quatre cyrhs. Cloisons un peu épaisses eu dehors, minces, peu serrées. Pfilis plus larges que les cloisons , et seulement un peu plus épais ; ceux de la couronne tertiaire les plus petits Hauteur, près de .3(1 millimèlres; diamètre du calice, 14. Fd.ssile de Tortiuic. Coll. Micheluiet K. ri:iiiii\oi.ii)i;s. o I t Troisième set-.tioii TROCHOCVA THES COURTS '2ll. TuOCHOCïATHUS OBESUS. ( PI. (0, lig. 2, 2 a.) Miidrcpnra liemispherica , Stella plana, radiis luberctilosis xlriulu , Carolus Allioni, Oryct. Pedem. specim., p. 16, n° Il (1737). Curyopliylloïde simple, demi-sphérique, etc., Gueltard. ilétn. sur diff p. des se. elarls. t. Il, p. 384, pi. xxi, fig. 6 et 7 (1770) Turbinolia ohesci . MicheloUi , Specim. Zooph. dit., p. 53, lab. 2, lig. 5 (1838). Mauvaise figure. — .Michelin, Icnn. Zonph.. p. :i.i. pi 8, fig. 1 a el b (l**.H). — Michelotli, t'uss des lerr. iniuc. p. 22, pi. I, fig. 21, 22 (1847). Polypier subliémispliéiiqne. Un léger réirécissement circulaire près ilii calice fait un peu saillir son bord en tleliors. Côtes primaires et secon- daires garnies de .sér'ies d'épi nés courtes ; les autres côtes a |)eine distinctes, couvertes de grains fins ; les sillons intercostaux remplacés par de petites .séries longitudinales de grains fins. Calice circulaire , à fossette grande. Columelle papilieuse (seize à vingt papilles;). Quatre cycles. Cloisons iiié- gales, saillant en dehors, assez serrées, épaisses extérieurement, s'a- mincissant graduellement vers le centre, /'«//s bien développés , assez épais; ceux de la couronne secondaire les plus larges; puis viennent ceux de la couronne primaire , et enfin ceux de la couronne tertiaire. Hauteur, 10 à 15 millimètres; diamètre, de 1,5 à 25. Proportionnel- lement au diamètre, la hauteur est très variable. Fossile de Tortone. Coll. Michelin et E. •25. Tr.ociiocv.\rHLS ar.m.mus. Tiirbinoliii (triitatii. .Michelotli, Specim. Zooph. dil.. p. '62, lab I, fig. 9 (1838). — Michelin, Icm Zooph.. p. 3o, pi. 8. fig". 8 (1841). — Michelotli, Foss. des lerr. mioc .p. 23(1847). Polypier droit, court, pres{|ue aussi large à la base ipi'au calice, rap- pelant la forme d'un bonnet de fou; pédicelle court et assez gros, autour duquel, et a une certaine distance, sont cinq épines très fortes dirigées en bas et en dehors; ces épines correspondent a cinq des côtes primaires. Les autres côtes distinctes seulement près du calice, subégales , serrées, planes, un peu larges, couvertes de petits grains f'nlirr circulaire. 31/t Nii.;\i': I':du«rw<« et ji^ks haume. Quatre cycles île cluisons ; les cloisons du quatrième cycle ne se mon- trant pas dans deux des systèmes , et la côte, correspondant à la cloison primaire qui les sépare, ne porte pas d'épine ; dans quelques individus, ou voit que ces deux petits systèmes tendent à se compléter. Cloisotis assez larges, ti'ès minces en dedans, épaisses eu delior? . Pidis minces. Hauleui', S a i(i millimètres; diamètre du calice, 10; diamètre delà base. H. Fossile de la colline de Turin. Coll. Michelin. 2(3. ÏROCdOCVATlIUS Hauveva.xu'-'. /'fili/jjicr subliémispliérique. Douze côtes (primaires et secondaires) en arêtes, s'élendarit de la base au calice; les côtes tertiaires encore ilistincles piès du bord calicinal ; celles de ([uatrième et de cinquième ordres, très peu marquées Td/Zcc parfaitement circulaire Quatre cycles. Ctaisuiis minces, et 1res légèrement épaissies eu dehors, serrées, un peu élroites. /'«//s assez niincef. Hauteur, T) millimètres; diamèlrc du <'alice, 18. Fossile du Gault, à Folkstone. Coll. Bowerbajik. '27. Trociiocyathu.s Michei.i.mi. t'uljiiiicr tifs court, subdiscoide , prescpie plane et presque lisse en dessous, rij/esdislincles près du calice, montrant des stries granuleuses transversales. Calice ciiculaire; columcllc foiinée de trois tubercules comprimés, disposés en série; celui du milieu plus gros que les deux autres. Quatre cycles. Cloisons très débordantes ; les secondaires presque égales aux )U'imaires, un peu épaisses en dehors. Les palis situés devant les secondaires les plus larges ; les autres un peu plus étroits ; tous un peu épais. Hauteur, t millimètres; diamètre du calice, 7 ou 8. Fossile de l'OxIord-Clay, à Élrochey (Côte-d'Or). Coll. iJlichelin. • Quatrième section. - IROCIIOCY.VT HES MULTIS TR I ES. 'iS. '1 lïociiocYArnus sinuosis. Turbiiiotin turbinatii (purs). Laniarck, //ni. des unm. s. tvri , I. Il, p. 2.11 (1 8 1 6) ; — 2' édit-, p .360. Sous ce nom, Laniarck comprenait des es- pèces fignréns par Fougt dans le lojnp I des Amanilates Academicw . cl qui snni (1rs ('"ififthopluilhim : niai> i! a é^Hlcnii'nl coiil'nnriu a\('c elles Ir I ( r,i;i\()i iDiis, ."HS Truihucyatlitts sinuusu:< . dont un C'cliaiitillitn provenant desa collection et éliquclé de sa main, est maintenant dans les galeries du Muséum Haïkinson, Onjanic rcmains ofu former Wurhl, t. Il, pi. iv, fig. I I (1820). Tiirbinolia siiiuosa, Alex. Brongniarl. Mém. sur les lerr. calcaréo-triipp. du ViceiiUii, p. 83. pi. vi. fig. 17 (1823). — Bronn. Sijsl. der Urwdnkhm Pflimz , lab. v, fig. 12 (1825). Mauvaise tigure. Turbinolia dubia, Defrance, />a(. (tes .Se. nat.. t. LVI. p. 92 (1828). Turhîiiolia sinuosa, Bronn, Leih. Geogn., t. Il, p 897 (1838). — A. Lejmerie, Mém. de la Soc. ijéot. de France, 2' série, pi. xiii, fig. 7 et 8 (I8J5). — Michelin, p. 270, pi. fi3, lig. I (1846). Celle figure est celle d un très grand individu. /'(j/i/j)ier subtuiliiiii', un peu comprimé, aextrcriiile inliMieiire iiu peu courbée dans la direction du petit axe du calice, (.'ôles distinctes dès la base, très fines, très nombreuses, très serrées, simples, finement gra- nuleuses, inégales, mais toutes très peu saillantes. Caliccen forme de 8. Coiumelli: fasciculaire, à ligelles très grêles. Six rycles complets. Ctoi- miia serrées, très minces, large.-*; celles des trois premiers cycles sub- l'giiles. Palis assez larges et minces; ceux qui sont devant le cycle pé- nultième sont les moins développés; tous les autres dilTèrent assez peu entieeux ; tous sont à peine plus épais cpieles cloisons; mais leurs faces pi'ésentent des grains épineux assez forts. Ce polypier est susceptible d'un grand développement ; il montre de bonne heure .ses six cycles de cloisons, et il n'en a jamais un plus grand nombre ; il s'accroit alors seulement en hauteur, et le calice conserve à peu près les dimensions (ju'il a dans le jeune âge. Nous avons vu dans la collection de M. Michelin un échantillon haut de 7 à 8 centimètres pour un diamètre MILKB ■•:Ut«MHUS El' JLILE^i II.IIMK. liiii's , liés nombreuses , très serrées , peu inégales , peu distinctes à la l)H.se. Calire circulaire ou subcirculaire. Les systèmes de cloisons et les palis comme dans le 7'. s/mtnsus. La hauteur habituelle est de i3 a lf> millimètres pour un diamètre de 30 environ; mais les individus qui prennent un plus graTid accrois- sement s'élèvent en un cylindre de 30 ou 40 millimètres, sans qu'il y ait apparition de cloisons nouvelles , et sans que le diaiiiètre du calice aug- mente. Tel est un échantillon que nous avons vu dans la collection de l'École des mines. Fossile de la Palarea , comté de Nice , dans le terrain numinulitique. Coll. Michelin et E. XSFÈCES DOUTEUSES. TnociiocYArdus? subi.^vis. Nous lie faisons que mentionner ici cette espèce, qui nous a été en- voyée par M. Eugenio Sismonda sous le nom de Turbiiiolin brevis , mais en si mauvais état que nous ne pouvons pas la caractériser suffisam- ment, ni même assurer qu'elle appartient au genre Trochocyathe , bien ((ue nous en soyons persouMellement convaincus. Ce polypier parait avoir une forme assez légulièreinent conique, mais courte, et il est pro- bable que le calice est très grand et subcirculaire. Les côtes sont à peine distinctes dans leur partie inférieure, si ce n'est en certains points ; elles sont planes, couvertes rie très petits grains un peu espacés, larges, avec les sillons intercostaux superficiels; il en résulte une surface presque lisse. Les cloisons sont minces, et les palis très larges et épais. Fossile de la colline de Turin. Coll. E. TllOCIIOCYATUDS ? PYRAMIDATUS. Turbiitoliii pyramidala, Mii'.lielotti, Spcc/m. Zoopli. dil., p. o'i, lab. n. lig 4 (1838). Très mauvaise figure. — Michelin, Icon Zooph., p. 36, pi. 8, lig. 1 I (1841). — • Michelotli, Foss. dea terr. mioc. p. 24 (1847). /•o/f/;;/*"?' subhémisphérique. Six côte (primaires) formées par des sé- ries décrètes spiniforines élevées ; les autres côtes simples, très peu ap- parentes , si ce n'est près du calice; quehpiefois, cependant, les côtes secondaires présentent vers leur milieu un rudiment de crête. Caiice circulaire. Les systèmes paraissent se composer de neuf ou onze cloisons ••hariin. Les primaires sont élevées, et font un peu saillie en dehors. TllRIÎINOLIDliS. ."VIT Hauteur, "i.") niilliniétres ; diamètre du calice, plus de 3(1. Fossile de la Superya [)iés Turin, de Toitone, et aussi d'Asti ? Coll. Micheliri. Le calice des iudividus i|iié nous avons examinés était constamment empalé de la substance de la roche, et, nialf^ié de toites présomptions, il n'est pas encore certain pour nous que cette espèce soit un Troclio- cyatlie. Genre XVIll. — THÉCOCYATHE {THECOCYATHUS). Polypier simple, très court, droit, fixé, au moins dans le jeune âge. Epithèque membraniforme, complète, un peu plissée en travers, se terminant au calice en un petit rebord libre. Cidice circulaire, à fossette superficielle. f'olumelle essentielle occupant une place considérable , lasciculaire , composée d'un grand nombre de tigelles prisuiatir|ues, d'autant plus fortes qu'elles sont plus extérieures, mais toutes a peu près également élevées, et donnant lieu a une surface pa|)illeuse très large. .Six sijstî'iiies égau X . Cldixnns très peu Inégales, non (U'iiordantes, épaisses, serrées . a bord supérieur faiblement arque. l'olis épais, étroits, courts, a burd entier : chux ipii -scuit situés vis-à- vis les cloisons du pénultième cycle les plus développés. Ce geme , qui ne renferme encore que deux espèces de jietite taille, toutes deux fossiles du lias supérieur, se rapproche plus du genre Ti'o- chocyathe que d'aucun autre; son épitbèque complètesullit a l'en distin- guer , de même que de tons les autres Cyathiniens polystéphané.';. 1. Thecocyathis tjîntinnabulum. fyathophyltum litilînnfihtitiim, Goldfuss. Petref. Oerni , p. 56, tab.ivi, fig 6 (1826). /'ri/j/pieren cône un peu court. Épit/ièqtie épahse, ne laissant pas voir de traces des côtes, lerniinée en haut par un bord qui s'élève un peu au- dessus du niveau du calice. Trois ri/cles de cloisons; celles-ci étroites , très serrées, subégales; les primaires seulement un peu plus épaisses. ' Palis très étroits , subcylindriques ; ceux qui sont devant le pénultième cycle plus gros. Hauteur, i inillinièli'es; diamètre du calice presque autant. Fossile de Mendes (Lozère). CollMetE. •'VIS iiii.m; ■'.iim,%ri>s 1:1 .11 i.iss iitniK. "2. ! IIKCOCV aill s MAC.TI'.A. Cyntliopliijllum maetrn , Gnidfuss, Pvtref. Germ . p '■il'i . liili, \\i . lig. 7 Fungia muctr». Blainville, Diet. dex Se, inU., t. L\. p. iO.'î (I8:in). l'objpii'r ei\ cône extrêmement ooui't el subdiscDïde. l'.'iiillàqnran peu mince, et laissant voir la direction de côtes planes, snbégales et droites; son boni ^upéI•ieul■ ne s'élève pas au-dessus des cloisons. Quatre cijtiez. ClriixutiK a peine débordantes , un peu étroites, de largeuis un peu diti'é- rentes, suivant les cycles, l'alis épais, liés étroits, mais moins cepen- dant ((ue dans l'espèce précédente. Hauteur, 4 millimètres; diamètre du calice, lO. Les jeunes ressemblent considérablement au T. tinthnKibidum tant par la forme générale que parce (pi'ils n'ont encore que trois cycles de cloi- sons : mais on peut déjà les en distinguer a leur épitliéque plus mince et moins élevée. iM. Léon Soubeiran [lossède une série intéressante des dif- lërents âges. Fossile d'Avallon et de Hesanvu Coll. M. et Michelin. Genuk XI\. - l'ARAC.Y.ATHK {l'AltACYATHIS). /'(//////('p?' simple, sublnrbine. lixe par une laige base. Côtes droites, serrées, simples, subégales, finement granuleuses, 1res peu saillantes. /ùisselle ca/iriiiiile grande, méiliocrement profonde. Colimiel/c 1res développée, a surface supérieure papilleiise ; les papilles d'autant [dus fortes et plus élevées qu'elles sont plus extérieures. Les tigelles colnnicllaires paraissent se séparer de la paiiie inférieure des cloisons. '^'w systèmes cloisonnaires. riaisoim 1res serrées, peu débordantes, peu inégales. Les grains des faces nombreux et saillants; ordinairement, on voit au milieu d'eux des traces de traverses lamelleuses, (|ui cependant ne sont jamais assez développées pour fermer les chambres , bien que celles-ci soient très étroites. Piilis paraissant se détaclier de la partie intérieure des cloisons, étroits, très élevés, a bord interne le plus souvent divisé, d'autant plus grands et d'autant plus éloignés du centre qu'ils sont situés devant un cycle de cloisons phisjeune. La |)lMparl des espèces de ce groupe présentent avec les Hétérocyathes TllilUNOI.lIH'S. ."^l'.t ce l'iii'iicti're très t;xiii()tl()iii]el de la liil>alion îles palis; Il en ililli'ii' |iai' le ilegié beaucoup moiiidie de l'élévation des cloisons, et par sa l'orme subturbinée et en général élevée. La large base, pai' la(|iielle il adhère constamment, le diti'erencie des Trocliocyathes et des Tliécocyathes. Sur les scfit espèces (|ue nous déciivoiis, deux sont vivantes , mais nous igiio rons leur pairie; les es|)èces f'ossilPs apparliejinenl toutes aux terrains tertiaires. Arrangement des espèces a. t'inq c\cle.s de cloisons. b. Axes du calice inégaux. c. Côtes distinctes dès la liase P Slokesit. ce Côtes distinctes seulement près du calice . . P. Desnoyeraii. bli. Calice sensiblement circulaire, et sur un plan incliné, /'. prucnmbfna . uu Quatre cycles de cloisons. d Palis épais, peu ou point lobés. e. Calice horizontal ■ bord des cloisons un peu llexueux'. . ■ /'. œquiliimeUmtua. ce Calice incliné ; bord des cloisons droit. [. Grains descloisons en forme de petits godels. /' Peih-munUmua. //■. Grains des cloisons globuleux ...,/'. Tiiniimisi.i. lid. l'alis 1res minces, lobés. g. Polypier assez élevé /■• inryftitlnjllus. ijij. Piilypier très court /'. brn^is. 1. l'AltACVATIlLS ST01vI:SII. ( PI. tO. fig, 7. 7" ! /'(jlyjjtci un peu compriinc, rétréci au-dessus de la base qui est très large. Côtes distinctes depuis la base, très fines, un peu élargies, et un peu saillantes prèsducalii-e. Rapport des axes calicinaux, 100 : IGô. Les sommets du grand axe beaucoup moins élevés que le petit, et arrondis. Fossette grande et assez profonde Les papilles extérieures de lacolumelle se relevant sur le bord interne des palis ; ces papilles sont un peu grêles. Cinq cycles de cloisons ; systèmes égaux. C/nisons étroites, un peu débor- dantes en haut et en dehors, un peu épaissies extérieurement, très minces en dedans, a bord supérieur fortement anpié, a bord interne vertical. Les laces présentent de courtes stries radiées près du bord supéi'ieur, et dans le reste de gros giains ilisposés en séries a [>eu près parallèles an biiid. Les cloisons secondaires pres(pie égales aux ])rimaires. /Wî'.? très étroits, épais, très élevés, a boni interne obli(|ue, et proloirdément di- visé , d'autant plus (li>velo|ipés (pi'ils dépendent de cycles cloi.sormaii'es pins jeunes 320 MII.MC lvltU.tRW!i'ismi|uille troelioïde. Le tissu du polypier eu s'accroissaut linit par enve- lopper conipiélement cette coquille, et on ue voit plus au dehors qu'une petite ouverture circulaire pour le passage de la tête du Mollusque ainsi emprisonné. M. Stokes, qui possède une série très complète d'individus de ces espèces à diflërents âges, se propose de faire (connaître avec détails cet intéressant phénomène de parasitisme. 1. Iii;ri:iu)r,> A riii s .i:yt icosrArns. (l'K 10 fig 8) Côtes subégales , distinctes depuis le milieu de la surface inférieure , .séparées par des sillons étroits et profonds, couvertes de séries très régu- lières de grains arrondis ; les grains du milieu plus gros que les latéraux. r«//W' subcirculaire, à fos,sêtte petite Cinq cycles ; le dernier cycle n'é- tant complet que dans une des moitiés de chaque système. Le seul indi- vidu ipie nou.s ayons vu présente des irrégularités assez remarquables. Il dis de ses systèmes sont égaux, et ont une moitié complète ; par consé- c|ueiit, il y a sept cloisons entre une des primaires et la secondaire ; mais, entre cette secondaire et l'autre primaire , on ne compte que cinq cloi- sons, qui sont, en partant de la priniaiie, les cloisons 6, 4, 8, 3, 5; il n'y a pas de trace de la cloison 7, ni de la cloi.son i). Deux autres systèmes ont le cinquième cycle complet dans une de leurs moitiés, el nul clans l'autre. Enfin, les deux moitiés du sixième système se composent de cinq iloisons, de chaque côté de la secondaire, qui se rapportent aux ordres que nous venons d'indiquer dans les premiers systèmes T/e/.son.s très inégales suivant les ordres, épaisses dans leur milieu, amincies en dedans et sur leur bord, débordantes en dehors ; le boni externe de celles du dernier cycle crénelé et rentrant. Pnlis a bord oblique . et très profondément lobé, se montrant devant tous les cycles de cloisons. Hauteur totale . 7 millimètres ; si on fait abstraction de la place occu- pée par lacfiquille, la hauteur ne .sera guère ipie 1 ou.."): diamètre, 10 : les cloisons débordeni de 2 1 '' Habile... ' Coll. K. 2. HETKiior.vAriii s I'iou.sskams. ( PI. m. fit:. !i, fl... f'fi/i//iiei-h ba.se plus large que le calice; le milieu de la surface infé- rieure hérissé de grains |i;q)illeux ; les côle.^ ne commencent à se mon- I Tl-liBIMlLIIIES. 325 lier (|ue sui' les cotés de celle sinCace ; elles sont exlrènieiiieiil inégales, liéiissées de gros j^rains laniiliés; les primaires, les secondaires et les terliaiies, excessivement larges, snilout ces dernières, et priiMipalement dans leur partie inférieure ; celles des deux autres ordres bien distinctes, mais très fines. Quatre cycles de cloisons; six systèmes égaux. Cloisonx non débordantes en dehors, épaisses, s'amincissant graduellement de dehors en dedans; le bord extérieur de celles du dernier cycle liiienienl denticulé, et écliancré a leui' |K>iiit de jonction avec la côte. Putis un peu plus étroits et un peu plus épais que dans VU. œijuicustatus. Hauteur totale. 10 millimètres, dont il faut reliancher 4 pour la place occupée par la coc|uille; diamètre du calice. H); celui de la hase un peu plus; cloisons piiraaii'es déboidantde 2 1/2. Habite Zanzibar. Coll. M. Cette espèce est due a M. Louis Rousseau, «pu , par son voyage aux îles Seychelles, a beaucoup contribué à enrichir la collection du Mu- séum. Genre XXI. — DELTOCYATHE [DELTOCYATHUS). {'olyjjier thoil, LOiiique, libre, et sans trace d'adhérence. rôto droites, simples, inégales, distinctes dès la base. CWice circulaire, subplane. ColumeUe essentielle, raultipartite. Six systèmes. Cloisuus peu débordantes. Palis très développés; ceux qui dépendent du pénultième cycle les plus développés, et dirigés vers ceux de l'antépultième , de manière a former un angle ou un chevron. Le Deltocyathe et le Tropidocyathe sont les seuls Cyathiniens qui ne montrent aucune trace d'adhérence : ce sont deux polypiers extrême- ment différents par leur forme, le Tropidocyathe étant comprimé et pré- sentant un appendice basilaire cariniforme. Sous les autres rapports, le Deltocyathe parait se rapprocher des Trochocyathes ; mais la ba.se pédi- cellée de ceux-ci et leur fossette caliciaale toujours bien marquée les en distinguent tout de suite. 1,1' rieltocvathe tist fossile du tei'raiil mincènc deTortone. Deltocyathis llAl.lCtS. (PI. 10, fig. Il et 1 1») TurbinoUii iiiilicii, Michclulli, Sprc. Zouph. diL, p. jl . lab. 1 . lig. 8 (I 838). La description dit peu de chose, et la figure ne montre que la fnrme gé- nérale. Slephanophijllia italicu, Michelin, Icon Zuupli.. p. M, pi. 8, lig. 3 (I8HJ La figure représente un jeune. — Michelotti , Foss. îles lerr mioc. p. 21, pi. I, fig. to, 16, 17 et 18 (1847). /Wy/jù'rencônecoui t. l..es(:ii]H oi'ili'es de cotes se disti liguent 1res nette - nient par leursdilTérencPS de saillie etirépaissenr, aussi liien quepai' leurs points d'origine; elles sont nionilil'ormes ou l'oriiiées par des séries de glo- bules très réguliers et très distincts, assez gros, qui poiteiit tous un grain beaucoup plus petit de chaque côté Un globule pareil termine la base du polypier. Colmnelle formée dans le jeune âge par un certain nombre de tigelles qui plus tard s(^ .soudent en trois faisceaux : ceux-ci paraissent simples dans l'adulte; ils sont disposés en série, et celui du milieu est plus développé que les deux autres. Quatre c^cto complets. C/uisoiis peu débordantes, à bord faiblement arqué, épaissies extérieurement, amin- cies en dedans, un peu serrées. Leurs faces présentent des stries radiées granuleuses Les cloisons 4 et 5 se soudent par leur bord interne aux palis du pénultième cycle, l'alis très inégaux ; ceux qui sont devant les primaires minces , peu élevés , très étroits et très rapprochés de la colii- nielle; ceux qui sont devant les secondaires épais, plus larges , et lou- chant à la columello; eiitin ceux du dernier cycle très larges et très épais, élevés, à bord presque horizontal, formant un chevron en se diri- geant vers le pâli delà secondaire. Hauteur, 6 millim. ; diamètre, 1 1. Fossile de Torlone. C. E. et Michelin. C.ENUB XXII. — TROl'IDOCYATHK (TlUiflIXlCYMIirS) /'u/i/jiier simple, droit, libre et sans trace d'adhcreiu-c. comprinn', et prcseiitaut intérieurement une forte bordure caiiniforme. (ùtrs bien distinctes, surtout en haut, droites, couvertes de grains fins. Axes du ciil/ce inégaux ; les sommets du grand axe au-dessous du petit axe. Fossette calicitiale médiocrement profonde. Culunii'llc essentielle, obloiigue. mullipartitc. Six .«/.<:<«/((-.< égaux. t'/iiisoiis débnrdanlcs , à bord anpii' en liiiiil. assez mince. luitBiNoi.miis. o"27 l'dtis a bord entier , ceux i|iji sont devant le pénultième rycie les plus hauts et les plus larges. La bordure basilairede ce polypier le t'ait distinguer au premier abord (le tous les autres Cyalhiniens. 11 faut se reporter dans la tribu des Tur- binoliens, au fjenre l'inti/tivchus. pour trouver un développement a peu près analogue de la partie ijiférieure de la muraille et des côtes latérales. Le Tro|iidocyallie est vivant; mais sa patrie est inconnue. Titoi'iDocvAriiLs Lessomi. Fliibvllum Lesxunii. Michelin, Ilevuezool.. p. 1(9(1842); Magaz de Zuol., pi. G (I84.i) — ■ Les figures sont généralement bonnes; mais celle qui est' destinée à montrer le calice est très inexacte et ne présente pas de trace des palis. /'olypier un peu cAS\//A). Piili/pier s[m\Ae, subtiirbiné, lixé'? Extérieur montrant de très larges (■<)tes couvertes de grains très lins, toutes également grosses, et séparées TUItliINOI.IDES. o!29 par des sillons iHioitset piutorids. Cli:i<|ue cote (■oiiespotid dans Sun mi- lieu a une cloison, et de chaque côté à une lame simple, formant un des (euillels d'une cloison d'ordre inférieur, mais <|ui reste tout a fait indé- piMulniitcle l'antre feuillet. Ces lames montrent sur leurs faces des grains très saillants; elles sont tontes tiès mirjces. Ce caractère de la liberté dans toute leui' étendue des deux feuillets de certaines cloisons n'appartient (que nous sachions) cpi'a ce polypier dans tout l'ordre des Zoanthaires. Il nous a semblé que, pour celte rais(]n, il devait être placé a part des Turbinoliens et des Cyalliiniens, i|uoique ap|iarteiiaut bien évidemment à la famille des Turhinolides, puisi|ue les cloisons ont lein- bord entier, et (pie les chambres sont ou- vertes dans toute leur hauteur. Das.mia SovvEiutvi. (PI. 7, fig. 8, sr) Dfsinof)ltijUuin, J de Cil rie Sowerby, Tr^tits. of Gvul. Soc. uf Luiuhii. I. V, p. i:(6, pi. viii, lif;. 1 (1831). Figure incomplète. l'uli/pii'i' subturbiné, a peine comprimé, droit. Douze «Ves se montrent dès la base, et ordinairement six autres naissent dans les intervalles de deux en deux ; (|uelquelbis , il en apparaît quelques autres encore. Cha- cune de ces côtes forme une petite arête dans son milieu , près du calice, étant mousse dans le reste de sa longueur. Hauteur, 10 millimètres; grand axe du calice, 8 ; petit, 6. Fossile de Highgate dans l'argile de Londres. On la trouve aussi à Cla- rendoii-Hil, suivant M. Joseph Prestwich(7o((/H, oft/icGco!. Suc, vol. III, p. .■■68. 1837). Le calice et les chambres sont toujours pleines de matière charbon- neuse, et ainsi se trouvent cachées des parties qui, sans doute, fourni- laient d'importants caractèies. 0)\\. Bowerbank. !«PECIBS IXt'ERTE SEDIS. Nous réunissons ici en appendice des espèces (|ue nous n'avons pu étudier suflisammeiit , mais qui cefiendant nous semblent appartenir à la famille des Turhinolides, bien que nous ne sachions [las aciut^ls genres on doit les rapporter, ou si quel(|ues unes d'entre elles doivent former des genres nouveaux. Nous en avons vu plusic'urs dans la collection de .M .Miilieliri ; iiiai.s leur calice élanl pris tout eulier dans l,i rochi- , il ne ikius a pas el(' pos- sibl« lie npuj pi-onoacer sur leurs afllnités les plus iiiliiiies, et nous avous pu seulement reoniinaître leurs caractères familiques Quant aux autres, elles ne nous sont connues que par des lip;ures ou par des descrip- tions ; mais nous ne les avons admises (]ue loisque celles ci sont assez claires i)onr que nous ayons au moins iiuelipies motifs de croire a leur parenté avec les espèces precédeinnjent décriles. Nous ne pouvons tenir compte de quelques diagnoses tout à fait insuf fisanles et obscures , comme celles qu'a données M. Risso, ni de queUpies auti'es inilications vagues, éparses dans différents recueils et dans des ouvrages de géologie, et qui jie peuvent avoir d'autre utilité que de si- gnalei' la présence de poly|)iers dans certaines couches de l'enveloppe terrestre. Cuivoi'iivi.i.fA ( l'AitAcvATiuis'? ) cvATiius, Miclieiln. Michelin, /cou. Zuoph.. p. 47, pi. 9, lig. 19 (1841). " C. solilaria, elongata, clavalo tuiliinata; snperticie sublaivi ; stella rotunrla , concava; ceniro papilloso ; lainellis numerosis, granulosis , majoribus minimis allernaliiii ; niaigine sliiato; basi attenuata , adhé- rente. » (Michelin, l. c.) Fossile de Godiasco. Musée de Turin. Cette espèce ne nous parait pas pouvoir être rappoi'lée au Canjuphijl- lin ci/iil/ms Lamouroux, rpii est une espèce vivante; et c'est probable- ment un Paracyathe. CvATiii.w ( IVviiACVAriiis'?) ruLciiiii.i.A, Philippi. .\. Philippi, ArcMv fur Xatunj . année 1842. t. I. p, 42 (1842). « C. elongata, subcylindrica, heviuscula ; stella> lamellis margiiialibus crassis circa i8 : coronalibus circa ii in duplicem onlinem dispositis. crassis; centralibus nuraeiosis subsimplicibus stylil'ormibus ; Stella pro- l'undata. » (Philippi, / cil.] Cette espèce et la suivante sont très probablement des Paracyatlies. Nous pensons que les Cyalhinn Munsferi, firinn et puailla, très imparfai- tement décrites et grossièrement figurées par le même auteur ( Buihœgr zur A'cnntiiisx rlrr Tertid'ri'it'stciiicnnitjvnilcr Siinrexltirheii Dciilsçlilniifh, IS-i^), apparIcejHienI égalcineiil ii l'c gcine. Il HniNOI IDKS. o.'il Cv\iiiiNA (' l'AUACviTiiis ? ) siuiviA, l'Ililippi. A. Hliili|)|ii, Aichiv fur Nnlurg.. année 1842, I. 1, p. 48 1842). « C. subcylinilrica , forlitei' stri.ita ; slell»' laiiiellis iiiarjfiiialiLus ciica 4,S ; luroiialibiisque ciica 24 iii dupliceni orditietn ilispositis, Ic'uui- bus, CfiitialiLiiis plui-iniis si .litbriiiibus. » (l'hilippi, /or. cit.i Ec.MliSLS Fl.Nfïl.EFOIiMI.S, l'Ililippi. A. Philippl. .\eues Jtihrb fur miner, ijeol., t. I.\, p 6fi5. lab xi, fig. B ) (1841) l.i's iii(Hvi(liis, ipii (i])l servi à l'établissé'nieiit de celle espèce l't du genre dont elle est le lypp, étaient évidemment très iiiconiplels. Voici les caractères génériques : ce Polypariuin liberum, discifornie, exceiitricum, subtus plaiiiuscu- lurii, suborbiciilare. Pagina superiur papillisceiitralibus lamellisi|tie di- vergcnlilius , allernis niinoribus lormatur; ijapilla- vero centriini non ocrupant, sed uiargini jiropidies sunl. » (l'Iiilippi, toc cil.) Fossile des terrains tertiaires de la Calabre. Ti liBiNOLiA (TiiOCiiocvATiius?) ALPiNA, Miclieliii. Michelin, hon. /ocph.. p. 268, pi. 61, fig. 6 (1846). « T. licitbrniis, sidjrotiinda, basi incurva, striata ; lamellis et striis al- terjiatini miniinis et maj(jribus; centro excavato. » ',Mlcl>cliii, /ui-. cil.) Fossib' du Jarrier, de la Palarea, etc. Cette espèce nous parait, de même que la / ùilc/mUi du iiièine auteur, .-^e lapprocber de notre Tiucliucyatlms sinuosiis Il iiuivoi.iA Tr.ociiocvMiiLs? lîii.omTA , Michelin. .\liL-helin, Iron Zaopli . p -269 pi. 61, fig, 7. mai.< nfin Ui pi 62, lig. I (I846y. «T. maxima , crassa , bilobata, ad niai'gincni sa'pe nnilulala, stiiata ; Stella terminal! plana, lamellosa : lamellis alleinatim niinimis et cras- sioribns, propc rniiigi:iein undnlali'-: slrii^ Mdiserralis. » Mii-lii'liii. /«■. ri/.] Fossile du .lariief (conili' de' Nice). ^3'2 MIIAE; KUWARIIS KT JDLEfii HAIME. TuiiBi.NOi.iA BOuiiAi.is, Fleming. Fungia lurbiimla, Fleming, Mem of Ihe Wenierktn nul. Iiist. Suc, l. Il, p. 259 (1814). Taibiiiolia borealis. Fleming. Hist of BritinU anim.. p .509 (1828). — Johnston. British Zooph.. t. I, p 19.5, fig. 42 ; — 2' édit. (I 847). «Satornie est celle d'un cône renversé, à base pointLe. L étoile semble concave avec les lames entières. Environ 1/2 pouce en liauteur, et à peu près autant en largeur au sommet. » (Fleming, Mém. of tlie Wcrit. Soc) Habite la Zélande. TuJiBiNoi.iv ciii.TiCA, l.amoiiroii.x. Lainouroux, Exji. méth.. p. 8.5, lab. 78, fig. 7, 8. "T. fossile, presque cylindrique, conique, nu peu ondulée lon- gitudinalement ; lames presque isolées et tranchantes au nombre de dix-huit, composées de deux l'euillets plus on moins distincts, et séparés ■A la surface dans la partie supérieure du polypier, et non a l'inl'érieure ; grandeur, environ 3 centimètres. » (Lamouioux, loc. cit.) A Kerliver, près de Faon (Finistère). Ce n'est qu'avec beaucoup de Joute que nous plaçons ici cette espèce. 11 se pourrait très bien qu'elle ne différât pas de ces moules intérieurs de Cyathopliylliens auxquels MM. Phillips et Lonsdale ont donné le nom de TiirbinoUipsix. TiniBiNoi.JA ( CYAT!iii\A'.' ) cLAvus , .Vlichelln. -Michelin, Icoii. Zooph.. p. 38, pi. 8, fig. 14 (I8il). — Rapportée a tort à la Tiii-liinolia clavus fie Michelotti , qui est tout autre chose, à en juger par la figure, et qui n'est pas non plus l'espèce ainsi nommée par La- marck. Polypier droit et conique , à pédicelle gros, probablement fixé. Côtes serrées, planes, couvertes de grains fins, distinctes seulement en haut. Calice subcirculaire, très peu profond. Quatre cycles de cloisons; sys- tèmes égaux. Clni.tdvs larges, un peu épaisses extérieurement, très minces dans le reste, f'ntis assez minces et assez larges "? Hauteur, ■i,') millimètres; diamètre du calice, l6. Fossile de la colline de Turin C.oll Michelin. Ccsl probalili'Micirl niir C.yalliiiii'. TUliHINor.lDKS. '.V.V.S Tl IIIIINOI.H CliASSA , Mi(llL'll)lli. MicliPloUi. Foxs des Icir. mioc de l'Italie sepl., p. 27, pi. II. fig. -l ( 1 847). « T. compressa, reruiva, crassa ; costis IVequeiitissimis, a basi arl api- cera productis. a=qualibus ; interstitii. terr lerl. de I' [Inlle sqil ., p. 26.pl. I , fig. 20 (I 847). '1 Turbinolia turbiuato-clavata , tumida, basi leviter revoluta,costulis frequentissimis, rotundatis, intus leviter granulosis, a>qualibns: Stella ovata ; centro papilloso. » (Michelotti.) Fossile des environs de Tortone. Cette espèce nous parait devoir rentrer rians la section des Trwho- cyittliPS mnltistrips. ? TiRBiNoi.iA (Ceratotrochi's?) exarata, Mlchpjin. Michelin, Imn. Zonph.. p. 2B7. p!. 61, fig. ^ (1846). l'nlyiiicr en c('ine, un peu comprimé, allongé, a peine courbé. Vingl- <|uatre côtes i)riiicipales. également saillantes, en arêtes ; resi)ace com- pris entre deux de ces côles est légèrement concave , et on y distingue .six petites côtes subégales , peu mar(|uées. Les axes du calice sont entre eux coniMic 100 : I ■lll. Iliiiilriii , ."lO 1111 GO luilliiiii'li'rs; yraiid axe , 35; |n'lit, 'i.'i. Fossile lie la l'alareii. , Coll. Michelin. Ne serait-re pas un Cératoli'oiiiie voisin iki dwiili'ciiiinishiiiia'f TuRiîiNoi.i.v Fi.MBniATA, Micheliii. Michelin, /ron. Zm)/)/i,, p 4t, pi. 4,fig 10(1811). l'dbjjiici- en coi.'e conii et palelloide. ' Vj/cs simples, ilroiles, très pen saillantes. M. Mielielin indiipie les cloisons toinnie très niiiices et tres nombreuses. " Cette Turbinolie, dit-il, présente vers le bord une sorte de frange formée par les stries, qui s'inclinent de droite a gauciie, an moment où elles deviennent lamelles. » Hauteur, 20 millitnètres ; grand axe, 30; petit, 25. Fossile de la Trinité près de Niée , de Castellane (Ba.sses-Alpes), de la l'alarea (comté Archetypiiin fossile e stratis arenosis formalionis calearei grossi re- gionis Caslellana'iu Hassia. » (Goidfnss., /ne. cit.) TiiiiisiNoi I \ Japiii;ti , Michelin. l'uiigid .Idpheli. Michelolli, SiKCin. Zoopli. dil., p. 92, pi. .i. lig. 6 (18:18). TiirliiiKilid Jdithrii. Michelin, Icon. Zoopk.. p :i:*, pi 8, fig. 5 (1841). — MiclieliiUi, /•'(!.«. des Ifir. mine, de l' lliiHe sept., p. 21 (1847). " T. elliptica, couica, iriegniaris; lacnna centrali oblonga ; Stella pla- nulata; margine rolnndato; lamellis minoribus cuin majoribus alter- nantibus, crassis, superliciei granulatis ; striis pxteiioiibus utidulatis; l>a>i alteniiata. » Miclielili. Inr. ri/. Fossile de la ciilliiic de Turin. Il r,i;iN()i.ii)i:s. .>.ia 'l'l,lil!lM)l,l,\ 'l'iKICMOC^ A I lus? K()M(,I, Mallll'll. Maiilcll. Ilhdil ni Gcnl (ifSusscr, p. SS, liili. xix. liji 22 et 24(I8'>2). Les écliantilldiis (le la cdliectioii de M. Miclieliri cl df celle de M. ilOr- bigiiy, de même c|iie ceux figurés par Maiilcll, sont privés de leiii'S cùles et de leur muraille , en même temps ipie le calice est très impartait , et (pie les cliamlires sont remplies deja substance de la loclie. Il ne reste donc pour les caractériser que leur l'orme conico-convexe; leur hauteur est de 1 centimètre environ, et le diamètre du calice un peu plus. Néan- moins, il est probable que c'est réellement une espèce distincle de tontes celles que nous avons décrites; mais nous ne pouvons pas assurer que ce soit un Trocliocyathe, conmn; nous sommes tentés de le croire. Fossile de Lewes, de Godstome Surrey), de Mailing (Keid) et du C.am- liridgesliire. (Mantell.) On trouve dans le Gault de Folkstone des polypiers d'une l'orme ana- logue, mais plus allongée, et ipii sont égalemenl roulés et imparl'aits Coll. liowcrbank. Tl itlîINoi.l \ llM;Ar\. (inliirusp. liolclfuss. l'etref. Geim.. ]>. lOS, |il. sxxvii. lig. 18 (1826). .Milnc KflwanJs. ..\nncil. tic la 2' éiiit. di- Laninrck. I 11. p. MV.i (1836). <( T.oliconica, basi incurva, snbcompressa , superlicie striata graïui- iala ; Stella elliptica, laniellis majoribus pi'omiiiulis singulis allernalim ujinoribus. » Arclietypum l'ossile, e calcareo grosso Salisburgensi. "(Goldtuss, /nr. cit.) ■J'i liciNoi.iA (Tr.'vXuiocvAriiis'.' ) MA^,^EVll,I.lA^A , Michelin. Michelin, Iran, /.imjih.. p. 8, pi. 2, fig. 2 (1810) l'nhiiiicr hémisphérique, a ba.se creu.sée d'une petite cavité arrondie. Le tour de cette cavité est pres(|ue lisse, ^'ri/cs droites, inégales, sidi- planes, un peu épaisses, granuloso-striées en Iravers. Quatre cycles de cloisons complets. Hauteur, G millimètres; diamètre du calice, S. Nous .sommes bien .snrs d'avoir vu des palis, et peut être cette espèce est elle un Trocliocvathc dont la base seulenieiit serait différente? Fossilcdc l'oolitra Groi/.dic, a liavenx cl a Saiiil- Vigors. Tl)iii!i\oi.ia (Tnociioc.vAriuis?) miiiti.sim!()s\ , Micholiii. Mirhelin. Icoii Zonph., p. 269, pi. 61, Mg 8. OLiA itiitr.iuA, Michelolti. Mldiplolli, Fo.vs (ds («■;■. mktc île i Italie sept.. \i. ii. pi. 1 . fig. I 9 {I 8.17). .( T. hirliinalo-depressa, turgida, costata ; costisexternis2') laraellosis, TriiiîiNorrnus. ,SS7 oilur'qiiiilibiis; iiilcrsliliis coiicuvis. nrniiiiio lii>vii;alis, -iU'Ila nvali, niar- ii'uio iiifeqiiali. >• Mirlielotli, /at- <-ii Fossile <\f Tiii'iii. SPEflEK AI.IO REFr:RF,I«D.r.. Les auteurs ont eucorp décrit sous le nom iW. Tiirbiriolios (|uelques autres fossiles qui ne doivent pas rentrer ilaiis cette lamille , mais dont les uns se rnpjiortent au groupe des Eupsamniides , tandis (|ue les antres ont beaucoup d'affinité, soit avec les f'ijnthnphijlliim, soit avec les Caryo- pliyllies. Ainsi les Turhinalln r/ainis Lamarck (l), cijlindrica Miclie- lotti (■>), et les firiirrsii. pnrtnnffn et Sismnndiann de M. Michelin (3) trou- vent leur place naturelle auprès des Deudnjpliyllies , dans la famille des Eupsamniides ; tandis ipie les TnrhiMilia turhitinta (4) de Lamarck et mitrnta d'Hisinger (5) sont des Cyatiiophylliens. Les espèces nommées roinpresso , ri/al/iniflos , par Lauiai'ik (fi); cerniin. /■miiplonata, par Gold- fnss (7) : liiisocliKsii, par M Kefrauce (H) ; funr/ites, par Fleming (9) ; bi-c- c/s , irri'guliiris, leiniistr/n/n , par M. Desliayes (10); dispnr, par Phil- lips (I I) ; excmmta, par Hagenow (12) ; et celles que M. Michelin (13) a fi- t;urées sous les noms de lioissyann, i-ornindum. cuneotus, cymbula, hemi- xphericn, /li/ipiiritiformis . Micliclotii , p'itu/a, rudis et iwicornis, ont une très grande analogie avec les autres Astréides simples, et ne sauraient en être séparées. Enfin la Tin-binnlin pntellatn (14) de Lamarck est voisine des Fongies. Nous ne |)ouvons pas nous [irononcer sur les affinités de la ,1) Lamarck, llinl des anim s. vert., I. Il, p. 2.32 (ISIR); — 2'érlil.. p. 362 (2) Michelolli. Speetm. Zooph. dil.. p. 73 (1838). (3) Michelin, Icoii. Zooph , pi. 43, fig. 7; pi. 9, fig. 1, et pi. 8, fig. 13. (4) Lamarck. Hist. des miim. s. vert., I. II, p. 231 ; — 2' édit., p. 360. (3) Hisinger. LelAœo sufcira, tab. iivni, fig. !), 10 et II (1837). (6) Lamarck. lor. rit. (-) Goldfuss, Pétrel. Germ.. l. I, tab. xv. fig. 8, 10 (1826!. (8) IJefrance, Dict. des Se. nat., t. LVI, p. 94 (1828). ('.)) Fleming, JJritish anim., p. 310 (1828). 10) Deshaycs, in Lailoucelte, Histoire des Hautes-. ilpes, pi. xin (1831). I I) Philipps. Geo/; of Yorks.. part, i, pi 3 (1833). ' 12) Hagenow, Neues larhb. fur min. geol., p. 289-291 (1839). 13) Michelin, Icon. Zooph , pi. 61. fig, 4 et 3: pi 63. fig. 1, 2, 3, 4, 7 et 8 ; pi 66, fig. 2; pi. 67, fig. 1 (I 4) Lamarck, loc. rit. .1' série Zoni. T I,\ (.hnn 1X18 ) a 22 338 MII.NI-: KDWIKON l'.l J1>I.E»« HAIME. Turbinolia pyruinuUilis &\\\ii\\f^i'y ^l). Quanta la Turbinulia uinuuruni «le M. di' Blaiiiville 2), il na rlé donné de cette es|)èce ni description ni figure. § VIII. histributiini iji^ntogique et ijéorjraphique des Turbinotides. La rechei'clie des polypiers fossiles n'a encore été laite ni avec as.sez de soins, ni sur une étendue assez considérable de la surface du globe, pour que l'on puisse attacher une grande importance aux résultats de statisti- que géologique relatifs au mode de distribution des Turbinolides dans les dépôts appartenant aux diverses périodes géologi(iues. Autant qu'on peut en juger par les observations déjà recueillies, il paraîtrait cepen- dant que cette famille de Zoopliyles n'a commencé a exister qu'a l'épo- ([ue jurassique , et ne couqite que peu de représentants , même ilans les étages les plus modernes de's terrains secondaires; dans la période ter- tiaire, les Turbinolides deviennent au contraire fort abondantes, et dans les mers actuelles elles paraissent être plus nombreuses qu'a aucune des époques géologiques précédentes. L'ensemble des espèces éteintes de toutas les périodes précédentes est aux espèces vivantes dans le rapport d'environ 1 a 3. Ce sont les Cyatliiniens (pii se montrent les premiers; on en trouve dans le lias, l'oolile inférieure , le terrain oxfordien , le teriain néoco- niien, le gault, le grès vert et la craie blanche, ainsi que dans les dili'é- rentes formations tertiaires, et dans les mers actuelles. L'existence des Tiirbinoliens ne commence a être bien constatée que dans les terrains nummulitiques, et de nos jours les espèces appartenant a cette tribu sont moins répandues que ne le sont celles de la tiibu plus ancienne desCya- thiuiens. Il est également à noter que les formes généri(iues sont beaucoup plus variées aujourd'hui qu'elles ne l'ont été a aucune autre période géolo- gique. Le nombre des geiu'es observés dans les mers actuelles est même plus considérable que celui des genres représentés par la faune fossile de l'ensemble des périodes précédentes. Les genres qui paraissent avoir été les premiers a se montrer dans les mers d'autrefois n'ont pas été retrouvés dans la faune actuelle ; ou ne (luinait aucune espèce vivante (|ui puis.se être rapportée aux genres qui ^e trouvent dans les terrains jurassiques , et parmi les genres flécouverts dans les terrains ciétacés , il n'en est qu'un seul (le genre Cyatliine) (|ui se rencontre dans les mers de la période artuelle. (1) Hisinger, ioc. m. (2) Bluinville. .V(ii.i(W(C.(r///i., p 341 ;l83ij. TUUniNOMDES. K.ill» S39 Qufl(|ui's jîi'iues se retrouvent ilans pliisieiiis périodes géologiques successives; mais la pln|)art sont limités a une seule de ces périodes On remari|ue aussi que ce sont principalemeul les genres, dont les reprcsen - taiils se remontrent dans des depi'ils de deux ou plusieurs périodes géolo- giques différentes, (pii se trouvent a la fois a l'état vivant et a l'état fossile. Les formes spécifiques, comme on le pen.'e bien , ont une existence encore plus restreinte. Dans l'immense majorité des cas, .sinon toujours, la durée de l'espèce est limilée k celle de la période géologii|ue, pendant laquelle elle a commencé a se montrer , de sorte que les Turbinolides d'une formation ne se retrouvent pres()ue jamais dans la formation sui- vante. Les géologues citent, il est vrai, un nombre assez considérable d'espèces qui feraient exception à cette règle, et qui .se rencontreraient également dans les terrains miocène et pliocène; mais les détermina- lions spécifiipies n'ont peut-être pas été faites jusipi'ici avec assez d'at- lenlion pour ipie ces résultats soient admis sans réserve; et, dans I)lusieurs cas , nous avons pu reconnaître que les fossiles d'époques différentes, réputées identuiues spécifiquement, sont en réalité distincts. Les seules espèces des Turbinolides, dont nous ayons bien pu constater l'existence a des périodes différentes, sont le Ccrototroc/ius (lundecim ms- tiiltis et la Cijnthinnpiteudiilurbiivilia. La première nous a été donnée par M. Sismonda comme provenant a la fois du terrain miocène de Turin et de la formation pliocène d'Asti; la seconde se trouve dans les terrains modernes de la Sicile, et vit encore aujourd'hui dans la mer Sléditerranée. Voici , du reste, la liste des espèces bien caractérisées distribuées dans chacun des terrains où cette famille a des représentants. LIAS. TheconpahuF. Iintinnahulum ( Mendes). Thernnjnlhna nmrlrn (Avallon). OOI-ITE INFÉRIEUHE. Diumydthus liuilesu (Baveux). Turhiimlia (Troolidcyalhus? ) magneixllùiiia Michelin (Bayeux). OXFORDIEN. Trdrhnryiithu.'i Mirhelinii (Etrochey [ Côte -d'Orl j. ^Éoco.^^lEN. HfarhyryiiilMS 0/(/';/"!;im"s (Sainl-Jiilien-Baiichène I Hanles-Alpes] ] 3^0 MIL!MG EDWARDS KT JIXEii UAUni;. GAULT. Cyuthina Bowfrbankii (Folkslone). Trochocyathus conulus (Speeton [Yorkshire) et (ierodol [Aube]). Truchoryathus Harveyanus (Folkstone). GRÈS VEUT. Bathycyathfis Sotverbyi (Wiltsliire), Trochocyathus gracilis (Mans). CRAIE BLANCHE. Cyuthina lœvigala (VVillshire). DAME\. Cyalhtmi h'nninckii (Ciply). NUMMULITIQUIs. Ftitbeilum cuneatum (Pyrénées). Flabellum costatum (la Palarea). Flabellum Dufrenoyi (Biaritz). Flabellum appendiculalum (Vicentin) Flabellum vaginale (Biarit?,). Flabellum Hohei (Vicentin). Trnrhocyathua Pyrenaicus (Biaritz). Trochocyathus sinuosus (Vicentin). Trochocyathus cycloliloides (la Paleara). ÉOCÈAE. Turbinolia sulcata (Pans, Louvain). Turbinolia coitala (Paris). Turbmolia dispar (Paris). Turbiuolia Oixonii (Londres). Turhinnlia minor (Londres). Turbmolia pharetra (Alabama) Sphenotrochux crispus (Paris, Louvaiii). Sphenotrochus mixtus (Paris) Sphenotrochus pulchellus (Paris). Sphenotrochus semigranosus (Oise). Sphenotrochus granulosus (Hauleville) Sphenolrochus? tmnus (Alabama . Flabellum cunéiforme (Alabama) l'araeyathus Desnoyersii (Paris) i ;iJKBI.\OLIDES. 361 Parucyalhus procuinbeiis (Hauleville). Paracyathus curyvphyllus (Sheppey)- Paracyathus brevis (SheppeyV Dasmia SotcerOyi (Londres) MIOCÈMÎ. Sphenotrochus inlermejius (Sutton et Anvers). Sphetiolrochus millelianus (Anjou). Ceratotrochus mullispinusus (Tortone). Ceratotroehus multiserialis (Tortone) Ceratolrochus duodecim costatus (Turin) Se trouve aussi dans le terrain plio- cène. Flabellum exicnsum (Turin) Flubellwn îutennedium (Tortone). Flabellum avicula (Turin et Tortone) Flabellum Basterotii (Dax). Flabellum Gallnpagense (Gallapagos). Flabellum Il'oodii (Iken). Flabellum asperum (Tortone). Flabellum sinense (Turin). Acanlhocyalhus Hastingsii (Malle). Trochocyalhus plicatus (Tortone). Trochocyalhus crassus (Torione). Trochocyalhus simplex (Tortone). Trochocyalhus costulatus (Turin). Trochocyalhui Sismondœ (Turin). Trochocyalhus impari-partitus (Tortone). Trochocyalhus Bellingherianus (Tortone et Grenade). Trochocyalhus versicostatus (Turin). Trochocyalhus lalerocrislatus (Turin). Trochocyalhus laterospinosus (Turin). Trochocyalhus revolutus (Turin). Trochocyalhus subcrislatus (Turin). Trochocyalhus Bellardii (Turin). Trochocyalhus i^errucosus (Bade) Trochocyalhus cornucopia (Tortone). Trochocyathus undulatus (Tortone), Trochocyalhus obesus (Tortone). Trochocyalhus armalus (Turin). Trochocyalhus? sublœvis (Turin). Trochocyalhus? pyramidalus (Turin el Tortone) Dellnrynthus italtcus (Tortone). l'I.IOCÈMi. Ceratotrocfius duodedm ruslattis (Asli . Ftabeltmn Michelinii (Sienne). Flabellum Siciliense fPalernie). Flabeltuiii xubturbinatum (PlaisanCf). Flabellum laciniatum (Calabre). Cyatliina pseudoturbinolia (Sicile). Est encore vivante. Paracyalhus pedemontnnua (Asti). En jetant les yeux sni' le Catalogne précédent, on reiiuininera combien le nombre des espèces est peu consiiléralile dans les terrains jnrassicpie.s et cfétai.'s, mais devient considérable dans les terrains éocénes et mio- cènes. Quanta la distribution géograpliii|ue des espèces vivantes, il est d'a- bord a noter que les Turbinolides paraissent être de tous les Zoanlliaires à polypier calcaire ceux ([ui s'avancent dans les latitudes les pins élevées. Dans riiéniisphère nord , on en a tiouvé jiisipie sur les côtes d'Irlande, vers le 53' parallèle; et dans l'héinisplière austral, on en a signalé la présence aux iles Malouines, dont lalatituilc n'est guère moitis élevée. Il paraîtrait aussi que certaines formes génériques ne se trouvent repré- sentées que dans des régions déterminées ; ainsi , le genre Flabellum , quoi(|ue assez riche en espèces, parait apparleinr essentiellement aux mers (|ui s'étendent des côtes de la Chine a l'AnsIralie , et au.\ côtes de l'Amérique. Mais dans l'état actuel de la science, il est impossible de rien préciser touchant les limites de la région sousinarine habitée par chaque espèce ; car la provenance des individus conservés dans les collections n'est que rarement lndi(piée, et on est dans une ignorance presque complète touchant le mode de répartition de ces Polypes dans les divei'ses régions zoologiques. e\pi,i(:atio\ des fku ises PLA.\Cllli 7. Kii;. I. Turhinoliit costiita, grossie environ trois fois. — I '. l.e lalicedo la même, vu d'en haut et très grossi. Fig. 2. Sphenotrochus granulosus Fig. 3. Sphenntrochus pulchelluJi. Fig. 4. Splienolrnchiis Aiidrcividnua Fig- 'i. Ccrniotrnchus miiltiserialis. — o". Le calice vu d'en haut. Fig. 6. Discoirocims Orhiyiiijnims, vu de profil. — 6". Le nièinc, vu d en haut. riiiiBnoi.iDiis. 34s Kig. 7. PUiiytruchus SlukesH. — 7". Son calioe. < Fig. 8. Dasmia Soiverbyi, de grandeur naturelle. — 8" Son calice considérable- menl grossi, t'ig. 9. Plittytruchus Goldfttssii. Fig. 10. Desmnpiiiitliim crisliigalli. de grandeur naturelle. — 10", Son calice. Fig. \ I . DesmnphijUum Cumingii, de grandeur naturelle. Fig. 12. Desmoj)/ii//luni Sfoteii, de grandeurnaturelle, — 12". Son calice grossi PLANCHE 8. Fig I Flabelluni Roissyanum, grandeur naturelle. Fig 2. Flabeiliim débile. Fig. 3. Flabellum dculeatum, grandeur naturelle — 3». Son calice grossi. Fig. 4. Ftubetlum spinosum. Vig. 5. Flabellum Thouarsii. Fig, 6. Flabellum aaitum Fig. 7. Flabellum elongatum. Fig, 8. Flabellum crnssum — S" Son cali'je grossi Fig. 9. Flabellum Owenii. Fig. 10, Flabellum affine. Fig. 1 1 . Flabellum Cumingii. Fig. 12. Flabellum Stokesii. Fig. 13. Flabellum Candeanum. Fig. 14. Btustotroclnis nutrix. Fig. 15. Placairochus lœvis. Fig. 16, Hhizutrochus lypus. L'I.A.NCIIE 9. Fig. 1 , Cyalhina pseudolurbimlia , de grandeur naturelle. — 1 ,. Son calice un peu grossi. Fig. 2, Acunthocyathus Grayi. — 2„, Son calice. Fig. 3. .Jcanthocyathus Hasiingsii. Fig. 4. Balhycyulhus Indicus dont une moitié du calice a été enlevée, pour mon- trer les palis. Fig. 5. Bathycyaihus Chilensis. Fig. 6. Brachycyathus Orbignyanus. — 6'. Son calice très grossi. Fig- 7. Uiscocyalhus Eudesii. — 7" Son calice grossi. Fig 8. Cœnocyallius cylindricus. Fig. 9. Cœnucyathus corsicus. Fig. 10. Cœnocyaihus anthuphyllites. l'LANOUE 10. Fig, 1. Trnchocyalhusm'nlutus Fig. 2. Trmlweynlhus ubesus. — 2", Le calice très grossi. 34/l V. DWI'OIB. — SLH l.'oSjni.LS UACll.AllS. Fig. 3. Truchocijathiis latero-ciishitus. • FIg. 4. Trochocyallnis Sismunda;. Fig. 5. Trorhocyalhiis yrucilis — 5". Une L-uiipe liurizonlale près du calice Iré? grossie. Fig. 6. Parucyallms procuinbeiis. — 6". Son calice très grossi. — 6*. Une coupe verticale suivant le diamètre, forleuient grossie. Fig. 7. Paracyatlius Slokesii. — 7», Son calice grossi. Fig. 8. Helerocyallius (rquicosldliii. Fig. 9. Helerucyaihus Roussœanu/s — 9". Le même très grossi, el vu d'en haul. Fig, i PlacocyatiMS npertus , dont une moitié du calice a élé enlevée. Kig. 1 1 . Dellocyallnis ilciiieus, grossi du double. — 1 1". Son calice Ix-auroup plus grand que nature. KKCHERCHKS SUR I.'aNATUMIK lil LHIsTOIRt ^ATUHELLE UK LUSMYLiS MACl'LATi S, Far M. iiÉoiff ccroun. L'analomie enlomologique est si vaste, qu'il faudra la succes- sion d'un grand nombre de générations avant de pouvoir s'élever à des données générales sur ces'adtnirabies organismes. .Mais l'im- mensité de l'œuvre doit-elle arrêter les hommes qui s'y sont voués? Cent fois non. Ils comprennent la valeur future des matériau.x isolés qu'ils élaborent, et ils savent s'honorer du rôle de ma- nœuvres pour le grand édifice de la science. VHemerobiits maculatus àe Fabricius, que Scopoli, Schranck et Villers avaient désigné avant lui sous le nom spécifique de Fulvicephalus , est un iiévroptère de la famille des Hémérobiens, dont Latreille a formé le geni'e Osmylus, à cause surtout de l'e.xisteiice de trois ocelles. On ignore conipliHement ses méta- morphoses, son genre de vie, et personne n'a sondé sa structure viscérale. Je viens, sinon comblei', du moins dimiinier cette der- nière lacune l/0?m\ie n'e.^l jioint un insecte commun , mais cette année il s'est montré frér|ueniment aux environs de Saint-Sever, le long des ravins ombragés de nos collines boisées où coule une eau vive cl de source. Ses ailes, remar(iuables par leur villositc I.. DiFoi'R. — sLi; i.'osi\nLrs iiaciji.atls. 3/|5 moelleuse, exui'cenl un vol faible, peu prolongé el tout à l'ait silencieux. (J'esl, un insecte crépusculaiie, et ()endanl le jour il se tient caché sous les abris du sol , dans les buissons, d'oii il faut le traquer pour le saisir au vol. Je n'insisterai pas sur sa descrii)tion personnelle, qui se trouvent dans tous les auteurs. La figure fjui ai'conipagije mon texte, et qui m'a semblé un besoin de la science , y suppléera (I). Avant d'aborder l'analomie de rOsm;ile, je ferai observer qu'ayant déjà publié dans les mémoires de l'Institut , pour 1841 , de recherches anatomiques sur l'ordre desNévroptères en général, j'\ rattacherai par mie exposition comparative mon travail actuel. § I. Ai'i'AiiEii. sKNsiiiF. — Dans les Névroplères, le nonîbre des ganglions nerveux ([ui constituent la chaîne racliidienne. sans y comprendie le cei'veau, varie suivant les familles. Ainsi les J,i- bellules, les plus grands, les plus robustes de ces _\évroptères, ont dix ganglions, dont les trois thoraciques soudés et confondus entre eux, tandis que dans les Éphémères , petits insectes d'une existence fragile et passagère, il en existe onze, sans que le phy- siologiste puisse se rendre raison de la prédominance numérique de ces centres nerveux. Les Phryganes, ainsi que les Perles. n'en auraient que neuf. Notre Osmyle se range sous ce rapport dans cette dernière catégorie. Les trois ganglions thoraciques sont bien séparés les uns des autres. Les deux filets du cordon rachidien qui unit le ganglion antérieur au cerveau s'écartent pour laisser passer l'œsophage auquel ils forment ce qu'on ap- pelle le collier œsophar/ien. F.e ganglion suivant, plus grand que le premier et surtout que le troisième, émet au moins trois paires de nerfs principaux destinés aux pattes et aux ailes. Des six ganglions abdominaux, l'avant-dernier, plus petit que les antres, est contigu au dernier ou terminal Celui-ci, le plus grand de tous, émet en arrière, comme dans les autres insectes, ([iialre grands nerfs génitaux. 'l'ous ces ganglions . et th(iraci(|uos cl abdominaux, son! imis (I Vnvrz l'I Ml (JL- 1 o4() I.. UIU'OIK. - SLK I.'OS.MM.IS UACLI.AILS. el séparés par un cordon rachidien à deux lilets plus ou moins adossés ou contigus Ouantau cerveau de rOsinylus, il ne dilîère pas de celui des insecte.-; eu général. On y voit les deux masses optiques subglo- buleuses enduites du leur pigmentum et un plancher intermédiaire au-dessous duquel s'engage l'œsophage. § 11. Ai'i'ARiiii. liEsi'iuATOiiiE. — J'ai dit tout à l'heure que rOsmyle volait peu , mal et sans bruit. L'étude de son système vasculaire respiratoire jirouve combien la nature est conséquente à son oeuvre , car elle lui a complètement refusé ces trachées utri- culaires-, ces aérostats dont elle a doté les insectes destinés à une locomotion aérienne active et continue. Les trachées de notre Névroptère appartiennent toutes à l'ordre des tubulaires ou élas- tiques, et quoique assez abondantes, elles sont d'une grande linesse J'ai eu beau |)romener la loupe la plus scrupuleuse sur toutes les régions de l'abdomen, je n'y ai point aperçu la moindre trace de l'exii^teMce des stigmates, el j'ai la conviction qu'il n'y en a point non plus que dans beaucoup d'autres Névroptères. Quant aux stigmates Ihoraciques , quoique je n'aie pas été plus heureux en sondant soigneusement les replis et les anfractuosjtés de cette partie du corps , je suis loin de les révoquer eu doute , mais j'avoue que leur petitesse les a dérobés à mes explorations. § 111. Ai'i'Aïuiii. DiGRSTii'. — La science est muette sur l'es- pèce de nourriture qui sert à l'Osmyle. J'ai constaté ex visu qu'il est insectivore comme le plus grand nombre des Névroptères, car dans la volière où je conservais ceux destinés à mes dissections et où se trouvait un d'eux blessé, celui-ci devint la proie des autres. L'analyse attentive de la pulpe alimentaire brune du canal digestif a aussi confirmé ce régime dans les individus qui n'a- vaient |)oinl été tenus en captivité. Bouche Je ne crois pas que depuis Latreillc on ait étudié pra- iKluement la bouche de l'Osmyle, et je ne sache pas qu'on ait (.Micore ligure ses parties constitutives. Cet illustre observateur n'avail eu sans doute à sa disposilion que des individus secs , !.. uiFouK. — su; i.'us,\n i.Li, aiacllaiis. 347 tandis que mes aulupsies se sont exercées sur des sujets vivants iiu sLudes ui'ganes iinnieigés, macérés dans l'eau. De là quelques légères différences entre nous deux Labre ou cliaperun ti'ansversal entier. Mandibules cornées , tianchantes , mais simples uu édentées. Mâchoires coriaceo-membraneuses, oblongues , bilobées ; lobe e.\terne arrondi en avant et velu; lobe interne , étroit , pointu, garni de soies crochues. Palpes majuillairesdc cinq articles, dont le dernier en pointe prolongée et les trois premiers plus courts. IJvre arrondie, entière, velue et non tronquée et tendue, comme le dit Latreille. Palpes labiaux latéraux , de trois articles oblongs. Glandes salivuires. — Les grands iSevroptères, tels que les libellules et même les frêles Éphémères , sont privés de ces glan- des , ([ue j'ai pu constater dans les autres familles de l'ordre. Cet organe se trouve dans l'Osni^le, mais énorniéinent dilTénuit de celui de son congénère l'IIémérobe , où il est en grappe rameuse, tandis qu'il oiTre la plus parfaite ressemblance avec celui du Sialis de la famille suivante. Qu'est-ce que cela prouve? D'une part que la nature ne compte pas avec nous pour ses détails de créa- lion; de l'autre, que la forme et la composition des glandes sali- vaires sont plutôt des caractères de genre (|ue des caractèi-es de famille. Quoi qu'il en soit, ces glandes consistent dans rOsniyle, 1° en un filet tubuleu\ simple, plus ou moins courbé en anse, et dont la longueur n'atteint pas la limite posléi'ieure du thorax : c'est là le vaisseau sécréteur ; 2° en un réservoir ovalaire cjui n'est que la dilatation du précédent vaisseau et qui s'atténue en avant en ini col ; 3" en un canal e.rcreYe!/r excessivement court, s'ouvrant dans la bouche , et résultant de la confluence des deux cols. Canal digcslif. — Sa longueur justifie le genre de vie carnas- sier de l'Osmvle: elle n'a tout juste (jue celle de son corps, ainsi il est droit. \.' œsophage se dilate dans le thorax en un jabol plus uu Uioins prononcé (|ui s'ouvre dans une panse latérale allongée, dont la 348 L. UL'FOtJK. — SLIi I.'OSIIVI.LS J1ACUI.ATUS. cuiit'oiinalion et l'ampleur sont fort variables. Je l'ai parfois trouvée remplie d'une bouillie alimentaire brune Vient ensuite , entre le ventricule et le jabot , un gésier d'une extrême petitesse, niais d'une constatation facile , ovalaire , d'une texture un peu élastique, où la loupe découvre par transparence des traits inté- rieurs d'une teinte ambrée. Ce gésier qu'une dissection heureuse parvient à détacher nettement du jabot, comme s'il n'y était qu'en- chàtonné , ollre à l'orifice mis ainsi à découvert huit festons ar- rondis, régulièrement disposés, que notre figure 9 exprime fidèle- ment. Ces festons ne sont que les bouts antérieurs, plus ou moins connivents, d'autant de colonnes calleuses bordées d'un petit filet corné brunâtre et qui, en garnissant l'intérieur du gésier, en font un organe de trituration. Par leur bout opposé, ces colonnes calleuses s'atiénuent insensiblement en une pointe sétacée très effilée, et la connivence de ces huit pointes constitue là une val- vule bien conditionnée, un véritable pylore. Quelle saisissante structure dans un oi'gaiie dont la dimension n'a pas deux milli- mètres ! Comme la Providence est maxiina in minimis! Et quelle ineffable satisfaction pour le scrutateur qui poursuit d'un œil avide les conformités et les échelonnements organiques (|ue de retrouver dans la microscopique structure du gésier de l'Osmyle une si consolante analogie avec celui de l'Hémérobe, son proche parent, et avec celui du Myrméléon, qui le précède dans la série ds la classification ! Voyez les figures de cet organe du Myrméléon dans mon travail académique précité et vous vous convaincrez de cette admirable conformité, et vous vous associerez au saint amour de la science, aux joies de celui dont l'heureux scalpel est appelé à constater de semblables merveilles! Le ventricule chylifique qui suit le gésier, et dans lequel la valvule pylorique instille la pulpe alimentaire élaborée, est allon- gé, cylindrico-conoïde et marqué dans certaines conditions di- gostives de rubans musculeux annulaires. Sa texture est molle et fort expansible. Il se termine en arrière par un léger bourrelet, indice de l'existence intérieure d'une val.vule venlriculo- intestinale ■ ■(imparable à l'ilco-cœcale des animaux supérieurs. }.' intestin , infiniment plus court que le ventricule, esl plus nu moins con- I.. IHFOI'It. — SI It I.'OSMMIS MACII.AIIS. 3/|9 tracté à son origine et se termine ])ar un rertum peu dévelop|)é , (ju'il n'est pas toujours facile de constater. Vaisseaux hépatiques. — Sous ce rapport , les .Xévroplères peuvent se partaf^er en deux divisions. Dans la première, com- prenant les Libellules, les Éphémères, les Perles, les vaisseaux biliaires sont courts et disposés en un verticelle de plus de dix . comme dans les Hyménoptères. Dans la seconde, il n'y en a que six ou huit. I/Osmyle , ainsi que l'Hémérobe et le Myrméléon, a ce dernier nombre de huit. Ils sont fort longs, d'une finesse capil- laire, brunâtres, flottants ou libres jjar un bout, implantés isolé- ment par l'autre en avant et autour du léger bourrelet annulaire qui termine le ventricule. Les nombreuses et fragiles flexuosités de ces vaisseaux sécréteurs de la bile se partagent dans leur distri- bution de manière que les bouts libres des uns sont dirigés en avant et les autres en arrière § IV. Ari'Ar.Eii. GiiMTAi.. — Il était réservé au scalpel de fixer définitivement la science sur les caractères extérieurs qui distin- guent les sexes de l'Osmyle. M. le docteur Rambur, dans son Histoire naturelle des Névroplères (IS/i'i), est le seul auteur qui , tout en commettant une erreiu' flagrante de sexe, ait signalé comme attribut du mâle l'existence aux hanches antérieures d'une sorte de corne crochue. L'étude des organes génitaux tant externes qu'internes a fait raison du quiproquo de ce savant, car c'est la femelle et non le mâle qui offj'e ce trait singulier et d'une facile exploration. Comme il m'est passé par les mains pour les dissec- tions une quarantaine au moins d'Osmyles, j'ai été à même d'é- tablir avec rigueur cette distinction sexuelle. Or, il est positif que les femelles seules ont à la base antérieure des hanches de devant, bien plus longues que les autres, une apophyse subcornée rous- sàtre, un ergot presque droit ou à peine arqué assez long. Comme la nature n'a rien créé en vain, elle a certainement donné à cet ergot une attribution physiologique. Il est permis de croire que dans l'union des sexes, dans les étreintes conjugales l'ergot sert à a(-croclu'r.;i fixer les ongles antérieurs du mâle pour (|u'il se cramponne siu' la femelle. '.'iM I,. UIFIUR. — Slill l/OSUn I l S M\C.II\TIS. Maitf indépeotlaminent de cet ergot dislinclif, ce dernier sexe porte au-dessous du bout de l'abdomen une plaque noire en carré long et de texture tégumeutaire qui n'existe point dans le mâle. Cette plaque, légèrement échancrée en avant et munie en arrière de deux palpes vulvaires d'un seul article, est fendue à la ligne médiane et recèle dans la profondeur de cette fente l'anus et la vulve. Celle-ci, au moins dans le repos, est donc tout à fait infé- rieure , ce qui doit nécessiter une mano'uvre encore inconnue lors de l'acte copulateur. Du reste, la plaque en question est assise sur une base membr.meuse qui lui permet du mouvement et peut-être un certain déplacement pour se prêter aux exigences [ihysiologiques. Voyons maintenant comment, indépendamment des traits né- gatifs que je viens d'exposer, on peut distinguer extérieurement les mâles, car il n'y a aucune dilîérence de grandeur ni de cou- leur entre les deux sexes. Lorsqu'on exerce sur le bout de l'ab- domen d'un mâle vivant une compression expulsive prudemment progressive . voici ce qui apparaît : Le dernier segment dorsal a deux petits lobes disposés à se réfléchir sur le dos. Deux plaques ou deux panneaux triangulaires d'une teinte roussàtre et un peu velus s'olfrent au-dessous du segment pi-écédent , et on aperçoit entre leurs bases l'anus qu'accompagne un prolapsus du rectum. Lnlln , tout à. fait en arrière est une pièce tégumcntaire de la région ventrali^ couronnée par quatre appendices courts, ovalaires, d'tm seul article et un peu héi'issés. C'est en arrière et un peu au-dessous de cette rangée d'appendices qu'est l'ouverture qui donne issue à la verge. 1. Appareil ficnital mâle. - Te-sliniles. — Quelle fut ma sur- prise de retrouver dans l'Osmyle une forme , une structure de testicules parfaitement analogues à celles de ce? mêmes organes dans les Hyménoptères ! Ce fait devint à mes yeux du plus piquant intérêt. Ces deux organes sécréteurs du sperme sont renfermés dans une bourse commune, un véritable scrotum ovale-cordiforme uni et d'un jaune vif. Je ne connais encore que ce seul exemple dans l'ordre des Névroplères. Cet organe vous frappe dès l'ou- vei'tinT de l'abdomen à cause de sa coulein' et de son isolement. 1,. WIFOIII. - SIH I.OSMH.IS .M ACULATl S. Ô."» î Il est ou (•onvexi* un drpriiiii'. suivaiil le degré de ?a lurgosccnce séminale. La tunique de ce scrotum a un aspect membraneux et sa texture peu coliérente ressemble à un enduit. On la di-cliire facilement avec la fine pointe d'une aiguille, et (juand cette opéra- tion délicate est faite heureusement , on a le plaisir de découvrir dans son intérieur , ainsi que dans les Ilyménoptci'cs. les deux testicules à nu . bien distincts, formés chacun par un faisceau de capsuks spermifiques , allongées cylindrico-conoïdes, diaphanes ou blanchâtres, suivant le degré d'élaboration du sperme. Ces capsules sont au nombre d'une vingtaine. Je pense , avec Leibnitz, que /a nature ne fait point de saut , mais si d:ins le cours de nos investigations il nous arrive de ren- contrer dans les organismes des transitions brusques, de vastes lacunes qui nous déroutent dans la voie des analogies, n'en accu- sons que notre ignorance. Il nous reste encore beaucoup à découvrir et beaucoup surtout à étudier. '^'oyonssi quelques faits anatomiques pris dans l'enceinte même d(!S Névroplères, ne nous achemineraient pas vers celte forme spéciale de testicules à scrotum, que j'ai dit être fort répandue dans les Hyménoptères, et qui l'est aussi dans les Lépidoptères. Dans mon ouvrage précité j'ai décrit et figuré dans le Myrmé- léon , dont la famille précède celle de l'Osinyle, des testicules, isolés à la vérité , mais renfermés dans une tunique jaune, mem- braneuse et composés d'un faisceau de cap.'^ules spermiOques allongées ; celles-ci, au nombre de cinq seulement. L'Hémérobe, du même groupe que l'Osmyle, a une organisation des testicules semblable à celle du Myrméléon , tandis que dans la Panorpe la luniciue testiculaire n'offre qu'une seule capsule spermifique. Noyez combien peu d'espèces de Névroptères ont été .soumises au scalpel comparativement à ce qui re.ste à disséquer, et cependant il existe déjà des jalons incontestables de la marche échelonm'e de la création. Vivons et nous verrons encore mieux. Conduits déférents. — Dans l'intérieur même du scrotum le conduit déférent, né du faisceau testiculaire . a une longueur qui dépasse celle de et; dernier et est incolore. Ce conduit per('e .")."J2 !.. DII-'OIR. — sn; I.OSMVI.IS MU;il.ATI.Si pnsuilc le scrotum aux angles de son cchancrure et se pi-ésrntf alors sous la forme cl'ijn filet tubuleux capillaire d'un brun cho- colat constant. 11 se porte plus ou moins flexueux vers la vésicule séminale correspondante, dont il traverse la région supérieure pour aller s'insérer à sa l'ace inférieure. Ce point d'insertion est fort difficile à constater. A partir des angles du scrotum le conduit déférent s'accompagne, s'entoure d'un épiploon adipo-vasculaire lobule bouillonné , qui en masque souvent la présence, et dont il finit par s'affranchir en approchant des vésicules séminales. I/Osmyle est jusqu'à ce jour le seul insecte où j'aie rencontré ce conduit avec une semblable fraise épiploïque engainante. yésirnles séminales. — Elles sont d'une diffirullé de dissec- tion désespérante. On en distingue deux paires, l'une principale ou essentielle, c'est celle qui donne Insertion aux conduits défé ■ rents. l'autre accessoire. Les vésicules princi|)ales sont deux boyaux assez gros, vu la petitesse des autres viscères adossés l'un à {"autre dans leur tiers postérieur. Elles offrent quelques renflements ou boursouflures et se terminent en avant par un tube filiforme blanc ou diaphane . en anse , de manière que son bout libre se trouve au côté externe de l'appareil, l^ne puissante lentille du microscope y révèle comme des bandelettes annulaires (|ui témoignent d'une texture contrac- tile. A l'endroit de leur adossenient, on même de leiu' adhérence, elles sont sensiblement plus renfiées et la pellucidité de leur en- veloppe permet de coiislaler une teinte jaune dans leur intérieur. Elles se terminent en arrière par im cul-de-sac difficile à mettre en évidence. Les vésicules accessoires semblent rudimcntaires comparati- vement aux précédentes. Chacune d'elles est un grêle boyau fili- forme, courbé eu crosse, inséré sur le côté et à l'origine du cul- de-sac de la vésicule séminale principale. Canal éjaculatcnr. — .l'avoue que sa position tout à fait, inférieiM'e, et sans doute sa brièveté, ne m'ont pas permis de le constater. C'est ime lacune à remplir. ferr/e. — En exposant la structure du bout de l'abdomen du mâle, j'ai dit ([ue c'était en ai'iière et au-dessous d'ime séi-ie de !.. ntPOLK. — SI li I.'OSMYLIS MAClil.ATt S. o5S (liialie couru appendices uni-articulés qu'était l'ouverture par où les organes copulateurs devaient sortir. Or, malgré les ma- nœuvres les plus ménagées et les plus outrées, je ne suis jamais parvenu k procurer l'exsertion de ces parties plus ou moins cornées et solides qui , dans les insectes en général , constituent V armure cojntlalrice, et je me crois en droit de penser que , par exception , l'Osmyle n'en a poinl. Une compression expulsive modérée détermine la hernie des boursoullui-cs plus ou moins diaphanes, qui sont évidemment les culs-de-sac des vésicules séminales , et qui rentrent dans le corps quand la compression cesse. Celle-ci, portée au plus haut degré, fait saillir un corps oblong, souple, blanchâtre, d'apparence charnue qui me semble devoir être le pénis ou la verge. La loupe n'a su y voir aucime lame colorée ou coriacée , qui peut être prise pour le fourreau de cette dernière. Si ce fourreau existe , il est peut-être aussi charnu. '2. Organe insolite exclusivement propre à l'Osmyle mâle. — Si la nature dérobe encore bien des secrets à notre avide exi- gence, il faut que le scrutateur redouble de ténacité. C'est déjà faire un grand pas vers la vérité que de saisir, d'exposer un fait matériel qui devient ainsi la condition fondamentale d'une interprétation rationnelle. Dans mes recherches anatomiques sur la Panorpe (ouvrage précité ) , j'ai signalé dans le mâle de ce Névroptère fort original, l'existence anormale d'un organe qui n'a aucune connexion de tissu ni même de voisinage avec l'appareil de la génération, puis- qu'il a son siège à 1 issue de la tête, et qu'on pourrait, avec quelque droit , le prendre pour une glande salivaire, ou mieux peut-être pour une glande sérifique. Je viens d'observer dans le mâle de l'Osmyle un fait anato- mique tout aussi insolite, tout aussi problématique, mais avec une forme et un siège bien différents. Au bout de la cavité abdominale, immédiatement au-dessous de l'appareil génital , quoique sans communication directe avec lui , il existe à droite et à gauche du rcfliun un organe dont j'igore entièrement les fonctions. Cet organe pair est un cori)s oblong , plat , couche sur la paroi interne 3- série Zojl T IX (Juin l« iS ) r, 2:i 35ii I.. wiiFoiin. — .sLii i.osjin.is macli.ahs. des derniers segments ventraux , ayant un boni libre très obtus, et s'alténuanl un peu par l'autre, qui se lixe au voisinage de l'anus. En y regardant de près, ce corps est formé, 1" d'une bourse intérieure noire , opaque , de consistance coriacée , par- Ibis légèrement échancrée de cliaque côté comme une semelle de soulier; 2" d'une enveloppe ou tunique extérieure molle, charnue , blanchâtre , contractile. Celte enveloppe semble peu ou point adhérente à la bourse incluse, car quand on la déchire pom- constater celle-ci , elle s'en détache facilement pour la laisser à nu. Dans ce dernier cas , le noir de la bourse qui auparavant était alTaibli par la tunique . apparaît alerrimus, et sa surface est parfaitement unie et glabre. Le luxe des trachées nutritives (\u'\ se distribuent à ces organes donne la mesure de leui- impor- tance physiologique. Cet organe, je le ré|)ète, n'existe que dans le mâle, et n'a aucune connexion anatomique avec les organes génitaux. J'ai vai- nement cherché à découvrir l'orifice extérieur ou tégumentaire de ces bourses, en sorte que je suis tenté de croire qu'ils s'ouvrent, qu'ils s'abouchent dans le rectum , comme cela se voit dans les glandes excréinentitiellcs de certains insectes. Voilà le fait anatomique. Certes la création a eu un bul fonc- tionnel en établissant ce double organe. Mais quel est ce but? Ici naissent les embarras physiologiques. I, 'étude des mœurs et du genre de vie do l'OsnivIe éclairerait sans doute la question, mais la dilliculté est immense (juand il s'agit d'épier les actes exté- rieurs, les manti'uvres d'un insecte crépusculaire ou noctui'ne , (|ui passe sa vie sauvage et mystérieuse dans les réduits les plus obscurs de la forêt, l/analomiste fait un appel à la palientc saga- cité des Réaumur, des De (îéer de l'époque. Est-ce que. contrairement aux habitudes ordinaires, le mâle de l'Osmyle, comme celui de la Panorpe, auraient mission d'en haut, non pas d'usurper les droits, les devoirs de leurs femelles pour la conservation de la progénituie, mais de se substituera elles par des raisons c|ne nous ignorons? Seraient-ils chargés, ou pendant ou après la poule, de recueillir, d'endiiii'e, d'envelopper, de lixer les (l'ufs , l'un au moyen d'une excrétion par le voisinage I,. DLFOUR. - SUIl 1,'OSMVLUS MACLI.ATLIS. 355 de l'anus, Tauti-e, au contraire, par la bouche? Providence ! aussi féconde qu'incompréhensible dans la variété des moyens , ici tu nous laisses entrevoir les ressorts en nous dérobant le but , ailleurs tu fais briller à nos yeux étonnés un eflet dont nous de- vons ignorer la cause ! En excitant incessamment ce désir de te comprendre, ou perpétuant cet aiguillon de l'espoir et de la cu- riosité , qui est presque toute la vie , tu as aussi voulu que celui qu'un rayon de la divinité a élevé au haut de I échelle des êtres , s'inclinât devant tesplus humbles créations et devant tes souverains mystères ! 3. .-/ppareil çjénilal fetnelle. — Ovaires. — Chacun d'eux est un faisceau conoïde allongé , très effilé en avant de dix gaines oviyères niultiloculaires, dont les pointes convergentes aboutissent à un liyamenl suspenseur d'une finesse insaisissable qui , comme dans beaucoup d'autres insectes, va se fixer dans le thorax. Le col de l'ovaire en est en même temps le calice , et il prend de l'ampleur lorsque les œufs à terme y descendent. Ce nombre restreint des gaines ovigères n'annonce pas une grande fécondité, et si l'on tient compte de l'influence inconnue des conditions météorologiques, on s'expliquera peut-être la réa- lité de rOsmyle. Oviducte. — Ce canal , né de la confluence des deux cols des ovaires, présente peu après son origine un renflement à parois épaisses qu'il n'est pas toujours facile de constater. Glandes sébifiques. — Il y en a une paire. Placées sur le ren- flement de l'oviducte, elles y sont plongées au milieu d'une pulpe adipo-tracliéeniie , qui en rend l'isolement extrêmement difticul- tueiix. Elles se composent d'un organe sécréteur et d'un conduit alférent. 1" l.'organe sécréleur est une très petite vésicule subglobuleuse ou ovoïde, d'une faible teinte roussàtre, et qu'au premier coup d'œil on croirait sessile. Étudiée sous la lentille amplifiante, elle est formée par une capsule incluse et par une enveloppe charnue subdiaphane, que je crois de nature contractile. 2° Le conduit afférent est un filet brunâtre d'une ténuité qui dépasse dix l'ois celle d'iui cheveu, et d'une lexturc élastique qui 350 !.. UllFOUK. — Slll I.'OSMVI.LS .MACII.MIS. le fait s'enrouler en cercles de divers diamètres. Le microscope y révèle une tunique extérieure en tout semblable à celle de l'or- gane sécréteur, dont elle n'est que la continuation. L'insertion de ce conduit a lieu à la partie supérieure et postérieure de l'oviducte. Malgré de si nombreuses autopsies dirigées sur les insectes de tous les ordres, je ne connais encore qu'un autre exemple d'une glande aussi singulière, c'est celle du Scenopinus feneslralis , diptère dont le poste dans le cadre de la classification laisse des incertitudes, et sur lequel T'anatomie a jeté quelque jour. Sa glande sébifique n'est point paire comme celle de l'Osmyle, mais bien unique. Elle a pour organe sécréteur une vésicule oblongue et pour conduit elTérent un filet élastique enroulé qui a plusieurs fois la longueur de tout le corps de l'insecte. On ne tardera pas à voir la description et la figure de cet organe dans un ouvrage sur l'anatomie des Diptères , qui est en voie de publication à l'Institut. Poche copulatrice. — Située à gauche et sur le côté de la partie postérieure de l'oviducte, elle forme un l'éservoir membra neux ou vésiculeux oblong , plus ou moins développé ou bour- soullé , suivant l;v quantité de licjueur qu'il l'enferme. Il s'ouvre par un col dans le vagin , (|ui n'est que la continuation de l'oviducte. OEiifs. — Les œufs de l'O.smyle sont oblongs, cylindroïdes, blanchâtres quand ils sont encore contenus dans les gaines ovi- gère» ; mais parvenus à terme et fécondés , ils prennent une teinte gris de perle , qui passe peut-être au nacré quand ils sont pondus. Ce qui les rend remarquables à leur maturité , c'est que leur bout antérieur est débordé par un petit bouton blanchâtre , arrondi, assez semblable au goulot d'un tlacon. Les œufs de la Perla bicaudala et du Dodecaloma , Névroptcres de la famille des Perlaires, ollVent un lionton analogue. I.. Wt'FOUR. — Slli I.'OS.MVI.IIS MACUI.AHIS. .'^57 F,\l>l.l(.\riO\ DES FIGURES l'I.ANCllE 16. Fig. I I . Osnujhtx mnculiilus. de grandeur naturelle. Fig. 12. Aile antérieure délachée et grossie, pour mettre en évidence sa villosil* et son mode de réticulalion. Au tiers postérieur, trois rangées transversales d'aréoles oblongues; les discoïdales pour la plupart quadrilatérales-arrondies ; les marginales à nervures simples ou fourchues. Nota. Toutes les ligures qui suivent sont considérablement grossies Fig. !,■?. Antenne détachée : premier article plus grand, deuxième court, troisième oblong, les autres moniliformes, serrés, globuleux à la simple loupe, ovoïdes et velus au microscope Fig. 14. Appareil sensilif a,ii. masses optiques du cerveau ; b. les trois ganglions Ihoraciques: c, les six ganglions abdominaux : (/, œsophage engagé dans le collier oesophagien et passant sous le cerveau. Fig. 13. Mâchoires et lèvre. ii,a, mâchoires avec les palpes maxillaires de cinq articles , b, lèvre avec les palpes labiaux de trois articles. Fig. 16. Mandibule délachée. Fig. 17. Tête et appareil digestif. (1, tête horizontale , pour faire voir les palpes , les mandibules , le labre ou chaperon, les insertions des antennes, les yeux, les trois ocelles; b,b. glandes salivaires ; c, œsophage; d, jabot; e, panse latérale; f, gésier: <;, ventricule chylifique ; h,h,h,h, vaisseaux hépatiques ; i, intestin stercoral ; ;. dernier seg- ment dorsal de la femelle. Fig. 18. Glandes salivaires détachées. a,«. vaisseaux sécréteurs . 6,6. réservoirs; c.c. cols des réservoirs ; d, con- duit excréteur Fig. 19. Orifice antérieur du gésier, détaché du jabot, avec les huit festons de ces colonnes intérieures. Fig. 20. Deux de ces colonnes Fig. 21. Appareil génital mâle. ri, scrotum renfermant les testicules, b,b, conduits déférents avec leur en- veloppe épiploïque; c c, vésicules séminales principales ; d,d, vésicules sémi- nales accessoires ; e,e, glandes insolites exclusivement propres au mâle ; f, ex- trémité de l'abdomen étalée par une compression expulsive, pour mettre en évidence ses diverses pièces constitutives LFig. 22. Un des testicules hors du scrotum 11, faisceau des capsules spcrmifiques: (), conduit déférent intra-scrotal Pig. 23. Partie de l'appareil génital niàlo . pour mettre en évidence les con- nexions et insertions 358 MiLSiE icntvARD»*. — siii; i;\ ciustaciî kocvicau. n, a, conduits liéféreals; li,l/, parue des véhicules séminales principales, l'une avec ses baBdelettes annulaires; ce, vésicules séminales accessoires; d,d, les culs-de-sac des vésicules principales. Kig. 24. Organe ou glande insolite du mâle détaché. a, un lambeau de la tunique extérieure déjelée. pour mellre à découvert la bourse noire. Fig. 23. Patte antérieure de la femelle délacliée. a, hanche ; b, ergot; c, trochanter; d, cuisse; e, tibia; f, tarses à premier article plus long; g, ongles et pelote. Fig. 26. Appareil génital femelle. a, ovaires; 6,6, cols ou calices; c. oviducte ; d,d, glandes sébifiques , e, poche cnpulatrice; f, plaque vulvaire: g. partie déchirée ; h, palpes vulvaires. Fig. il. Ovaire détaché, avec ses dix gaines ovigères. Fig. 28 Un œuf détaché Fig. 29. Une glande sébifique isolée. a, vésicule sécrélrice ; 6. conduit efférent. NOTE Sln l'N CHUSTACÉ NOUVEAU DU CEMIE M.4CR0PH PlU L.ME ; PAS IM. miLNE EDWARDS Parmi les Crustacés de la Nouvelle-Hollande que le Muséum a re(.'Us dernièrement par les soins d'un de ses voyageurs, M. J. Veneaux, se trouve une espèce du genre Macrophtlialnie de Latieille , qui se fait re- marquer par l'excessif développement des pédoncules oculaires , et qui semble former dans la tribu des Gonoplaciens le terme correspondant an genre Podoplitbahne i)arnii lesPortuniens. Effectivement, chez ce Déca- pode , que je désignerai sous le nom Macn>/i/illui/iinis W-rrauxii , les pé- doncules oculaires sont beaucoup plus longs iiue le corps de l'animal, et les yeux dépassent la carapace de chaque côté, à une distance qui est au moins égale à l'espace compris entre le front et le point le plus saillant du bord latéral de ce bouclier dorsal. Cette espèce de Macrophthalme n'offre, du reste, aucune particularité intéressante a signaler; la cara- pace est lisse et à peu près une fois et demie aussi large que longue; trois dents aplaties en garnissent les bords latéraux; les mains sont courtes et presque droites ; enlin les pattes des trois paires suivantes portent une épine vers l'extrémité du bord supérieur de leur troisième article, dispo- sition qui n'existe pas aux pattes postérieures. m IX ClIiCLLATION KANS LKS INSKCIKS; Far M EMILE BLANCHARD I .lainais, plus qu'aujourd'hui, ou ne voulut s'occuper de l'étude (lu l'organisation des animaux, k un point de vue plus général, à un point de vue plus élevé et plus philosophique. Jamais, de toutes parts, on ne sentit davantage la nécessité de pousser les recherches dans les organismes les plus délicats, avec toute la persévérance possible. Aussi depuis un petit nombre d'années, la science a en vérité changé de face, relativement aux animaux invertébrés. Nos connaissances, touchant l'appareil de la sensibilité, se sont déjà bien étendues. Avant peu, nous devons l'espérer, les idées des anatomistes pourront être fixées à l'égard de la disposition caractéristique du système nerveux dans les divers types de l'embranchement des Annelés, comme de celui des Mollusques. Les divisions zoo- logiques, en devenant mieux définies, mieux comprises; beaucoup de faits pouvant être généralisés avec une certitude entière; une grande simplification dans l'énoncé de leurs rapports et de leurs différences en sera certainement l'un des plus féconds résultats. Il y a là une véritable satisfaction, comme un grand encou- ragement pour l'homme de science, qui scrute avec une longue patience les plus minutieux détails de l'organisation des animaux. .Ses observations multipliées, étant rapprochées, et toujours soi- gneusement coniparées, les caractères communs se montrent dans tout leur jour; les dissemblances se manifestent d'une ma- nière aussi claire. (I) Un exlrait de ce Mémoire a été inséré dans tes Cowpirx- remliis rf» l'Ara- 'li-mie (les Sciences, l. XXIV, p. 870 (mai 1847). It a été Iniduit en anglais (r/ic iiiuiils iiiiil Magazine of milunil llislonj, vol. XX, |). 112 [septembre 1847]) cl en jlIcMiianrl {Srhiciileii's iiiiil Frnriep's \otizeii, I.XVI, S 342 ( 1847]). 560 É. BLtxciiARit. — SI 11 i.\ (;ii;c;i i.AiiON J^es connaissances devenues ainsi plus iiroloMcles , pins minu- tieuses, n'ont pas augmenté les dillicultés pour ceux qui viennent ensuite ; elles les ont au contraire beaucoup diminuées La pos- sibilité de généraliser, c'est toujours la simplification. N'est-ce pas ainsi qu'une découverte conduit ordinairement à des résultats nombreux? car elle est l'origine', elle est le point de départ de beaucoup d'autres. Un nouveau cercle d'idées a été ouvert. Après l'appareil de la sensibilité, l'appareil circulatoire , si important, au point de vue physiologitiUe, donne pour la zoolo- gie les faits les plus capables d'èire généralisés. Ce système organique a ses caractères propres dans chacune des grandes divisions du règne animal. 11 contribue ainsi à un bien haut degré à mettre en évidence tout ce qu'un type zoolo- gique a de particulier, tout ce ([u'il a d'analogie et d'atlinilé avec les autres types. Je ne tracerai pas ici pour les animaux invertébrés l'histoire entière de la science relative à cette grande question, mais d'une manière sommaire, je rappellerai les recherches qui ont porté les connaissances des naturalistes au point qu'elles ont atteint , au moment où nous écrivons. Ce sera indiquer les lacunes qui restent à combler. Comme presque toutes les grandes questions zoologiques, comme le plus grand nombre des faits qui ont été généralisés ; c'est en France surtout que le phénomène de la circulation dans les animaux invertébrés a été vraiment étudié. La plupart des observations sur le système vasculaire et sur la manière ilunt s'effectue la circulation dans les diverses classes de l'embranche- ment des Mollusciues et de l'embranchement des Annelés sont sorties du Muséum d'histoire naturelle de Paris. § "• En 18"26, MM. Audouin et Milne Edwards (1), par leurs re- cherches sur l'anatomie et la physiologie des Crustacés , parve- (l) ficflu^rrhca nnntomiiiitcs ri phiismlogiqttcs .sxr /(/ '■iiriikitioii ihnts 1rs Crus- DANS i.i;s i\si:c.ii;s. My\ naiciil. ;ï ijiùcislt lu mode du ciiculalioii dans cutie classe d'aiii- iiiaiix. Depuis cette époque, déjà éloignée de nous de plus de vingt années, rien de nouveau n'a été ajouté sur ce sujet. Eu 1837, M. Milne Edwards faisait connaître avec détails la distribution des vaisseaux et la nature du mouvement cii-culaluirc chez les Ainiélides ('I ), et jusqu'ici c'est encore le li-avail repré- sentant l'état actuel de la science sur celte grande l'onction orga- ni(|ue, dans la classe des Annélides. En 18i2, le même zoologiste publiait les résultats de recher- ches semblables sur les Mollusques du groupe des Tuniciers (2). Dans ces dernières années, après diverses observations impor- tantes dues à M. Délie Chiaje, à M. de Ouatrclagcs, à M. Sou- luyel.etc. , M. Milne Edwards est conduit encore à porter ses in- vestigations sur les divers types de Mollusques Céphalopodes, Gasiéropodes et Acéphales. Ce sont ses observations publiées récenunent qui rejirésentent aussi 1 état actuel de nos connais- sances sur le trajet des vaisseaux et sur la distribution du fluide noun-icier chez les Mollusques ('3}. A la même ('!poc|ue je dirigeais mon attention sur l'organisation dus vers , et employant des procédés d'investigation nouveaux pour l'étude de ces animaux inférieurs , je parvenais à reconnaître la disposition du système vasculaire et la nature du mouvumunt du liquide sajiguin, dans lesdiverses classes auxquelles on rattache l'ensemble de ces êtres (II). La circulation des Myriapodes et des Arachnides, du groupe des Scorpionides, a été aussi, il y a peu d'années, l'objet de lacés, lues à l'Acailéinic (les Sciences, le I 3 janvier I S2T. publiées dans les -In - miles des Sciences ndtiirelle.i: t. XI, p. 283 el 332 (1827) ( I ) Recherches pour servir à l'histoire de la circulation du sang dans les Anné- lides (^Annales ries Sciences naturelles, 2' série, t. X. p. 193 f IS37]). (2) Mémoire $ur les Ascidies composées [Méin. de l' Académie des Sciences, I. XVm, p 217. l'-i) Comptes-rendus de l Académie des Sciences, l. XX, p. 21) I et 7.30 ( I Si.3]. cl Annales des Sciences naturelles, 3' série, t. III, p. 257: !.. VIII. p, 37. (l) Hullelin de la Société philomatifiue, p. ()2 el (i7[184(ij: Cnmptcs-rcndus île l'Académie des Sciences, t. \XIV, p. 601 (I8i7). et Annales des Sciences nahi- rellrs , V ^éric, I VII, p .S7 . I. VIII, p, H el 271 •i(')'2 É. BLAKCUAKD. — SUli I.A ClliCl: I.A TION recherches importantes dues à l'un des plus savants anatomistes de l'Angleterre, M. Newport (1). Le mémoire publié sur ce sujet est rempli de détails admirablement étudiés comme tout ce qui est étudié par M. Newport ; mais ce naturaliste n'ayant pu examiner que des animaux conservés dans l'alcool, il reste à véri- fier les faits sur la nature vivante. Ainsi, parmi les Mollusques, ce sont les Ptéropodes et les Bryozoaires qui réclament encore les investigations des anato- mistes et des physiologistes. Parmi les Annelés, ce sont les Arachnides (2;, et peut être les Insectes. J'ai rappelé ces travaux sur les animaux invertébrés, pour montrer comment j'ai été amené à entreprendre de nouvelles recherches sur le mode de circulation dans les Insectes. Après les observations nombreuses faites sur ce sujet par les plus habiles anatomistes en France, en Allemagne, en Angle- terre , la manière dont s'ell'ectue cette fonction dans ce grand type zoologique semblait être connue. 1-es naturalistes étaient persuadés que nous possédions sur ce point la connaissance entière des faits généraux. Cependant une circonstance me frappait; comparant l'organi- sation si élevée des Insectes avec celle des autres Annelés et des Mollusques, je m'expliquais dillicilement la dégradation si com- plète du système vasculaiio qu'on admettait pour ces animaux. J'étais bien loin , sans doute , de m'attendre à rencontrer ce que j'ai observé ensuite. Comme Malpighi l'avait supposé il y a deux siècles, comme Cuvier d'abord l'avait supposé aussi, je crus pouvoir soupçonner encore l'existence de vaisseaux qui au- raient échappé aux recherches des anatomistes. Choisissant alors les Insectes de la plus grande dimension, je les injectai par le vaisseau dorsal , espérant ainsi mettre en évi- (Ij PhitoS()i}li}cttt TraiisacHons nf Ihc rnyal Sorirhi nf Loiiiton , pjirl. i . p. 2i.i (I813J. (2) liécemmi'iil j ai édidié I appareil circulaloire cheï les Araclinules fileuscs ou Aranéicics, .1 ai expose les priiiclpiuix résii liais de mes observations à la So- eiclé pluloiiialiipie — Vm . rinxliliil. p. 2511 (ISiS) T)\^s i.i;s iNsi'CiES. ."(io deiicc les ramillcalions les plus fines s'il en existait; car cela m'a- vait déjà réussi complètement jjour l'étude du système vnsculaire chez les Vers. Il fallut bientôt me convaincre (|ue ma supposition n'était pas fondée. § m Avant de développer le résultat de mes observations sur la na- ture de la circulation chez les Insectes, je crois nécessaire d'in- diquer au moins les progrès que la science a faits successivement dans cette question. En mentionnant les diverses opinions émises tour à tour, mon point de départ se trouvera ainsi précisé, même pour les personnes qui n'auraient pas suivi les recherches anté- rieures. Je m'arrêterai peu sur les travaux de chaque observateur en particulier, un naturaliste belge, M. Verloren. ayant, dans un mémoire récent , indiqué avec soin les observations précé- dentes (1). Les opinions, tonchanl la circulation des Insectes, émises dans , la science se réduisent à trois : celle de Cuvier ; celle qui a pris naissance dans les observations de C.arus , qui a été confirmée ensuite et étendue par une foule de faits constatés par plusieurs anatomisles ; et enfin , celle de M. Léon Dufour se bornant à une entière négation de tout mouvement circulatoire , comme de toute trace de vaisseaux quelconques ; opinion à la vérité qui ne fut jamais partagée par d'autres. Swammerdam, Malpighi , Lyonet, n'avaient pas d'idée pré- cise sur le mode de circulation du fluide nourricier dans les In- sectes. Mais, avec beaucoup de raison , ils ont considéi'é le vais- seau dorsal coniine un cœur, comme un centre de circulation. Ainsi que le fait justement remarquer M. Verloren, Swammerdam avait déjà des notions assez exactes sur la structure de cet organe. Cuvier, qui sut [)orter si heureusement .son attention sur les faits les plus considérables en zoologie , devait s'attacher à l'étude des grandes fonctions physiologiques chez les Insectes, il rechcr- (i) Mémoire m réponse à la question suivante : Éclairer par ties ciljservations noiivpllos le pliénomcne fie la circulalion dans les Insectes, en recherchanl si on peut In reconnaître dans les larves des diiïcrents ordres de ces animaux. — .Aca- démie royale de Belgique. — Afemoirrs nturnnnés et Mêmnirra den Savants ètran- ;/.'/s, I MX (1847), o()Û É. BLAKCiiititu. — si;r. I. \ ^.Il•,(;lll,^■rlo^ clui, par la dissection les vaisseaux de ces Articulés (1). Il n'en trouva point d'autres que le vaisseau dorsal. Ne sachant concilier l'existence d'une circulation véritable avec l'absence du système vasculaire, le célèbi'c auteur de V J natoinie comparée cnii que tout mouvement circulatoire disparaissait chez ces animaux. A l'appui de ce qu'il croyait être la réalité, il trouva une ex- plication ingénieuse, bien souvent répétée depuis (Ù). « Le fluide nourricier , disait-il , ne pouvant aller chercher l'air, M c'est l'air qui vient le chercher pour se combiner avec lui. » Comme les trachées se ramifient dans le corps entier de l'ani- mal , l'air devait ici aller chercher le sang, de même que le sang va chercher l'air dans les animaux à respiration pulmonaire ou branchiale. Selon notre illustre anatomisle, le fluide nourricier n'avait aucun mouvement; suivant son expression, il était en repos. Néanmoins , Cuvier ne cessa de considérer le vaisseau dorsal comme un vestige de cœur. En 1827, les observations de Carus présentèrent la question ^ relative au mode circulatoire des Insectes sous un jour tout nou- veau (3). Soumettant à l'examen microscopique des larves trans- parentes, comme le sont les larves d'Éphémères, d'Agrions, etc. , le célèbre anatomiste de Leipzig distingua parfaitement un mou- vement du fluide nourricier, mouvement en général très rapide. Il vit le sang, après avoir parcouru le vaisseau dorsal, d'arrière en avant s'épancher dans la tête , puis être ramené d'avant en arrière , en baignant toutes les parties du corps et suivant des courants et pour ainsi dire des canaux limités seulement par les organes. M. Carus vit au.ssi , de la manière la plus distincte , les mou- vements du vaisseau dorsal sous l'influence desquels s'efl"ectuent la sortie et la rentrée du liciuide nourricier. (1) Sur la nutrition dans les fnsectes (Meni. de la Société d'Iiist. nat. de Paris, l. I, 34 [ 1797 1 , et Reil, Archiv fiir die Physiologie. Bd. V; S, 102). (2) Leçons d'Anutomie comparée, recueillies par MM- Duméril et Duvernov, I IV, p, 165 (180.",). (3) Enldeckmig eines eiiifaclien . vom Herzen nus hesclnnliiiiilni /lliillaufes in den larven Melz-lliigi'lichKr tnseklcn , et Fernrre Ihilcrsiirininiirn ithrr hliillaiif m Kcrfen[Navn Acia Phijsicn, vol XV, p ii. \\ I. Iiih. i.i (I8:M]) DANS l.liS INSIXl lis. ;Mi5 H n'y iivail |)lti,- de doiilf; il (existait dur/. Ii:s iiiscclcs uik; vé- ritable circulation. Les laits constatés par M. Garus pouvaient être vérifiés sans beaucoup de peine. Ils ne tardèrent pas à l'être par plusieurs au- tres naturalistes. Presque aussitôt ils furent confirmés par une observation dif- férente et de la plus haute importance. M .Siraus Durckheim , comme on le sait, fit connaître avec beaucoup de soin la structure du vaisseau dorsal chez le Hanneton conuiiun (I). Il constata l'existence d'une portion cardiaque et d'une portion aortique , l'existence d'ouvertures et de valvules dans la portion cardiaque, de nature à déterminer la rentrée du sang et à empêcher sa sortie. Ainsi il fut établi désormais que le vaisseau dorsal des Insectes n'était pas un tube simple, comme généralement on le croyait jusqu'alors. En 1S3'2 M.Wagner (2, vérifie tout à la fois les observations de M. Garus et de M. Straus, et le résultat principal de ses recher- ches, c'est la confirmation des faits signalés par ses devancier.s. Peu de temps après, M. Bowerbank en Angleterre (3' porte aussi ses investigations sur les Éphémères, et c'est encore une confirmation des mêmes faits. Je n'ai pas besoin de m'étendre sur toutes les petites observa- tions du mouvement du fluide nourricier, dans les ailes, dans les pattes , dans les antennes ; observations dues principalement à Lyonet (li), à Baker (5), à Behn (G), à Tyrrel (7), à Burmeis- ter (8j, à Nicolet (9), etc. , etc. (1) Coiisidfraiions sur l'aiidlomie des animaux articulés, p. 356 (1828). (2) lirohiichtnnyen uber deu h'reisinuf des Hliites und den Ban des Bitckeii- ijefiessi-s bel den [nsecten {[sis, 1832, S. 320, u. 778, lab. ii). (3) Enlnmolotjiail Magazine, t. I, p. 239 (1833). (-4) Lesser, TMotogie des Insectes, t. II, p. 84, imie (1742). (ii) The microscope mode easy, p. 130 (1743). (6) Eiideckung eines von den Bewegungen des [iuckengefœsses unliahangingen und mit einem besondern fiewegunsorgane Versehenen h'reislaufes in den lit'int'ti llaliiIlngelu-hiT Insn-len [Midler s Archiv. 1835. S. 554, laf. XIII. fig. 13 11. 14). (7J l'ruernlings nf llir royal Society, vol. III, p. 317 (1 835) {H) llaudbnch dcr Entomologie, 1. I. S. 436-446 (1832). (*;) Annules de» ^Sciences tuilureltes, i' série, l VII, p. CO (1847). oliC) i;. Bi.AivtiiAK». — SDH i.A cnicuMioN Par suite dus travaux de ces naturalistes, il est acquis à la science que le sang chez les Insectes pénètre dans tous les espa- ces interorganiques et dans les moindres passages intermuscu- laires (1). Ce sont les faits admis dans tous les ouvrages généraux. On peut consulter à cet égard ceux de M. Milne Edwards f2), de M. Uuvernoy (3), et de bien d'autres encore , qu'il n'esl pas utile de rappeler ici. Les observations des savants (|ue je viens de citer depuis Carus forment une période bien marquée touchant les connais- sances des naturalistes , sur le phénomène de la circulation dans les Insectes. Après eux, un zoologiste dont je me plais toujours à citer le nom , parce que ses recherches portent à un haut degré l'empreinte d'une conscience, d'une sagacité et d'un talent de l'ordre le plus élevé, a fait faire un pas sensible à cette ques- tion si importante de la physiologie des animaux invertébrés. M. Newport, dans l'article I.nsectrs , de VEiicyclopéclie d'Ana- tomie (4), ne s'est pas contenté de résumer les observations de ses prédécesseurs. Il a vu plus; il a ajouté de nouveaux faits. M. Newport a reconnu l'existence d'im canal régnant toujours au-dessus du système nerveux (5). Il a reconnu aussi, ce qui était (1) ic ... L'existence dune circ.ulalion chez les Insectes, circnlaiion qui sac- » oortle d'ailleurs avec la place élevée qu'occupent ces animaux dans l'échelle )i zoologique, est un fait désormais acquis a la science, bien qu il reste encore un » assez grand nomlire de points a éclaircir » — Et en note: — « M. Léon Dufour « est , à ce que nous croyons , le seul entomologiste qui aujourd'hui refuse toute « espèce de mouvement circulatoire ; mais un témoignage négatif, quel que soit » d'ailleurs son poids , ne peut infirmer une foule de faits positifs. Celui de » M. Léon Dufour prouve seulement que, dans les Hémiptères, l'organisation du •' vaisseau dorsal est peut-être plus simple que chez les autres Insectes. " La- cordaire, Inlroduclinu à i Entomologie, t. II, p. 69 (I83fi) (2) Eléments de zoolorjie. (3) Leçons d'amitomie comparée de G. Cuvier.'i' édit.,t.VI, p ili, ItO.etc. (1839). (i) Article Issecta. Cycloptedni of Analomii iind Plui^ioloijn, by Todd, vol. Il, p. 980. (•'i) Cl Besides the parts now described, Ihere is aiso anotlier which is connecled with and forms part of the vascular sjstem, but Ihe existence cven of which has liithertobeen almost overlooked.This is a distinct vascular canal, which is exlen- DANS l.liS I.NMiCriiS. 'M)l |j1us iiiipuilaul eiiciin', la présence do caiiaiix assrz bien il('li miles, réguaiit sons la paroi supérieurL' de rabdoiiieii . ul ser- vant à ramener le sang des cavités du corps jusqu'aux orilicos auriculo-ventriculaires du vaisseau dorsal (li. M. Newport, par ses éludes sur les corpuscules du sang dans les larves et dans les Insectes adultes a encore enriclii la science de faits qui ont ici une valeur considérable {H . En dernier lieu, je dois mentionner le travail de M. Verloren sur la circulation des Insectes; travail dont la publicalion eut lieu bien peu de temps avant la communication des principaux résultats de mes propres recherches; communication l'aile à l'A- cadémie des scicences , le 17 mai 1847. Le naturaliste belge n'a rien ajouté de bien nouveau relativement à la question générale : mais il a apporté de nouvelles observations de détails sur un assez grand nombre d'espèces. H s'est attaché à expliquer la manière dont s'effectue la rentrée du sang dans le vaisseau dorsal. Il a énuméré avec soin les types sur lesquels ont porté les investiga- tions des précédents observateurs. M. Verloren se prononce d'une manière formelle contre l'exis- tence de vaisseaux autres que le vaisseau dorsal dans le corps des Insectes. Certains physiologistes, ou comprenant difTicile- ment une véritable circulation sans un appareil vasculaire com- plet, ou apercevant sous le microscope, chez des larves trans- iled alon^ Ihe uppi-r surface of ihe abdominal portion of ihe cerebrospinal cont in perfect Lepidoplerous Insecls, and which \ve liave Iraced. l'rom the thorax lu Ihe terminalion of Ihe cord We hâve designaled this structure the suprn-spiiuil l'fssf/. Il is placed ininiedialely above ihp cord , and is covered by transversal muscular fibres , which excliide il from Ihe abdominal ravity and give to Ihe wliolecnrd wlicn removed from Ihe body and exainined hv Ininsmilled light. a lloculcnt appearance. ■■ Loc cil., p. 980 (I) We believe aiso that we hâve seen distinct vessels passing Iransversely across Ihe dorsal surface ofcach segments in the direction of tlieanlerior part of cach chamber of Ihe dorsal vessel, in Ihe large pnpa of \rliernnliC}{) seau diusal , si bien décrite par M. Straiis, roimiie d'une pure licliou. FjiliM . il regarde coinn)e établi , eu principe il est vrai, « (|ue, dans les animaux où il y a Luie circulation générale d'air, )) celle-ci remplace ou exclut la circulation générale du sîfng ou " d'un li([uide analogue (l). » Depuis celte époque , l'opinion de M. Léon Dufour n'a pas été ébranlée par les nouvelles observations de plusieurs natura- listes. Dans ses reclierches sur l'anatomie des Ortlioiitères, des Hyménoptères et des Névroptères , jl affirme encore que le vais- seau dorsal , pour lui un simple cordon , n'olTre point de cavité intérieure, el tnoins encore un liquide circulatoire. Ses investi- gations ont porté cependant, dit il, sur les Orthoptères, qui sont les plus grands des Insectes (2^. 11 fait observer aussi que les recherches des naturalistes ont porté spécialement sur de^ larves. Or, pour lui . s'il s'agit des larves, c'est une tout autre » siologie de.s Insectes. Quoiqu'il soil devenu l'objet de dissections ardues , df%- 1) périmentations répétées . et de sérieuses esplicalions de la part de divers zoo- i> tomistes tant anciens que contemporains, on se demande encore si ce cordon » est un organe ou un simulacre tl'orgune sans fonction , un simple vestige. » L. Dufour Recherches mir i'analomie et la physiolocjif ilex HimipUres, p. il î ( 1 8:):!). ^Ué)noires des savanls étrangers, t. IV.) (') M. Léon Dufour ajoute : « Ces deux sijslémes circulatoires sont iscoarAn- » BLES Je m'abstiens d'ènumèrer les conséquences qui découlent naturellement de » cette proposition : elles sont par raor évidentes. » toc. <('(., p. 27(î. Cependant je doi.~ confesser que ces conséquences si évidentes ne m'ont janiaii frappé. Je saisis même peu de quelle nature de conséquences il est ici question. ['i) .4près avoir décrit d'une manière générale la position du vaisseau dorsal. M. Léon Dufour s'exprune ainsi : « Quoique ce cordon (le vaisseau dorsal) ait « dans i|uelques circonstances un mouvement propre, celui-ci n'est certainement » que le résultat de lu simple contructilité de tissu, mise en jeu, une' espèce de f'Y- » missement pbrillitlie coninnia à beaucoup de tissus vivants. -Malgré son appu- i> rence lubutetise les investigations les plus allentivos , soit à la loupe , soit au » microscope, ne m'y ont jamais démontré dans les Orthoptères, ijui sont ponr- 11 tajit les plus grands des Insectes, l'existence ni de brandies ou de divisions a i> ce cordon, ni d'une cavité inlérietlre, ni encore }noins d'un hqutde eti*rulattnre. » Recherches anatomiques el phijsioloyiques sur les Orthoptères, les Hyménoptères et les Séoropléres ( Mémoires des Savants éU-'ingcrs . publiés 4).ir 1' Vcadéir-ie des Sciences, t. VII, p. I8.S H'Ml 1). 3' série. Zdni. T. I\. (.Iiiin ll>iK.)< i* '610 i;. HI.A:>i«'H4KW. — Sili i.a ciiici i.aiion question ((uc s'il s'agiss-ail des Insccli's adiilt.fs. M.nis cpIIi,' ((iics- tioïi , lil ne l.'aborde [xis; il compte l'étudier par la fuite (1). Dans un Mémoire, ayant surtout pour objet cette question re- lative à la circulation des Insectes (2) , M. Léon Dufour soutient toujoursi avec. ardeur la n)êiiie thèse. Le type sur lequel il s'ap- puie appartient cette fois à la famille des Muscides [Sarcophmia luemorrhuidaUs . he vaisseau dor.'-alest appelé ici Vurgaue dorsal ; ilhesfc (décrit comme composé d'un axe et de ses ailes. J/axeserail toujours un simple cordon sans cavité , ni division , fixé par un bout à la partie poslérieui'e du téu'ument dorsal , et par l'autre à Vm'igine, du ceniricule chylifiqvi'. satis pénélrer dans la cavité de xeluici.i . I . .. iii.. ■ .1.1.', Il-' - 1 Assurément , tes. personnes qui iie^sonl pas totalement étran- gèri'sà l'organisation des Insectes seront bien persuadées que le vaisseau dorsal ne pénètre pas dans le ventricule cliylilique. Mais comment ne pas s'étonner en voyant M. I-éon Dufour, qui s'est montré si souvent habile observateur, donner cette descrip- tion du vaisseau dorsal, des Insectes ; alors que cet organe est décrit, et rejjnfésentéiaiveGi uijieigraiMjk exactitude par M* Slnaus l'IUl 'in,': kI -jli!) ■"■ "ino» .■..i,ir '"'' ••i' M? ob o'igstb li-i>;fl aul'i m ■ <■ {l* )■ f 1 ^"^.P^"?.^ ^'-"-"'! encore iuijoiird liui que celui-ci ( le vaisseau dorsal ) nesl » qu'un organe riér.lni de toute attribution pliysiologiqiie, de tdule espèce de fonc- » lions ; iiû'il n'est qu'un rudlrtienl, un vestige du cœur des Arachnides ; qu'il » ne saurait être un organe sécréieur de la graisse . comme l'avance M. Marcel » de'Serres; que dans les espèces sonmises ii mon scnipel , et ce nombre s'élève » ripjikà sepl: ou liuii cents, je n'ai rien vu qui ressemble à un ccpur à huu cham- )9,|ljppSi^tj;^ Y»Jv;u4«i^a-ffl(Hifl>f lftpré^e»d.^. SUaus. r-^-, Remarquez l3(iBn;que mes ».assertinns#jir ce point, se bor,nen| exclnsiyoment aux Insectes parfaits, cesl- » à-dil-e iî cet élat mi les organes ont acquis le suprême degré de leur développe- ï' ment, Malpilhi . I.ypnel et quèl(jue'> partisans de la circul.ition dans les In- » sectes, ne nous donnent connue faits positifs ou prétendus lelsquedes recher- « ches qui conrcrut'Ht /es larves, (l'est une tnitl autre (/ucatioti , que je n'aborde ii"pasiei>ce iii*)incnl., e< que ji étudierai parla suite; je ferai observer seulement I) qu'on s'est souvent lais.«é entraîner à de hasardeuses induclions^Pn pared cas. i> Loc. cil. \> 289. (2) Etï'iles nnkiii))niro|)ie qu'aucun autre à l'injection des In- sectes (1\ Successivement , je dirigeai mes expériences sur des larves et sur des Insectes adultes , sur des Coléoptères , des Orthoptères, aussi bien que sur des Diptères et des Hyménoptères. D'abord , je prenais les plus grandes précautions pour qu'aucini accident ne put me jeter dans l'erreur. Mon premier soin était d'ouvrir l'animal par la partie supérieure , et de dégager le vaisseau dor- sal dans toute sa longueur. Cette préparation achevée , je prati- quais une ouverture dans l'une des chambres postérieures , et tout ( I ) Comme lieaucoup daulres liiju.des colorés seraient tout a fait incapables de fournir un lion résullal dans ces sortes de recherches, soit à cause de leur poids, soit à cause de leur faillie coloration , soit à cause encore de la facilité avec la- quelle ils pourraient s'attacher aux organes, les teindre, les salir, et rendre ainsi les préparations défectueuses : comme aussi je désire beaucoup que Inus les natu- ralistes puissent vérifier des faits aussi facilement vcripablex , j'indiquerai ici la nature de mon injection. Hien de plus simple. C est du bleu de Prusse broyé à l'huile, celui dont les peintres font usage. Je délaie cette couleur dans I essence de térébenthine rertifiée. de manière a obtenir un liquide très limpide et cependant très foncé. L'avantage du bleu est de dnnner une couleur intense avec peu de nialière . et d'avoir un poids assez léger pour demeurer lonjitemps en suspension ; d'ailleurs le bleu de Prusse .se dissout môme un peu dans l'essence. La plupart des autres couleurs sont mauvaises pour les injections délicates. Le vermillon et le minium sont trop lourds et précipitent trop vite : on ne réussit pas à les faire pénétrer dans des espaces étroits. Les couleurs végétales, comme les laques, le carmin , etc., se dissolvent: mais elles donnent une coloration si faible, qu'on ne les distingue pas nettement dans les vais.'ieaux. 374 É. BI,A\CII,%«tt. -^' Stil' l'<7;'ll!CLI,AIIO.\ aussitôt j'y taisais pénétrer l'injoclion. Rien de pluy l'acile que de remplir ce vaisseau dorsal , quand on agit avec le soin exigé par l'extrême délicatesse d'un organe de cette nature. ' "'' ■"•''' " Eli disséquant la tète d'individus ainsi injectés , en nVeltâiil à nll'les ganglions cérébroïdes , je distinguai sans peine la portion aortique du vaisseau dorsal passant sons ces centres nerveux , s'élaigissant uli peu ensuite, et fournissadt quelques branches fort courtes'.l '■''''" '^" '•"'■ "'n'»''' '^itvrv.nl nu M. Newport avait déjà vu cette torniinaison chez la VanèSSe de l'ortie {ï'nnessa vfticfe). Mais sons te poids de l'injection, l'ex- trémité du vaisseau et les petites branches qui en dérivent se di- latent cOlïsicfél-àblement. On voit de la manière la plus distincte les parois vasculaires devem'r de plus en plus minces, ou de moins en moins résistantes. Ces branches s'f^vaseut alors vers leur ex- Irénfité, «t'tetiéJinerit diflicilement le liquide injecté. Enfin, on voit que le vaisseau dorsal se ternn'ne dans In portion supérieure de la tête ; que là , ses parois Unissent. Cette expérience répétée un grand nombre de fois sur les es- pèces les plus différentes , il n'y avait plus moyen d'en douter. Le vaisseau dorsal ne présente point de branches sur son trajet , et ses divisions antérieures ne sont eu réalité que des indices de branches ; elles ne se prolongent pas mêtnéjusqii'à la partie tout à fait antérieure de la tète. Continuant à injecter des insecles par leui- vaisseau dorsal , je m'attachais à y faire pàssëi'utië asSez grande' quantité dé liquide, l/itijèclioirse répandait naturellement dans les cavités delà tête, puis dans celles du thorax , puis dans celles de l'abdomen. Ayant soin de pl.'icér''Hîte'|')'i'éparatibii'.s'dtihs Peau . le liquide introduit dans les laciuips , plus léger que l'eau , venait tout aussitôt h la surface, et ne pouvait rester (juc dans les endroits où il était réellement enveloppé. On devait s'attendre à ne plus conserver de liquide injecté (pie dans le vaisseau dorsal, sachant où il se termine, sachani com- ment les parois disparaissent. Cependant, l'injection avait pénétré ailleurs; le système trachéen avait pris lacouleur du liquide injecté. \u premier ab^rd , pouvait on ci'oire à une rupture . et à l'en- tnjc Ju iii|UKlt; (Jaiis les .tubes trachéens eux-inèijies?, A CRDipr- ineiil , je cotn|)reiiais peu encore ce que je voyais ;, mais j'opérais sur (les Insectes vivants, dont l'appareil respiratoire était par conséquent rempli d'air. Or, souvent j'avais tenté de. remplirce système avec îles malicrcs colorantes dans le but de le rend)'iÇ, plus distinct, et d'en consei'vcr des préparations; j'avais pu me convaincre ainsi de Tiinpossibililé de taira pénétrer le iiioijjcire atome dans les trachées d'un Insecte vivant. Je ne m'expliqi,ijE|^ nullement ce qui s'était passé. i, i, ;■■,,■ )-(r.q//;i/ \r_ Ouvrant alors les plus gros troncs trachéens , je vpis ç'échftP'^ per non pas le li(|uide injecté , mais de l'air. Dans les tubes d'pù l'air a été expulsé , sans doute , jwr tme pression un peu f0irt§j,| je ne trouve pas de liquide. Il n'y a plus de:^i^tp,,Ge,S9SlilES( parois qui recèlent le liquide coloré. i .. i:,,,.!,!.'.- ^ni.ri: i/- Ont-ils été imbibés? Ofitiils, subi une véritable teinture?, Tel)^ est la question (]u'on pourrait se poser. Gertaineuiçijt.,| Qg,^i'|ǧt pas cela. - ,,,, . ,i/,, ,.| .,[, L'injection que j'emploie n'adhère pas aux tissus , ni& ^ai^i^i^'^u- cune salissure, aucune trace de son passage. Tous les urgaPifi;^ qui ont subi son contact demeurent parfaitement nets. , . . ■•A J'examine sous la loupe et sous le microscope des tVagraent^, de trachées ; je tire avec précaution le fil spiral, inlerpo-sé entre les deux membranes ou tuniques, constituant ces tubes aériens ; et en même temps , je fais couler le liquide coloré. Toute incerti- tude est impossible. I.e liquide injecté a passé entre les deux mem- branes des trachées, et cela jusqu'aux extrémités les plus déliées.; L'injection a suivi ici le trajet que suit le fluide nourricier. Ti:?,?, versant le vaisseau dorsal, elle s'est répandue dans tQiit,es,|ç^ilj9,- cunes inter-organiques. Parvenue dans les lacunes avoisinanl l'origine des tubes respii'atoiros , elle s'est introduite entre les deux tuniques trachéennes. l'ui.^que le sang, après avoir passé dans la lijngueur du vais- seau dorsal , s'épandie aussitôt dans des lacunes, on. devait ar- river à constater les irièmes tails en injectant de suite par c^, méats compris entre l«v» vjscères ; ce qui devenait alors beaucoup plus liti'lie. ,||i;()i)| iii,-; i; T(((Vf-i nn !)£7l)'''!j .iMi'll; '•i;'r'M; 1'/ .■i7() ii. KLAi\C:U4K». — Sl,]5 I.A Cl I, Cl I, M ION Eli ellet , soit que l'on introduise le liquide coloré par le vais- seau dorsal , soit qu'on le lasse pénétrer directement dans les la- cunes, on l'emplit de suite tout l'ensemble de l'appareil de la cir- culation. Certes, il est bien évident que l'injectioii suit le trajet ordi- naire du sang, quand elle s'infiltre' eiilre les membranes tra- chéennes ; mais si un doute était possible à cet égard , d'autres preuves ne manqueraient pas. Peu de temps après que j'eus ex- posé mes recherches à rAcadéinie des Sciences, M. Ncwport songea ù un moyen de vérilication ; il examina sous le micros- 'Ope si des corpuscules du saug se tiouvaieiil engagés entre les membranes trachéennes ; il les trouva, et lit part, je crois, de cette conlirmalioii au congrès scientilique d'Oxl'ord, au mois de juillet 1847. Depuis , j'ai recherché de mon côté les corpuscules du sang entre les tuniques des tubes respiratoires chez un grand nombre d'espèces, et toujours je suis parvenu à en renconirer. Si l'on place un fragment d'un gros tronc Irachétii sous le mi- croscope, et si l'on tire avec précaution le lil spiral , on l'ail cou- ler le liquide sanguin, et il est rare de ne pas voir surnager quel- ques corpuscules. En outre, si la plupart des Insectes ont le sang incolore et les trachées également sans coloration , il y en a parmi eux qui ont les trachées soit grisâtres , soit jaunâtres, ou même nn peu rou- geâtres. Or, quand on ouvre une de ces espèces dont les trachées sont colorées, le sang étant en petite proportion peut paraître in- colore ; uiais si dans uu tube étroit on parvient à en amasser une quantité assez forte, on le trouve gris chez les espèces qui ont les trachées grises, jaune chez celles dont les tubes res|)iratoires sont jaunâtres. \in un mot, les organes de la respiration prennent la, nuance qu'allecle le lUiide nourricier. Rien de |ilus remarquable et de plus élégant qu'un Insecte (•onven;i.blement injecté. Toutes les trachées, ([ui se ramilienteii branches si nombreuses et si fines sur tous les organes , sont co- lorées par l'injection. Cependant , comme je viens de le dire , pas la plus petite g.Hiiiek'Itc de liquide n'a pénétre dans leur inté- rieur. DANS l,i;S INSliCIKS. .'^77 La .strucUiru de ces tubes respiratoires se troii\c ainsi c.xpli- (|uéc ; ils si:iit l'ormés , comme on le sait, de deux meiiibrancs , entre lesquelles se trouve interposé un (il solide , eontourné en spirale. Puisque c'est entre les deux membranes que pénètre le liquide sanguin, ceiui-ei se trouve ainsi de toutes paris en contact avec l'air contenu dans l'intérieur des trachées. L'usagedu 111 spiral se montre maintenant sous un double rapport ; il ne sert pas seulement à donner la résistance et l'élasticité né(;es.*aires aux tubes aérifères ; il sert encore à maintenir, écartées Tune de l'autre, les deux tuniques trachéennes, et à les tenir béantes près des ori- fices respiratoires pour livrer passage au Huide nourricier. La membrane interne seule se continue avec le tégument qui borde les stigmates. Quand les trachées des Insectes deviennent vésiculeuses, leur 111 spiral disparaît. Les deux tuniques se rapprochent l'une de l'autre. Alors on distingue orîiinairement entre elles des canaux extrême- ment nombreux et d'une très grande lines.se qui les parcourent en tous sens ; mais ils ne m'ont jamais offert rien de bien régulier. En résumé , si l'on injecte un Insecte par le vaisseau dorsal, le liquide , après l'avoir traversé dans toute sa longueur , s'épanche dans les lacunes de la tête et du thorax, vient se répandre aussi dans les lacunes abdominales , et baigner tous les organes. Il pé- nètre alors entre les deux membranes trachéennes, par les lacunes qui entourent l'origine des tubes respiratoires ; puis il est ramené dans le vaisseau dorsal par des canaux efférenls , qui s'étendent sous la paroi supérieure de l'abdomen depuis la base des faisceaux Iracliéens jus(|ii'au\ orifices auriculo-ventriculaires du vaisseau dorsal. Ces canaux, déjà aperçus par M. New port, sont formés presque exclusivement de tissu cellulaire aggloméré; ils ne sont par con- séquent que peu ou point isolables par la flissection. Si l'on injecte un Insecte directement par les lacunes, le liquide revienten partie dans ces canaux elïéronts, et de là dans le vaisseau dorsal, comme le fait le sang lui-même. Ainsi, pour remplir le vaisseau , il n'est pas m 'cessai re de l'injecter directement ; on le remplit même d'aiil.iiil iin<'U\ l'ii laisaiil passrr d'^ibord le liqiiidi' p^irli's lacunes; deçGlite, niaiiièvo ,,i| ivSle intact;; on ne lui pialique aucuiit- ok- verture. iroJelua-in J ai flù me préoccuper aussi de la nature du vaisseau on canal ■supra-spinal, comme l'appelle M. Newporl , léguant au-dessus de la chaîne ganglionnaire ; or, j"ai pu me convaincre encore par l'injection que là règne un courant du sang qui vient de s'échap- per du X aisseau dorsal, comme il eu règne sur les parties latérales du corps dei chaque côté du tube intestinal ; seulement, un peu de tissu fibreux , plus. ou moins serré suivant les types, limite mieux la colonne passant au-dessusdUiSysAèinenerveu». iMi'i\'"!r»f^7fi'| ')'ir-^'^''i\>\^ ■'!> >r.q ■■ftoh r 71: li §>VO'.l"/ --1!' .:l:i'. ■ Conclusions à tirer des expériences. — J'ai étudié la circulation chez un assez grand nombre de types de la classe des Insectes , pour avoir acquis la certitude qu'il n'y a point de diH'érence essentielle entre les divers représentants de cette grande division zoologique. Les faits que j'ai observés ne viennent pas infirmer les faits précédemment observés; ils s'y ajoutent, et viennent seulement infirmer certaine^» luieypr.élqiiDUS généralement adop-r tées. ,,Tt >i'jl ««Rb iinoldoi lis'l 'jî> 3U9S"l La manière dont s'ellecluc en réalité la circulation des Insectes peut paraître encore assez simple, quand on connaît, du reste, l'organisatiorl de; ces animaux. On savait, en elîet, depuis long- temps quelle était la structure des trachées ; seulement aujoor" d'hui , ii est démontré que lo lluide nourricier pénètre entre les deux membranes qui les constituent ; c'est là véritablement presque le seul fait capital à ajouter à ceux précédemment intro- duits dans la science. Mais, par suite de celte observation, il faut comprendre le phénomène de la circulation des Insectes d'une tout autre manière qu'on ne le coniprenail ; il ^aut comprendre également la nutrition d'une tout .uilre manière qu'on ne la, comprenait. Ce qui aurait dû peut-être surpretKlre d'après l'explication or-^! dinaire, d'après l'explication répandue dans tous les ouvrages d'aiiatomie el de physiologie, c'élail l'indépi'ndanœ supposée I)A\S r.liS INSI.CWBR" >' ' "« > ?n*) exister en quelque sorte entre l'appareil respiraloii'e' et '('appareil circulatoire. riuliv Les trachées , suivant l'opinion géiii^rale , ne devant se trouver au contact du liquide nourricier que par les courants -lraivei"sajit les lacunes comprises entre les organes;' liniii.ihjiiKï onlr.fl-j i.l •!' Néanmoins on ne s'arrèla pas à cette difficulté. :i:i'i|ni I l'ji réalité, le sang va chei'clier l'air, exactement romrtië'cëlSJ U lieu chez les animaux à respiration pulmonaire ou branchiale'^,' car c'est par suite de son mouvement régulier qu'il vient ^infil- trer entre les membranes trachéennes. ' " t n " ' • A cet égard, il n'y a donc pas de différence physiologique avecceipii existe ailleurs. Ailleurs, il est vrai . l'appareil respira- toire est localisé ; et ici , il est disséminé dans toutes les parties du corps : il est rfi/fu.ç. ' ^ Ain?i , c'est la diiTérence anatomique qui est frappante , et non pas la dillérence physiologique. '' -ii.ji, . ■ >. n' ; Certes, chez des animaux dont l'activité est àusSi' grande 'qw» chez les insectes , la combustion de l'oxygène doit être rapide. Il était difficile de s'expliquer comment de larges courants sanguins pouvaient, dans leur rapide passage, prendre suffisamment l'oxygène de l'air contenu dans les trachées. La plupart de ces courants ont une épaisseur telle que la masse entière du sang 'ne saurait venir au contact des tubes respiratoires. ' " : Maintenant , au contraire, tout ce qui est relatif à la réoxygé- nation du sang s'explique parfaitement , et se comprend de soi- même. Le tluide nourricier pénétrant entre les deux membranes trachéennes . si rapprochées l'une de l'autre , se trouve divisé par couches d'une minceur extrême ; il n'est séparé de la colonne d'air que par une seule membrane ' - '-' '-■'"'- Mais n'est-ce pas plus encore sous le rapport de lâ'ntrtritiOrt' que ces tubes respiratoires, dont nous connaissons la nature ac- tuellement, doivent arrêter notre attention? Kn portant de l'air dans leur intérieur, ils portent le sang dans leur périphérie. Ces trachées divisées et ramifiées à l'inlini dans la profondeur de l'é- conomie conduisent ainsi le fluide nourricier à tous les organes'} • à tous le» muscles, au moment même où il vient de subir le con- 580 i:. BLAxtiiitRit. - sur, i.a c.iiici i.aiio\ tact do l'air.' C'est le sang nouvellement arléi'iiilisé, le sang [)ro|)re à vivifier , à nourrir tous les organes , qui est porté au moyen de CCS tubes si délicats et si nombreux. r,es trachées , organes de respiration essentiellement , remijlis- sent donc aussi le rôle dévolu aux artères chez les animaux ver- tébrés, comme chez la plupart des Mollusques, comme chez les Crustacés et les Aranéides, c'est-à-dire le rôle de vaisseaux nour- l'iciers. Le sailg , chez les Insectes , est fourni de cette manière aux or- ganes dans un étal de division extrême , puisqu'il y arrive par des vaisseaux de la [)lus grande ténuité. La nutrition et l'assimi- lation s'opèrent en réalité comme chez les animaux supérieurs. On en avait donc une idée bien fausse quand on supposait les organes baignés seulement par les courants de liquide san- guin. Sous le rapport physiologi([ue, il se passe ici encore ce qui se passe chez les Vertébrés, chez les Mollusques, chez les Crus- tacés. Sous le rapport anatomique , au contraire , c'est quelque chose de tout particulier. Il n'y a plus d'organes spéciaux ; il n'y a plus de vaisseaux nourriciers faisant exclusivement l'office de vaisseaux nouriiciers ; il semble que ce soient ici des organes empruntés pour la circulation , tant les trachées ont paru être jusqu'ici sim- plement des organes respiratoires. Néanmoins, on peut aussi considérer ces tubes presque autant comme des vaisseaux san- guins que conime des vaisseaux aériens ; ils sont en effet l'un et l'autre ; ils sont peut-être aussi bien l'un que l'autre. 11 semble quj le vaisseau sanguin a plutôt emprunté le trajet (lu tube aérifère en se formant autour de celui-ci. Remarquons toutefois que si la trachée était réduite à une sinile membrane, elle ne pourrait supporter la pression déterminée p.ir la sortie et l'entrée de l'air. Des anévrismes se produiraient de toutes parts, et ils ne tarderaient sans doute pas à se rom|)re. La présence de deux membranes, contenant entre elles un til solide contourné en spirale , paraît d'une absolue nécessité pour constituer récllrment ces tubes n'spiralnircs : c'est cette considé- inNS lies i\si;i;ri;s. 381 raliiiii surliiiil r,iii |ieiit les t';iii'e l'egardcr comme ors^aiic (rein- pruiil pour le ti-;ij(:'L du sang. L'espace. inter-iiieiiibraiiulaire des tracliccs, en lappoiL direct avec les lacunes, ne recoil le fluide nourricier que par coU(! voie. Doil-on, d'après cela, le regarder simplement ccumie une coiiti- iiuatiun des lacunes? Assurément, peu importe, il n'y a aucune incertitude sin- les faits; il n'y a aucune incertitude possible anjuiuiriiui ni sm- la disposition aiiatumique de ces parties, ni sur leui- i-ùle pliysiolo- gicjue ; c'est seulement une alTaire de dénomination, et alors, en- core une l'ois, peu importe. Les espaces inter-memhranulaires dot liacliées reçoivent le sang des lacunes, qui, elles-mêmes, le reçoivent du vaissei^u dorsal ; ils sont donc véritablement la continuation des lacunes. Cependant, comme, en général, on désigne sous ce nom les es- paces , les méats, compris enti'e les organes, espaces le plus ordi- nairement sans limites nettes , il faut bien reconnaître ici quelque ciiose d'infiniment i)lus parfait, les espaces inter-membianulaires étant limités comme de véritables vaisseaux. Les trachées nous donnent en réalité limage de vaisseaux aéri- fères renfermés dans des vaisseaux sanguins. Il n'y a pas de veines proprement dites chez les Insectes. Comme chez les Mollusques et les Crustacés , le sang , conduit à tous les organes , paraît se perdre de nouveau dans le systèpf|<< lacunaire. C'est seulement par endosmose que le sang dans lequel est baigné l'intestin s'enrichit des jiroduits de la digestion. Les canaux régnant sous la paroi supérieure de l'abdo- men , et ramenant le sang jusqu'aux orifices auriculo-ventri - cuiaires du vaisseau dorsal , ont été décrits seulement par M. Newport. Cet anatomiste, examinant par transparence , avait vu ces canaux elférents si bien délimités, qu'il était porté à ad- mettre rexisten.-o de parois. L'injection devait conduire naturellement à mettre en évidence la natuic (le ces canaux. (Umnnc je l'ui constaté en détachant avec tout le soin possible la [laroi .-ilxlominale supc'rieure d'Insectes iiijeclés, ils sont for- ;>fi-2 lî. KI.«^iN^ lus l>.SI'XSll«Hlll >'»■•»» •■• '^H'A (U; l;i cdlMiJiK' d'iiii (|iii.' par uiir sculi' Mii'i'ijlii'aiir : il siiliil la réi).\\,génaliui) piuidaiil son li'ajt'l. niènie. Le» liaclii''p> (leviciin«iit c^iusi dans leur périjjhci ic de vciiUbles vaisseaux iiouiTJcier^j. J^o sang, retoinbaiil eiisuiie dans les espaces inlftifibnillaires/el de là dans les grandes laeuiie.s, est ramené au vaisseau doisal i)ai- des canaux elTéienls foiiiiés d&'tissu cellulaire y mais privés de parois membraneuses,,,, ;-( yiMioii iri-iuoiiH'i in"^ 'li ni.'it'iui'i -•iK/ lji)«4'llnlll.-)l§llY4-/-.'llt .1 De l'appareil circulatoire danx lés divei's lypfls de In classe des Jnsectes en particulier. — Après ce qui a été e\po.->é précédem- inenl, les détails que nous avotis à signaler niaiiitr'iianl sont d'un inédiorre intérêt. Di'jà, j"ai l'ait remarquer combien sont minimes les dilTérencesqui existent d'un type à l'autre. Je n'ai à signaler que de légères modifications dans la forme ou la texture du vaisseau dorsal, dans le nombre de ses cloisons, la nature de ses points d'allache , et dans le nombre des faisceaux trachéens, dans leurs principales divisions, dans leui- nature en- Uèrenieiit t.ubuleuse ou en partie vésiculcuse. Sous ce dernier rapport, des dilTérences se manifestent d'un groupe à l'autre, d'une famille à l'autre ; mais ce sont de ces ■ légères dtlTérences sans importance au point de vue physiolo- gi(|ue , |>araissant aussi fotu'nir des caractères de bien peu de valeur au point de vue zoologique. 'i! Néanmoins, pour appuyer les faits généraux relatifs à la cir- culation des Insectes , par des faits de détails ayant tout le carac- tère de la précision, je crois devoir donner une description de l'ensemble des organes servant à cette fonctîon , dans «n type au moins de dwcun des principaux ordres de l'a classe des Insectes. Les figures que nous avons publiées récemment dans la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier en faciliteront beaucoup l'in- teiiigence. laiinij lDA^sllJESlCol.KO^'TÈREs (exemple principal : Dylicus margina- lis \An.). — •(^hez tous les Insectes de cet ordre, le vaisseau dor- sal se présente h peu près avec les mêmes caractères. La portion cardiaque est beaucoup plus large ((ue la portion aortique. Ses .'iiS/l ii. iii,\\<'ii\uu. • — sii; LA (;I^.(■.l:l.A^l()^ chambres suiit ilossinées par des rclrécisscmciits assez pionoiicés: on les distiDgue sans dilliculté à l'aide d'une simple loupe, et iiièuie sans ce seconi's chez les grandes espèces, comme les Hy- drophiles, les Dytiques, les Mélolonthes, les Cérambyx, etc. ' 1-es Dytiques étant fort communs presque en toute saison , et étant d'une grande taille, c'est sur eux principalement que j'ai fait une grande partie de mes expériences. Chez ces Coléoptères , le vaisseau dorsal est maintenu fixé à la partie supérieure de l'abdomen par des fibres musculaires puis- santes ; aussi, rien de plus facile que de voir dans les Dyti(|ucs ces ailes du vaisseau dorsal déjà si bien figurées par M. Slraus , d'après le Hanneton. Il existe aussi de Unes bandelettes longitu- dinales, que nous retrouverons ailleurs, du reste, plus distinctes encore. La portion cardiaque du vaisseau dorsal a des parois assez ré- sistantes , et il est rare (|ue l'on éprouve de bien grandes diflicul- tés pour l'injecter. Les cloisons sont an nombre de sept, toutes à peu près de la même longueur; mais les deux dernières un peu plus minces que les autres. Le nombre de ces chambres du vais- seau dorsal chez tous les Insectes paraît coïncider d'une manière constante avec celui des orifices stigmatiques ou des faisceaux tra- chéens de l'abdomen. La portion aortique n'est pas d'une très grande ténuité dans les Dytiques; aussi est-il très facile de l'i- soler, surtout après y avoir fait pénétrer un li(|ui(le coloré. L'aorte ayant passé sons le cerveau donne naissance , comme chez la|)lupart des autres Insectes, à de très petites branches. Il n'est ])as fort dillicile , fiuand elles sont dilatées ]iar l'injection , de voir leurs parois s'amincir, devenir de plus en plus diaphanes, et bientôt ilisparaître totalement. Les lacunes, chez les Dytiques, ont une très grande largeur. Dans la tète, dnns le Ihorax , les méats sont très vastes ; mais ils le sont davantage encore à la base de l'abdomen, de chaque côté de l'intestin , surtout quand les organes de la génération ne sont jias dans leur état de turgescence. Le passage dans les parties lacuneuses des appendices, comme les pâlies les antennes, k's ailes , est également facile. nA>S I.IÎS INSliCTF.S. ?,Kt Les lubes trachéens ont un volume très friand chez ces (Coléo- ptères. l,e faisceau naissant du stigmate prothoracique est le phis considérable. La plus grosse branche remonte vers la partie su- périeure du corps , et, venant rejoindre celle du côté opposé, elle forme avec elle une arcade exactement au-dessus de l'œsophage. De ce poiiit partent deux rameaux puissants ([ui, se rejoignant dans la têle, donnent une branche aux yeux , une autre aux an- tennes, une autre encore à la lèvre supérieure ; toutes ces branches se divisent en ramuscules , d'une finesse inimaginable. Kn dehors de ces troncs ci'phaliques naissent deux branches , l'une se distri- buant aux mandibules et aux mâchoires, l'autre à la lèvre infé- rieure. La seconde branche principale du faisceau thoracique donne ses rameaux aux nuiscles du thorax, à ceux de la |>ortion inférieure de la léte et aux pattes de devant. Le même faisceau IracluVn donne, en outre, en arrière et plus profondément, des branches aux pattes intermédiaires et posté- rieures , et un tronc considérable d'oii naissent les rameauv alaires, et qui rejoint l'orilice respiratoire du premier anneau abdominal. Les faisceaux trachéens de l'abdomen sont au nombre de se|)t, formés chacun de quatre , cinq ou six branches principales. I-es trois premiers (lomient leur branche antérieure au jabot, tandis que les autres vont se ramifier dans les muscles et sur le système nerveux. La première branche du quatrième faisceau se ramifie en remontant sur le gésier ; d'autres se distribuent soit aux testi- cules, soit aux ovaires; (juelques unes, en outre, se ramifient encore , de même que plusieui's autres des cinquième et sixième faisceau.x sur le ventricule chylifique et l'intestin. Les rameaux in- férieurs sont dévolus aux muscles de la partie venirnie et au système nerveux. Knlin , le septième faisceau. j)lus petit que les autres . donne plusieurs ramifications au rectum. Il y a peu d'Insectes oii j'aie trouvé les canaux elTérents aussi nets que chez, les Dyticjues. Quand ils sont remplis par l'injection, si l'on réussit à détacher le tégument supérieur de l'abdomen sans trop les déchirer , ils forment des sortes d"arcades depuis le vaisseau dorsal jus(|u'à l'origine des faisceaux trachéens, .l'ai vu :f sprle. Zooi. T. IX (Juin 184g.) ^ î.'l O.S<) 1^:. KI.;tX<'ll4R». ^ hl.n J.A CIIUU I.M l()\ iiellemciiL on plusieurs cjixonstuiic&s.tkuj traces do membranes, mais toujours si incomplèlos qu'il était impossible, en voulant les isoler, de ne pas arracher le tissu i-ellulairc limitant les canaux. _Lp sang est à |jeine cului'é ihcz les Coléoptères, surtout k l'étal , Dans les larves du IJyticvs maryinaUs , j'ai observé souvent aussi le phénomène de la circulatioji. Mais je n'ai à signaler d'autres différences avec ce qui existe chez l'adulte qu'un peu moins d'épaisseur du vaisseau dorsal , moins de solidité dans les ailes qui le lixenlaux téguments, un développement moindre des troncs trachéens. (^Iie.z toijis lev<; autres types de (joléoplères, le vaisseau dorsal par sa textui'e, par la nature des muscles qui le maintiennent, ressemble totalement à ce que j'ai décrit ilans les Dytiques. Dans J«s Meloes (;W. proscarubœus) , sa ijoition cardiaque a notable- ment plus de largeur. Les dillérences consistent plutôt dans les divi.'îionsdes tubes trachéens . et encore ces'iliiréic.necs sont-elles a^^f: légères dans la plupart des cas. S VIII l)\N>i,i';.s Oiiiiioi'i i-.iiKS i^cMMiiplt principal : la grande .Saute- relle verte, Kociistq viridissima Lin.) (1"). — La Sauterelle verte est un iiisecte favoraible pour Tétude rie ces parties délicates à cause de sa grande taille , à cause aussi du développement de certains organes, Le \ aisseau dorsal, comparativement à la dimension du' corps, est plus grêle que chez les Coléoptères en général. La portion cardiacj^ue présente, huit chambres neltemeni indiquées par des rétrécissements assez prononcés (2). Celte partie du vaisseau dor- sal est fixée aux téguments par des brides musculaires très ré- sistaiites. Les ailes (o sont formées de fibres extrémenienl serrées , et (1) llcync (itiimtil. nouvello pclilion Alla-; finsccles), pi. Tfi. (2) l.nc. cil . pi. 7fi, fl;;. .1 ol ;!— «/ (:{) Lnc. rii . li-. ;;-/,. DANS i.i:s iNsiîrtIiS." ' ' S87 au-dessous l'on trouve des liandelcllrs musmlaiics longitudinales d'une assez grande largeur (1). " :""' '-"•"' L'aorte est d'une grande ténuité ; elle passe sous les ganglions cérébroïdes en s'élargissanl d'une manière très notable (2). En avant de ces centres nerveux , elle fournit quelques branches ; Tune d'elles s'étend presque jusqu'à l'origine des antenn<;s . les autres sont dirigées en avant. Les lacunes sont assez resâeirées chez la SaulenHIe : les or- ganes , déjà entourés de tissu «.di^etR et d'une grande quantité de tissu cellulaire , ne laissant entre eux que dés espaces fort cir- conscrits. Cheî ces Orthoptères,. le syètè'metJ'achéén acquiert un déXcr- Icppernetjl considérable. !^es tubes respiratoires ne nont pas vésir- culeux ; mais ils sont extrêmement largos. Il y a ici un lait assez ciiHeux à noter J'en général, lorsqu'on vient à ouvrir des .Saute- relles vivantes, leurs trachées, au lieu de paraître arrondies, comme cela se voit dans les autres types, sont aplaties , dépri- mées; elles renferment une petite quantité d'air. C'est seulement quand ces Insectes preinient leur vol pour un voyage d'une cer- taine durée que les organes respiratoires se remplissent. Nous trouvons chez la .Sauterelle verte (3) un faisceau trachéen prothoracique , moins volumineux que les tubes abdominaux. Il fournit antérieurement une branche principale, une branche cé- phalicjue , émettant en avant, dès son origine, trois rameaux, qui se distribuent aux muscles du thorax et de la tête. La branche cé- phalique remontant se divise en deux branches : l'une, plus grosse, .qui passe.au dessus de l'œsophage , rejoint celle du côté opposé , ap-dessus du cerveau, ei forme une sorte d'arcade, d'où nais- sent de nombreuses l'amifications; l'autre, plus mince, qui passe sous l'œsophage et les centres nerveux cérébroïdes, en donnant des rameaux aux glandes salivaires (i\ Le faisceau trachéen du h ) Loc. rit . fij.'. .•> — r. (2) /.or .1/., (ip. 3—/. (3) Uic cil., (il. 76, (ig I <-l 2- (i) /,«<■ ni . pi 7fi. li-. 2—9 38iS t.. Bi.t:\c'iiAB». — r sDii i.A cii'.c.n \Ti()> pi'otliorax ciiiel vn anirin une branche, rejoignant, le fiiiticeau mélallioracicuie , el rminiil sur son trajet ides branches aux or- ganes cki vol et aux muscles du tliorax. 'Les faisceaux trachéens de l'abdomen sont au nombre de huit ; ils présentent à leur base deux tubes |)rincipaux qui remontent de chaque côté , et viennent s'unir à un tube longitudinal partant de rextrémilé des troncs du premier faisceau trachéen abdomi- nal , et s'étendant jusqu'à l'extrémité du corps (1 1. C'est princi- palement de ces. tubes longitudinaux que naissent toutes les petites ramitications distribuées au tissu cellulaire de la portion supé- rieure de rabdonien, et au vaissiiau doi'sal liii-nième. Eu outre, le premier et le dernier faisceau donnent des branches qui se rami- fient sur le ventricule chylifique, et remontent sur le gésier et le jabot 't2'. I,cs troisième, quatrième et cinciuiènie fais- ceaux donnent des branches à la partie grcle du ventricule chylifique. Les fiuatre diM'niers en fournissent de très rameuses soit aux testicules, soit aux ovaires (3) et aux parties accessoires, comme la poche copulafiice , la glande sérifique (4). Le dernier faisceau donne aussi des branches qui remontent surl'intesfin (5). Rn outre, tous les faisceaux trachéens, qui sont unis à leur base [).ii- un lulied'ini médiocre volume, mais plusdilaté vers son milieu ([u'à ses extrémités, éînéitent encore une branche volumineuse ; cette branche, passant sous les viscères, s'anastomose avec des tubes trachéens longiindinaux. Ces derniers, au nombre de (juatre, régnent des deux côtés de la chaîne ganglionnaire entre les l)andelettes (pii la maintiennent dans toute la longuein' de l'abdo- men. (> sont ces larges tubes {(')) f|ui fournissent les ramifications le? plus déliées aux ganglions et aux bandelettes musculaires. \ous devons remarquer dans le svstème ti'achéen de la Saute- relle verte, rombien les anastomoses sont multipliées en compa- (1 ) l.or ri( . pi 7fi, fig I /S« fcnr. rit,, pi. 7fi. fig, 2— e. il. c Ci) l.nr. rit , pi. 7fi. fig. i—h H).Ur^;-it., fig. 2—/, /;. f.'i) hoc. cit.. dp, 2— /■ (fil Uu-.cil . pi. 7G. i\'4 ii <-"ii' l)A^s riis INSEGW,S.""' "• !Sf>>^ raison do ce tfui se voit aillpurs; de là, ces tubes longitudinaux, assez rares cliez les autres insectes et, au contraire, très multi- pliés dans ce type. l.lKlilUU OV ni» <• h.|,,: Les canaux efîérents sont siVnj^lément creusés ici dans là masse du tissu cellulaire , qui occupe toute la portion supérieure de l'ab- cloinen. I.c sang présente une couleur d'un Jaune verdâtre assez pâle. Il y a peu d'Insectes où le lluido nourricier soit chargé d'une aussi grande quantité île corpuscules (|uc la Sauterelle ; ils ont ici une forme un i)eu ovoïde , et leur bords assez réguliers. I^es dif- férences de forme qu'ils présentent eniri' eux sont fort légères. Chez les Acridiefis, le système trachéen ressemble à celui de la Sauterelle ; mais les tubes respiratoires sont plus dilatcs-eii- core. § "X - i l'iifjl] j;i li -mI .'lli '1(1 c-'lb !ll',i;ul'i|. ZUr.'ILi I)A.^s i.'oRUUK DES Niîviioi'rÈiiiis (exemple principal : Mshm forcipata Fab.) fi). — Chez les IS'évroplères en général , chez les Libellulieiis en particulier, le vaisseau dorsal est d'une grande ténuité. Dans la porlion cardiaque, on di-tingue a peine les cloisons ; car ici elles ne sont pas indiquées par des rétrécisse- ments sensibles, J'en ai compté sept cependant çbezy^slina for- cipata. La portion aortique devient |)l us grêle encore. Le faisceau prothoracique fournit eu avant plusieurs branches qui se distribuent dans la tête, et, en q,rrière, un tube rejoignant les faisceaux abdominaux , tout en donnant sur son trajet des branches aux ailes, et de beaucoup plus nombreuses aux muscles. Sur leur trajet, ces tubes respiratoires présentent des dilatations très sensibles. Les faisceaux de l'abdomen sont presque seni- blables les uns aux autres ; on en compte sept. A leur origine , c'est-à-dire à la partie inférieure de l'abdomen , ils sont unis les uns aux autres par un lubu longitudinal; c'est de ce tube que naissent les fines l'amifications dévolues au système ner- veux. En outre , de l'origine de ces faisceaux partent encore deux branches principales, l'une, latérale, s'anastomosant avec un tube trachéen longitudinal; l'anlre, remontant, pour s'anastomoser (l) fliiinc iiiiimiil. nciiuplli' ralilioii (Insprles), pi. 100 390 É. Bi.«:\i-ii.%Rn'. ' — si'rt i.\' (L:ii'.<;Li.vii(i\ aussi avec un tube longitudinal qui ri^gne de chaque côté de l'iii- lestin , et se réunil à celui du côté opposé à la base de l'abdonnen, en formant une sorte d'arcade au-dessus du canal alimentaire. De ce point naissent plusieurs trachées vésiculeuse? ; mais leur volume n'est pas très considi-nible. Toutes les ramifications, qui se distribuent au tube digestif «t aux organes de la génération, partent des trachées longitudinales régnant près de l'intestin ; on remarque aussi quelques petites vésicules assez éloignées les unes des autres. Les canaux efl'ércnls sont ici très dilîiciles à mettre à nu; le tissu cellulaire, au milieu duquel ils sont creusés, ayant fort jjeu d'épaisseur. S N Dans les IlTMiiNoi'riiiii-s (exemple principal : l'Abeille, ^pis meUifica Lin.) (1). — l.'Abeille devait être signalée ici non seu- lement comme l'un des représentants de l'ordre des Hyméno- ptères , mais aussi comme l'un des types principaux de la classe entière des Insectes. 11 importait d'autant plus de l'étudier sous le rapport de la circulation , que son appareil trachéen ofi're un développement très remarquable. L'Abeille étant d'une assez petite dimension , son vaisseau dorsal est grêle ; aussi n'est -il pas facile de l'injecter directement ; mais on y réussit en poussant le liquide coloré dans les lacunes, d'où il revient en partie dans le vaisseau dorsal en passant par.les canaux efférents. Ce vaisseau dorsal est fixé au tégument par des ailes fibreuses d'une très grande minceur. Sa portion cardiaque présente seulement quatre cloisons ou cinq chambres. Il en est de même chez les Bourdons , comme M. Newpurt l'a déjà con- staté. Sa portion aorlique , extrêmement grêle , passe sous les ganglions cérébroïdes pour se diviser à son extrémité (2). [\) Règne animal , nuuvellc édition (tnseclcs), pi, 107, liR. I. (2) tor. <■:(., pi. 107. fii: 2 iDAiNS liliS l,NSi;(iil*»4, ./. il» •'^91 Les liiLUiiu? suiit assez vastes chez. l'Abeille, au luoiiis dans ral)cloiiieii , (|ue rappareil digeslif remplit iiiconiplétemeiil. Les li'aclit'es prennent un développement chez les AUeillq», qu'on ne retrouve dans aucune autre l'aniille d'Insectes». M II; l^e faisceau protboraciiiue fournil en avant des troncs qui pé- iièlrent dans la tête : l'un , en passant au-dessus des ganglions cérébroïdes ; l'autire , en passant dessous pour distribuer ses ra- meaux aux diverses pièces de la bouche. Le faisceau tiioracique fournil encore les branches des ailes et celles des muscles , iPl d'une partie du système nerveux. Dans la lèJe et sur les côlé* du thorax particulièrement, plusieurs Iracliéos sont vésiculeuses , îuais leur grosseur est 1res minime. iv. .->,;:fj-»'b Les trachées abdominales forment cinq faisceaux de chaque côlé I 1 i; mais elles présentent laléralenienl des vésicules d'une ampleur énorme se confondant les unes avec les autres. La première vésicule est toutefois la plus considérable , car; de chaque côté , elle occupe au moins le tiers de la cavité abdomi- nale. Des trachées tubuleuses se distribuent néanmoins sur l'in- testin dans les muscles abdominaux , et sur le système nerveux. Les ligures donnent, du reste, une idée plus nette de ces faisceaux et de leurs divisions que le.s desciiplions les plus détaillées. ' L'Abeille était peut-être l'insecte le plus favorable pour suivre le mouvement circulatoire dans les trachées vésiculeuses, à cause de leur développemenl. En les soumettant au microscope soit in- jectées, soil même sans injection, on voil de la manièie la plus nette que les deux luni(|ues u'élant plus séparées l'une de l'autre, comme dans les trachées tubuleuses, par un lil spiral, se sont rap- flrocbées l'une de l'autre ; mais le sang continuant à s'inlillrer, se pratique des canaux dirigés en tous sens, et anastomosés entre eux sur tous les points 2). Ces canaux étant d'une extrême petitesse, et tous très rapprochés les uns des autres , on ne les dislingue pas à la vue simple ou à l'aide de la loupe seulement, même quand ils sont injectés. La trachée pai'ait colorée uniformément. Il faut (l) M NVwporI les a figurées d'après le Bourdon [Bomlim: lerrexlris], l'hiln- siiphicnl Tiiitisiut . 1834, el Cijclopwditi nfAïuil. nndPhyii., \nl 11, p. 0«B (ij liriiiic iiiiimiil. nouvelle édition flnse*'les). pi. 107, fig. :). 3U2 É. BLANCHARD. — SUII I.A CIIICUI.A I IU.\ un grossissement assez considérable pour bien voir ces réseaux. Les canaux efférents, qui ramènent le sang dans le vaisseau dorsal , sont simplement des rigoles limitées par un peu de tissu cellulaire appliqué contre la paroi supérieure de l'abdomen. Dans les autres Hyménoptères , nous n'avons pas reconnu de particularités assez importantes pour être mentionnées. En géné- ral , ces Insectes ont de grosses trachées vésiculeuses; mais leur dimension est presque toujours moindre que chez l'Abeille ; sou- vent le nombre des chambres de la portion cardiaque du vaisseau dorsal s'élève à six ou sept. Le sang est toujours à peu près incoliiie. Les globules sont extrêmement petits chez l'Abeille, et d'uni- l'orme presque ar- rondie. S XI- Dans les Liii-iDoi-n'iiiEs (exemple principal : le Sericaria Mort Lin., Ver à Soie;. — Les modilications du vaisseau dorsal sont moindres ici peut-être que dans tous les autres ordres. Entre tous les Lépidoptères que j'ai examinés, je n'ai pas trouvé de dilïérences sensibles. J>e centre de la circulation , chez le Bombyx du Miîrier, est maintenu au milieu d'une masse de tissu cellulaire et d'un nombre très considérable de trachées. 11 adhère peu à la paroi supérieure de l'abdomen ; aussi celle-ci peut être détachée en prenant certaines prixautions, sans que l'on ail à craindre de rompre le vaisseau. Les libres musculaires qui l'at- tachent aux tégunients sont assez lâches et peu résistantes; ou en compte quelques unes seulement poin- chacune des chambres. (Jesdernières se dessinent médiocrement; les rétrécissements qui les séparent les unes des autres étant peu prononcés. Cependant, quand elles sont bien remplies par l'injection , elles se dilatent légèrement \ers le centre, et deviennent alors plus distinctes. Toute la portion cardiaque a une largeur assez considérable ; elle est d'au moins 1 millimètre. Les parois sont assez résistantes ; on peut les ouvrir, et y faire pénétrer l'extrémité d'un instrument à injection sans grand danger de les déchirer. Les chambres, ou cloisons du vaisseau dorsal , sont au nombre DANS I.KS l.NSliCIES. .'V.»3 lie liiiil dans le Bombyx du Mûrier ; nous n'eu avons retrouvé ni |)lus ni moins dans les autres Lépidoptères. I^a portion aortique devient très grêle ; mais ses parois, beau- coup plus minces que celles de la portion cardiaque, ont encore une très grande résistance. Cette aorte s'élargit , et se termine presque aussitôt, après avoir passé sous les ganglions céré- brnïdes. ■ Les tubes trachéens sont en nombre fort considérable chez les J-épidoplères. De chacun des huit stigmates abdominau.x nais- sent des faisceau.x très serrés de ces tubes respiratoires. La plu- part remontent sur les parties latérales, se recourbent à la partie sujjérieure de l'abdomen, en distribuant une quantité énorme de tilets au tube intestinal , aux organes de la génération , et au vais- seau dorsal lui-même. ]^es trachées thoraciques rejoignant celles de l'abdomen donnent quel(|ues troncs puissants aux ailes, et, en avant , une brandie très forte qui se ramifie dans la tête. Chez les Lépidoptères, les trachées deviennent rarement vési- culeuses ; on en remarque néanmoins, dans plusieurs espèces, de petites situées à. la base de l'abdomen : ce sont les .Sphinx, chez lesquels on observe plus particulièrement cette disposition. Les canaux elférents sont moins faciles à suivre chez les Lépi- doptères que chez beaucoup d'autres Insectes; cependant, dans les individus bien injectés , on distingue nettement encore les ri- goles creusées dans le tissu cellulaire qui occupe la portion supé- rieure de l'abdomen. Uans les larves, ou Chenilles , le vaisseau dorsal, en général , est plus grêle, et ses chambres sont plus allongées. Par le progrès ' de l'âge , il s'opère néce.ssairement un raccourcissement de cette partie, comme cela se voit pour le système nerveux. Je n'ai pas besoin de rappeler combien certaines Chenilles sont favorables pour l'examen des mouvements du centre circulatoire. La transparence de leur peau permet souvent d'en distinguer et pour ainsi dire d'en mesurer d'une manière exacte les contrac- tions et lesdilatalion.s. Comme les fibres, qui l'attachent au tégu- ment, sont peu résistantes, on parvient même à l'isoler sous l'eau , et l'on voit ainsi pendant (juclques temps encore ce cœur à 39i É. BL.«K41||.tHI». — Sl'l; \,\ GlnCII.AllON DU exécuter: ses mouveineiils par suite de la sortie et de la rentrée du sang. ii' ,■■ ' ■ .:, , i ,! ; -i^Iies tubesl'lFàScliéensdes-fiheriilles sont moins considérables que ceux des adultes. Par la comparaison , il est facile de voir combien ces tubes s'accroissent par les progrès de -rage. '■siClrdz' (ê'^ehà-isoiev ow la Dhenille du Bombyx du Mûrier (1 ) , chaque faisceau trachéen est composé de cinq ou six branches qui s'épanouissent sur le canal intestinal, et de sept ou huit autres branches se raniKiant dans les musciles, et sur les ganglions et; les cordons nerveux. ■ '(i /n'ili n-i Le faisceau trachéen du prcrthorax'émet deux branches princi- pales, qui se divisent dans la porlio;i supérieure de la tête, et quelques autres jyassant au-^dessoirs'de fresopha^e. : g .Xll. :=y| ;ifl|i' , U|.\fss ,i^KS^I|É,«iPïÈiiii;s ^exemjj)le prificipal : Penlaloma ^(jiisca Lin.) (2;. — Chez ces Articulés, le vaisseau dorsal se présente avec des ^caractères particuliers. |1 n'adhère pas au tégument supérieui; de j'abclpmen ;^ aussi n'éprouve-t-on jamais aucune dii- liculté à le inetlre à découvert, ,à l'isoler même couiplétement. Il est fort grêle, avec des cloisons très peu sensibles dans sa portion cardia,que ; maiS|Çell,e-|Ci a. des parois d'une nature particulière. En dessus et eu desj50^s , jl existe une membrane très mince : et latéralement , il existe une paroi d'une très grande épaisseur. Au premier abord , le vaisseau doi'sal des Hémiptères paraît formé dedçux cordons (S3^;^jii^ais ^a nature se dessine de la manière la plus nette (|uaiid ou vient à l'injecter , ce qui s'exécute chez les Héiiiiptères avec moins do peine que chez beaucoup d'autres espèces. La portion aortique Qx), au contraire, a des parois mem- braneuses de la même épaisseur dans sa périphérie. (1) Hègne aniiitat, nouvelle éilition (Insectes), pi. 130, lig. '■' (2) Règne animal, nouvellp édillon (Inscries), pi S7, fi.; I (.■i) toc. dt . pi. 87, fig. ». (1) Im- (•(( pi. 87, II;;. 2" .'(in/ l.i:>iliDANS I.KK I.NSEUMHtsil »^« «A 3t)5 Les lacunes sont assez vastes chez le Pentatome, pl'U:%KU. — SUli r.A CIHCI I.ATION distribuant ses rameaux au ventricule cliylili()ue, et la seconde a,ux muscles abduniinaux et au système nerveux. f,,,I»f;^inq,uièili« faisceau, a_ une branche principale qui se partage aussi autour du ventricule chyliiique et dans les muscles abdomi- naux , et envoie, en outre , une division latéi-ale s'étendant jus- qu'à l'extrémité du corps. Sur son trajet . cette division présente quelques petites vèsirules , et envoie des rameaux aux vaisseaux biliaires, et surtout au rectum. I^e sixième faisceau,- fournit une branche principale, qui s'anastomose avec la grande trachée longitudinale du faisceau précédent. A sa base ,-ii existe deux petites vésicules. A l'origine des li-oisième , quatrième et cinquième faisceaux , on remarque une vésicule plus volumineuse. L'injection pénètre presque par- tout entre les deux membranes de ces trachées vésiculeuses ; c'est seulement dans les i)lus grosses , venant à se rapprocher plus intimement par intervalles , qu'on voit comme des canaux , du reste très irréguliers, et s'élargissant avec la plus grande facilité. I>es conduits eil'érents se voient dans la couche de tissu cellu- laire , qui orcupi; loute la pallie supérieure do l'abdomen, et dans laquelle se Ircjuve engagé le vaisseau dorsal. Les mndilicalions dans la distribution des trachées des Hémi- ptères ne sont pas très considérables. Dans les Nèpes cependant, une branche longitudinale , avec lacjuelle viennent s'anastomoser les branches de tons les faisceaux de l'abdomen, règne de chaque côte du vaisseau dorsal , à peu près comme cela se voit dans la Sauterelle. Le sang des Hémiptères est en général coloré, il est ordinaire- ment rougeàtre, ou au moins d'une nuance orangée. On sait que les trachées ont aussi cette coloration. § -Mil. DA^s LES DiprÈRiis (exemple principaux : la Mouche de Viande, Musca vomitoria Linn. (l);el le Taon des Bœufs, Tabanus bovi- mis Linn.), — (liiez lesMuscides, le vaisseau dorsal ressemble (I) llrqiie iiiiimiil. Miiiivcllp imIiIuiii ('Irisectei-j, .4tliis, pi KiO, Pif; I i)A.\s i.ics i.Nsiicr i;s. S97 assez à celui dos' Hyniénoplères : il oft'fijAi'tlfirt^ r.-ftjdoiiicii par des aijps poil résisliiiilos. l>a portion cni'diaqim présoiile ([uâti'l^ chambres ; mais dans d'autres Diptères , ce nombre paraît être moindre. La [)ovtion aortique est très grêle Les irafchéÉS'sôiît'en partie vésiculeuses. Le faisceau prothoracique distribue fés brau- ches à la télé , aux ailes, aux muscles Ihoraciciius, k la pàiliean- térieiire du canal digestif, iipeu ijrès'comiTie'eheZ'là'pidiïâvl'dès autres Insectes. Notre Hgure indique, du reste, avec là 'plus grande précision le trajet et les divisions de txîus <>e6 rameaux. Les trachées abdominales forment quatl-e falisceaux'dibtribiiésau viis- seau dorsal , au tube digestif, aux orgalics île la gén\5râtion. Le premier faisceau présente une tfaclrée vésiculeuse, tn)ie à celle du côté opposé par une arcade passant au-dessus du tube digestif. Dans les Taons, les trachées prennent un développement plus grand encore que chez les Muscides ; on l'ernarque des trachées vésiculeuses 4 la base de tous les faisceaux de l'abdomen. Rien ne i)eut donner une meilleure idée de la multiplicité des ramifica- liniis tiacliéennes que le? yeux des Taons. Tous ces tubes se des- sinent de la manière la plus nette, quand ils sont bien remplis par l'injection. Nous nous sommes attaché dans notre figure à les représenter avec la plus grande exactitude ;1). S XIV. Les différences observées dans le vaisseau dorsal des Insectes appartenant aux divers ordres se réduisent donc à fort peu de chose : ce sont des différences de largeur ou d'épaisseur très insi- gnifiantes; des dilTérences très légères, aussi dans la nature des brides musculaires, qui maintiennent fixé, à la paroi dorsale de l'abdomen , le centre circulatoire. Les Hémiptères toutefois pré- sentent, à cet égard, quelques particularités curieuses ; leur vais- seau dorsal n'est attaché que par l'extrémité postérieure , et ses parois ont une texture qu'on ne retrouve pas ailleurs; du reste, (pci n'entraîne aucune modification , dans la manière dont s'elTec- tuc le mouvement circulatoire. Les parties lacuneuses ne varient (l)/,oc ni., pi ItiO h;;. :i. iVM niiAi: latw.titus. — si it i \ ciusiacI'; amimiii'Oimî. jamais que pai* Ifiirétnildiioffliis -fiti' moins giando. Los trarliécs diffèrent à quelques égards dans Icui- forme et dans la mullipli- cité de leurs rameaux ; mais ces différences nnl encore 1res peu d'impoi'tance. JMi résumé, chez tous les Insectes, la circulation s'effectue exactement de la même manière, et, à l'aide des mèmess organes, offrant toujours la même disposition générale. N u r I-, SL'R l'N CRl'STAI'.K AMMIIl'onr, , RF,MAR(,H ABLE V\R SA r.RANnr, TAI1.I F ; Far M. ialI.NE EDWARDS . . L'ordre des Crustacé.s ampliipodcs n'e>t représenté jusi|u'ici dans nos '('ollections que par des animaux de très petite taille, tels que lesOrclies- lies, les Talitres et les Cievettes de nos cùles ; mais il existe dans l'océan Antaictique une e.spèce de Lysianasse qui est pies(|ue aussi siande que les Ecrevisses ordinaires de nos rivières. Cet Anqiliipode reinar\rt;M ks l).A^.s eu vm i *i i . AKATONIG F.T PUT!>>IOI.«»r;IK. Mémoire sur la slrucliiro pi les roncliniis dos appertiiccs vilnllins de' la' vésicule ombilicale ilu Foulel: par M. A. ("ouBTv ..... > im; k,, ;; Mémoire sur l.i struclure du fqie. des animaux ^ej;^^>)r^s: par.^, Njy^ju^,. . , GtlILl.llI ....... . . . 1 l.'t De la circiilalinn ilans les ln.' Beneden. — Sur lorganisa- tion et le dévcloppemenl des Linïuatules SU TABLK DES PLANCHES RliL.VnVES AIX Mt.MOltlES f.OXTE.XLS l>A^S CK VOI.l^ME. Planches I. Kig. I I 0. \n,iliimie du Si'a/M /«(iiciiis. Kig. 11-19. Métamorphoses des Oxylriques. 2, 3. .\ppendice de la vésicule ombilicale. 4. S. Structure ries polypiers. 6. Développement des Fimgies. 7, 8. Turbinolieiis. 9, 10. Cyathiniens ( t . Sorex . 12. 13, M. \"j. Structure du foie. 16. Hfiicliiinpit hicohr, (licHosia œrut el 0.si»i//i/.<:. iiN 1)1 M'i \ii;m1'. \ni.i mi:. ■^nn. i/cr J'cicnc ■ nar ■ .?f Xèrie . ^ool. Tom. _o /'f ^ tm Fiil . Il H) . Metamorp/io.i'<\t' dcr (Kviflrujiw,*- . .'i/irt , t/i;r .t'cf'i'fir . ntit . Jf ii\ li' # # '■ # '#^W. jl.C. va) App ipc'/i,^ù','.i- Je hi W'.ncii/e omlii/ica/e © 3 ,V. Rênufnd imp . A/ui . (ie-f Scienc . nat . lîf Jerif >M - -,-r x,vr. r.mi.fl. ri. .1. /. ^%^'^ ê^..:^^ •t)' d; t' 1/ ^l^,'- <^' j O-'H ' t^€ '•:;|f ^xiy. ■Wfh'Êt' :<\ J/f/},vu//'ri\i- (/f /'r Vi\cirftle om/if/icu/t' Jf. Rètnond imp -At'.tî dfs S'* n?t ?* S4nç Zoo! Ta TL ^ Liih d'après riùUit e pârDickiiiaiiii Imp L';rTi'T"icrfl^' STRUCTURE DES fv f\mder.Sr uui y^hi- Zoo! To PL ^. Luh J 'après nature p(irDii:kHiann irtrp LemeiTiiii dP-iii^ STRUCTURE DES POLYPIERS Atiii des Se ticii 3' Seiie ZoolToPLe DF.VIilOPl'tMtiNTDKS KOMCIF.:. Jnr, rfe^ Sr ' T Q Pi 7 Luh d'après iiauirepûrDiekmann .nip.Lrmerciei'.u V